‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 99 sur 108 · MORT D'URBAIN Y · texte numérisé non relu

MORT D'URBAIN Y

collèges et Universités, dans les ateliers de peintres et de sculpteurs, dans les cabinets des savants et à la Cour des princes français.

Lorsque voyant le Pape augmenter sans cesse le nombre des écoles et ses libéralités envers les étudiants, on lui reprochait ses dépenses extraordinaires, il répondait tout bonnement : « Je souhaite que les hommes instruits abondent dans l'Église de Dieu. Tous ceux que je fais élever et soutiens ne seront pas ecclésiastiques, j'en conviens. Beaucoup se feront religieux ou séculiers, les autres resteront dans le monde et deviendront pères de famille. Eh bien! quel que soit l'état qu'ils embrasseront, dussent-ils même exercer des professions à travaux' manuels, il leur sera toujours utile d'avoir étudié * ».

La voix publique connaissait et exaltait le culte du Bienheureux pour toutes sortes d'études. Les médecins, les littérateurs, les poètes obtenaient les mêmes faveurs que les théologiens et les canônistes.

Il enseigna que l'Église a le devoir d'encourager Studia litterarum et, pour lui, les Universités étaient les jardins tout fleuris delà science.

La jeunesse studieuse de tous les pays, les professeurs, les artistes, les guerriers reconnurent donc, sous ce Pontificat, que l'Église avait d'autres armes « que le chant des Laudes, le son des cloches ou la fumée des cierges ». Et tous ces professionnels unirent leur voix à celle du peuple pour bénir et regretter « une des plus be lies figures de l'histoire des Papes 2 ».

Mais la France, particulièrement, s'attrista de la disparition d'Urbain Y. Elle perdait en lui un puis-

j. Informations, n'> i3i, 2. Pastor, t. I, p. iio.

sant auxiliaire. C'était, dit Froissart, « un tout vaillant clerc, preudon et bon français »;

Si d'autres Papes ont été préoccupés, ainsi que notre Bienheureux, de maintenir la paix entre les nations chrétiennes, aucun n'apporta dans l'accomplissement de ce devoir plus de zèle et d'équité, ni un dévoûment plus entier à la patrie. Les lettres innombrables échangées avec la Cour française sont un témoignage de son patriotisme. Les entreprises de Jean II et de Charles Y, il eut k cœur de les faire toutes réussir. Dans nos démêlés nationaux, il apparaît comme un médiateur. Le plus souvent le succès couronna ses démarches. Surtout il travailla -jusqu'au bout à chasser de la France tous ceux qui menaçaient de ruiner son ancienne prospérité, La mort le surprit au moment où il venait de faire à l'intérêt de la patrie un grand sacrifice qu'un historien, blâmant sa conduite, a cru devoir appeler « l'acte de faiblesse de cette belle vie ^ ».

Certains chroniqueurs allemands font d'Urbain V un magnifique .éloge : <c lumière du monde, voix de la vérité, amateur, de justice, craignant Dieu ^ ».

La France, admirant le patriotisme du fils de son Gévaudan, éclairé entre tous les princes, homme de goût et de science entre tous les savants et les artistes, ne manque pas de garder la plus profonde sympathie à Urbain V. Elle voue à sa mémoire de bon Français un souvenir impérissable.

Le penseur, le philosophe reconnaît en lui les sentiments les plus filtrés, les plus beaux d'une nature supérieure. Et les pauvres êtres que nous som-

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