‹ Le blé et les céréalesChapitre 75 sur 101 · BLÉ · texte numérisé non relu

BLÉ

FARINE

fr. c.

fr. c.

Mill.d'hect.

Ces chiffres ont besoin d'être commentés, et pour voir ce qu'ils signifient il suffirait de se reporter au graphique qui en serait la traduction.

Les inflexions des deux courbes relatives aux entrées de grains et aux arrivages de farine confirment nos conclusions précédentes. Les importations de grains varient beaucoup plus (pie celles des farines. Nous constatons également que ces deux courbes suivent une marche analogue, s'élevant ou s'abais-

1 Blé de i r0 qualité. ,

2 Farine 12 marques.

Mercuriales de la Bourse du Commerce

saut au même moment, bien qu'elles ne soient pas parallèles* L'une et l'autre marquent un mouvement ascension n ri accusant une augmentation générale <!rs arrivages du ran1 cette période, e1 nous avons déjà fait remarquer que l'accroissement delà population parisienne expliquait très naturellement le développement de la consom mal ion .

Durant deux années, en 1897 et 1898,1e mouvement ascensionnel des 2 courbes se trouve brusquement arrêté; elles s'infléchissent même; la courbe des grains, notamment, accuse une réduction considéra* ble des arrivages. Pour expliquer cette anomalie, il

suffît de suivre des yeux la COUrbe des rrrolles de

froment en France et celles des prix. — Aux belles récoltes de L894-1895-1896, correspondent des coiws tics bas. Le cours du froment tombe au-dessous de 21 francs le quintal; celui de la farine au-dessous de 28 fr. 50. En même temps les arrivages augmentent net temen t et rapidemen t .

En 1897, une récolte très mauvaise provoque le renchérissement du blé et de la farine; l'effet de cette réduction de la production se fait encore sentir en 1898, Nous voyons aussitôt s'abaisser les entrées du blé et de La farine. Les moissons énormes de 1898 et 1899 font ensuite retomber les cours au niveau le plus bas, et les arrivages de grains ou de farine s'élèvent de nouveau. Ainsi, il nous parait ires sûrement établi que les entrées de froment en général, et surtout celles des grains, varient avec les prix et avec les récoltes. L'abondance de la récolte entraîne une baisse des prix qui se traduit par une augmenta* tion de la consommation. Une mauvaise récolte pro-

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voque une hausse et une diminution des quantités 6ïïi ployées.

Cette double action est plus marquée en ce qui concerne les grains et voici, croyons-nous, L'explication de ce fait. Les moulins de Paris s'approvisionnent aisément et peuvent travailler les quantités maxima qui leur sont offertes pendant 1rs années de grosses récoltes. Lorsque le grain devienl plus' r are et plus cher, 1rs difficultés de l'approvisionnement des moulins sont plus grandes; Le minotier hésite à augmenter 1rs prix d'achat du fromenl de Trais de transport qui grèvenl Lourdement. le grain puisqu'il faut 100 kilos de blé pour obtenir 70 kilos de farine marchande. En outre, Les avances de fonds sont plus grandes; La constitution d'un stock de grains à écraser comporte un aléa puisque 1<* meunier peut voir baisser la farine au moment où il moud des blés achetés aux cou rs les plus élevés. Alors, l'industriel réduit ses achats; il était, au contraire, tenté de les augmenter au moment d'une baisse e1 à la suite d une bonne récolte, en prévision d'une hausse possible après le fléchissement des cours.

N'oublions pas, en outre, qu'une partie des arrivages à Paris sont déposés dans les magasins généraux où ils constituent des stocks.

Ces stocks diminuent quand la réçolte esl mauvaise et lorsque les prix montent. On hésite à constituer des approvisionnements considérables en présence d'une élévation des cours qui peuvenl fléchir ensu i te.

Ces approvisionnements sont natu rellemenl pi us considérables à La suite d une baisse qui permel de

prévoir ultérieurement un relèvement des prix et d'escompter un profit.

Rien n'est plus facile, d'ailleurs, que de constater L'augmentation des « stocks » à la suite des années de bonnes récoltes e1 de bas prix; on voit, au contraire, que les stocks diminuent à la suite d'une moisson très faible provoquant la hausse des cours. En prenant comme point de départ de V année agricole le 1 er août, voici quelles ont été les quantités moyennes de blés relevées dans les magasins généraux de Paris depuis le 1 er août 1894 jusqu'au 31 juillet 1001. Nous plaçons en regard les récoltes correspondantes et les coin s.

Moyenne des stoc ks mensuels*, récolles annuelles et prix du froment 100 kilos)

Du i er août au 3i juillet pour chaque année agri- , cole.

ANNKES

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