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Depuis, l'inventaire a pris la forme d’un tableau digraphique et détaillé de tout ce qu'un commerçant possède et de tout ce qu'il doit.
Dresser un inventaire, c’est en quelque sorte, faire examen commercial de conscience, c’est rechercher le montant exact de la fortune dont on dispose, pour le comparer à celui qui est dû aux créanciers; la différence provenant de celte comparaison donnera le capital net ou fortune réelle. Ce fut seulement au cours du siècle dernier que l'inventaire apparut sous une forme plus concrète, plus comptable ; l'usage voulut qu'il fut désormais dressé sur deux pages en regard, opposant à la page gauche de l'actif, la page droite du passif, et l’on y inscrivit respectivement les détails des valeurs possédées et des valeurs dues (1).
Importance de l'inventaire. — Pour bien se rendre compte de l'importance de l'inventaire, il faut se mettre dans la position du commerçant, constamment préoccupé de la bonne marche de ses affaires.
S'il est à la veille de conclure de gros marchés, s’il a des doutes sur son personnel, s'il'veut connaître le montant de la fortune dont il dispose, il sé verra naturellement forcé de faire un relevé de ce qu’il possède et d’en soustraire ce qu'il doit; c’est ainsi que les banquiers ont un relevé quotidien de leur situation, état qui servira de base au chiffre des opérations qu’ils seront amenés à
conclure le lendemain.
« Dans une étude sür l'inventaire, J. Sobry (2) dit avec
(1) En Angleterre et aux Pays-Bas, c'est l'inverse. (2) Inventaires et Bilans.
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beaucoup d’à-propos que le négociant agit à l'instar du navigateur, qui se trouvant dans les parages inconnus ou dangereux — le commerçant ést souvent devant l'inconnu et presque toujours entouré de dangers qui menacent sa fortune et son honneur — jette la sonde et s'assure qu'il y a suffisamment de profondeur d’eau pour que son navire soit en sécurité. La profondeur de l'eau, l'étendue du capital net dont il dispose, est-elle sutfisante pour aller son chemin tout droit sans danger d'échouer, en d’autres termes, de subir des pertes plus ou moins désastreuses? Ou bien, faut-il louvoyer, ou courir des bordées, — ce qui revient à restreindre le capital exposé — à réduire ses affaires.
Ou bien encore faut-il quitter les parages devenus périlleux, changer l’objet de son commerce, entamer d’autres affaires ? »
11 n’y a que les chiffres dont l’évidente éloquence lui dônnera la réponse, et c’est précisément ces’/chiffres qu'il est difficile de noter avec justesse ; c’est d’une notation trop hâtée, trop superficielle, que peut parfois, dépendre, l'équilibre de sa situation économique.
Comment va-t-il procéder pour se rendre exactement compte de ce qu’il possède ?
En posant la question on n’est pas près de la résoudre comme certains se le figurent. Va
Pour fixer les idées et ne pas s’embarrasser dans les détails et les lieux communs de nombreux ouvrages, il nous paraît plus rationnel de synthétiser les opérations d’un commerçant d’abord, d’une société ensuite, de !#x
| analyser et de les comptabiliser; c’est surtout la logo-
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. technie comptable et la conception rationnelle de la méthode de comptabilité à partie double qui rendent difficilement compréhensible la lecture d’un bilan.
La notion du capital. — Un négociant qui s'établit, une société qui se fonde, dispose au préalable d’un capital qui donne naissance au comptable d'origine, l'idée de capital emportant celle de sa comptabilisation dès l’origine de l’entreprise.
… L'économie politique définit le capital et nous dit entre autres que le capital est un actif réel ou idéel. Pratiquement, c'est un actif matériel dont chacune des valeurs qui le composent, tombent sous l'application de nos sens ;, ces valeurs ou richesses sont susceptibles de modifications qui constituent la raison d’être de l'affaire.
Le capital s'entend également d’un actif immatériel, fictif, qui trouve son origine dans les études, l'intelligence, l’habileté et les aptitudes particulières.
Par capital immatériel, il faut done entendre celui dont les éléments qui le composent ne tombent pas ‘sous l'application des sens ; ce capital immatériel est d'ordre intellectuel ou moral.
Le négociant n'évaluera comme capital d'inventaire que les valeurs matérielles ou intrinsèques.
La société, au contraire, a un capital à la fois matériel . et immatériel ; le premier comprend le capital fixe ou immobilisé et le capital circulant dont les divers éléments se renouvelleront sans cesse et se transformeront au gré des meilleures utilisations. ; |
Rôle du capital. — Pour saisir davantage la notion
du capital, il nous faut définir son rôle.
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Le capital est à la fois un privilège et une charge. C’est un privilège en ce sens qu'il permet le développement des moyens d’action ; c'est une charge parce que le détenteur a l'obligation d’en faire un sage emploi, d'en augmenter le montant en le confiant à des entreprises économiques qui ne sont pas toutes sans présenter des aléas. A
Ainsi ‘concu pour le particulier, le capital est une portion de la fortune mondiale, du patrimoine universel — portion infime sans doute — mise à la disposition de quelques privilégiés et cette quotité de fortune peut être considérée comme un emprunt vis-à-vis de la masse.
L'ensemble des richesses qui composent le capital terrestre se répartit entre un grand nombre de détenteurs et ces deruiers constituent de véritables débiteurs du patrimoine universel, du capital. :
Chacun emprunte plus ou moins à ce capital qui devient en fait, notre créancier, notre bailleur. Nous lui devons le montant de son prêt; nous l’avons reçu ou sollicité pour une meilleure utilisation, pour une appropriation que nous estimons rémunératrice, pour donner de la valeur à l'application de nos facultés, de nos aptitudes, à notre industrie et à notre activité, pour finalement le retirer après succès, agrandi du profit légitime qui est venu augmenter son montant initial.
Voilà en principe la raison pour laquelle, en comptabilité, le capital est créancier, et c’est ce qui justifie sa situation au passif du bilan (4).
(1) En Angleterre et en Hollande, la pratique a voulu que le
passif figurât sur le folio de gauche, opposé à l'actif situé sur le folio de droite. Cela n’enlève rien à notre justification.