‹ Le bilan de la province de 1867 à 1897 [microforme]Chapitre 18 sur 18 · EN REPONSE A LA CRITIQUE DU CHEF DE L'OPPOSITION ET DE L'EX-TRÉSORIER · texte numérisé non relu

EN REPONSE A LA CRITIQUE DU CHEF DE L'OPPOSITION ET DE L'EX-TRÉSORIER

J'ai suivi avec toute l'attention possible la critique du Chef de lOpposition et de l’ex Trésorier au sujet de l'emprunt que nous demandons pour consolider la dette flottante qu’ils nous ont léguée.

Ces honorables messieurs prétendent qu'un emprunt n’est pas nésessaire, eb que, suivant eux, la dette flottante devrait être soldée avec nos revenus ordinaires, ou bien par l'imposition d'une taxe spéciale,

Dans leur critique ces honorables messieurs se sont permis de faire certaines insinuations que je crois devoir relever.

Pour atténuer l’extravagance et l’incurie de leur administration financière, ils s'efforcent de créer dans l'esprit de la députation l’impression que nous avons grevé l'exercice de 1897 et négligé la perception des recettes au profit de l’année suivante,

Ce sont là des insinuations faciles à réfuter et c'est ce que je ferai dans quelques instants ; mais le chef de l'opposition et l’ex-trésorier devraient être les dernières personnes à lancer de telles accusations, car ils ne doivent certainement pas avoir oublié le procédé déloyal qu'ils avaient suivi en 1892. Ils n'avaient eu alors aucun scrupule de faire adopter par la législature des estimés supplémentaires au montant de $869,590.62 pour subvenir, disaient ils, aux dépenses ordinaires du 17 décembre 1891 au 30 juin 1892 et K315,960.62 de dépenses extra-ordinaires, dépenses que ne comportaient ni les obligations du régime libéral ni les exigences du service public. Dans ces estimés supplémentaires était inscrit pour 1892, un montant d'intérêt de $160,000, appartenant essentiellement au service de l’année suivante, ,

Il y avait nussi 858,532.44 de dépenses pour les élections générales dont leurs prédécesseurs n'étaient certainement pas responsables.

Par ces estimés le budget se trouvait augmenté d’une foule d’items, que, dans le cours des affaires ordinaires, n'auraient dû figurer que sur Îles dépenses de l’année suivante.

Dans ce même budget, on constate un accroissement considérable de dépenses contrôlables dont eux seuls étaient responsables.

Leur politique alors n'avait qu’un but : grever injustement le chiffie de ia dépense pour l’année 1892 et diminuer les obligations légitimes de l’année suivante dont ils auraient la pleine responsabilité,

C'est avec un procédé aussi déloyal que fallacieux, qu’ils avaient réussi à créer un écart de #1,000,000 entre les recettes et les dépenses ordinaires, écart qui était dû à l’extravagance de leur politique, mais dont ils voulaient faire porter la responsabilité sur un gouvernement qui n'avait ni administré ni contrôlé les opérations de cet exercice et qui, par constquent, n'avait nullement contribué, soit directement ou indirectement à un tel surcroît de dépenses.

Cet écart entre les recettes et les dépenses n’était certainement pas dû à l’administration du régime libéral et, comme preuve, c'est que le service des intérêts de 1892 avait été si bien augmenté, que de 1892 à 1896 la Gifférence en plus n’est que de #50,000, pourtant pendant ces quatres années des déhoursés considérables ont été faits.

Dans son discours du 20 mai 1892, page 18, version anglaise, se trouve un sommaire de l'estimation des dépenses du 17 décenibre 1891 au 30 juin 1892 savoir :

Dépenses ordinaires. . 5 2,353,892 Dépenses speciiles,.,,,,,,,,,,,,,,.,,, 502,335 LA . .

Réclamations du chemin de fer et du Q. M. O0. &O. ES 839,78 Remboursen:ents is: dépôts dé: gare intro des chemins de fer..,...,,,..,.,.... 119,667

Estimé de la dépense du 17 décembre au

0 Un LOL rer EE $3,815,676 90 Moins recettes du 17 décembre au 30

juin 1892 te $1,867,168 36

$1,948,508 54 A déduire de la dépense :

Argent en caisse 17 décembre 1891.,...#893,491 Moins dépôts de garantie et fonds fidéi- DOG meta ru on étre DT

Excès de la dépense sur les recettes, d’après son estimation, du 17 décem-

bre 1891 au 30 juin 1892..,...,..,, $1,411,808 95

De ce montant il faut déduire de l’esti-

mation des dépenses spéciales. . + 615,153 82 Le montant actuellement dépensé : au | 30 juin 18024, .,,,,.. RE TT TU 551,041 88 ——————— $ 94,411 C4 Estimation des subsides à payer aux compagnies de chemins de fer.......... 1,165,636 64 Actuellement dépensé pendant l’année. . 150,968 42 ——— — 414,668 22 Dépôts en fidéi-commis déduits de l’argent en caisse le 17 décembre 1891 ct non payés au 30 juin 1892,...,..... 356,791 68

Ces différentes sommes réunies forr., nt

un total de..... PRET A RE $ 865,871 84 Déduction faite de ce montant de la

somme requise, suivant ses estimations,

pour couvrir la dépense du 17 décein-

bre 1891 au 30 juin 1892........... 1,411,803 95 La balance est de...,..........., sn $ 545,937 11

Par l'état ci-dessus, on voit jusqu’à quel point le trésorier avait exagéré l'estimation de la dépense probable du 17 décembre 1891 au 30 juin 1592, car, au lieu d’un découvert de cuisse de $1,411,808.95, ce découvert au 30 juin 1892 n’était que de $8545,937.11 et si les affaires eussent été conduites avec prudence et sagesse tel qu'ils l'avaient promis à leur arrivée au pouvoir, l'argent en caisse au 17 décembre eût sufli pour couvrir cet écart,

Le trésorier en grossissant outre mesure le chitfre de la dépense probable n'avait qu'un but: celui de discréditer l'administration financière de ses prédécesseurs et de se justifier d’un emprunt effectué le 27 avril 1892 dont il n'avait nullement besoin et pour preuve, c'est qu'il restait en caisse au 30 |; juin 1892 $776,827.19. La différence entre $1,400,000 et la balance en mains à servi à combler le déficit de caisse de $545,937.1L.

Or, ce sommaire de l'estimation de la dépense était soumis à la chambre le 20 mai, date de son discours sur le budget, Il devait savoir alors que ces estimés avaient été fallasicusement exagérés et qu'il n'aurait pas à payer le montant de ce qu'il avait inscrit comme dépense probable du 17 décembre 1891 au 30 juin 1892, mais il lui fallait à tout prix se justifier de l'emprunt inutile qu'il venait de contracter, Par les chiffres que je viens de soumettre, il est facile de voir que ces messieurs ne se sont nulle-

ment gênés en 1892, de grossir les dépenses de cette année au profit de la suivante, et d'ajouter de nouvelles obligations dont ils ont voulu faire porter la responsabilité sur leurs prédécesseurs.

Or, ils ne se sont non seulement rendus coupables de grever une année au profit d’une autre, mais ils ont de plus augmenté énormément les depenses contrôlables sous le prétexte qu’elles étaient nécessaires pour faire face à des obligations, que, disaient-ils, leur avaient été léguées par leurs prédecesseurs, lors que cette augmentation de dépense n'était que le résultat de leur incurie et de leurs extravagances.

Je crois que les chiffres que je viens de soumettre démontrent clairement les moyens employés par eux pour voiler leur turpitude financière en 1892

Avec un dossier aussi peu favorable, au lieu de faire de pertides insinuations contre leurs adversaires, il eût été mieux de se taire.

Le chef de l'opposition prétend que l'emprunt projeté de $1,500,000 n’est pas nécexsaire, vu que le déficit, dit-il, se compose de sommes payées avant l'échéance et que la perception de certaines recettes ax été différée au profit de l’année suivante.

Cette prétention de sa part n’est certainement pas sérieuse, ou bien, il ne voit pas la situation financière telle qu’elle est, mais cela n’est pas possible, car il devait connaître, depuis plusieurs mois, que l'exercice de 1897 se golderait par un déficit considérable.

Le chef de l’opposition et l’ex-trésorier ne pouvaient certainement pas ignorer là situation financière, car les chiffres officiels présentés par ce dernier en décembre 1896, dans son discours sur le budget, établissait déja à cette date un excès de $250,000 de dépenses sur les recettes.

Dans ce même discours budgétaire, il avouait qu'il ne réaliserait pas le plein montant de l'estimation des recettes,

L'houorable chef de l’opposition ne sait que trop bien qu'il accuse à tort le gouvernement actuel, car, par un état officiel préparé par l'assistant-trésorier, il est établi qu'au 26 mai dernier, les dépenses réelles, en dehors des subsides aux chemins de fer, excédaient déjà le montant de ses estimés pour l’année entière; qu'avec les estimés supplémentaires, les mandats spéciaux émis jusqu'à cette date, et les crédits statutaires, le chiffre de In dépense était de $4,496,528.48, et que ies recettes alcrs en caisse n'étaient que de #3,214,993.69, écart de $927,769.14 entre l'estimation des recettes totales pour cet exercice rt ie montant perçu à cette date ; aussi le gouvernement à son arrivée au pouvoir a été obligé de pourvoir aux dépenses du service public du 26 mai au 30 juin 1897, car ies crédits votés étaient presque tous épuisés,

11 lui a fallu nécessairement avoir recours à des mandats spéciaux pour solder les dépenses des différentes branches du service public, et des obligations dues et dont le paiement ne pouvait être retardé.

Le montant de ces mandats est de $265,465.20, somme bien inférieure à la moyenne de la dépense mensuelle faite par le gouvernemint pendant les onze mois précédents.

La dépense mensuelle avait dépassé $400,000 ; tandis que celle du gouvernement actuel n’a été, du 26 mai au 26 juin, que de $8265,465.20.

Quant aux recettes, était-il possible de percevoir en un seul mois 8927,769.14, lorsque nos prédécesseurs n’ont pu atteindre qu’une moyenne ménauelle de $ 5300,000 ; d’ailleurs, d’après l’estimation révisée des recettes, du 26 mai, révision frite par les officiers du trésor, il était constaté que les recettes, du 26 mai au 30 juin, n'excéderaient pas $596,875.49, soit une différence de $330,895.65 de moins que les prévisions de l’ex-tréssorier,

D'après la révision des estimés pour l’année courante, les ofliciers du Trésor ont aussi constaté que les recettes avaient été exugérées et les dépenses évaluées en moins; ils ont découvert que l'ex-trésorier avait omis dans les estimés un nombre d’items dont ie chiffre total est de $192,000 en chiffres ronds ; les détails do cette somme sont énumérés dans le discours sur le budget de l’hon. M. Marchand, page 21.

Ainsi, au lieu du surplus de $2,705,400 que promettait l’ex-trésorier, nous avions en perspective un déficit de $200,000 sur la dépense avant même que cet exercice fut commencé ; et si l’on tient compte de la diminution dans les recettes, le déficit total de l’année, entre les recettes et les dépenses ordinaires, eût été de $8500,000 ou plus.

Le seul argument dont se sert le chef de l’opposition pour se disculper de l'augmentation de la dépense pendant son administration et de l'énorme déficit de l'exercice contrôlé par lui, c'est d’avoir retardé la perception et augmenté les dépenses aux profit de l'année suivante. Il lui est pourtant facile de préciser son accusation s’il est réellement sérieux, car ii n’a qu’à reférer au discours sur le budget de l'honorable Premier Ministre aux pages de 8 à 14 pour y trouver une : explication claire et précise sur les causes de la diminution du revenu, ainsi que sur chaque item de l'augmentation de la dépense. Pourquoi ne s'est-il pas attaché à prouver quelque fait précis à l'appui de sa prétention, mais il n’a pas voulu se risquer sur un terrain aussi glissant, il aime wieux procéder yar une insinuation, car cela est moins compromettant.

Dans le fond de son cœur, il sait fort bien que ces assertions ne sont pas fondées, et s’il était sincère, au lieu de s’efforcer à reporter sur le gouvernement actuel une part de sa propre responsabilité, il serait forcé d'admettre, que s’il y a eu négligence quelque, part il en est seul responsable, Ce qui est vrai, c’est que lui et ses amis, désirant à tout prix conserver un pouvoir qui leur glissait des mains, ont sciemment négligé la perception du revenu pour ne pas paraître trop sévères aux yeux de certains électeurs dont ils voulaient s’attirer les bonnes grâces ; d’un autre côté, s'ils ont dépensé avec prodigalité et extravagance c’est qu’il fallait par n'importe quel sacrifice obtenir un verdict favorable aux élections générales.

Ces honorables messieurs, après avoir créé un déficit d’un million de piastres, qui a absorbé le fonds destiné à couvrir certaines obligations, s'opposent aujourd’hui à ce que nous fassions un emprunt ‘pour consolider une dette créée par eux. Depuis qu’ils sont dans l’opposition ils ne parlent que d'économie et de retranchements, mais au pouvoir ils suivent une toute autre politique ; ils ne regardent plus alors de s'engager dans des dépenses hors de proportion avec les ressources de la province. Après avoir produit par l'abolition de certaines taxes, une diminution sur le revenu de $303,000, dont ces messieurs ont eu la jouissance pendant leur administration et augmenté les dépenses, ils prétendent aujourd’hui que nous devons payer la dette flottante à même des revenus qui sont insuftisants pour rencontrer les dépenses ordinaires, Ils savent fort bien que pour atteindre l’'équilibre entre les recettes et les dépenses ordinaires, nous sommes obligés de faire d'importantes économies dans toutes les branches du service public.

L'honorable chef de l'opposition et l'ex Trésorier prétendent qu'ils ont rencontré leurs obligations sans toucher un seul centin de plus qu'il n’était autorisé par la loi de l'emprunt de 1890, à l'exception de #1,360,000. 00 employé à à solder les 173 cts en règlement des derniers 35 ta, sur la con version des terres en argent. Cette déclaration me surprend, surtout de la part d'hommes qui de 1892 à 1897 ont ou recours à des emprunts temporaires pour un montant de $6,160,000.00 et à des emprunts permanents

de #7,104,800.00 qui ont servi à. rembourser les emprunts temporaires et à solder en partie les 174 centins, à part de l'augmentation de la dette par leur malheureux renouvellement de l'emprunt de $3,860,000.00 etfectué en, 1891 et qui figure aujourd’hui dans la dette consolidée pour $5,- 332,976. En d'autres termes, l'emprunt de 1891 de $3,860,000.00 est augmenté par leurs renouvellements de $1,472,976 ce qui, ajouté aux $7,- 104,800 ci-dessus, forme un total de $8,577,776. Quant à son affirmation de ne pas avoir touché à un seul centin de plus que-les $10,000,000 autorisés par l'acte de 1890, je le comprends facilement, car de ces 10 millions $2,500,000 ont servi à couvrir leurs propres dépenses et ue de 792 à ‘97 ils out reçu $2,264,452.55 des nouvelles taxes et en plus $358,000 de revenu, dû à la politique de leurs prédécesseurs qui avaient augmenté, pendant leur administration, les droits de licences et des coupes de bois ; en additionnunt ces différents montants, ainsi que l'indique l’état suivant :

Dépensé sur les dix millions...,... $ 2,500,000 00 Produit des nouvelles taxes ....... 2,264,450 55 Surplus de revenu. : a 858,000 00 Emprunt pendant le dernier exercice. 1,360,000 00

Le total de la dépense est près de $7,000,000 en dehors des obligations de leurs prédécesseurs, qui ont été couvertes par l'emprunt de 1890 ; pourtant, pendant leur administration, ils n’ont accordé aucunes subventions nouvelles aux compagnies de chemins de fer, ni fait.de grands travaux publics, à l'exception de l’extention du Palais de Justice à Montréal.

L’argumentation de ces messieurs ne s’appnie donc que sur un futile prétexte dont le but est de se dérober à la sévère censure qu'ils se sont attirée par l’extravaganc: et l’incurie de leur administration.

L'honorable Premier ministre a une tâche bien ardue à accomplir avant qu'il ait réussi à réparer les prodigalités d’un règne bien court mais que trop dispendieux pour les intérêts de la province.

La dette consolidée de 1892 à 1897 a subi une augmentation de $9,021,334.07. Le service des intérêts sur notre passif sera au-delà de $1,600,000 pour l’année prochaine cet, grâce à leur poiitique trop généreuse, il y a eu un accroissement considérable de dépenses dans toutes les branches du service public. Pour subvenir à cet état de choses, nous ne pouvons compter que sur un revenu limité, revenu qui se trouve réduit par l’abolition des taxes sur les immeubles à la session de 1896. Mais ce n’est pas tout, il existe en outre une dette flottante pour laquelle ces messieurs n’ont pas pourvu : elle se décompose comme suit : voir discours du Premier ministre sur le budget page 24. Etat de l'actif et du passif :

Emprunts temporaires ,..,..............,.,........, $ 700,000 00 Dépôts en fidéi-commis ..... ne RTS TES 287,039 47 Mandats impayés..... ..... RD A DE TO APCE 443,257 08 Dépôts des compagnies de chemins de fer.............. 370,174 35 Subventions aux compagnies de chemins de fer.......... 1,121,967 O8

Total de la dette flottante admise, .,...,. ...... $2,922,437 98

Moins argent en caisse au 30 juin 1897. ..... .... 1,391,428 65

L'ÉTU N Rn eS PE an .... 8 1,531,009 33

+ Cr

C’est pour solder cette dette flottante que nous demandons un emprunt de $1,500,000.00.

A Ja ‘dernière session, l'ex-trésorier proposait de réserver sur le dernier emprunt une somme suffisante pour payer les dépôts de garantie et la balance des subsides aux chemins de fer, mais malheureusement, l'excès de la dépense sur le revenu pendant le dernier exercice, le montant ainsi réservé à été absorbé par le déficit, et c'est pour reconstituer ce fonds que nous avons eu recours à un emprunt temporaire de $700,000.00. Par un acte de la Législature, le gouvernement s'était fait autoriser à régler les 92ème. 35 centins des octrois en terres aux coinpagnies de chemins de fer sur le pied de 173 cts, et avait obtenu l'autorisation de prélever par un emprunt les fonds nécessaires pour effectuer ce règlement.

Le montant des subventions payables en vertu de la loi 60 Vict., chap. 4 sur 9,414,868 âcres à 173 cts soit... 5 1,647,601 90 Subventions périmées et rétablies par 60 Vict. ch. 4... 2,424 27

1,650,026 17 Payé en agc a même le dernier emprunt jusqu'au 3C

0 do 0 Loto NT TE RE TE TT 1,164,638 33 Balance . .....,.,.. A PER TL, 485,387 84 Moins subventions périmées .....,.,.,...,,.. 560 00

Ces 484,827.84 sont incluses dans l’item du passif de $1,121,967.08 sous la rubrique ‘ subsides aux compagnies de chemins de fer” et forment partie de la dette flottante pour laquelle nous demandons un emprunt, Les subsides aux compagnies de chemins de fer ont toujours été, depuis 1874, considérés par tous les gouvernements qui se sont suce édé comme dépense acompte du capital et ont été soldés par des emprunts permanents et non avec les revenus ordinaires, tel que le propose le chef de l’opposition.

Quant à la balance des dépôts de garanties de chemins de fer, elle doit aussi être classée comme emprunts temporaires à être remboursés par un emprunt permanent, et c’est tellement le cas que l'honorable M. Taillon et l'ex-trésorier se proposaient tons deux de réserver du dernier emprunt un montant pour cette fin, mais celui-ci a été absorbé par le déficit de l'exercice 1897. C’est aussi pour payer ces dépôts qu'est destiné le nouvel emprunt.

Cependant ces messieurs qui, pendant leur court règne, s'étaient enga ‘és dans une politique nullement en rapport avec les ressources de Ja province osent, depuis qu'ils sont dans l'opposition, déclarer que nous devons payer avec le revenu ordinaire cette dette flottante créêe par eux.

Mais comment se fait-il alors que de 1892 à 1897, lorsqu'ils avaient à leur disposition un revenu bien plus considérable que celui sur lequel nous pouvons compter, qu'ils n'aient jamais songé à payer avec le revenu ordinaire les obligations du même caractère que celles qu'ils nous ont

léguées.

Ces messieurs dans l’opposition sont toujours pour l’économie, mais lorsqu'ils étaient au pouvoir, il y a à peine quelques mois, ils étaient alors pour une politique progressive dont la conséquence pour une seule année a été un excès de dépenses sur le revenu de 2,361,291.49. Un tel résultat est de nature à nous inspirer une bien faible confiance sur la sincérité de leur changement d’attitude d’aujourd’hui. Aussi ceux qui ont quelques notions sur les affaires de finances, ne seront que peu impressionnés par les principes d'économie que ces messicurs afflchent si prétentieusement depuis qu'ils sont dans les froides régions de l'opposition, surtout après s'être montrés si généreux avec les deniers publics lorsqu'ils en avaient la gestion.

Au lieu d'avoir recours à un emprunt, l’année dernière, de $1,360,- 000.00, pourquoi n’ont ils pas payé leurs obligations avec le revenu ordinaire, ainsi qu'ils le conseillent maintenant au gouvernement ; elles étaient pourtant des obligations de même nature que celles qu'ils nous ont léguées,

J'avoue que je suis vraiment étonné d'entendre le chef de l’opposition et l’ex-trésorier dire qu’un nouvel emprunt n’est pas nécessaire, vu que d'un côté ils prétendent que nous ne réussirons pas à équilibrer les dépenses ordinaires avec les recettes tandis que d’un autre côté, ils déclarent que nos revenus suffisent pour payer la dette flottante.

Comment concilier ces deux opinions opposées ?

C’est réellement se moquer de la Chambre que de se servir d’arguments aussi contradictoires. :

Ces messieurs savent pourtant que dans la dette flottante il n’est tenu aucun compte des obligations de 1 million qu’en vertu d’arrêtés en Conseil ils s’engageaieht de faire voter par la législature à la session suivante.

S'il arrivait que le gouvernement fut légalement jié par ces engagements, au lieu d’un emprunt de 14 million, c’est #2,500,€00.00 qu'il faudrait pour rencontrer la dette flottante et leurs engagements.

C'est en face de cet état de chose qu'ils osent déciarer en Chambre qu’un emprunt n’est pas nécessaire,

Ces Messieurs qui sont à la fois optimistes et pessimistes dans leurs critiques, oublient donc que l'excès de la dépense sur le revenu était pour le dernier exercice d’audelà de $S800,000.00 et qu’il faut faire disparaître cet excès avant d'être en état de payer une dette flottante avec le revenu. Îls savent aussi que l'honorable premier ministre ne réussira à accomplir cette tâche qu'à la condition qu'il puisse replacer nos finances sur des bases solides et que cette œuvre ne peut s'accomplir que graduellement. Il lui serait moralement impossible d'établir tel équilibre sans une consolidation de la dette flottante, autrement tous ses efforts resteraient infructueux.

Si le gouvernement s’engageait dans la politique que proposent le chef de l'opposition et l’ex trésorier ; de payer la dette flottante avec le revenu ordinaire, quelle en serait la conséquence : dans ce cas il se trouverait obligé de réduire la plus grande partie des octrois votés pour l’agriculture et la colonisation, de diminuer matériellement les allocations destinées pour les fins de l'éducation, d'économiser sur les différentes branches controlubles du service public, au point que leur efficacité en

serait sérieusement affectée ; telles seraient les conséquences de la politique que veulent nous faire adopter ces messieurs. Or, je suis convaincu que par uu seu] membre de cette Chambre ne voudrait appuyer une administration qui oserait s'engager dans une voie si peu en rapport avec les besoins de la province.

Il est inutile de songer, pour un instant, à une tele proposition. Mais le chef de l'opposition et lex trésorier disent encore : si les revenus ne sont pas suffisants, pourquoi n’avez-vous pas le courage de prélever sur le peuple un impôt spécial qui vous permettra de payer la dette flottante.

Autre proposition absurde, car duns les circonstances, ne vaut-il pas mieux, sous tous les rapports, consolider cette dette flottante plutôt que d’avoir recours à une taxe onéreuse pour cn payer le montant. Je suis convaincu que la Chambre sera de la même opinion.

I] ne faut pas oublier que le gouvernement se trouve engagé par son programme qui à été approuvé aux élections générales d’administrer les affaires de cette province sur un pied de stricte économie et d'employer tous les moyens possibles pour faire disparaître les déficits. Si, après avoir fait dans la mesure du possible, toutes les réductions raisonables les ressources sont insuflisantes, alors il sera temps d'augmenter par de nouveaux impôts le revenu proportionnellement aux exigences de la situation.

Or donc avant de songer à imposer de nouvelles taxes, il est du devoir du gouvernement d’épuiser tous les autres moyens ét d'éviter, si possible, d’avoir recours à un tel expédient, à moins qu’il y soit obligé par une force majeure.

Je suis convaincu que tous les membres de la Chambre nous approuveront dans cette politique préférablement à celle que suggèrent nos amis de la gauche. Dans l’état actuel de nos finances, ne vaut-il pas mieux, consolider la dette flottante par un emprunt à 3 p. c. sur lequel le service d'intérêt ne serait que $45,000.00 par année que de prélever une taxe spéciale pour en payer le capital.

Même dans le cas où nous serions définitivement obligés d'augmenter le revenu pour cette fin, n'est-il pas prétérable de prélever une taxe de $45,000.00 pour le service d'intérêt au lieu de plusieurs centaines de mille piastres par année pour lJ’amortissement du capital. D'aiileurs seraitil de bonne poiitique de faire payer par la génération actuelle le plein montant d’une dépense encourue pour le développement d’un système de voies ferrées qui doit bénéficier autant à nos descendants qu’à nous-mêmes. Chose singulière, ce n’est que depuis qu'ils sont dans l'opposition qu’ils sont en faveur du principe de payer les dépenses pour la construction des chemins de fer avec le revenu ordinaire ou par l'imposition d’une taxe spéciale,

Depuis 1874, toutes les administrations conservatrices qui se sont succédé, ont toujours capitalisé des dépenses de cette espèce par des erapruuts permanents et c’est ce qu’ils ont fait eux-mêmes l’année dernière pour le règlement des derniers 35 cts a 173 cts.

Pour une dette créée pur eux pour les mêmes fins, ils veulent aujourd’hui nous astreindre à la payer soit par le revenu ordinaire, soit par l’imposition d’une taxe spéciale, politique qu’ils n’ont pas jugé à propos de suivre lorsqu'ils étaient au pouvoir. En résumé, les deux propositions de

nos adversaires, ne sont ni l'une ni l’autre acceptables, car.elles ne sont pas pratiques dans les circonstances,

En conclusion, je crois avoir répondu d’une manière satisfaisante à la critique de mes amis de l’opposition qui, sans doute n'avaient qu'un but ; celui de vouloir confondre l'esprit de la Chambre sur le mérit- réel de la question, car toute leur argumentation ne repose que sur des théories qui ne sont pas réalisables.

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