‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 6 sur 108 · URBAIN V ABBE DE SAINT GERMAI N-D'AUXERRE · texte numérisé non relu

URBAIN V ABBE DE SAINT GERMAI N-D'AUXERRE

Les rapports des abbés de Saint-Germain avec l'évêque, le clergé, la population d'Auxerre étaient aussi complètement changés, et l'invasion de l'esprit du monde avait porté une sérieuse atteinte aux intimes relations des serfs, des religieux, des prêtres. Révolte des paysans soumis au servage, diÏBcultés au sujet de certains prisonniers, tiédeur spirituelle des religieux, partie de cloître en ruines, tout cela ne fit pas, aux débuts du nouvel abbé de Saint-Germain, une retraite douce et opulente.

Informé par son couvent de la situation exacte de toutes les affaires, l'abbé se mit à l'œuvre. Bientôt l'ordre refleurit dans la règle et dans les finances. Il conciliait si bien la sévérité avec la douceur, <jue l'on ne se souvenait point qu'aucun abbé eût été entouré d'autant de confiance et de respect*.

L'élévation au cardinalat d'AudoinAubert, évêque d'Auxerre, amena sur ce siège Jean d'Auxois. Gentilhomme d'humeur altière, il s'entendit avec son parent, le métropolitain de Sens, pour troubler l'accomplissement des réformes de l'abbaye. Devant des exigences intolérables de taxes d'hospitalité, de juridiction, l'abbé de Grimoard protesta et ne voulut point soumettre son monastère à des impôts nouveaux. Guillaume de Melun le fit appeler et, le voyant ferme dans son opposition, ne put contenir sa colère. Il le frappa au visage et lui arracha les poils de la barbe avec fureur, en lui criant qu'il prélèverait le cens malgré lui^. Au milieu de ces outrages, l'abbé, conservant son sang- froid, se borna à lui faire honte d'un tel oubli de sa dignité et du caractère archiépis-

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