Bibl. Vat., ms. 4oa
bres, dit le premier biographe du Bienheureux, ne souffrit-on pas en cette sédition inconcevable!
Le Vicaire de Jésus-Christ dut voir, de sa citadelle, les révoltés allumer partout des incendies et piller les campagnes environnantes, ne pouvant s'emparer de la ville elle-même.
Urbain V, surmontant la douleur que lui causaient ses propres sujets et le deuil où le plongeaient les cardinaux morts à Viterbe, se sauva vers Rome avec le Sacré-Collège. Dieu lui inspira de faire venir son frère Anglic, gouverneur de Bologne, pour le consoler et l'aider. On décida une croisade contre lesPérusins, mais on eut de la peine à les vaincre. Les Visconti, la république de Venise, celle de Florence, Rome même les encourageaient secrètement à la résistance et leur faisaient passer de l'argent. Voilà comment les populations de l'Etat romain comprenaient leur devoir et leurs intérêts !
Il n'était pas homme à sacrifier les droits du Saint- Siège'. Une bulle d'excommunication fut lancée contre Pérouse le .22 mai 1370, et quelques troupes levées interceptèrent les convois de vivres qui alimentaient la ville. Les habitants, en proie aux horreurs de la famine, firent leur soumission.
Hélas! les routiers auxquels Bernabo, l'éternel ennemi des papes, avait insuffié la haine du Saint- Siège, couvrent maintenant le sol de la Toscane et menacent l'Église. L'incendie de la révolte est prêt à s'allumer à nouveau dans les villes si remuantes du centre de l'Italie 2. Le Milanais est toujours à la tête des insurrections. Â. cela, il prodigue persévéramment son or et son intelligence.