VITRAUX
consistait à utiliser la gëlatine pour les moules et à doubler de toile le plâtre moulé. Les pièces sans couture ainsi réalisées offraient une finesse d'exécution très supérieure à celle du carton-pierre et se scellaient facilement au plâtre, alors que le carton, se déformant sous Faction de Thumidité du scellement, devait être cloué. Telle fut lorigine du staff, auquel les architectes eurent immédiatement recours pour établir de vastes ensembles d'entablements, d'acrotères, etc., et les accrocher à des carcasses métalliques; jamais encore, ils n'avaient disposé de moyens d'une pareille élasticité. Depuis, les spécialistes, obéissant à des vues d'économie, ont supprimé la doublure de toile en mélangeant de la filasse de chanvre au plâtre.
2. Vitraux. — Les matières premières utilisées pour le vitrail sont le verre coloré en masse ou plaqué , la grisaille , l'émail , l'acide fluorhydrique, le plomb, l'étain.
Au commencement du xix* siècle, la décadence du vitrail était telle qu'on avait oublié jusqu'à la technique de fabrication des verres colorés. Vers i8â5, le chimiste Bontemps reprit cette fabrication à Choisy-le-Roy; plus tard, une autre usine s'ouvrit à Saint-Just-sur- Loire. Mais c'est à MM. Appert qu'appartient vraiment le mérite de la reconstitution si longtemps cherchée. Les verres des anciens se caractérisaient par la présence constante de l'alumine et des oxydes de fer. Depuis la fin du xiv* siècle jusqu'au xvii% ils comportaient, pour la plupart, des couches de teintes différentes soudées entre elles ou plutôt plaquées les unes sur les autres au moment de leur fabrication en manchon ou en plateau. Leur intérêt résidait moins dans la facilité de dégagement de la couche inférieure par un travail de gravure, alors rarement pratiqué, que dans la dégradation des tons et la délicatesse surprenante des teintes. Ils donnaient lieu à des effets de réfraction tout différents de ceux des verres d'une seule couche cl d'une teinte uniforme.
En traitant de l'art décoratif appliqué aux vitraux, j'ai cité les verres américains si curieux par leur demi-transparence, leurs nuances indécises et troubles, leur coloration diffuse, leurs rugosités, etc. Recourant à des procédés de moulage ou de martelage des verres coulés et