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CHAPITRE PREMIER

Définitions. Nomenclatures. Surfaces cultivées en France et à 1 étranger. Répartition géographique de la culture des céréales dans notre pays. Importance relative des surfaces consacrées à la culture des diverses céréales.

Le mot céréale sert habituellement à désigner les plantes cultivées dont les grains sont utilisés pour l'alimentation de l'homme et des animaux. Cette définition est, cependant, trop vague ; car, les pois, les lentilles, les haricots donnent des graines alimentaires consommées par l'homme, et la châtaigne devrait, elle aussi, être considérée comme le fruit d'une céréale.

En fait les céréales sont représentées uniquement par le froment, l'épea^itre. l'orage, le seigle, l'avoine, le njaïs, le riz, le sarrasin et le mi/llet. Toutes ces plantes, sauf le sarrasin [polygonum fcigopyrum), appartiennent à la famille des Graminées.

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Leurs grains renferment de l'amidon qui peut aisément être réduit en farine. Lorsqu'il s'agit du riz, la graine est le plus souvent cuite et les peuples de l'Extrême-Orient qui en font leur nourriture ne prennent pas la peine de la moudre.

Le froment que nous appelons souvent blé en France, est de beaucoup la plus importante des céréales pour les pays occidentaux. C'est le froment qui occupe dans notre pays la surface la plus considérable en comparaison des autres plantes cultivées pour leurs graines, et la valeur de cette production dépasse également celle des céréales que nous avons énumérées.

Semé en octobre ou novembre et récolté de juin à août selon les régions, le froment d'hiver est le plus généralement cultivé parce que sa productivité dépasse celle du blé de printemps dont les semailles sont faites de février à avril.

Les froids excessifs et les chaleurs très fortes étant inconciliables avec le succès de sa culture, le froment ne dépasse pas en France une altitude de 600 à 800 mètres et, d'autre part, il reste peu productif dans les régions méridionales lorsque Ton ne peut pas faire usage de l'irrigation pour constituer dans le sol ou le sous-sol des réserves d'humidité.

La pauvreté de certaines terres granitiques ou schisteuses en chaux et en phosphates est également un obstacle à la culture du froment. Cette céréale était rarement récoltée dans les régions françaises de la Bretagne, du Maine, de la Marche, du Limousin, <lu Morvan, etc., rte , il y a soixante ou soixante-dix ans.

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c'est-à-dire avant le moment où Ton eut Ridée de compléter le sol arable par des apports de chaux et de phosphates.

L'extension progressive de la culture du froment a été la conséquence direete et presque immédiate des progrès de la chimie agricole et de l'emploi des engrais industriels qui ont modifié la composition chimique des terres pauvres. Cette transformation a été, en fait, opérée par substitution car Ton a simplement remplacé par du froment les autres céréales telles que le seigle, l'avoine ou le sarrasin qui s'accommodaient des sols pauvres. Ici, comme toujours, le problème technique a été résolu en même temps (jue le problème financier. Le froment a remplacé les céréales pauvres parce que le prix de ce grain étant le plus élevé sans que les dépenses de cultures fussent sensiblement plus grandes, l'augmentation du produit brut en argent a déterminé un accroissement du profit net réalise.

Le seigle s'accommode mieux que le froment des sols pauvres, des climats froids. Sa paille plus rigide, plus solidr, sert à des usages industriels. Le grain presque toujours utilisé autrefois pour L'alimentation de l'homme fournit une farine et un pain moins estimés que la farine et le pain de froment. Comme nous l'avons dit plus haut, la culture du seigle a perdu de son importance à mesure que celle du froment s'étendait davantage et occupait de nouvelles surfaces. Le seigle est, cependant, fort utile encore bien que son grain serve le plus souvent à la nourriture des animaux. L'aire géographique de cette céréale se confond avec les régions élevées, à climat froid, à terres

incomplètes qui ne conviendraient pas aux autres céréales.

luèpeautre qu'on appelle aussi blé vêtu est un froment qui se distingue par des traits caractéristiques : 1° la fragilité de Taxe de l' épi qui se divise à la maturité en autant de fragments qu'il y a d'épillets; 2° la persistance des enveloppes du grain (glumes et balles) qui ne se détachent pas aisément de la base à laquelle on les trouve liées, de telle sorte qu'on emploie la meule pour opérer cette préparation spéciale.

Les épeautres sont rustiques, peu exigeants et s'accommodent des climats froids ou des terres pauvres. L'épeautre a, d'ailleurs, peu d'importance au point de vue agricole et économique.

L'orge est une céréale beaucoup plus intéressante. Dans l'Europe centrale, en Bosnie par exemple, on L'utilise encore pour fabriquer des pains grossiers... comme du pain d'orge. Mais, en revanche, Forge est la matière première de l'industrie de la Brasserie et sert à la fabrication de la bière. Enfin Forge réduite en farine constitue pour les animaux de ferme, notamment pour les bovidés, un excellent aliment.

Les orges sont beaucoup moins exigeantes que les froments au point de vue de la richesse du sol, bien que la culture soit surtout productive sur des terres riches et bien fumées.

\J avoine présente, en France, beaucoup plus d'importance que Forge bien que les grains de cette céréale soient exclusivement utilisés pour la nourriture des chevaux et exceptionnellement pour celle

<le certains animaux dy forme comme les volailles et 1<>^ béliers.

L'avoine supporte Les climats froids, e1 les terres médiocres au point de vue de leur composition minérale. Klle entre dans tous les assolements et succède au froment sur le même sol, soit à l'automne (clans les régions à pli mal doux comme la Bretagne) soit le plus souvent au printemps.

Le maïs a une aire géographique beaucoup moins étendue que celle du froment , du seigle et de l'avoine ; c'est une céréale de la région tempérée chaude. On ne le cultive en France, pour son grain, que dans les vallées de la Saône, du Doubs, du Rhône et de la Garonne. Les grains du maïs sonl utilisés pour la nourriture de l'homme comme pour celle des animaux et en particulier des volailles.

Le riz est surtout cultivé dans l'Extrême-Orient, en Cochinchine, au Tonkin, en Chine, etc., etc.; cependant on en récolte des quantités considérables aux Etats-Unis, en Italie, et en France même (Bouches-du-Rhône). Le riz exige pour se développer normalement une irrigation bien comprise de la terre qui le porte. À peine sorties du sol, les tiges du riz doivent être tenues les pieds dans l'eau, et cette couche est renouvelée de façon à ce que le riz ne soit jamais à découvert. Semée en avril ou mai, dans le midi de la France, cette céréale n'est mûre qu'en septembre. Si le riz présente, au point de vue agricole et économique une importance exceptionnelle dans l'Extrême-Orient, il en est tout autrement dans notre pays. La Camargue (commune d'Arles-su r- Rhone) et quelques plaines de terres salées du rivage

de La Méditeïranée sont les seules régions où La culture du riz soit possible et lucrative.

Le sarrasin, au contraire, pourrait être cultive dans La Fràrice entière, mais, en fait, il n'occupe qu'une surface restreinte — comme plante céréale à grains alimentaires — parce que le prix du sarrasin, ou blé noir, est moins élevé que celui du froment. Le sarrasin est, cependant, très précieux en Bretagne, dans le Maine, et quelques régions à terres pauvres, parce qu'il végète aisément sur des sols fort peu riches en matières minérales (chaux, acide phosphorique).

La graine de blé noir sert à la nourriture de l'homme et constituait, il y a peu d'années encore, L'unique ressource de toute une population, — celle de La Bretagne. Indépendamment de cette utilisation traditionnelle et millénaire, le sarrasin es1 encore employé pour L'alimentation des volailles.

Enfin, Le millet qui parait s'accommoder de tous les climats est cultivé depuis Le Sénégal ou Le Congo jusqu'aux environs de Paris. En fait, on Le rencontre suit oui en France dans la zone du mais (S.-E. et S.-O.), notamment dans La Vaucluse, L'Àrdèche, les Landes et la Haute-Garonne.

Le grain est utilise pour la nourriture de L'homme et surtout pour celle des animaux de basse-eour.

()d inscrit souvent dans les colonnes de nos statistiques officielles Le mot mèteil comme s'il était question d'une céréale. C'est là une erreur dans Laquelle il importe de ne pas tomber. Le mèteil est simplement un mélange en proportions variables de seigle et de froment. Ce mélange semé dans les

terres pauvres qui ne porteraient pas de bonne récolte de froment cultivé isolément, permel d'obtenir à la moisson uue quantité correspondante des deux céréales, La culture du méteil est en voie décroissance comme celle du seigle puisque Ton tend partout à lui substituer celle du froment dont le grain ayant plus de valeur fournit au cultivateur un produit brut en argent plus élevé. À mesure que les progrès techniques de l'industrie agricole sont plus marqués le méteil fait place au froment, à l'avoine, ou aux cultures industrielles et fourragères.

Surfaces cultivées en France et à V étranger

Les statistiques officielles publiées en France par le Ministère de l'agriculture, et les relevés faits à l'étranger nous renseignent sur l'importance des surfaces qu'occupent les céréales. Sans doute, les chiffres dont nous disposons ne sont pas rigoureusement exacts parce que l'appréciation de l'étendue réservée à telle ou telle culture est extrêmement difficile, mais nous sommes forcés de puiser aux sources dont nous pouvons disposer.

En calculant la moyenne des dix années 1896- 1905, on obtient, pour la France les résultats suivants 1 :

1 Voir la statistique agricole annuelle publiée par le Ministère de l'agriculture. — Paris, Imprimerie Nationale, 1907.

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