I . Liber PontificaUs. — Prima Fita
L'orage éclata le 5 septembre. Les familiers de quelques cardinaux en vinrent aux mains avec des bandes populaires. Il y eut dix morts ^. Une sédition s'ensuivit,- qui dura trois jours. On criait : « Meure l'Eglise, vive le peuple ! » Les maisons des cardinaux furent envahies; plusieurs d'entre eux durent se sauver sous un déguisement; le Pape fut assiégé. Apprenant ce danger et entendant l'appel d'Urbain V, les villes voisines accoururent et leurs troupes assurèrent la délivrance.
Les habitants, ayant compris d'eux-mêmes combien leur conduite était criminelle, s'enfuirent ou se rendirent à discrétion. Mais, comme un exemple de rigoureuse justice était indispensable, on pendit sept coupables devant la porte des cardinaux assaillis et leurs maisons furent détruites 2.
Révolte sanglante et punition exemplaire remplirent de douleur l'âme du Pontife. Il comprit mieux encore la mentalité italienne et, pensant aux maux de l'avenir, ir prononça ces mémorables paroles : « Voilà le commencement des épreuves que l'Église subira ».
Au milieu des anxiétés qui tourmentaient Urbain V, un rayon de joie lui vint de Rome. Le patriarche de Gonstantinople et huit ambassadeurs de l'empereur Jean Paléologue se rendirent à Viterbe et lui promirent le retour de l'Orient à l'Eglise catholique. Le même jour, Ht-on dans la Prima Vita, Amédée, comte de Savoie, se présenta aussi.
Le Pape, malgré ses craintes, décida d'aller à Rome, mais il voulut une armée pour le protéger.
1. Prima fila... « Sex de civibtts et quatuor de familiaribus mortui sunt. »