‹ Le Bois de VincennesChapitre 12 sur 22 · DU LA.C DES MINIMES · texte numérisé non relu

DU LA.C DES MINIMES

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autres courtisans, & de cabalistes, magiciens & sorciers convoqués tout exprès. Le curé Lincestre signala en chaire ces pratiques, le mercredi des cendres de l’année 1 5 89 . « Il dit en son sermon , d’après le Journal de l’Estoile, qu’il ne leur prescheroit point l’évangile de caresme, parce qu’elle estoit commune, et que chacun la scavoit, mais qu’il leur prescheroit la vie, gestes & faits abominables de ce perfide tyran Henry de Valois, contre lequel il desgorgea une infinité de vélenies 8c injures, disant qu’il invoquoit les diables.

« Et pour le faire ainsi croire, tirait de sa manche un des chandeliers du roy, que les Seize avaient desrobé , et auquel il y avoit des satyres engravez, il afiermoit estre les démons que ce misérable tyran adorait pour ses dieux 8c s’en servoit en ses incantations. »

Ces chandeliers étaient d'argent doré, lis avaient été trouvés au couvent des Bons-Hommes, & furent décrits dans un opuscule intitulé les Sorcelleries de Henri de Valois & les oblations qu’il faisait au diable dans le bois de Vincennes , imprimé chez Didier - Millot , près la porte Saint-Jacques. « C’étoient, dit l’auteur, deux satyres, tenant chacun en la main gauche 8c s’appuyant dessus, une forte massue; & de la droite soustenant un vase de chrystal pur 8c bien luisant. Dans ces vases y avoit des drogues inconnues qu’ils avoyent pour oblation. Encores, outre ces deux figures de diables, a esté trouvée une peau d’enfant , laquelle estoit corroyée , 8t sur icelle y avoit plusieurs mots de sorcellerie 8c divers caractères dont l’intelligence n’est requise aux Catholiques; 8c si ce roy alloit tant souvent au bois de Vincennes, n’estoit que pour vaquer à ses sorcelleries 8c non pour prier Dieu. »

Il est présumable que le monastère, ainsi profané, fut purifié, car les Hyéronimites appelés de Pologne par Henri III n’hésitèrent pas à s’y installer. Plus tard, ils furent remplacés

par des Cordeliers, qui furent enfin remplacés par des Minimes tirés du couvent de Nigeon. Ceux-ci, entrés en possession le 17 octobre 1581), furent supprimés par arrêt du conseil d’Etat le 1 7 mars 1784.

Ils avaient strictement proportionné l’insignifiance de leurs oeuvres à l’humilité de leur qualification. Les disciples de saint François de Paid avaient été littéralement les derniers et les moindres des serviteurs de Dieu. Tout ce qtte leur église offrait de remarquable, c’était un tableau de Jean Cousin, le Jugement dernier, actuellement au musée du Louvre : composition bizarre et grandiose, dans laquelle on voit les morts se réveiller, les pécheurs entraînés par des bandes diaboliques, les élus accueillis par des anges, & dans le ciel le Christ entouré de la milice céleste, tenant à la main une faucille et les pieds posés sur le globe.

L’enclos circulaire des Minimes comprenait quarante-sept arpents; on le conserva & l’on abattit une partie des bâtiments conventuels, dont le reste fut occupé par le garde général. Le duc de Montpensier, officier d’artillerie, en garnison à Vincennes, y donna, le 7 juillet 1847, une fête magnifique à laquelle assistaient le duc et la duchesse d’Aumale, la duchesse de Nemours, la reine Christine, le maréchal Narvaez. Ministres, pairs, députés, membres de l’Institut, écrivains, diplomates, officiers supérieurs, artistes, élèves des écoles spéciales, s’y rendirent en sortant d’une école de tir par" laquelle avaient été inaugurés les récents agrandissements du polygone.

Trois mille invitations avaient été lancées, & personne ne manquait à l’appel. Les dames étalaient de fraîches & somptueuses toilettes. Une tiède atmosphère, que tempérait la brise du soir, favorisait cette fête, une des plus splendides qui aient été données, non pas seulement à Vincennes, mais dans les résidences pnincières de l’Europe. A

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