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qui représente le bénéfice brut d'exploitation, compte non tenu des frais généraux, de l'intérêt du capital engagé et de l'amortissement. On se souvient d'ailleurs du principe posé d'après lequel les opérations sur les diverses catégories de marchandises ne devaient pas entraîner de perte pour le Trésor, le prix de vente devant être constamment calculé de manière à couvrir le prix d'achat, plus les frais, et l'on s'étonne que des produits non soumis à la taxation aient pu être vendus au-dessous du prix de revient. On en sait la raison : celui-ci n'a jamais été nettement calculé.
Un rapport du contrôleur des dépenses engagées, en date du 15 juin 1920, nous fournit au surplus des indications précises sur les méthodes suivies dans la gestion de cette deuxième section. On y reconnaît l'indice du caractère propre à la gestion commerciale de l'État : à savoir qu'elle peut être gouvernée par des préoccupations politiques, qu'elle peut être inspirée de considérations humanitaires et sociales, mais que
tout sens économique en est absent. Et il se pose une question dont rintérêt social est assurément plus profond que n'est légitime le souci d'adoucir momentanément la vie des humbles, celle de savoir s'il est loisible à une nation de s'endetter indéfiniment et si, pour tout dire, marcher à la ruine, à force de gaspillage, est la condition du progrès.
« Pour les denrées de la deuxième section, disait le décret du 30 juin 1916, les prix de cession ne peuvent être inférieurs aux prix de revient, y compris les frais de transport et les frais accessoires de toute nature. » Ce principe fut d'abord respecté et le Ravitaillement se trouva, durant une période première, en bénéfice. Plus tard, vers la deuxième moitié de l'année 1919, la situation changea : les cours s'élevèrent, mais non pas les prix de cession. Conséquence de la politique démagogique, par laquelle cette période préélectorale se caractérise. C'est dans le même temps que le gouvernement réussissait à enfler sans mesure la dette publique, ouvrait de toutes parts des sources d'abondantes dépenses, différait d'augmenter les impôts. Le Bloc national, que ses adversaires accusent volontiers de consentir aux dilapidations, n'était pas né ; ses premiers efforts, l'année suivante, tendirent à la restauration du bon ordre.
Voici les résultats d'opérations diverses, qu'on ne voit pas figurer dans la Récapitulation générale dressée par le Ravitaillement. On en conclura que ce document auquel nous nous sommes jusqu'ici confié, appelle de sérieuses corrections (voir tableau page 143).
« Tous les gains réalisés sur les sucres, dit M. Leboucq (1), ont été d'un coup absorbés par les pertes résultant des opérations faites depuis un an sur les autres denrées. » Ces gains s^élevalent au 30 juin 1920 à 197 millions.
Chose remarquable ! Les opérations relatives à cette denrée, qui seule procura au compte spécial quelques bénéfices, avaient été confiées à une maison de commerce et suivies dans une comptabilité commerciale en partie double^ quant aux sucres indigènes et exotiques à la fois. La compta-
(1) Rapport précité, p. 105.
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