‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 86 sur 108 · Iter italicum. — Informations, n° 5i, etc · texte numérisé non relu

Iter italicum. — Informations, n° 5i, etc

Traité avec cordialité au dedans, l'empereur reçut, au dehors, dans la ville, sur les places, à travers les rues, presque les mêmes distinctions que l'empereur des Romains. Aussi, quand, après avoir signé les bulles en langue grecque et latine * sur la réconciliation avec l'Église, il se promenait dans Rome, toutes les faveurs, toutes les acclamations allaient à lui et à son cortège oriental.

Pleinement satisfait, très consolé, Jean Paléologue retourna à Constantinople, et Urbain V exprima la joie de sa conversion par une encyclique à tout le monde chrétien. « Oh! si Dieu nous accordait la grâce, disait-il, de réunir toute l'Eglise grecque à l'Église latine, nous fermerions volontiers les yeux à la lumière et nous dirions avec le juste Siméon : « Maintenant^rênvoyez en paix votre serviteur, car mes yeux ont vu votre salut. »

Presque en même temps que l'Orient s'ébranlait vers le bien, à l'exemple de l'empereur de Constantinople, les pays latins causaient des ennuis à la Papauté. Le. duc d'Anjou, rêvant de hautes conquêtes, voulut s'emparer de la Provence. Déjà il avait essayé de mettre la main sur Montpellier, et les raisons qu'il invoquait pour justifier son entreprise contre la reine Jeanne étaient aussi spécieuses. Bertrand Duguesclin enrôla des compagnies et, payé par le duc d'Anjou, vint, de Nimes, mettre le siège devant Tarascon. Urbain V pria le roi de France de faire cesser cette guerre. «Nous déplorons d'autant plus amèrement ce fait, disait-il, que votre frère, le duc d'Anjou, aurait dû plutôt soutenir notre fille la

I. Suscripsit manu propria cum sanguine conchylii et bulla aurea sigilovit cartam scriptam grœce et latine^ repositam t n arcAmïs £ccfc5i(F ^Secunda Vita).

reine Jeanne. Elle est votre parente et ne mérite pas un pareil traitement... ».

Non seulement on n'écouta pas le Pape, mais les capitaines des compagnies envahirent le Comtat-Venàissin, « y portant l'incendie, le pillage, le meurtre ». Urbain V manda, en conséquence, à l' officiai d'Avignon de prononcer l'excommunication contre eux et de mettre sous l'interdit tous les lieux qu'ils, détenaient * .

Le mois suivant, d'après Fontanieu, une trêve fut conclue entre Louis d'Anjou et la reine de Naples^. L'auteur de la. Prima P^ita, complétant cet historien, affirme que tout fut remis ensuite en état par la médiation pontificale. Charles V, pour faire plaisir au Bienheureux, lui donna en toute souveraineté la partie du pont d'Avignon qui s'étendait de la ville sur le Rhône jusqu'à la chapelle Saint-Benezet , située au milieu du pont 3.

La Castille, avec ses abîmes de tyrannie, Chypre , avec la perte de son roi, « massacré comme le juste Abel »j apportèrent l'épouvante à la Cour romaine*; mais la révolte des Pérusins consterna spécialement le Bienheureux. Au premier bruit du soulèvement, Urbain V délaissa Montefiascone et courut s'enfermer derrière les fortifications de Viterbe. Heureuse inspiration ! Pérouse prit à sa solde l'anglais Jean Acuti et ses routiers, poursuivit le Pape et l'assiégea dans son Castrum. Que d'ignominie, que d'oppro-

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