URBAIN V FAIT SA PROMOTION DE CARDINAUX
de ceux qui étaient honorés de la pourpre. Pour cette fois, ce furent seulement trois pauvres religieux qui la reçurent.
Anglic, frère du Pape, delà congrégation de Saint- Ruf, s'était montré si digne dans le gouvernement de l'église d'Avignon que tous lui souhaitaient le chapeau rouge. Peu d'hommes lui ressemblaient en prudence ; personne n'était au-dessus de lui, disaiton partout*.
Le second cardinal, fut l'évêque de Marseille , Guillaume Sudre, de l'Ordre de Saint-Dominique. Il brillait parla sagesse et la science. Né dans le Limousin, il exerça de hautes fonctions monacales à Toulouse, puis fut nommé maître du Sacré Palais. A Marseille, il s'occupa activement de son diocèse, il le visita avec soin, il y tint synode. Urbain V, en l'introduisant dans le Sacré-Collège, connaissait la valeur de l'homme et le dévouement de l'ami.
En honorant de la pourpre Marc de Viterbe, général des Franciscains, le Pape rendait hommage aux Frères Mineurs, qui venaient de se dépenser de toutes leurs forces dans les missions de Bosnie et de Bulgarie. Initié tout jeune aux règles et coutumes franciscaines, Marc de Viterbe devint une lumière de son Ordre. Très habile dans l'art des négociations, il fit déposer les armes aux Pisans et aux Florentins, réconcilia l'évêque d'Asti et de Verceil avec le marquis de Montferrat, forma une ligue des cités lombardes et toscanes contre les ennemis des terres pontificales.
L'Église, gouvernée parle Saint-Esprit, a compris, de tout temps, que les lois discutées et votées dans
- I. Prima Fita.
les saintes assemblées exercent une haute influence sur les âmes. Et plus ces assemblées se sont tenues régulièrement sous l'inspiration et la direction des Papes, mieux a prospéré la .religion catholique.
Urbain V était pénétré de ces pensées, lorsque, écrivant à l'archevêque de Narbonne, il lui disait : « Les saints canons nous prouvent qu'autrefois les Pères, les Souverains Pontifes et les évêques, pleins de vigilance pour le troupeau du Seigneur, eurent soin dé célébrer des conciles, où l'on prenait les moyens d'extirper le vice, de jeter la semence de toutes les vertus dans le peuple et le clergé, de défendre les libertés de l'Eglise, de conserver les biens des établissements pieux
« Mais, ô douleur î la négligence des évêques s'augmentant insensiblement, on a interrompu la célébration des conciles etles vices pullulent, l'indifférence du peuple s'accroît de jour en jour, la liberté de l'Eglise reçoit mille atteintes, le culte divin est négligé, les clercs sont opprimés par les laïques
« C'est pourquoi, désirant que votre sagesse et celle de vos frères remédient à tant de maux, nous excitons Votre Fraternité, avec le zèle de la sollicitude apostolique, nous vous exhortons, nous vous ordonnons de convoquer au plus tôt le concile de votre province. Quand vous l'aurez tenu, vous aurez soin de noUs en prévenir et de nous communiquer ce que vous aurez décidé. Demandez-nous avec confiance ce que vous croirez devoir être utile* ».
Tous les métropolitains reçurent des ordres semblables. Et l'on vit aussitôt se rouvrir dans chaque province ces assises confraternelles, où l'on met en