‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370)Chapitre 82 sur 103 · Bibl. Vat., ms · texte numérisé non relu

Bibl. Vat., ms

bres, dit le premier biographe du Bienheureux, ne soufFrit-on pas en cette sédition inconcevable!

Le Vicaire de Jésus-Christ dut voir, de sa citadelle, les révoltés allumer partout des incendies et piller les campagnes environnantes, ne pouvant s'emparer de la ville elle-même.

Urbain V, surmontant la douleur que lui causaient ses propres sujets et le deuil où le plongeaient les cardinaux morts à Viterbe, se sauva vers Rome avec le Sacré-Collège. Dieu lui inspira de faire venir son frère Anglic, gouverneur de Bologne, pour le consoler et l'aider. On décida une croisade contre lesPérusins, mais on eut de la peine à les vaincre. Les Visconti, la république de Venise, celle de Florence,Rome même les encourageaient secrètement à la résistance et leur faisaient passer de l'argent. Voilà comment les populations de l'Etat romain comprenaient leur devoir et leurs intérêts !

Il n'était pas homme à sacrifier les droits du Saint- Siège *. Une bulle d'excommunication fut lancée contre Pérouse le 22 mai iS^o, et quelques troupes levées interceptèrent les convois de vivres qui alimentaient la ville. Les habitants, en proie aux horreurs de la famine, firent leur soumission.

Hélas ! les routiers auxquels Bernabo, l'éternel ennemi des papes, avait insufflé la haine du Saint- Siège, couvrent maintenant le sol de la Toscane et menacent l'Eglise. L'incendie de la révolte est prêt a s'allumer à nouveau dans les villes si remuantes du centre de l'Italie 2. Le Milanais est toujours a la tête des insurrections. A. cela, il prodigue persévéramment son or et son intelligence.

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