C. une Heur mile gri
Fig. 388. ~ L« Cliamio xCarpinus betulut). portant uni- innoivscuiice mile lalérnli
infloresceiire
porlani dus fniil^ fr, avec cupnle eu. — me ètaniine i«oli)B cl plas forlemcnl grossie
Caractères. — Le charme commun appartient à la famille des Cupulifèrcs, tribu des Corylces, genre Carphiiis. C'est un arbre à bourgeons aigus, écorce lisse rappelant celle du hêtre mais s'en distinguant pai* de grosse>> cAtes saillantes. Feuilles doublement dentées, ovales aiguâs, pétiolées, ànervuressecou-
BOIS INDIOfcNRS OU NATURALISA 789
daires pennées parallèles et saillantes, k limbe plissé dans le bouton ; ces plis persistent sur la feuille épanouie, et on tea voit atfectant le limbe entre les nei-vures et parallèlement h elles; les feuilles, même adultes, sont donc plissées et comme gaufrées. Les inflorescences apparaissent en même temps que les feuilles, les femelles en épi terminal (fig. 386, A), les mAles en chatons latéraux pendants. Fruit entouré d'une cupule trilobée.
Le charme, que l'on appelle aussi charmille, est un arbre de 8 A 12 et quelquefois 20 mètres de baut ; il est commun dans nos forêts de France,dans les plaines et sur les coteaux. Il occupe la partie de la France située au Nord d'une ligne tirée de Grenoble à l'embouchure de la Gironde ; il est surtout abondant dans les départements du Nord, de l'Est et du Centre et disparaît brusquement dans les régions montagueuses.
En dehors de la France, la limite d'extension du charme passe un peu au nord de Copenhague, arrive dans le Sud de la Suède, et passe k Riga sur la Baltique ; elle suit ensuite la Duna, passe dans la vallée du Dnieper, enveloppe la Crimée et se continue sur le versant nord da Caucase septentrional jusqu'à
la Caspienne dans sa partie tout- ■
â-fait sud-est. De là elle revient vers l'ouest, comprenant la moi- ■■ yam,„a^' tié occidentale de la Perse, ^-"'■^"^•yo'^Te l'Asie-Mineure ; elle traverse le |^^ /r/j rare .~ '.«/ sud de la Morée, la pointe estrôme de l'Italie et remonte la côte ouest jusqu'à Gènes, pour arriver ensuite en France. En somme sont exclus de cette aire d'extension: l'.-Vngleterre (sauf la partie au sud de la Tamise), la plus grande partie de la Scandinavie, de la Finlande et de la Russie. Le genre est représenté en Asie par plusieurs espèces.
Le charme s'accommode de tous les terrains, mais il préfère tes sols frais et profonds. Les racines sont superfi-
cielles, sans pourtant posséder la faculté de drageonner ; par contre, les brins traînants se marcottent d'eux-mêmes, avec la plus grande facilité.
Sa croissance est lente, mais les rejets de souche poussent vite pendant les 20 premières années. Il vit 120 à 150 ans.
En taillis, il ne tarde pas à être dominé par les essences associées et ne peut intervenir qu'à titre accessoire, mélangé au chêne surtout. Il donne de très abondants rejets dont on obtient de bons produits.
Ennemis. — Les campagnols Tattaquent très souvent, déchirant Técorce du pied et tuant beaucoup de jeunes plants et de rejets. Par contre, aucun insecte ne lui cause de grands dommages.
Champignons, — Les feuilles se recouvrent parfois à la face inférieure d'un revêtement blanc arachnoïde et fugace sur lequel se forment bientôt des corps noirs arrondis de la taille d'une tête d'épingle. Ce sont les organes reproducteurs à asques du Phyllactinia suffulla. Cette maladie est désignée vulgairement sous le nom de blanc. Elle sévit plus souvent encore sur les feuilles du noisetier et du frêne, d'où le nom de Blanc du noisetier qu'elle porte habituellement.
L'écorce des branches est parfois rongée par le Chancre des arbres (Nectria ditissima, Tul.) (voir p. 321).
Bois. — Ce bois dur, à Tencontre de ce qui existe généralement pour les bois de cette catégorie, est très blanc. Aubier et cœur indistincts par suite de l'imprégnation de celui-ci par une substance blanche ; compact ; homogène ; susceptible d'un beau poli ; tenace ; plus lourd que le hêtre, densité : 0,799 à 0,902.
Son peu de durée fait rejeter son emploi comme bois de construction ; sa fibre trop entrelacée rend son travail malaisé, aussi est-il peu employé en menuiserie ; il se fend par séchage.
On l'emploie, à cause de sa dureté, pour faire des pièces de machines, des poulies, des cames, des vis de pression. On en fait aussi des marteaux, maillets, billots, manches d'outils (déchets 10 0/0), tables de cuisine, queues de billards (déchets 70 0/0), boules et quilles (déchets 400/0), formes de chaussures (déchets 35 0/0), pianos, placages pour imiter l'ébènc une fois peint en noir (déchets 70 0/0), fouets.
bobines, navettes, jouets d'enfants, articles de Sainl-CIande (déchets 60 0/0) ; il remplace parFois le cormier et l'alisier, pour les fillii d'outils, tels que rabots et varlopes ; c'est aussi de ce bois que sont faits les coins que les bûcherons emploient pour abattre les arbres.
On l'a employé encore comme traverses de chemin de fer et étais de mines ; mais ce bois, même injecté, s'altère trop promptcment, surtout à l'humidité, pour convenir à ces usages.
Il entre, en outre, dans la fabrication de la pô.te à
papier. Fig. 388, — Bois do ohanne commun
Comme combustible, il ,T mil!'"'"""" "" """""•" est inférieur au hêtre, mais
produit, néanmoins, un bois de feu de toute première qualité, c'est un des meilleurs que nous possédions. En France, on le recherche spécialement pour le chauffage des appartements. Il brûle lentement et sa flamme est vive, le charbon produit reste incandescent jusqu'ft complète combustion- II est d'autant meilleur, à ce point de vue, qu'il a crû dans des régions plus septentrionales ; dans la partie méridionale de son aire, à Toulouse ou dans l'.\llier, par exemple, on lui préfère le chêne pour cet usage. Dans le nord, d'après T. llartig, sa puissance calorifique dépasserait, de 3,5 p. 100, celle du hêtre.
Caractères anaiomiç lies, — Les accroissements sont assez distincts, nettement ficxucux ; caractère qui permet de reconnaître aisément ce bois blanc. La démarcation des zones de printemps et des zones d'automne n'est pas nette.
Les rayons sont très nombreux, très fins; mais fréquemment plusieurs d'entre eux se rapprochent beaucoup, séparés seulement par de minces couches de fibres sans vaisseaux : ainsi associés, ils forment àe faux gros rayons.
Vaisseaux nombreux, plutôt épars, quelquefois en bandes
792 CHAPITRE lï. — itTUDE SPÉCIALE t)E9 BOIS UTILES
sinueuses interrompues, peu inégaux, plus fins vers le bord externe.
Tissu fibreux dense, surtout sur le bord externe. Taches médullaires. Parenchyme médullaire à peine visible à la loupe.
Débité à contre-mailles, ce bois présente des lignes grisâtres assez apparentes.
OsTRYA A FEUILLES DE CHARME (0. CarpinifoUa Scop.). — Vulg. : charme houblon, charme d'Italie.
Cette essence, voisine de la précédente, est malheureusement peu répandue dans nos forêts et nos plantations, malgré les qualités de son bois.
L'Ostrya est un arbre d*une quinzaine de mètres, et souvent beaucoup moins, dont le tronc présente une écorce rouge et lisse, mais se recouvrant, vers quatre-vingts ans, d'un rhytidome gris brun, finement gerçure, écailleux. Les feuilles sont ovales, acuminées, doublement dentées, glabres en dessus, pubescentes en dessous aux aisselles des nervures ; celles-ci sont saillantes et parallèles ; le limbe de la feuille est plus planque celui des feuilles du charme ; les feuilles de l'Ostrya sont douces au toucher, et marquées en dessous de gouttelettes résineuses*
Cet arbre se trouve depuis le sud-est de la France jusqu'en Asie-Mineure, sans dépasser le 47® degré de latitude^ quoiqu'il végète admirablement bien plus au nord.
Bois. — Le bois est de couleur rouge clair et rappelle celui du poirier ; il est très lourd (0,900 à 0,910 de densité), très homogène et possède toutes les qualités du bois de charme mais à un degré encore supérieur.
Les couches annuelles sont peu distinctes, les rayons médullaires sont très fins, égaux, invisibles à l'œil nu. Les vaisseaux, disposés en séries dendritiques ou radiales rameuses, sont fins, presque égaux. Le parenchyme et le tissu fibreux sont uniformément répartis.
164. lies Krables {Acer). — Synon. : Ahorn^ ail. ; MaplCy angl. ; Acero^ ital. ; Arce^ espagn.
Caractères, — Les érables appartiennent à la petite famille des Acérinées et au genre Acer, Ce sont des arbres petits ou élevés, à feuilles à long pétiole, à 3 à 7 lobes, k nervation palmée à 3,7 nervures principales, les nervures d'ordre infé-
rieui* formant un un réseau. Les fleurs, petites, jaune verdàtre, apparaissent avec les feuilles ; elles sont hermaphrodites ou unisexuées, les fleurs des deux sortes pouvant coexister sur le même pied (polygamie) ; elles sont en grappes ou en corymbes terminaux. Le fruit se compose de deux samares indéhiscentes longuement ailées.
Espèces. — Eu France, il existe cinq espèces d'érables que nous donnons avec leurs caractères distinctifs :
Tableau pour la détermination des principales espèces d*èrables (i).
Feuilles à 3 à 5 lobes principaux, à dents arrondies ; Face inférieure des\ fruits à ailes opposées en feuilles verte et] ligne droite ; liège des plus ou moins lui-/ rameaux, très rugueux. . santé; groupes de jFeuilles à 5 lobes principaux, fleurs dressées. / dents très aiguës ; jeunes
rameaux à écorce lisse. .
Erable champêtre.
Erable plane ou E.
platane.
[Feuilles à lobes principaux dentés et séparés par des intervalles très aigus ; fruits à ailes dressées et beaucoup plus larges au sommet qu'à la base. .
E. faux platane ou E. Sycomore.
Face inférieure des feuilles mate et presque blancbà-i tre ; groupes de fleurs penchées.
Feuilles à lobes principaux dentés et séparés par des intervalles non très aigus (sinus presque droits).
Fruit à ailes plus ou moins écartées et non brusquement rétréciea à la base.
Feuilles k 3 lobes principaux séparés par des sinus à angle droit; fruit à ailes dressées, rapprochées et brusquement rétrécies à la base
E. à feuille cT Obier,
E. de Montpellier,
Les Erables sycomore, plane et à feuilles d'Obier sont les plus grands et ceux qui donnent les meilleurs produits. Ces
(1) V. aussi les fig. 389 à 39i.
791 CHAPITRE 11. — ÉTDDE SPâClAlE DES BOIS UTILES
espèces possèdent entre elles, à tous points de vue, do grandes analogies, les deux dernières ayant cependant une croissance
Pig. 390. — Fruit d'Arer ptalanoïdei (E. plnne^.
Fig. 3'JI. — Fniit d'Àcfr FseudoplaCanus (E. Sj-i'omore}.
plus lente et une taille moindre. Elles existent à l'état disséminé dans les forêts et réclament du sol une grande fertilité ; le sol doit être déplus frais et plutiM calcaire. Les jeunes plantes sont roltusics et peuvent se développer facilement
■pll' I
BOIS INDIGiNES OU NATURALtSÉS 793
même à l'ombred'autrcs arbres et jusqu'au milieu des buissons. Les souches rejettent abondamment. Le Sycomore etl'E. plane accompagnent souvent le hêtre en forêt ; l'E. à feuille d'Obier existe, assez abondant à l'état disséminé, dans les forêts du Jura, des Alpes, des Cévennes et des Pyrénées.
E. plar
L'E. champêtre et l'E. de Montpellier sont de plus petites dimensions ; la première espèce est plutôt un grand abrisseau qu'un arbre, elle croit lentement et disparaît vite dans tes massifs; on rencontre souvent cet érable dans la campagne, plus ou moins disséminé, et constituant des haies par exemple. L'E. de Montpellier a l'avantage de pouvoir croître même eD sol très sec.
796 CHAPITBE IX. — ÉTUDC SPltCtALG DES BOrs UTILES
Ennemis. — Les Insectes qui attaquent les feuilles d'érables sont peu redoutables.
Coléoptères : Les hannetons et les cantharides dévorent les feuilles ; des altîses les perforent. — Lépidoptères : le Liparis disparate, l'Orgyc pudibonde, le Bombyx livrée, etc., sont nuisibles parleurs chenilles qui mangent les feuilles. La chenille du Cossus gàte-bois peut vivre dans le bois.
Fig. 3S5. — Chenille de l'Orgye pudibonde (R. Bos).
Champignons : Les racines peuvent être atteintes du Poupridié qui les détruit [Demalophora necalrix R. Hartig.). Les semis des E. plane sont parfois tués par les âlamenls dn Phi/tophcora omnivora de Rary, qui sévit par les temps humides. L'axe des jeunes plants s'altère quelquefois au niveau du sol, très probablement par l'action du Pexlalozzia Harltgii Ton Tubeuf. Les jeunes pousses de l'érable champêtre se dessèchent et meurent quand elles sont attaquées par le Seploglœtitn Harligiamtm Sacc. Les feuilles adultes des érables plane et sycomore se couvrent parfois de taches noires arrondies, à surface rugueuse et d'un diamètre de 1 à 2 centimètres; ces taches nuisent plus à l'aspect esthétique qu'à la vitalité de l'arbre, elles sont dues au Rhytisma acerinum.
Les Nectria dilissima et cinnabarina produisent des chancres qui peuvent faire mourir les tiges et surtout les branches.
Le bois. — Le bois des érables est dur, lourd, blanc ou faiblement teinté de rouge ou de jaune, satiné, à maillures fines et nombreuses, très homogène ; aubier et cœur indistincts ; zones d'accroissement assez peu marquées, quoique quelque attention permette de les apercevoir grftce à une bande mince, opaque^ externe A chacun d'eux, constituce par du tissu iibreux serré. Le tissu fibreux est assez
BOIS INDIGÂNES OU NATURÂLISIÉS 797
dense. Les rayons sont nombreux, sensiblement égaux, médiocres, fins ou très fins, peu hauts ; les vaisseaux sont nombreux, égaux, isolés ou accolés par 2-4 dans le sens rayonnant, uniformément répartis, environnés d'un parenchyme ligneux (non reconnaissable à la loupe).
Ce bois est recherché pour le travail, son prix est d'ailleurs élevé, aussi est-il employé surtout en ébénisterie, marqueterie, tabletterie, tournerie. Il se coupe et se tourne bien. Les loupes d'érable sont remplies de petits nœuds et leur bois donne un très beau placage. L'érable se polit aisément et prend difiérentes teintes par les acides. Il se tourmente et se gerce fort peu, il n'est presque pas sujet à la vermoulure.
Cependant, exposé aux variations de l'atmosphère, il se pourrit rapidement et ne peut être utilisé pour les constructions. Il ne convient pas non plus aux emplois sous terre et dans l'eau. C'est un bon combustible ; le charbon produit est estimé.
Voici, d'après M. Thil, un tableau permettant de distinguer les bois de diverses espèces :
Vaisseaux sensiblement égaux, rayons fusiformes relatiyement plus gros et très peu 1 \ colorés, accroissements bien arrondis . £. sycomore. Vaisseaux inégaux, rayons plus colorés que le bois 3
Vaisseaux décroissant depuis le bord ^ . interne, accroissements Tisiblement ondulés E, plane.
Vaisseaux décroissant vers les deux bords. 3
Rayons médullaires ans, accroissements
3 \ bien arrondis &. à feuille d'Obier.
Rayons médullaires très fins, accroissements irréguliers E, champêtre.
Erable sycomore (Acer pseudo platanus Lin.). — Syn.: grand érable, E. blanc, faux platane, sycomore. — Le bois est blanc, peu lustré ; c'est le moins compact des bois d'érable, il a les vaisseaux plus gros que ceux des autres espèces ; la mailluro est aussi plus apparente. Densité : 0,572-0,740. Il est très recherché par les menuisiers, ébénistes, tourneurs, luthiers.
Il est employé pour le sabotage de luxe (déchets 60 0/0) ; le placage coloré ; la marqueterie.
798 Cfl&PlTaË IX. — ÉTUDI! SP£CIÂLE DBS BOIS UTILES
Le bois des racines est souvent agréablement veiné, surtout lorsque l'arbre a été fréquemment et périodiquement coupé, comme lorsqu'on le traite en taillis ; il sert alors à la confection de meubles dont le bois est curieusement dessiné, ainsi que de divers objets de marqueterie.
C'est un bon bois de cbaulfage donnant une cbaleur soutenue et élevée, mais qui décroît promptement car le charbon s'éteint vite. Le charbon a même valeur que celui du hêtre. Ehable plank [Acer plalanoïdes Lin.). — Syn. : plane, plène, faux sycomore, E. de Norwège.
Bois. — Ressemble beaucoup au précédent, mais d'un blanc moins pur, souvent rougeâlre. Il est moins estimé comme bois de travail, il est plus sujet à la vermotilure, mais il semble l'emporter comme bois de chauffage ; sa densité est d'ailleurs plus élevée, soit :
0,563-U,842 (suivant que la Fig. 396. — Feuillage de rérablis plane localité Oil 11 a crÙ est plus ou faux sycomore i^tcer plalanoïdes). . . ■ ,. . .
OU moins méridionale).
EaABLE A FEViLLË d'osier (Àcer optilifolivm Villars). — Syn, : Âyard (dans le Dauphiné).
Le bois de cet érable des forêts montagneuses ressemble beaucoup à celui du sycomore, mais il est plus satiné, d'un rose clair, plus serré, plus lourd. Très recherché pour la menuiserie, le tour, le sabotage de luxe, le charronnage commun et la sculpture.
Densité : 0,618-0,795.
Bon combustible.
EIbablb champêtre (Acer campestrc Lin.). — Syn. : Acéraille (Lorraine), Auzerole, bois de poule, bois chaud, petit érable.
Cet arbuste n'acquiert pas, malheureusement pour l'usage qu'on pourrait tirer de son bois, de grandes dimensions. Le bois en est dur, rappelant un peu celui dii citronnier ; il est très tenace, très homogène, à grain très fin, susceptible d'un beau poli. Sa couleur est blanc lustré légèrement jaun&tre ou rougcAfrc, quelquefois flambé au cœur de couleur brune quand l'arbre est âgé.
BOIS INDIGÈNES OU HATURAtlSÉS 799
Fig- 397. — Acer plalaiioides L. (Kralile plane).
Sa ténacité et ses autres qualités le font rechercher par les armuriers et charrons (instruments aratoires). On Tutilise beaucoup pour manches d'outils et de fouets et en menuiserie^ ébénisterie et lutherie.
Le bois des racines est fréquemment noueux ; lorsque c'est le cas, on Tutilige pour la confection des tabatières, pipes et autres articles de fantaisie.
C'est un bon combustible. Sa densité est particulièrement élevée, soit : 0,590-0,810, suivant la localité où l'arbre a crû.
Erable de Montpellier {Acer Monspesstilanum Lin.). —
Ressemble au précédent, mais est encore plus dur, plus compact et lourd. L'arbre est malheureusement de faible taille. Il sert à des ouvrages de tour et de menuiserie. Bon combustible. Sa densité, qui est déjà de 0,834 quand il croit dans le midi de la France, s'élève jusqu'à 1,005 en Algérie, où. il croit notamment dans le Djurjura.
t«ft« I#e« «nnefl (Alnus). — Syn. : Aulne ; Erle, Eller, Ëlse, allem. ; Aider ^ angl.
Caractères, — Les aunes appartiennent à la famille des Cupulifères, tribu des Bétulinées, genre Alnus.
La cupule, entourant le fruit des cupulifères en général, est avortée chez les aunes^ ce qui fait que certains auteurs en ont constitué, avec les bouleaux, une famille distincte sous le nom de Bétulacées.
Les aunes sont des arbres à feuilles pétiolées dentées, sans pointe au sommet, presque sans poils ; les chatons mâles sont terminaux et pendants, les chatons femelles sont latéraux et dressés (fig. 398)^ leurs écailles sont à la fin épaissies de telle sorte qu'ils arrivent à ressembler à de petites pommes de pin. Le fruit est ailé (samare). L'espèce la plus commune en France est Taune commun dont nous allons parler.
AuNÉ COMMUN ou AuHC glutincux {Alnus glutinosa Gaertn.). — Syn. : Delula alnus var. a. glutinosa Lin., aulne, aulnée, vergues, verne.
C'est cet arbre, si commun au bord des eaux et dans tous les lieux boisés humides, dont les feuilles sont orbiculaires, échancrées au sommet, cunéiformes ou tronquées à la base^ (lig. 399, B et 402) glutineuses dans leur jeunesse.
L'aune est rare dans les futaies, quoiqu'il puisse atteindre
Fig. 398. - Alnun gtiiliiiom G.trl. (Aune ylulii
802 CHAPITRE iî: •= ÉTtDl? SPÉtIALE ÔEB BOIS UTILES
30-33 mètres sur 1 mètre (diamètre); c'est plutM un arbre de taillis; il repousse bien de souche sans drageonner et produit des cépées extrêmement vigoureuses.
On a avantage à le propager là où le Jît)l trop bumide ne permettrait pas d'obtenir d'autreii espèces; tl faut alors procéder par plantation car de simples semis feraient étouffés par les hautes herbes qui couvrent toujolirs ces terrains. Les racines sont traçantes et cela d'autant plus que lé sol est plus humide. On trouve sur elles assez fréquemment des nodosités remarquables, ayant au plus la taille d'un œuf, qui sont dues au parasitisme d'un champignon, le Frankia ahn.
Pour beaucoup d'auteurs, il y aurait [h non parasitisme mais symbiose, c'est à-dire Utie véritable association pour la vie, un échange réciproque de services entre l'arbre et le champignon ; cette question se rattache à celle des mycorhizes qui étudie les
Fig. 399.- Aulne— A. ^/nu« associatioiis existant presque consincana. Rameau fieun. B. lamment entre les racines des arbres
Fenûle dAlnus gluttnosa. . , .
en forêt et certains champignons qui végètent dans le sol à l'état filamenteux ; elle est du plus haut intérêt pour les forestiers.
L'aire d'extension de cette essence s'étend au nord vers le 61° et 62° de latitude et même le 65« en Suède. Au sud on a constaté sa présence jusqu'au nord de la Caspienne, l'Asie Mineure, la Grèce, la Sicile, l'Algérie jusqu'à l'Atlas et l'Espagne à la hauteur du 38« degré. Il s'élève en France, dans les Pyrénées, jusqu'à 1700 mètres.
Le bois des aunes sur pied est assez fréquemment attaqué par un petit charançon {Cryptorhynclws lapathi), dont la larve creuse des galeries et détermine des nodosités qui entravent la circulation de la sève et causent la mort de l'arbre (p. 468,
fig.221).
Production des faillis d'aunes. — L'aune pousse rapidement et produit, dansles circonstances moyennes, 7 mètres ciibes de matière ligneuse par hectare et par an, soit 70 mètres pour une révolution de lOans. Le quart du bois obtenu est dû bois dé corde; h 15 ans, on obtient 100 mètres cubes dont la moitié en bois de corde ; à 20 ans, 150 mètres cubes, dont 2/3 en gros
BOIS INDIGéffEB OU NATURALISÉS 809
bois et 1/8 ëh fagdis et bourrées; soit, à 10 fr. le mètre fcubej Une somme de 1.500 fr. pour l'hectal'eî Si oh coupait à 15 ans, les 100 mètres cubes île VcLudraient guère que 8 à 10 francs, soit 800 à 1.000 francs. Quoi qu'il en Soit^ étantdounée la nature des terraihs où végète Faune, on peut dire que son produit est d'une bonne rémunération (MoUlUefert).
Bois, — C'est un bois demi lourd et dëmi-Hur. Il est d'abord de couleur blanche, mais il prend dès qu'on le débite une teinte rougeAtre clair^ souvent rayé de blanc, qui devient rose clair à l'état sec. Il est homogène, mou, très cassant: Densité! 0,444-0,662.
Il s'altère promptement à Tair, ce qui le rend impropre à la construction; mais sa grande qualité est que sous Teau, ou dans une humidité constante^ sa durabilité équivaut presque à celle du chêne. Aussi Temploie-l-on pour les travaux hydrauliques, boisages des galeries et puits de mines, conduites d'eau. On en fait encore de la menuiserie et de l'ébénisterie communes : sièges, pliants, porte-manteaux, montants d'échelles, sciages divers ; tour et sculpture grossière : bobines, fuseaux^ patères, boutons, etc ; sabotage, semelles légères ; merrains grossiers pour tonneaux à ciment; brosses; manches de guitates et de basses. Ce bois fournit parfois des loupes d'une couleur fauve, avec des parties brunes qui sont utilisées pour le placage des meubles après qu'elles ont été polies: On peut rehausser cette couleur au moyen des acides ; d'ailleurs ce bois, qui prend bien la teinture, sert pour les imitations de bois exotiques destinés à la confection de meubles bon tnarehé. On Tutilise encore pour faire de la pâte à cellulose pour papiers teintés.
CoEbme combustible, ce bois rend des services dans certaines circonstances où Tindustrie réclame un chauffage par coup de feu. 11 brûle vite en dégageant beaucoup de chaleur ; la flamme en est calme, accompagnée d'un peu de fumée, le charbon s'éteint facilement ; la combustion nécessite, par suite, un fort titrage. Il est recherché pour les boulangeries, les verrci'iës, etc. ; il pétille et éclate très peu, il convient au chauffage des appartements. Le charbon produit est mou, léger, d'un faible pouvoir calorifique, soit, par rapport au hêtre, à volumes égaux : 35 : 100 ; il ne convient pas dans les hauts-fdurneaux. On l'utilise pour la fabrication de la poudre.
804 CHAPITRE IX. — ÉTUDK SPÉCIALE t>ES BOIS UTILES
Caractères anatomiqiies. — Accroissements distincts, assez largement flexueux. Rayons très nombreux, les uns (plus rares) très larges mais constitués, en réalité, de la réunion de rayons minces séparés seulement par un peu de tissu fibreux sans vaisseaux ; les autres minces, beaucoup plus abondants. Les faux rayons donnent en débit sur maille quelques grandes et larges maillures. Vaisseaux égaux, fins ou assez fins, isolés ou accolés par 2-10, régulièrement épars dans la première partie de Faccroissement ; moins nombreux et plus groupés en lignes droites ou un peu dendritiques interrompues dans la seconde ; manquant sur le bord interne Tissu fibreux peu dense. Taches médullaires nombreuses rousseàtres.
Produits accessoires. — L'écorce est très riche en tannin, soit jusqu^à 16,5 0/0 (Gassicourt), mais elle donne un cuir rouge, dur, très cassant ; il faut la mélanger avec de Fécorce de chêne pour obtenir de meilleurs résultats. Elle n'est d'ailleurs pas usitée en France pour cet usage, mais on se sert d^écorces d'aulne, pour le tannage, en Autriche, en Italie et en Espagne.
A côté de cette espèce, qui est la plus importante pour son bois, il en existe d'autres en France, que nous ne ferons que signaler : V aulne vert ; {A Inus viridis DC.) , qui habite les Alpes ; ses dimensions sont faibles, aussi le bois est-il simplement employé sur place pour le chauffage ; Y aulne blanc {A Inus incana) habite le Jura et les Alpes et descend le long des vallées; ses feuilles, au lieu d'être larges et plus ou moins échancrées au sommet comme dans l'aulne glutineux, sont, pour la plupart, terminées en pointe. Son bois a les caractères, les qualités et les usages de cette espèce, mais il est moins cassant et peut servir à la fabrication de cercles de futailles. Densité : 0,468-0,510.
Voici, d'après M. Thil, un tableau qui permet de reconnaître ces différents bois :
Bois blanc rosé, vaisseaux assez nombreux^ gros rayons rares Aulne vert.
Bois rouge&tre, vaisseaux nombreux ou très nombreux, gros rayons plus ou moins nombreux. . 2
Une zone plus dense, rlroile, sur le bord externe ; bois grossier, lignes dendritiques interrompues, assez radiales A, glutineux.
Une zone plus dense assez large sur le bord externe, bois même grosseur, lignes dendritiques interrompues plus obliques, formant par place des lignes anguleuses concentriques A. blanc»
KM. liC bonleau blnnc {Betida alba^ Lia). — Sf/n.: B. verrucosa^vh. Bouleau verruqueux, B. commun, Bouillard, B. à balai. — Gemeine Bi7'ke, Weissbirke, ail.; White Birch, common Birch^ angl.
Caractères. — C'est un arbre pouvant atteindre 15 à 18 m., à tronc droit, couvert d'une écorce, d'abord brune puis d'un blanc de neige, qui s'exfolie par plaques transversales. Les rameaux sont flexibles, pendants, rougeàtres quand ils sont jeunes. Les feuilles sont pétiolées, ovales, triangulaires, terminées en pointe, deux fois dentées, vertes et luisantes en dessus, vert pâle en dessous. Parfois la plus grande largeur des feuilles est au milieu au lieu d'être à la base, et les jeunes rameaux sont velus ; on a alors afl^aire à une espèce considérée comme distincte par certains auteurs, le B. pubes" cent^ Betula pubescens Ehrb. Les chatons mâles sont cylindriques et pendants, les chatons femelles sont cylindriques, grêles et dressés, ils sont isolés. Le fruit est une petite samare.
Cette essence est très rustique, peu exigeante au point de vue du sol ; elle réussit en plaine comme en montagne, pourvu que l'atmosphère ne soit pas trop sèche. Elle a grand besoin de lumière et ne vit pas à l'état de massif plein ; elle peut être mélangée à d'autres feuillus^ mais elle nuit aux résineux lorsque le vent vient fouetter de leurs rameaux flexibles les bourgeons de ces arbres. Elle convient spécialement pour le boisement des terrains pauvres.
Celte espèce croit à peu près partout dans les régions tempérées et môme froides de l'hémisphère nord. C'est une des dernières que l'on rencontre en s'avançant vers le pôle.
Le bouleau est un açbre essentiellement forestier qui couvre parfois à lui seul de vastes espaces.
En France, le bouleau est particulièrement fréquent sur les montagnes ; il manque en Algérie.
Ennemis, — /n5^c^<?^. — Cet arbre est l'hôte d'un grand nombre d'insectes dont les espèces sont, pour la plupart, banales chez les végétaux ligneux. Le plus grand nombre attaque les