EMPLOI DES BOIS PAR COMBUSTION
la sciure de bois et utiliser ainsi toutes sortes de déchets de bois. Parmi les procédés qui paraissent avoir donné les meilleurs résultats^ nous citerons ceux employés dans quelques scieries d'Autriche et de Suède.
En Autriche, la sciure est chauffée à sec, jusqu'à ce que les éléments goudronneux, qui doivent servir de matière agglutinante, soient au moment de se séparer ; la sciure passe ensuite sur des plaques de fer chauffées à la vapeur et arrive dans une trémie qui la conduit à la presse servant à faire les briquettes. Le prix de revient est de 0 fr. 80 et le prix de vente de 6 francs. Cette fabrication donne, comme on le voit, un beau bénéfice.
A Fagersta, en Suède, on utilise comme matière agglutinante le goudron provenant des gazogènes. La pâte, formée de 87 p. 100 de sciure de bois et de 13 p. 100 de goudron, passe dans une presse qui la moule en briquettes de 41 millimètres d'épaisseur.
Un mètre cube de briquettes obtenues vaporise, d'après MM. Colomer et Lordier, autant que 0 m* 760 de charbon.
849. Dlflilllation et cnrbonlfinlloii den liolfl. — Le bois soumis à la carbonisation dans des cornues en fer donne naissance, d'une part à des produits volatils qui se dégagent et qu'on recueille par condensation, ils constituent l'acide pyroligneux brut ; d'autre part, à du charbon de bois, résidu de l'opération. On le retire de la cornue.
De l'acide pyroligneux brut on peut tirer un grand nombre de produits intéressant des industries aussi variées que nombreuses, les principaux sont : Tacide acétique C^H*OS le méthylène ou alcool méthylique, CH*0, dont la loi de 1872 a fixé remploi comme agent de dénaturation des alcools, à la dose de 25 p. 100, ce qui a donné un grand essor à l'industrie de la carbonisation (1) ; enfin, les goudrons. Cent kilos de bois donnent : eau, 15 kilos ; acide acétique, 7 kilos ; méthylène, 2 kilos ; goudron, 3 kilos, et charbon, 27 kilos, dont 3 kilos de braise et poussier.
L'acide pyroligneux, résultant de la distillation du bois, est
(1) La proportion de méthylène dénaturant fut abaissée, en <893 et 1897, h 4S et à 10 0/0.
CHAMTRE Xllt. — UTILISATION DES BOIS
un mélange j(îxe, dont on ne saurait faire varier la composition ; c'est ainsi qu'on ne peut préparer de méthylène sans obtenir des produits acétiques et du goudron, et inversement, les produits acétiques ou le goudron, sans méthylène. Ceci permet de prévoir ce qui se passerait si l'Etat arrivait à supprimer complètement l'emploi du méthylène pour la dénaturation. Les usines, n'ayant plus d'écoulement pour leur méthylène, verraient leurs recettes réduites à tel point qu'elles devraient cesser leur fabrication ;- dès lors, plus d'acide acétique, plus d'acétates, plus de chloroforme, d'iodoforme, de créosote, etc., et la France devrait s'alimenter à l'étranger de très nombreux produits chimiques qui dérivent de l'industrie de la carbonisation des bois, industrie qui est particulièrement prospère en France à l'heure actuelle, quoique la concurrence des Etats-Unis devienne alarmante.
La suppression de l'emploi du méthylène comme agent de dénaturation aurait encore le plus fâcheux retentissement sur notre exploitation forestière, car l'industrie de la carbonisation des bois est actuellement le principal débouché des produits des bois taillis.
Voici un tableau résumé et synoptique des produits que l'on obtient par carbonisation des bois ; nous n'avons pas à entrer dans le détail des procédés de fabrication :
(Voir tableau (1) page suivante).
849. Gaz d'éelalrase au liol«. — Philippe Lebon eut le premier l'idée d'utiliser à la fois la chaleur et la lumière produites par l'inflammation des gaz permanents résultant de la distillation sèche du bois. L'appareil dont il se servait pour cela avait été dénommé par lui thennolampe. Mais le pouvoir éclairant de ce gaz étant bien moindre que celui du gaz provenant de la distillation de la houille, ce dernier ne tarda pas à supplanter le gaz au bois.
La supériorité du gaz de houille vis-à-vis du gaz provenant du bois, au point de vue éclairant, est cependant plus apparente que réelle et Pettenkoffer, de Munich, démontra, en
(1) Ce tableau est extrait de l'intéressante étude de M. Ducbemin : (( L'état actuel de l'industrie de la carbonisation des }>ois en France », in liev. générale de chimie pure et appliquée^ janvier 1902.
EHPLni DES 80IS PAR COMBUSTION
9, que l'on peut obtenir au moyen du bois un gaz ayant intensité lumineuse égale aux 6/5 de celle du gaz de ilie, à condition que la carbonisation soit produite rapideit et à une température élevée.
e da bois par la distillation :