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VITRAUX

multipliant les variétés de verres opalins, irisés ou jaspés, MM. Appert nous ont dotés de produits non seulement analogues, mais encore supérieurs par la mesure et la pondération des effets : en France, la qualité essentielle reste k transparence et, si séduisants que soient les verres simulant des agates ou des marbres, leur opacité en limile remploi.

Aujourd'hui, les peintres verriers disposent de ressources plus abondantes que leurs devanciers, peut-être même de ressources excessives : les verrières des premiers temps, d'une intensité de couleur et d'un éclat si merveilleux, étaient faites avec une gamme de tons des plus restreintes.

Les fours actuels sont des fours à gaz, fours Siemens ou autres, et le soufflage se fait par des méthodes perfectionnées, sans intervention du souffle humain.

11 importe que le peintre verrier ait d'avance une réserve de verres nuancés pouvant se prêter aux harmonies de sa composition. Ajourner les commandes à l'époque de l'exécution serait courir le risque de longs retards et parfois de graves mécomptes.

L'artiste gagne à préparer lui-même ses grisailles, dont le ton dépend du choix de l'oxyde de fer ainsi que de la division déterminée par le broyage. Il doit aussi savoir faire ses couleurs vitriGables, qui, d'ailleurs, ne conviennent guère qu'aux vitraux de petites dimensions, vus à faible distance.

Remplaçant la gravure au louret, l'action de lacide fluorhydrique permet de changer partiellement la coloration d'une pièce par le dégagement de la couche inférieure des verres plaqués.

La création d'un vitrail comporte une série d'opérations successives : composition, prévoyant avec soin les harmonies colorées qui résulteront du passage de la lumière; calque des traits représentant le réseau de plomb, report sur papier fort, découpage du papier suivant le contour des pièces qui composeront le vitrail, emploi des patrons ainsi obtenus pour couper au diamant les morceaux de verre coloré; montage en plomb provisoire et changement des pièces qui accuseraient un défaut d'harmonie; exécution en grisaille du trait décalqué sur le carton et des ombres ou des modelés; démontage et passage au feu, à 6 5o ou

700 dejjrës, pour assurer ladhérence de la grisaille au verre; remontage en plomb.

3. Papiers peints. — Presque toutes les sortes de papiers peints comportent une teinte plate de fond ; l'application de cette couche porte le nom àefonçage. Autrefois, le fonçage s exécutait à la main, au moyen de brosses. Cette main-d'œuvre pénible peut être remplacée aujourd'hui par le travail automatique d'une machine : le papier circule dans un appareil à cylindres et reçoit la couleur d'un rouleau fournisseur; de grandes brosses, animées d'un mouvement épicycloïdal assez rapide, étalent la matière colorante et uniformisent la teinte.

Ainsi recouvert de la teinte plate du fond, le papier est soumis à l'impression. On imprime soit à h planche, soit au cylindre.

Dans le premier cas, on se sert de planches et de baquets analogues à ceux des imprimeurs sur étoffes. Les planches sont vigoureusement pressées à l'aide d'un levier.

Quant au second procédé, maintenant très répandu, il offre la plus grande similitude avec l'impression au rouleau des étoffes. Mais les cylindres sont généralement gravés en relief; la couleur est répartie à leur surface par un drap sans fin , convenablement tendu et plongeant en partie dans la cuve alimentaire. Un gros cylindre couvert de. molleton presse le papier contre les cylindres imprimeurs. Isidore Leroy est le premier qui ait, à Paris, employé des machines de ce genre fonctionnant dans des conditions industrielles et d'une manière très satisfaisante (iSiâ); afin d'éviter les marbrures dans les larges surfaces, il eut recours à un châssis armé de petites brosses qui correspondaient aux parties saillantes du cylindre imprimeur, rencontraient le papier après l'action de ce cylindre et assuraient l'uniformité de la teinte.

Pour l'application simultanée des couleurs différentes, on a des machines formées d'un gros tambour central, sur lequel circule le papier, et d'une série de cylindres imprimeurs répartis autour de ce tambour; chaque cylindre dépose une couleur.

L'emploi des rouleaux gravés en creux peut convenir pour quelques genres de papier peint, peu chargés eh couleur.

Des machines spéciales ont été imaginées pour les papiers rayés. Leur organe essentiel est un petit réservoir composé d'autant de compartiments qu'on veut faire de bandes; percés d'ouvertures régulières, les compartiments représentent une série de tire-lignes, au-dessous desquels passe le papier.

A peine est-il besoin de dire que, si la machine a pu étendre son domaine, le mérite en revient pour une large part à Robert, l'inventeur de la fabrication du papier sans fin. Le clichage est également un auxiliaire très utile. De nos jours, les machines sont ordinairement mues à la vapeur.

Les rouleaux peints doivent être séchés sur des tringles et sur des baguettes. Il existe des appareils qui accrochent le papier aux baguettes et le promènent jusqu'à ce qu'il puisse être roulé par longueurs de 8 mètres, après avoir été préalablement abattu et coupé.

Quand le papier doit être satiné ou glacé, le lissage a lieu, soit au moyen d'une pierre à lisser ou d'un petit cylindre qu'on fait circuler sur l'envers, soit au moyen d'une machine à brosses cylindriques, appelée saltnetise, soit encore avec une brosse plate manœuvrée à la main.

Parmi les papiers de luxe, je citerai notamment les papiers veloutés, les papiers gaufrés. Le veloutage s'obtient en fixant, par des mouvements de trépidation, de la tontisse de laine sur une couche d'huile cuite. Quant au gaufrage, qui imite si heureusement les cuirs de Cordoue, il se réalise à l'aide de cylindres repousseurs, portant, l'un en creux, l'autre en relief, le dessin voulu; quelquefois, le rouleau creux, en même temps qu'il joue le rôle de matrice, applique une seconde teinte accusant davantage les saillies.

Sous le bénéfice de ces indications préliminaires, passons rapidement en revue les étapes successivement franchies par le travail du papier peint, au cours du xix* siècle.

Jusqu'en 1827, l'impression s'est faite exclusivement à la planche plane (bloc de bois gravé en relief), que l'ouvrier appliquait à la main sur des feuilles collées les unes au bout des autres; un repérage à pointes assurait la correction des raccords. M. Follot cite un très

beau dëcor (Psyché et Cupidon), exécuté de cette maDière en 181/1 par des artistes français et pour lequel il avait fallu graver plus de 1,5 00 planches. La France jouissait d ailleurs dune primauté incontestée; elle comptait de nombreuses maisons fournissant des produits hors pair : Jacquemart,!. Dufour, Zuber, Mader, Gillou et Thorailler, J. Dufour et A. Le Roy, etc.

Parfois, les planches étaient faites en cuivre, quand les traits offraient trop de délicatesse pour le bois.

En 1827, apparut à Mulhouse, dans lusine Zuber, l'impression au cylindre de cuivre gravé en creux, déjà appliquée aux tissus de coton; la machine, manœuvrée à bras, ne donnait que de petits quadrillés et des diagonales. Trois ans plus tard, Newton, ingénieur à Londres, perfectionnait le procédé et se faisait délivrer une patente pour un appareil qui comprenait des cylindres gravés, des cylindres distributeurs ou fournisseurs, un grand tambour recouvert de drap et muni à sa circonférence de rouleaux presseurs pour assujettir le papier, des cylindres sécheurs, des bobines ensouples servant à dérouler d'un bout et à enrouler de l'autre la bande de papier sous une pression convenable.

Les recherches mécaniques allaient se multiplier, notamment à Paris, non sans éveiller les^ craintes et les résistances des ouvriers.

Une véritable révolution se préparait par l'entrée en scène du papier sans fin, qui devait mettre à la disposition des industriels, d'abord des rouleaux de 8 à 9 mètres, puis des bobines d'une longueur pour ainsi dire indéfinie.

Vers 1887, Marchais et Bissonnet créaient une machine à une couleur avec cylindres de bois gravé en relief, appropriée aux coutils et aux petites rayures. Bientôt, Leroy inaugurait des machines vraiment pratiques à une ou deux couleurs; entre autres mérites, il avait notamment celui de l'invention du drap sans fin pour la répartition des couleurs sur les cylindres. A côté de ce fait capital, on peut mentionner la construction d'auges à compartiments remplis de couleurs parfaitement dégradées, pour l'obtention mécanique des teintes fondues précédemment réalisées par l'emploi du pinceau ou par l'application de teintes plates superposées (Zuber et Spœrlin, de Vienne), et celle des

machines tire-lignes, traçant des bandes d'an parallélisme rigoureux (Zuber fils).

M. Wolowski, rapporteur de la Commission française à TExposition universelle de Londres (i85i), put rendre un légitime hommage à la supériorité de notre fabrication, tout au moins pour les papiers peints de qualité supérieure. L'honneur des principales améliorations revenait à la France; aucun autre pays ne réalisait au même degré la correction du dessin, Tampleur de la composition et le fini de Texécution. Sauf de rares exceptions, les manufactures étaient concentrées à Paris. Pour les produits de qualité inférieure, la Grande-Bretagne et les États-Unis arrivaient, en faisant largement appel aux procédés mécaniques, À fabriquer économiquement et à nous concurrencer ainsi avec succès : dès 1 84o, Potter, imprimeur d'étoffes à Manchester, avait organisé l'impression à la vapeur du papier continu.

Dans les premières années de la seconde moitié du siècle, Seegers, ouvrier doreur sur cuir, étendit au papier peint l'usage du balancier pour dorer et fournit un genre nouveau, qui devait conduire plus tard aux papiers avec relief et aux imitations de tous les grains ou points d'étoffe. Bientôt, la France importa des machines à huit couleurs; en 1860, Gillou et Thorailler montèrent de grandes machines anglaises, mues par la vapeur. Les faits saillants constatés à l'Exposition de 1867 furent : le développement considérable du travail mécanique ; l'invention d'un certain nombre de papiers frappés, veloutés, dorés; le perfectionnement des papiers-cuirs, qui avaient conquis la faveur du public; l'application de couleurs nouvelles. Deux machines figuraient au groupe de la mécanique : un appareil à foncer; un appareil d'impression à six cylindres en relief, reproduisant les dispositions de l'ancien métier à surface des Anglais et assurant dé bons résultats pour l'encrage. Malgré les améliorations dont ils avaient été l'objet , les procédés mécaniques demeuraient impuissants à fournir plus de vingt-quatre couleurs et à atteindre la perfection du travail manuel au point de vue du coloris, de l'harmonie des tons et de la dégradation des teintes. La France conservait d'ailleurs sa prééminence pour la variété des motifs, la richesse et la beauté des papiers de luxe.

Parmi les progrès mis en lumière par l'Exposition de 1878, se

rangeaient lemploi plus fréquent des machines à foncer, l'accroissement du nombre des machines d'impression, le succès avec lequel la fabrication mécanique avait abordé les genres élégants et riches, lusage plus répandu des moteurs à vapeur, la fidélité d'imitation des étoffes (soieries, velours, tapisseries, etc.), la tendance à une simplicité plus grande des dessins : il semblait que les manufacturiers eussent renoncé aux tours de force de i855 et de 1867, aux compositions exigeant jusqu'à 3,000 ou /(,ooo planches. La France, en possession du premier rang même dans l'ordre mécanique, montrait de beaux dessins comportant â li couleurs et tirés à la machine.

En 1889, l'industrie française était restée digne de son passé. La fabrication à la planche continuait à être préférée pour les papiers riches; ses produits se recommandaient plus que jamais par leur belle qualité et leur bon goût. D'autre part, la fabrication mécanique avait pris de nouveaux développements et considérablement progressé : on comptait plus de âoo machines, dont beaucoup mues à la vapeur. Chaque jour, le travail au cylindre étendait son domaine et conquérait des articles naguère réservés au travail à la planche. Les papiers dorés à la machine, à peine abordés en France depuis douze ans, surpassaient ceux de nos rivaux étrangers, sans être plus coûteux. Une innovation était l'emploi mécanique du mica, si bien approprié aux effets de soieries à reflets. Les pointillés, les petits quadrillés et les mille raies au cylindre, particulièrement utiles pour les motifs de tapisserie, constituaient de même une invention récente ^^K L'imitation des cuirs patines avec leurs ors de différentes teintes, des velours d'Utrecht ou de Gênes, des faïences, etc., se montrait admirablement réussie.

Peu de changements essentiels se sont produits après 1889. Cependant la machine a poursuivi ses progrès. Deux nouvelles pâtes à papier ont fait leur apparition : l'une, imitant la toile avec chiné de jute; l'autre, dite veloutinej de genre laineux, remplaçant les papiers veloutés. On attribuait à cette dernière l'avantage de ne pas retenir la poussière et d'être plus facile à imprimer et à coller, en même temps que plus économique; mais l'expérience n'en a pas consacré la supériorité.

Cependant Rëveillon en avait eu Tidëe vers la fin du xviii* siècle.

Aujourd'hui, plusieurs maisons françaises livrent des couleurs d excellente qualité à des prix déliant toute concurrence. Nous trouvons sur notre sol ou dans nos colonies les matières premières de nos vernis si recherches, même à Tëtranger. Le nord de la France fournit les huiles; le Midi, Tessence de tërébenthine; le Sénégal, Madagascar et la Nouvelle-Calédonie, des 'gommes excellentes. D'habiles industriels de Charleval ont rompu le monopole que possédait l'Allemagne pour la fabrication des bronzes en poudi^e.

L'industrie du papier peint a pris une extension rapide en Allemagne; après s'être confinés dans les articles à bas prix, nos voisins ont abordé une production plus soignée. Aux États-Unis, la fabrication, bien que ne remontant pas au delà de 1836, est devenue fort active, grâce aux procédés mécaniques; les papiers, inférieurs à ceux de l'Europe, répondent aux besoins de la clientèle locale, ainsi que des marchés de l'Amérique du Sud et des Indes. En Angleterre, les fabricants ont formé une association qui dispose de puissants moyens d'action; comme je l'ai déjà indiqué, l'article lavable dit sanîtary entre pour une large part dans leur production; ils emploient beaucoup aussi diverses sortes de pâtes à papier moulées et conservant de forts reliefs, pour tentures riches.

Notre exportation dépasse sensiblement l'importation; mais la concurrence étrangère a réduit l'écart pendant les deux dernières années du siècle.

On rattache ordinairement aux papiers peints de tenture les papiers dits de fantaisie, bien que ceux-ci servent surtout au cartonnage, à la reliure, au paquetage, à la chromolithographie, à la photogravure, etc.

La dénomination de papiers de fantaisie comprend d'innombrables variétés de papiers colorés, unis, marbrés, cailloutés, teintés en mosaïque, dorés, argentés, maroquinés, imitant l'écaillé vernie, etc. Jusqu'en 1876, la fabrication en France était purement manuelle; à cette époque, a commencé la fabrication mécanique , qui est aujourd'hui d'un usage général. Nous sommes parvenus à lutter contre la concurrence redoutable de l'Allemagne et à faire économiquement

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