‹ Le billet de Marguerite operacomique en trois actesChapitre 4 sur 85 · REINHOLD, TOBIAS · texte numérisé non relu

REINHOLD, TOBIAS

TOBIAS, apercevant ReinlioM qui reste en scene.

Eh bien ! ami Reinhold, tu ne viens pas?...

REIMIOLD.

Tout à l'heure... ami Tobias... j’attends quelqu’un.

TOBIAS

Un camarade?...

REINHOLD

Non... mieux que cela.

TOBIAS

Ah! Je comprends... quelque amourette...

REINHOLD

Une amourette... Oh ! dis la passion la plus vraie... la plus durable... un ange, mon ami... le plus gracieux visage...

TOBIAS

Bien... nous y voilà... et dans huit jours, si je te parle de l’ange au gracieux visage, tu m’enverras au diable, comme d'habitude, en me disant que tu n’y songes seulement plus...

REINHOLD

oh! cette fois, je suis pris!... attaché!... Figure-toi un pied, des mains...

TOBIAS

Mais, mon pauvre ami, voilà la vin^-cinauième fois que tu rencontres des pieds, des mains... Tu devais les aimer toute la vie... tu le jurais...

REINHOLD

Oh ! cette fois, ami Tobias... c’est pour toujours!... Vois-tu, Marguerite et moi, mêmes goûts, mêmes penchants... Et puis, notre première rencontre a eu lieu d’une façon si inattendue, si touchante...

TOtU.\S^ jouant le Mintiment.

Au bord du ruisseau de la prairie?...

REINHOLD

Non... au bord d’un puits... Celui-là... (ii montre lepuUs au milieu du théâtre.)

TOBIAS^ riant.

En effet, c’est touchant !...

REimiOLD.

Oh ! ne plaisante pas... Le soir même de mon arrivée dans ce village, où je suis à vous attendre depuis trois jours...

TOBIAS

Oui, pour commencer joyeusement notre tour d’Allemagne...

REINHOLD

Ce soir-là, dis-je, j’entends au loin la voix fraîche de quelques jeunes filles. . . Tu sais l’effet que ça produit toujours sur moi...

TOBIAS, secouant la tète.

Oui, oui!...

REINHOLD

J’accours sur cette place... Oh! Tobias, qu'est-ce que je vois?... des amours... des nymphes !... Une entre autres... Dorothée !...

TOBIAS

Tu viens de me dire Marguerite?...

REINHOLD

Attends donc... j’aperçois Dorothée, et je m’écrie tout ému : «Oh ! celle-là, c’est fini, c'est pour la vie! »

TOBIAS

Et Marguerite?...

Attends donc... elles étaient venues là pour puiser de l'eau... elles riaient... caquetaient... Dorothée surtout... Je m’approche d’elle... tu sais comme je m’approche des femmes... Je la regarde... tu sais comme je regarde les femmes... Elle lève les yeux sur moi; moi, je baisse les miens, comme par modestie... et j’allais entamer ma déclaration, lorsque le gracieux babil des jeunes filles cesse tout à coup, et les voilà qui montrent du doigt, en ricanant, une pauvre petite qui venait aussi chercher de l'eau au puits.

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