COMMENCEMENTS DE SON POI^TIFICAT
déshonorait, maudît le père, déclara les enfants inhabiles à lui succéder et accorda des indulgences à ceux qui prendraient les armes contre lui. Puis, pour ajouter quelque chose à l'ejOTroi dont les assistants étaient saisis, « il tombe à genoux et, levant les mains en haut, il invoque Jésus-Christ, les saints Apôtres et toute la Cour céleste dans les termes les plus émouvants. Il supplie le Seigneur de lier du trône du ciel le tyran infidèle que son Vicaire condamnait sur la terre et d'envoyer à son Eglise un secours efficace ».
Dieu exauça les prières de son Pontife. La malédiction divine tomba sur l'excommunié et toute sa race. Bernabo essuya une sanglante défaite, au mois d'avril suivant, autour de cette même Bologne qu'il brûlait de posséder, et l'Église, affranchie de ses craintes, se livra à l'allégresse.
Tandis que se déroulaient ces événements, le roi de France songeait à regagner Paris; mais, ayant appris « que messire Pierre de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, devait venir en Avignon et avait passé mer, si dit le roi de France qu'il attendroit sa venue, car moult grand désir avoit de lui voir, pour les biens qu'il en avoit ouï recorder et la guerre qu'il avoit faite aux Sarruzins, car voirement avoit le roi de Chypre pris nouvellement la forte cité de Satalie * » .
Ce désir de voir le roi de Chypre n'a rien de surprenant, si l'on songe à la réputation de vaillance chevaleresque que s'était acquise Pierre par ses combats contre les Turcs.
Depuis de longues années, Pierre avait résolu de