CHAPITRE VI
AFFECTION DU BIENHEUREUX POUR MONTPELLIER EXPLI- QUÉE PAR SES ÉTUDES ET SON PROFESSORAT DANS CETTE VILLE. SES FONDATIONS SCOLAIRES. — -SA VENUE.
Un des lieux très agréables au cœur et à l'esprit d'Urbain V, c'est certainement la ville de Montpellier. Il prendra mille manières de l'affirmer, et la célébrera un jour comme «un riant jardin des sciences, où, depuis longtemps, ont fleuri les études et qui produit des hommes excellents y> . Mais, dès les premiers jours de son élévation au souverain pontificat, il justifiait cette affection par trois motifs : son professorat de droit canonique, le principe des honneurs de sa carrière, le voisinage de son pays d'origine ^
Montpellier, en cette première moitié du xiv^ siècle où il l'habita, était une ville peuplée et prospère, éprise de religion, de liberté, appliquée au travail et à la science. Toutefois, malgré son importance, elle ne possédait pas de siège épiscopal : celui-ci était resté à Maguelone, distant de i5 kilomètres, centre d'origine antique et plein de souvenirs chrétiens, mais déchu à tel point qu'il ne gardait que sa cathédrale romane et la demeure de ses chanoines