Jter italicum
Dès qu'il vit le Souverain Pontife, il se prosterna trois fois suivant l'usage, et, se relevant ensuite, baisa ses pieds, ses mains, sa bouche. Urbain descendit du trône et, prenant l'empereur par la main, il l'introduisit dans la basilique auchantdu Te Deum. Pendant la messe, que célébra le Bienheureux, en latin, Jean Paléologue renouvela la profession de foi qu'il avait faite, déclarant que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, que le Pontife romain est le chef de tous les catholiques*.
Cet acte combla de joie Urbain V et tous les cardinaux. La multitude des personnalités grecques accompagnant l'empereur dans sa démarche augmenta encore le bonheur de tous.
Il y a, dans la narration des divers auteurs contemporains, des scènes délicieuses sur l'amitié et les rapports, à Rome, du Pape avec l'empereur d'Orient. Après le premier dîner fraternel du dimanche 2 1 octobre, l'intimité se resserra. Jean Paléologue, plein de vénération pour Urbain V, le visitait très souvent, sœpissime visîtabat; il lui portait des cadeaux et l'entourait de ses. hommages et l'honorait de sa dévotion. A certains jours, sans prévenir, sans être invité, il arrivait à l'heure des repas. On lui préparait de suite une place, et tous deux ensemble mangeaient les mets qui étaient destinés à un seul. Cette réfection simple et affectueuse charmait Jean Paléologue, qui disait en se retirant : « Dans les festins du monde, je n'ai jamais pris tanL de plaisir qu'en ces agapes. Mon corps et mon âme en sont rassasiés^ ».