‹ Le Bleu de MéthylèneChapitre 4 sur 17 · CRE · texte numérisé non relu

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l'alcool, des solutions d’un beau bleu intense. Le bleu de méthylène contient souvent du chlorure de zinc.

Le bleu de méthylène est un antiseptique (Stilling) ; il arrête le développement de la bactéridie charbonneuse et du gonocoque, mais seulement après un contact prolongé.

D’après Guttmann et Erlich il détruirait aussi l’hématozoaire du paludisme, mais Laveran s’inserit en faux contre cette opinion.

Enfin tout récemment Vincent, professeur au Valde-Grâce, a étudié dans un cas de dyssenterie amoébienne l’action du bleu de méthylène sur les amibes. Voici ce qu'il écrit (Presse médicale, numéro du 23 décembre 1903, pages 880 et 881) :

« L'observation est facilitée par ce fait que les amibes, ainsi noyées dans la solution de bleu de méthylène restent vivantes (1) et conservent des mouvements actifs pendant dix minutes environ.

«Au début, dès que la matière colorante arrive à leur contact, les amibes se ramassent sur elles-mêmes et prennent une forme sphérique. Peu après, elles émettent des pseudopodes animés de mouvements incessants. À ce moment, leur observation est remarquablement facile. Pendant ce temps, leur protoplasma et leur noyau restent incolores. Au bout de

i. J'ai constaté le même phénoniène pour l’hématozoaire du paludisme dans le sang des paludéens. Le bleu de méthylène semble exciter pendant une où deux minutes la con: tracülité de ces parasites et leurs mouvements de défense.

six à huit minutes, les expansions pseudopodiques se ralentissent, puis s'arrêtent. On assiste alors à l'imprégnation progressive de l’amibe par le bleu de méthylène, Celui-ci se fixe d’abord sur les bactéries et les débris cellulaires ingérés par lamibe. Le noyau, parfois très granuleux et paraissant formé d’une accumulation de grains brillants, résiste un peu plus.

«Tant qu’il n’est pas coloré, la mobilité du protoplasma persiste. Mais, après dix minutes, en moyenne, le noyau se laisse pénétrer entièrement et la mort paraît certaine.

La matière colorante envahit alors la presque totalité de l’amibe. »

Et plus loin :

«Il semble donc que cette propriété antiseptique du chlorhydrate neutre de quinine sur les amides pourrait être utilisée dans le traitement de la dyssenterie. Par contre, le bleu de méthylène, qui a été recommandé en lavements dans la dyssenterie, a un pouvoir assez faible. »

Le bleu de méthylène pris à l’intérieur à dose thérapeutique (o gr. 30 centigr.) s’élimine par les urines qu'il colore en vert puis en bleu. Le maximum de coloration s’observe au bout de 3 heures et demie environ chez les sujets sains. L’élimination dure pendant un temps variable probablement en rapport avec l’état de la perméabilité rénale. Chez certains sujets le bleu s’élimine dans les urines sous

forme de substances chromogènes ou leucodérivées

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qui sont incolores, mais qui sous l’action de la chaleur et de l’acide acétique peuvent régénérer la matière colorante. Chez le chien, le lapin etlecobaye, c’est sous cette forme que le bleu de méthylène s’élimine habituellement. À doses plus fortes (1, 2 et 3 grammes) le bleu peut s’éliminer par les fèces et la salive, fait que nous n'avons jamais observé avec o gr. 20 centigrammes.

À partir de o gr. 60 centigrammes chez l’homme le bleu de méthylène peut provoquer des accidents, ce sont surtout des troubles gastriques (Piotrowski ; Gaillard), du prurit uréthral, du ténesme, de la dysurie, voire de l’albuminurie (Gaillard).

Chez les animaux le bleu de méthylène s’est montré mortel pour le cobaye à la dose de 8 décigrammes par kilogramme de son poids et pour le chien à la dose de o gr. 545 milligrammes par kilog.

Même chez le cobaye en ne dépassant pas 3 décigrammes de bleu par kilogramme, donnés en injec- Uons hypodermiques quotidiennes, la mort survient fatalement par sidération des nerfs moteurs et sensitifs,. L'hémoglobine est transformée en méthémoglobine.

Contrairement à l'opinion de Lippmann et Erlich, de Leflaive et de Egasse, Combemale n’a jamais noté de fixation de bleu de méthylène sur le cylindraxe des nerfs moteurs, ni même des nerfs sensitifs.

Chez les épileptiques, Voisin a établi que l’élimination du bleu qui se fait normalement en dehors de la période des crises durait plus de 100 heures dans les périodes convulsives,. |

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