RECETTES ET DEBOURSES DE 1867 A
TABLEAU indiquant les recettes de toutes sources et les déboursts de toute nature, depuis 1867 jusqu’au 30 juin 1897. Recettes spéciales :
Fonds d'emprunt municipal... 1,116,993 28
Vetes de propriétés et assurances ‘ncubles incendiés...,....,.,... AT ET 389,326 33
Vute de matériaux de chemins de fer «t remboursement en rapport avec ja vente du Q. M. 0, & 0... NME ETe 436,083 96 Î
Reporté...........$ 1,942408 57
Montant rapporté... $ 1,942,408 57 Fonds consolidé de chemins de fer... 118,215 00 ———————— 2,060,623 57 Diverses recettes spéciales... 96,886 36 Renboursements sur dépenses spécin- FO rt rt CR ET RE ES EN A EE 5,870 5S Rermboursements de préts ren RRSTTS 161,246 29 ' Puissance du Canada : avaice sur comptes en dispute... 625,000 00 Fonds en fidéicommis......... *+ 591,695 S4 Dépôts de garantie de chemins de fer. 2,508190 45 —— 3,9SS.S19 52 ; Emprunts temporaires... ........ 16,573,333 33 Dépôt de garactie du Québec Central CO tre imanenba rusé berne Vitre 606,849 20 Empiunts consolidés... 43,194,S4S 45 Remboursement sur le rachat de lem- CS LE OR Te 156 10 Emprunt du Palais de Justice à Qué- CC RTE TN TA TE En 200,060 60 Reçu aje sur la vente du Q. M. O.& O. 600,000 00 —————— 61,175,767 Taxe sur les subsides aux chemins de nee RC LEE DR IN tot 76.582 GS 67,301,622 65 DÉPENSES SPÉCIALES Déficit entre les dépenses et les recettes ordinaires de 1867 à 1897... $ 3,381,664 93 1 Payé pour chemins de fer... 25,791.218 75 57 # Coût des départements et du nouvel 4 hôtel du Parlement... HÉNETCS 1,593,695 91 59 ; foût du Palais de Justice à Qué bec. SSS,501 OS Travaux publics et dépenses spéciales.......… A NP NT ie 2,959,449 79 —————— $354,614,530 46 Remboursement d'emprunts tempo- TR Oro GMNrnn eoaENont 15,573,333 33 'SCS Remboursement dépôt de garantie du Québec Central de 1882 à 1886. 606,849 20 Remboursements de fonds en fidéi- RE NT I 304,616 37 Puissance du Canada: crédité au fonds municipal... TETE a) 225,583 60 Remboursement dépôt de garantie des chemins de fer... 2,166,326 68 | Fonds consolidé des chemins de fer. 118,215 00 PRRUPN IVE Rats nelle tra en 331,104 18
Reporté........ 19,632,428 36
Montant rapporté... 19,632,428 36 Remboursement sur la taxe imposéa sur subventions aux chemins de SP OR PPT REY de Pre 41,047 73 Dépense relativement à \la vente du Château Ramzay.............,.,,,. 5,142 41 Fonds, Cour de Justice à Ay lmer….. . 9,039 24 Achat de propriété sur Grande-Allée. 30, 000 00 Ecole normale Jacques-Cartier... 138,348 02 Palais de Justice à Québec... 200,000 00 Placement spécial partie de vente du
Q. MO. & Ou ssssrssrsss ses, 600,000 00 Rachat de dette consolidée... vs 10,982,314 86 Compte en suspens de l’hon. T. Mc-
CEE Yen ntrinteest items ONQUOr OU
$31,738.920 62 Balance en banque... $1,391,428 65 Moins mandats non soldés au 30 juin Dave mnt EE 443,257 08 ne —— 948,171 57
On voit par, l’état ci-dessus que le montant total payé jusqu'au 50 juin 1897, pour la construction des chemins de fer est de... Rens
Si vous ajoutez à ce montant la balance des subventions en au 30 juin 1897, mais non encore gagnées, SO... RL ET OOTNUTL
En outre de ce qui a été payé pour les chemins de fer, il y a les déficits entre les dépenses et les
recettes (UD Le DAT RUE TOR TE NT ; Coût des départements et du nouvel Hôtel du Par-
at nt Tr TE PU D he TU MR TL Coût du Palais de Justic e à À Québec OR ES A AT ;
Trâvaux publics et dépenses extraordinaires...
Ces sommes réunies forment un total de...
Les chiffres ci-dessus indiquent pour quelle fin la dette a été créée. Ainsi sur un montant total de $835,736,497.54 le montant dépensé pour subventions aux chemins de fer y compris celles non encore gagnées est de $26,921,541.05. Sur ce montant le fonveremens. Mercier a accordé pendant son administratian une somme de $87,298,567 38. Mais si l’on tient compte des $2,018,769.22 de subventions périmées et d’autres qui seraient devenues caduques, mais que nos prédéces-
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périmées ? LA rédéces-
seurs ont fait revivre par une loi en 1895, soit 8509,850.49, ces différentes sommes forment un total de 82,52S,619.38 à réduire sur ces $7,298,567.88, laissant une balance de $4,769,948.17 dont le gouv:rnement Mercier est responsable,
Par l'état ci-dessus, il est facile de constater que notre dette a été, presque cntièrement, contract(e pour la construction de chemins de fer. On peut bien discuter la sagesse de cette politique. mais qu'on veuille bien se le rappeler, c’est qu'elle eat d’invention conservatrice : ce sont les gouvernements d'Ottawa et de Québec qui ont inauguré le système de subsides en terres et en ar-
ent aux compagnies de chemins de fer, ce sont eux qui ontimaginé de convettir les subsides en terres en subsides en argent.
La dette et les emprunts sont la conséquence nécessaire de la politique de chemins de fer adopte en 1874 par M. De Boucherville et continuée nécessairement par tous ses successeurs.
Dans cette énorme somme de dépenses pour le: chemins de fer, le Gouvernement Mercier a sa part de responsabilité mais pour une bien faible partie ; responsabilité qui découle naturellement d’une politique adoptée antérieurement à son arrivée au pouvoir.
Les travaux commencés pouvaient-ils être arrêtés ? Poser la question c'est la résoudre.
J'avoue, pour ma part, que nous n'avons peut-être pas suivi le système le plus rationnel. Je crois qu'au lieu de subventions en argent, il eut été préferable, à l'exemple d'Ontario, d'accorder à ces entreprises des annuités ou une garantie d'intérêt pour un nombre d'années déterminé ne dépassant pas 20 ans.
Une fois ces annuités sollées, la Province n'aurait pas eu sur ies épaules la dette créée par les subventions qui ont été accordées.
Ainsi, au lieu d'une dette de $26,921,541.05 sur laquelle nous sommes obligés de payer un service perpétuel d'intérêt, nous n'aurions eu à servir sous forme d’annuités pendant 20 ans qu'un montant en moyenne équivalent au service d'intérêt que nous avons à payer.
Quoiqu'il en soit, tout le monde admettra que dans un pays comme le nôtre, avec d’inmenses régions à coloniser, cette politique seule pouvait développer les immenses richesses de notre sol qui, sans chemins de fer, seraient demeurées improductives. Proportionnellement à nos sources de revenus, il est possible que les Gouvernements de la Province aient agi avec une trop grande libéralité, mais je suis d'opinion que sans un encouragement quelconque, les compagnies laissées à leurs propres ressources eussent été impuissantes pour mener à bonne fin des entreprises aussi considérables.
Il n’y a pas de doute, du reste, que les voies ferrées sont le seul grand moyen de colonisation vraiment pratique. A part les avantages que ia province devra en retirer, il v a une autre considération qui a bien aussi son importance, c'est que ja construction des voies ferrées a attiré une somme considérable de capitaux étrangers, attendu que les subsides accordés pour chaque mille ne représentent qu'une faible partie du coût total.
Les sommes énorm?s dép'usées dans la province ont contribué jargement au développement de notre commerce et de nos industries
et ont donné de l'emploi à des milliers d'ouvriers. Tous les travaux exécutés ne peuvent qu'ajouter à i valeur de la propriété nationale, car il se faut pas perdre de vue que toutes ces voies ferrées restent à la province et que les trois quarts du capital requis pour ces grands travaux sont fournis par des capitalistes européens. C'est déjà une grande compensation pour les sacrifices que nous nous sommes imposés pour assurer le succès de ces entreprises.
Sans un système de voies ferrées, on peut facilement se rendre compte de la position que la province occuperait dans la C'onfédération, car elles sont le grand facteur de la distribution des produits et ont pour effet de mettre en relation le producteur et le consommateur. Les résultats de cette politique sont évidents, à preuve, Îes progrès qu'a faits la colonisation dans les parties les plus lointaines de notre territoire et la facilité avec laquelle les produits destinés à l'exportation atteignent le point d'expédition.
Où en serait le commerce de Ia province de Québec si les grandes lignes telles que l'fntercolonial, le Grand Tronc, le Pacifique Canadien et les autres lignes qui les alimentent ne convergeaient pas toutes vers les différents ports de mers canadiens et américains ?
Depuis quelques années, Les voies ferrées se sont prolongées s ur notre continent jusque dans ses parties les plus éloignées et ont ouvert au commerce et à .a colonisation de grandes étendues de terres fertiles qui étaient considérées autrefois comme inaccessibles.
Les sacrifices pécuniaires que s’est imposés la province pour obtenir un réseau de chemins de fer seront-ils les seuls qu'elle sera appelée à faire? Je ne le crois pas, car 11 y a encore certains chemins non achevés qui seront d’un grand avantage pour les régions sur leur parcours, et dans un pays comme le nôtre, avec d'immenses étendues à coloniser, il n'y a pas de doute que si nous voulons livrer à l'exploitatiôn les richesses de notre sol, nous serons obligés de faire de nouveaux sacrifices au fur et à mesure que l'extension de notre système de voies ferrées se fera sentir.
Notre état financier, dans le moment, ne nous permet pas de songer à venir en aide à ces entreprises, mais le jour viendra, et il n'est pas éloigné, où le gouvernement, quel qu'il soit, sera vivement sollicité d'encourager, sous une forme quelconque, l’extention de voies ferrées vers de nouvelles régions; mais qu'on veuille 8e rappeler que sans de nouvelle: sources de revenu il est moralement impossible de songer à se lancer dans cette voie, car cette politique entraîne de larges déboursés qu'il faut couvrir par des emprunts qui augmentent naturellement la dette et le service des intérêts. Il sera alors du devoir du gouvernement du jour, de bien faire comprendre au peuple les conséquences d’une telle politique, vu que ces entreprises ne peuvent être encouragées qu'à la condition que les contribuables soient disposés à faire leur quotepart de sacrifice.