FONDS DE BEAUTÉ
B où de Vzncenncà
dldejbnse. Bous s et PhoU
recourent tous à genous , à grant deyocion & larmes. Puis leur dist le roy : « Mes amis, alez vous en, & priez pour moys & me laissiez, affîn que mon travail soit fi né en paix. » Lors, lui torné sur l’austre costé , tost après tirant à l’angoisse de la mort, oy tout histoire de la Passion, et auques près de la fin de l’Évangile saint Jehan commença à labourer à la derrenière fin; et à peu de frais et sanglots, entre les bras du seigneur de La Rivière, que moult chierement il aimoit, rendi l’esperit à Nostre Seigneur, environ Lettre de midi, le seiziesme jour de septembre 1380, et le quarante-quatriesme de son aage, le dix-septiesme de son règne. »
En quittant les ombrages sous lesquels ont erré Charles Vil et Agnès Sorel , nous trouvons une allée majestueuse de chênes séculaires portant le nom de route de Beauté, qui nous conduit sur les bords d’un ruisseau dont les eaux claires laissent voir un fond de sable fin. De petites truites, qui promettent de devenir aussi belles que celles de la Louvre 8: de la Charente, courent par bandes nombreuses, avec le sans-gène de poissons habitués à la présence de l’homme. Un gazon moelleux tapisse les rives qu’ombragent d’inextricables rangées de hêtres, de tilleuls, de pins, de bouleaux, de sycomores, au milieu desquels surgissent de vieux chênes, rois de la forêt par droit de naissance & de vétusté. Cette partie du bois de Vincennes, qui s’étend de Joinville à Nogent et à Fontenay, est la portion qu’ont le plus respectée les remaniements. Les broussailles mêmes y sont d’antique date; les genêts & les fougères de nos jours descendent en ligne directe de fougères & de genêts antérieurs aux Mérovingiens. Ce ne sont pas seulement les prêtres de Sylvain qui ont dû faire des libations sous ces chênes. Les Druides y ont assurément cueilli le gui sacré, & peut-être, en cherchant bien, allons-nous retrouver au milieu des taillis les débris d’un dolmen.
En effet, nous voici sur une longue dalle qui pourrait bien être un débris druidique.
Mais à peine y ai-je posé le pied que je recule. Ma rêverie poétique est interrompue , ou du moins elle change d’objet, .le me trouve au bord d’un précipice d’où l’eau tombe en cascades magistrales dans un lac limpide. Sommes-nous en Suisse ou dans les Vosges?
Cinquante hectares du bois venaient d’être aliénés par l’État pour la création du chemin de fer de Paris à la Varenne. Le gouvernement conçut l’idée de donner un pendant au bois de Boulogne, & de nombreux ouvriers, payés par la liste civile impériale, creusèrent dans l’ancien enclos du couvent des Minimes un lac de six hectares, au milieu duquel trois grandes îles furent ménagées. Il fut alimenté d’abord par l’eau d’un ruisseau, puis plus tard par la rivière de Joinville, qui prend naissance dans le lac de Gravelle. Des routes sinueuses furent tracées sur les rives; un ancien pavillon, occupé par l’étatmajor de la gendarmerie des chasses , fut transformé en un restaurant qui ne tarda pas à attirer une foule de consommateurs.
Le sol sur lequel ce beau lac est creusé avait été donné , en l’année 1164, par Louis Vil à des religieux de l’ordre de Grandmont, vulgairement appelés Ermites ou Bons-Hommes. Ils firent construire un couvent qu’un de leurs abbés, François de Neuville, échangea avec Henri 111 contre une maison à Paris, rue Saint-André-des-Arcs, où les Bons-Hommes vinrent tenir le collège Mignon.
S’il faut en croire les pamphlets dti temps de la Ligue , Henri 111 n’avait dépossédé les moines que pour installer dans ce séjour solitaire un atelier de sorcellerie où il tenait de mystérieuses assemblées & faisait des oblations au diable, en compagnie de d’Espernon , de Saint- Mégrin , de plusieurs