I. Iter italicum
^ joie de voir enfin consommée cette entreprise difficile devant laquelle avaient reculé cinq Pontifes, ses prédécesseurs.
Plus favorisé qu'eux, il revoyait l'Italie et allait lui consacrer, ainsi qu'à Rome, tout ce qui lui restait de sainte ardeur.
L'absence du Souverain Pontife avait été fâcheuse pour la Ville éternelle. Ruines morales el matérielles, Urbain V, confiant en Dieu et en Marie, se mit résolument à tout relever. Plus l'oeuvre était considérable, plus il s'y appliqua avec une persévérance que rien ne lassait. Il commença par réparer les églises, qu'un abandon de soixante-six ans avait mises dans un état pitoyable.
Les toitures de Saint-Jean de Latran étaient totalement démolies; cette basilique, balayée par la pluie, fut aussitôt couverte. Les murs du Latran . croulent à terre ; ils sont refaits. Jusqu'au pied de son autel délabré venaient paître les troupeaux errants. Tous les ravages des hommes, de l'incendie et du temps disparaissent sous des somptuosités dignes des libéralités papales « pour le premier temple de l'univers ».
Saint-Paul demandait une réfection complète.
Elle fut entreprise aux frais de celui qui était responsable de ce délabrement. L'abbé de Saint-Paul ofiVit au Pape une forte somme dans l'espoir d'obtenir le cardinalat. C'était mal connaître le Bienheureux et son horreur pour la simonie. Il prit l'argent, mais l'employa à la basilique, et l'abbé n'obtint pas ce qu'il ambitionnait. Le Pape fit donc ainsi, avec son argent, ce qu'il aurait dû faire lui-même *.