‹ Le blé et les céréalesChapitre 18 sur 101 · oo ?.5oo · texte numérisé non relu

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pays importateurs

Allemagne.

Grande-Bretagne .

France

Autriche

Italie

Pays-lias

Suisse

Belgique

Danemark

Suède et Norvège

Espagne

Portugal

Grèce

Egypte et Cap . . .

Total

milliers de

Le total de la production depuis L900 £s1 donne pat' les chiffres du tableau ci-dessous :

Production mondiale du froment d'aprcs le D x Ruhland

1900 711 millions de quintaux

Ces chiffres sont supérieurs a ceux que nous avoi^ cités tout à Fheure d'après la statistique du Ministère français de l'agriculture. Les difficultés d'évaluation précise expliquent les divergences constatées.

Enfin, pour compléter ces indications, nous donnons encore ci-dessous, en millions d'hectolitres et de quintaux, les évaluations de la production mondiale du froment (voir tableau, p. 3<S .

La Répartition ^èo^rapJiique de la Production du froment en France

L'abondance de la production du froment et l'extension de sa culture sont immédiatement influencées par la nature du sol et le climat. Les terres fertiles d'alluvions, les terrains tertiaires ou crétacés avec un riche revêtement de terrains de transport sont ceux qui ont été de tout temps réservés à la culture du blé. Le bassin parisien, une partie de la Normandie, de la Picardie, les Flandres, et puis, à l'ouest, les meilleures terres de la Bretagne, de l'Anjou, de la Vendée, sont les régions à froment de la moitié

Les Céréales. 3

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septentrionale de la France. La vallée de la GaronneL au sud-ouest, et celle du Rhône sur la rive gauche*, constituent encore, pour la moitié méridionale de notre pays, des zones de grosse production.

A L'inverse, le Plateau central — à l'exception de la Limagne, la Gironde, les Landes, Les Pyrénées, et la cote méditerranéenne, sont des pôles répulsifs. — La région montagneuse et froide de l'Est depuis les Vosges jusqu'aux Alpes-Mariti mes est également pauvre en blé, en raison de l'altitude, du climat, et de la prédominance des forêts et des herbages de vallées ou de montagnes.

D une façon générale, la production du froment par 100 hectares de territoire agricole (y compris les forets s'élevait en France vers 1892 1 à 230 hectolitres. Sur 87 départements on comptait:

i) départements dans lesquels le produit moyen dépassait 400 hectolitres;

15 départements dans lesquels le produit variait de 300 à 400 hectolitres ;

21 départements dans lesquels le produit s'abaissait de 230 à 300 hectolitres.

En somme, dans 45 départements presque tous situes dans la moitié septentrionale de la France, la production par 100 hectares du territoire agricole dépassait la moyenne générale.

Les départements dans lesquels la récolte restait inférieure à cette moyenne, étaient les suivants :

5 dans lesquels la production variait de 200 à 300 hectolitres ;

1 Voir Enquête agricole de 1S92 : Introduction, p. 7G.

2 1 dans Lesquels la production variait de 100 à 200 hectolitres ;

14 dans lesquels la production restait inférieure à 100 hectolitres.

Voici (Tailleurs, le tableau général qui indique la répartition géographique de la production du blé

en France :

Rapport de la production du froment à ÎOO hectares

du territoire agricole

Départements où ce rapport est supérieur à la moyenne de 230 hectolitres

Aisne.

Eure-et-Loir.

Nord.

1 er Groupe y Oise,

moyenne supérieure \ Pas-de-Calais, à 4oo hectolitres / Seine-et-Marne.

Seine-et-Oise.

Somme.

Vendée.

2 e Groupe moyenne variant de 3oo à f\oo hectolitre

i Charente- Inférieure.

Eure.

Haute-Garonne.

Gers.

I Ille-et-Vilaine.

1 Loire-Inférieure.

] Lot-et-Garonne. |

Maine-et-Loire, i Mayenne.

j Meurthe-et-Moselle.

I Rhône.

[ Seine-Inférieure.

Deux-Sèvres.

\ Tarn- et-Garonne.

\ Vaucluse.

3 e Groupe

moyenne variant de s3o à 3oo hectolitres

Ain.

Allier.

Ardennes.

A ube.

Charente.

Cher.

Côte-d'Or.

Cotes- du-Xord.

Dordogne.

Dn une.

Indre

Indre-et-Loire.

Isère.

Loir-et-Cher.

Marne.

Haute-Marne.

Meuse.

Saône-et-Loire.

Tarn.

Vienne.

Yonne.

Départements dans lesquels ce rapport est inférieur à la moyenne de 230 hectolitres

i er Groupe

moyenne variant de 200 à 2H0 hectolitres

2 e Groupe

moyenne variant de 100 à 200 hectolitres

3 e Groupe

moyenne inférieure à 100 hectolitres.

Loiret.

Lot.

Nièvre.

Haute-Saône.

Sarthe.

Basses-Alpes.

Ardèche.

Ariège.

Aude.

Aveyron.

Rouches-du-Rhône.

( lalvados.

Doubs.

Finistère.

Gard.

Gironde.

Hautes-Alpes.

Alpes-Maritimes.

( lantal.

Corrèze.

Corse.

Creuse.

I lérault.

Jura.

Loire.

Manche.

Orne.

Basses-Pyrénées.

Hautes- Pyrénées.

Pyrénées-Orientales .

Var.

Haute-Vienne.

Vosges.

Landes.

Haute-Loire.

Lozère.

Morbihan.

Haut-Rhin.

Haute-Savoie.

Savoie.

Les deux cartogrammes que nous insérons ici complètent ces indications et les rendent plus claires. Le premier se rapporte à la répartition géographique de la culture en tenant compte des surfaces

LE RLE ET LES CEHEALES

par rapport à 100 hectares du territoire agricole; le second concerne la distribution de la Production

Happort de la superficie du froment à 100 hect. du territoire agricole. Moyenne française : i4,2°/ 0 (1892).

comparée également à la surface du domaine agricole dans chaque département.

LE RLE ET LES CEREALES 43

L'examen de ces deux cartes à teintes dégradées confirme nos conclusions formulées plus haut. Dans

Répartition géographique de la production du froment. En France : nombre d'hectolitres récoltés par 100 hectares du territoire agricole. — Moyenne française : s3o hectolitres.

la région particulièrement favorisée qui s'étend aux environs de Paris et au nord de la capitale jusqu'à

La Belgique, la production moyenne est presque double de celle que nous axons Indiquée pour la France entière. Elle dépasse 400 hectolitres par 100 hectares de territoire agricole. Dans l'ouest, la Vendée et les départements arroses par la Loire, dans l'est, les terres de la vallée de la Seine et de la Marne, soni remarquables pour l'abondance de la récolte ordinaire. Il en est de même pour la vallée de la Garonne et celle du Rhône, sur la rive gauche de ce fleuve.

Toutes les zones favorisées que nous venons de citer doivent évidemment céder une partie de leurs récoltes aux autres régions. On devine sans peine quelle peul être l'importance d'un pareil trafic dont nous voyons immédiatement les causes : l'aptitude du sol et le climat.

En rendant plus rapide et moins onéreux le transport des grains, la transformation récente des moyens de transport a rendu un immense service et permis une spécialisation plus avantageuse des cultures. En même temps que la production totale s'élevait, elle était concentrée dans un nombre moins grand de zones eulturales, et, d'autre part, les rendements pouvaient être accrus parce que la culture du froment se trouvait favorisée par les aptitudes naturelles des sols aussi bien que par le climat .

Le transport plus facile et moins coûteux des matières fertilisantes a eu pour conséquence d'accroître les rendements en permettant de compléter la terre arable, là où ces transformations pouvaient être accomplies.

La Production de V avenir et l'avenir de la Production

Les faits exposés dans les deux premiers chapitres nous permettent très aisément de parler de la Production de l'avenir. L'accroissement ininterrompu de la récolte de froment et des rendements par unité de surface autorise tous les espoirs.

Il est, pour nous, certain que la production augmentera encore d'autant plus rapidement que les progrès de la technique agricole seront plus marqués et plus rapides. L'amélioration des terres par l'apport d'engrais minéraux, l'assainissement par le drainage, Lu sage général de semences sélectionnées et de plus en plus productives seront les applications journalières des découvertes scientifiques appliquées à la culture. L'influence toute-puissante, et Ton peut dire la contagion de l'exemple, forceront bientôt tous les agriculteurs à utiliser les mêmes méthodes et à obtenir les mêmes résultats, c'est-à-dire l'élévation rapide des rendements aussi bien que l'accroissement du poids même des grains récoltés sous le même volume.

Si la richesse générale des agriculteurs et des autres classes de la nation restait stationnaire, on pourrait, il est vrai, redouter que le développement de la production ne vînt déprimer les cours parce que les acheteurs ne seraient pas en état d'acheter du pain blanc et de substituer cet aliment au seigle, au sarrasin, au maïs dont ils se contentent aujourd'hui encore dans les régions les plus pauvres. Mais il faut bien noter

que la culture du froment n'a pas été seule à bénéficier de L'amélioration des procédés techniques. Toutes les branches de la production agricole ont successivement profité de ces progrès, (/est la masse générale des produits du sol qui s'accroît, et, d'autre part, les progrès industriels marchant du même pas, on peut affirmer que le niveau général du bien-être s'élève. L'augmentation incontestable des salaires est un des signes et Tune des preuves de cet accroissement de la richesse.

Les acheteurs plus riches deviendront en conséquence plus exigeants etils offriront aux producteurs de blé un débouché nouveau. La France, d'ici longtemps, ne souffrira pas d'une pléthore de froment et ne sera nullement forcée de recourir à l'exportation.

Le jour où cette éventualité se produirait, on yerrait, d'ailleurs, baisser le prix des grains et il suffirait de réduire la surface cultivée pour lutter efficacement contre l'encombrement du marché.

La réduction des surfaces occupées parle froment sera probablement la conséquence d'une élévation rapide des rendements. Au lieu d'imposer cette culture à des terres qui ne lui sont pas favorables, on la restreindra pour la confiner sur les sols que leur composition physique et chimique, le régime des eaux et le climat rendent particulièrement féconds et capables de donner d'abondantes récoltes de grains. La division du travail sera ainsi de plus en plus mar quée pour le plus grand profil du cultivateur et de la nation tout entière. Le développement si rapide des cultures fourragères en France depuis vingt-cinq ans

nous montre qu'il est facile autant que lucratif de ne pas étendre le domaine réservé au froment.

On pratique encore la jachère dans notre pays; en d'autres termes certaines terres ne sont cultivées que tous les deux ans ou bien deux années sur trois. Cette méthode cul tu raie — excellente autrefois lorsqu'on ne pouvait pas enric hir et compléter le sol par des matières fertilisantes achetées au dehors — est de moins en moins usitée. Une partie du territoire agricole deviendra donc productive au lieu de rester à l'état de terre nue.

Sans doute cette étendue consacrée dès à présent à la culture des céréales et en particulier à celle du froment portera des grains, mais là encore une sélection sera faite, et seules les terres dont les aptitudes eu lturales auront été reconnues favorables à la production du froment seront occupées par cette céréale.

De toutes façons nous ne croyons pas qu'il y ait lieu de prévoir ou de redouter ce que Ton nomme la surproduction. L'équilibre sera réalisé : d'une part, grâce à ce développement de la consommation, et, d'autre part, grâce à la réduction des surfaces aujourd'hui consacrées au blé mais occupées demain par des plantes industrielles, ou des fourrages.

C'est ainsi du moins que nous croyons pouvoir apprécier la production de l'avenir et l'avenir de la production du blé dans notre *pays.

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