kilos 6/10 à i5 fr
Pailles
G82 bottes de 5 kilos, à 3o fr. 4°
Total de la phodlctio.n 4°9,>8
Perte à l'hectare (intérêts du capital non compris) 33 ))
Capital d'exploitation à l'hectare 5i},G6
L'hectolitre de seigle après déduction de la valeur des pailles revient à i4 fr. 7 (> >.
Nota. — Cette culture n'a pour objet que la production des pailles pour la confection des liens.
Toutes les observations faites au début de ce chapitre s'appliquent aux comptes spéciaux que le lecteu r a eu sous les yeux.
Le calcul de la valeur des travaux exécutés parles animaux est arbitraire; il en est de même pour les menues pailles, les déchets de grains, pour l'attribution à telle ou telle céréale d'une fraction de la valeur des fumiers, valeur attribuée et non constatée.
En outre, si le compte blé se solde par un profit et le compte* seigle par une perte, cela ne prouve nullement qu'il faille renoncer à la culture du seigle puisque la paille de cette céréale est utile, sinon indispensable au cultivateur. %
D'autre part, on ne peut pas supprimer l'avoine pour la remplacer par le blé car, dans l'assolement adopté betteraves, puis blé, puis avoine), il est impossible de cultiver du froment deux années de suite.
Certaines cultures se soldent par une perte et sont, cependant, si indispensables à la bonne exploitation
du domaine qu'on ne peul pas visiblemenl se passer (I elles. Telles sont 1rs cultures de fourrages servant d'aliments aux animaux.
Os animaux fournissent la force motrice e1 le fumier; il faut donc les nourrir cl, par suite, cultiver <lcs fourrages. Or, voici comment, dans la même ferme, le cultivai eu r établissait son compte fourrages :
Prias de revient des frais et de la production des fourrages en 188k
FRAIS A L HECTA \\ E
( Labours, hersage, roulage, ensemencement.
Mise en te rie ) Fumiers
( Semence
Récolte
Fra is généraux
et de réalisation
Fauchage, ramassage, fanage Bottelage
I Transport
Meules
Impôts personnels et prestations .
Fermage, impôt foncier à la charge du propriétaire
Réparation de l'outillage
Rabais de l'outillage à l'inventaire
Commis, entretien des bâtiments, menus frais
Total des frais.
fr. c.
PRODUCTION \ L HECTARE Quantités et Valeurs
fr. c.
81 5 bottes de 5 kilos à 32 fr. 65 les 100 bottes 266,09
Total de la production. ...... 266,09
Perte à l'hectare (intérêts du capital non compris) XI >97
Capital d'exploitation à l'hectare 517,16
Nota* — Ce compte est un compte d'entretien de fourrages et certains frais comme ceux des labours, paraissent peu élevés, parce qu'ils résultent des moyennes de la culture fourragère.
La botte de fourrage de 5 kilos revient à o fr. 34,n8G. La valeur des fumiers est répartie par a/5 pour la première année de fumure, 2/6 pour la seconde année, et i/5 pour la troisième année.
Nous donnons ci-dessous > année par année pendant dix ans, les pertes el gains du compte fourrages :
COMPTE •OURRAdES
PERTES ET GAINS PAU Il I ( T A Kl
PERTES l'r. c.
Les pertes de ce compte ont pour conséquence une élévation factice de la valeur des aliments consommés par le bétail qui n'est pas admis à protester et dont le compte se solde en perte. Le gain de ce même compte fourrages réduit abusivement la valeur des fourrages qui seraient donnés à prix de revient aux bêtes de trait dont le crédit remporte alors sur le débit si le prix n'est pas modifié.
En fait, la perte ou le gain de ce compte ne présente pas plus d'importance (pie la balance du compte
céréales. L r ésseûtiel c'est que L'ensemble de tous les comptes se balance par un bénéfice ei que, d'autre part, le compte inventaire accuse une augmentation de là fortune du cultivateur, fortune représentée ici par son capital de culture.
Nous ne sa u rions mieux faire que de citer à nouveau le professeur Dubost dont 1rs pénétrantes analyses ont si bien éclairé l<* problème des comptes spéciaux.
( Les prix de revient, dit-il 1 , constituent Ifune <l< k s plus étonnantes fantasmagories qui aient jamais eu lieu. Dans la discussion de toutes les questions économiques où les intérêts agricoles étaienl en jeu, l< k s prix de revienl ont fait généralement le fond du débat. Au lieu de remonter aux principes ou. ce qui revient au même, aux faits généraux, on se bornait presque toujours à puiser des arguments dans les résultats si complexes, si fragiles et si disparates
d'une comptabilité essentiellement vieiense.
« On adoptait telle ou telle doctrine, suivant que l< k prix de revienl spécial de tel ou tel produit était censé plus ou inoins faible, ou plus ou moins élevé. Qui ne se souvient de ce qui s'esl passé à ce sujel dans l'enquête agricole de 1866? Chacun a produit là ses chiffres, et tous ces chiffres étaient en complet désaccord. Dans la même localité, on faisait varier le prix de revient du blé dans des proportions énormes. Ainsi M. de Lavenay, président de la troisième circonscription s'exprimait ainsi : « Le prix de revient des cultures a été établi si diversement que le résultat ne mérite aucune confianee; la vérité est que personne
1 P. G. Dubost, Les Entreprises de culture ei la comptabilité , p. 118.
LE RLE ET LES CEREALES 119
n'en sait rien, e1 que même avec des calculs très précis, on n'arrive qu'à des résultats très contradictoires, pa suite de la variété des éléments des comptes, » — Dans Ie % département de la Somme, on faisait varier les frais de culture d\i\\ hectare de blé dé 150 à 401 francs pour l'arrondissement d'Abheville ; de 212 à 463 francs pour L'arrondissement de Doullens ; de 165 à 400 francs pour l'arrondissement de Montdidier ; de 125 à 400 francs pou r l'arrondissement de Péronne.
(( Dans le département de l'Oise, on faisait varier les frais de culture dans le rapport de 1 à 8 pour l'arrondissement de Clermont, 50 francs au minimum, 399 francs au maximum. M. le baron de Veauce, dans la neuvième circonscription, dit que les commissions départementales de l'Allier, du Puy-de-Dôme et de la Nièvre < ont fait justice des prétentions mises en avant pour déterminer d'une façon fixe le prix de revient ».
a Un déposant de cette circonscription, M. Bqnneau du Martray, est même allé jusqu'à qualifier de jeux cV esprit\es comptes de culture présentés à l'Enquête. »
Retenons donc que la recherche des prix de revient des céréales présente une très grande difficulté et qu'il faut accueillir avec beaucoup de réserve les chiffres produits à l'appui de telle ou telle thèse d'ordre économique, qu'il s'agisse des prix calculés eu France ou de ceux que l'on cite à propos de la culture des grains aux Etats-Unis, dans l'Inde, ou ailleurs. Il est exagéré de dire que les prix de revient sont toujours des fantasmagories, niais à coup sur ils manquent de précision et varient dans des limites si et en-
dues avec les situations, les milieux et 1rs cours, que Ton ne doit pas leur attribuer une valeur documentaire sérieuse. Tout au plus fournissent-ils des indications, des bases de comparaisons, des hypothèses utiles pour arriver à modifier 1rs systèmes de culture en étudiant la répercussion d'un développement de telles ou telles cultures sur les bénéfices généraux de L'entreprise agricole.
En définitive, c'est toujours le chiffre du bénéfice total qui est le critérium de la culture. Il n'y en a pas d'autre.