‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370)Chapitre 95 sur 103 · Pastor, t. I, p. no · texte numérisé non relu

Pastor, t. I, p. no

sant auxiliaire. C'était, dit Froissart, « un tout vaillant clerc, preudon et bon français ».

Si d'autres Papes ont été préoccupés, ainsi que notre Bienheureux, de maintenir la paix entre les nations chrétiennes, aucun n'apporta dans Taccomplissement de ce devoir plus de zèle et d'équité, ni un dévoûment plus entier à la patrie. Les lettres mnombrables échan'gées avec la Cour française sont un témoignage de son patriotisme. Les entreprises de Jean II et de Charles Y, il eut à cœur de les faire toutes réussir. Dans nos démêlés nationaux, il apparaît comme un médiateur. Le plus souvent le succès couronna ses démarches. Surtout il travailla jusqu'au bout à chasser de la France tous ceux qui menaçaient de ruiner son ancienne prospérité. La mort le surprit au moment où il venait de faire à l'intérêt de la patrie un grand sacrifice qu'un historien, blâmant sa conduite, a cru devoir appeler « l'acte de faiblesse de cette belle vie ^ ».

Certains chroniqueurs allemands font d'Urbain V un magnifique éloge : « lumière du monde, voix de la vérité, amateur de justice, craignant Dieu ^ ».

La France, admirant le patriotisme du fils de son Gévaudan, éclairé entre tous les princes, homme de goût et de science entre tous les savants et les artistes, ne manque pas de garder la plus profonde sympathie à Urbain V. Elle voue à sa mémoire de bon Français un souvenir impérissable.

Le penseur, le philosophe reconnaît en lui les sentiments les plus filtrés, les plus beaux d'une nature supérieure. Et les pauvres êtres que nous som-

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