‹ Le Blanc et sa municipalité sous la RévolutionChapitre 2 sur 12 · Séance du 2S pr^rial sn II (13 juin · texte numérisé non relu

Séance du 2S pr^rial sn II (13 juin

Le citoyen G., président de la Sodété populaire de la commune

du Blanc demande i la mui^cipalilé, au aom de la Société, l'autorisation de prendre les colonnea en pierre qui sont dans la ci-devaol église des Augustins, pour servif de piédestaux aux statues des

s LE BLANC ET SA MUNICIPALITÉ

gies vénérées des saints évéqties des G&ules avaient cédé 1& place aux bustes de Chalier, de Lepelletier de Saint- Fargeau, de Marat et des autres. L'autel autour duquel, naguère encore, se prosternaient les disciples du grand docteur d'Hlppone, avait naturellement disparu. On l'avait remplacé par une longue table & tapis vert, d'où s'élevaient incessamment, sur le salut de la République, des discussions paaaiounées. Ce bruit formait en pareil lieu, comme un écbo discordant dont gémissait la grande voûta de bois, encore toute vibrante de l'harmonie majestueuse des hymnes catholiques.

L'administration municipale, concurremment avec celle du district, tenait dans ses mains la plus grande partie des pouvoirs publics. Délibérant et agissant tour à tour, elle veillait b la sûreté publique, à la conservation ou h la transformation des édifices ci-devant religieux ou féodaux, au recrutement des armées, & l'alimentation du peuple ; elle présidait & l'organisation de la garde nationale, à la promulgation des lois, à la célébration des fâlea patriotiques, etc. ; elle exerçait même la police politique. Elle fournissait aux volontaires la nourriture et l'équipement et un abri aux nombreux prisonniers de guerre internés dans la ville. On voit par cette énumération, cependant incomplète, que les attributions d'une municipalité, & cette époque, étaient beaucoup plus con-

martyn de la Hborté, qni doivent être placées dans le lieu des sésncoB de la Société populaire. La municipalité accorde lea colonaea pour porter lei bustes des tnartyrs, et engage le président à ne point ooiapromettra la MlidlM de» mars où elles sont placées.

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eiâérables que de noB Jours. Oo en pourra juger par cet exemple, qu'au Blauo, comme ailleurs, pendant trois ans que régna la Convention, onze miQe deux cent dix lois furent publiquement proclamées par les soins des otflciers municipaux'. Aussi, l'administration municipale occupait-elle, dans les corps constitués, une place particulièrement distinguée. Le 30 décembre 1789, aux applaudissements de l'Assemblée nationale, Mirabeau avût fait adopter la proposition suivante : que tous les officiers municipaux, comme véritables et immédiats représentants du peuple, auraient & jamais le pas sur toute autre existence sociale *.

Nos magistrats populaires surent résister aux enivrements qu'aurait pu expliquer une situation si nouvelle, et leur administration fut toujours paternelle et modérée. Ainsi, le 5 novembre 1792, un citoyen ne pouvant trouver de logement, sollicita de la municipalité la faveur de retirer pendant quelques jours dans un des appartements de la mùson commune ses efl'etB et ses meubles. Sa demande fut aussitôt accueillie ; on lui permit de disposer d'une chambre de l'édifice k la seule condition de n'y allumer ni feu ni chandelle. Dans des circonstances plus graves, nous aurons l'occasion de voir le Conseil général de la commune résister fort honorablement aux

1. L& ConventloD gouverna la France pendaDt trois ans, un mois et quatre jours; et rendit 11,210 lois ou déoreta, dont 73B n'eurent pour olget que d'en contredire d'autres. (Viu.iAUMâ. Histoire de la Rivohition p-ançaise, page 3S0).

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