‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 13 sur 108 · ÉLECTION D'URBAIN V · texte numérisé non relu

ÉLECTION D'URBAIN V

Souverain Pontife. Nous honorions les autres par devoir, mais celui-ci nous devons le craindre et le vénérer, car il est puissant en œuvres et en paroles » .

Dès le 7 novembre, Urbain V informait les évoques, les souverains catholiques et son cher Albornoz de sa promotion au Pontificat. Il demandait des prières à tous. On remarque dans ces lettres, fortement exprimés, les sentiments d'humilité de son âme, qui le faisaient se défier de ses forces. Après avoir raconté son élection, pour faire connaître précisément l'effet que cette nouvelle produisit en lui, il ajoute : « Nous qui ne sommes que cendre et poussière, nous fûmes justement épouvanté à cette nomination, parce que nos yeux voyaient avec évidence notre faiblesse, et nous comprenions bien que nous n'avions ni les forces corporelles, ni le mérite des vertus, ni la science suffisante pour monter au faîte de la puissance apostolique et soutenir sur nos indignes épaules le fardeau de l'univers entier ». Néanmoins s'il a plié la tête sous le joug, c'est qu'il compte sur la protection divine et sur les prières qu'il réclame avec empressement pour obtenir cette assistance.

Dans sa lettre au roi de France, Urbain lui rappelle brièvement ses devoirs «l la protection que l'Eglise attendait de son dévoûment. Il l'assure de son amour pour la maison de France, pour le royaume où il est né et où il a été initié aux belles-lettres. Enfin il lui fait part de l'impatience avec laquelle il attend son arrivée à Avignon.

Le Pape pouvait être triste et accablé de la charge apostolique, mais la joie était universelle dans le monde chrétien. Pétrarque, le plus grand écrivain de l'époque, se fit l'écho de cette joie générale.

ft C'est Dieu seul qui vous a élu, écrivait-il au bienheureux Pontife, et non les hommes. Il s'est servi de leur bouche, il a fait ce qu'il a voulu par le ministère de ceux qui avaient, chose étonnante! d'autres desseins. Dieu voulait que vous fussiez Pape; il cacha son dessein à ces hommes. Tandis qu'ils allaient au scrutin, il mit, à leur insu, votre nom, et lorsque, parmi tous ces noms illustres que la pourpre romaine décore, le nom de l'abbé de Marseille retentit, les méchants furent saisis de crainte, les bons se réjouirent et espérèrent, tous restèrent comme frappés de stupeur. Cependant leurs bouches s'ouvrirent, et chacun avec des sentiments différents célébra les louanges de Celui qui fait seul des choses admirables. Je vous dirai qu'à mon avis le Christ commence à prendre pitié de ceux qu'il aime. Il veut guérir tous nos maux, faire revivre l'âge d'or et. ramener à son antique siège l'Eglise qu'il a laissée errer si longtemps pour châtier les crimes des hommes ».

Le ciel sembla vouloir intervenir lui-même, avec la terre, pour annoncer ce que serait ce cher pontificat.

Durant plusieurs jours, disent les auteurs des Informations sur les miracles d'Urbain Y, une rosée céleste, d'une blancheur éclatante, descendit sur Avignon et sur ses alentours, avant le lever du soleil. C'était comme une gelée, à peine prise, ressemblant à la manne, délicieuse au goût. Les feuilles des arbres et des plantes en étaient couvertes. Avec avidité les habitants recueillirent cette substance inconnue, la conservèrent précieusement, s'en servirent pour guérir des maladies.

Les premières félicitations et visites arrivèrent de

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