CHAPITRE n. -r- ^TVPE SR^CUtP RKS POIS VTaES
Fig iOO. — Le bouloau. — Betuia alb<i \..
^01^ |Nq||^^^^§ pu !f47URlLI^^S 9û7
fpVljlle^; peppndfiml le Scpjyfp (Jp^tpqptpur (Eccoptogasier desz tructor 01.) est un coléoptère qui vit dans la tige, prpusant ses galeries qvifèrfts, flrpitp^ et longitiiçJi^ajes, pntre Técorce et le bojs.
Champignons. — Il eu est qui produisent le blanc des feuilles (PhyUaciinin $iiffuha), d'autres qui s'attaquent aux racines et constituent le Pourridié ou Rhizoctone [Bosellinia aquila (Fr.) de Not ). Un certain nombre causent Taltération du bqis, ce sont surtout : le Polyporus annosiis Fries^ le Polypore amadou vier Polyportis* fomentaynus (L.) Fries et le Polypore du bouleau Polyporns hetulinus (Bull.) Fries. Nous parlons de ces chanipignons détériorant le corps ligneux au chapitre VII.
Enfin sur le tronc des bouleaux suinte parfois un liquide blanchâtre, d'odeur nauséabonde, chargé de matières organiques et de microbes, c'est V écoulement muqneu3(^ blanc du bouleau.
Bois. — C'est un bois demi-dur, généralement rangé dans la catégorie des bois blancs. Il est blanc, légèfemcnt jaunâtre ou roussâtre, aubier indistinct, homogè^ip, ppu sujet aux gerces. Densité 0,817 à 0,771. Il subit en se f^esséchant un retrait notable qui peut atteindre 15-20 0/0 du volume à l'état vert.
Emplois : impropre à la construction parce qu'il pourrit trop facilement à l'air sous l'influence des variations atmosphériques; il est exposé à la vermoulure. On l'utilise pour la carcasse des meubles plaqués, pour la sculpture grossière, le tour (bobines), les meubles forme bambou (il se courbe assez facilement), les cercles de tonneaux, articles de Paris, règles, équerres, boites, caisses et barils, sabotage assez estimé, allumettes, pâte à papier, balais (jeunes rameaux). Le bois madré de la souche et les bronssins de la tige sont parfois utilisés par l'ébéniste rie.
Ce l^ois est pp bon coml)ûstible qui dégage rapidement sa chaleur ; sfi flamme est longue, claire et sans fumée, et sa chaleur ascendante est considérable ; il convient particulièrement pour les boulangeries, verreries, etc. Ce bois dense dégage ui^e chaleur intense qui se maintient longtemps. Sa valeur est équivalente à celle du charbon de hêtre. On l'uti-
S08 CHAPITRE l\. — tlVM SI>ÉCIALK DES BOIS UTrLES
lise comme bois de feu, surtout en Suède et en Russie et aussi en France.
Il produit UQ charbon qui reste longtemps incandesceot.
Pariiciilarilésanalorniques. — Accroissements peu nets, à bords ass>;z régulièrement circulaires. Rayons égaux, aombreux, étroits ; la maillure est à peine visible. Vaisseaux sub-éganx, moyens, assez nombreux, isolés ou groupés radialement par 2-8, les plus gros vers le bord interne où ils forment un rang presque continu, les autres épars ; ils manquent
Pig. 4D1. — Bonlean blanc. Pig. iOi. — Aulne glatineai.
sur la partie tout-à-fait externe de l'accroissement ; ils ont, dans l'ensemble de la couche, une tendance à constituer par place des arcs sinueux concentriques.
Tissu fibreux peu dense, il l'est légèrement plus sur le bord externe. Parenchyme ligneux mélangé au tissu fibreux et peu ou pas apparent. Taches médullaires assez nombreuses vers le centre de la tige.
Produits accessoires, — L'écorce de bouleau est des plus utiles, elle renferme de 8 ù 12 0/0 de tannin chez certaines espèces, mais h. peine 3 0/0 chez le bouleau blanc ; elle est cependant fort recherchée par les habitants de l'Europe septentrionale : Finlande, Laponie, une partie de la Norvège et de la Russie ; elle communique au cuir une couleur et une odeur spéciales ; on se sert pour cet usage surtout de l'écorce interne qui est plus riche en tannin. Cette écorce donne par
distillation Thuile de bouleau qui comin unique au cuir de Russie, Todeurbien connue. Les écorcessont prises sur des arbres abattus ou sur pieds. On a même soumis Tarbre, en certaines régions de la Russie, à une exploitation périodique en vue de la production de l'écorce, comme onle fait en France pour le liège. L'écorce se régénère sans que Tarbre souffre de Topération.
L'écorce contient encore iine substance cristaliisable que Ton peut extraire par Talcpol et appelée bétuline^ elle lui communique une imperméabilité et une imputrescibilité remarquables. On utilise encore cette partie de Tarbre pour fabriquer des tabatières, des semelles remplissant le rôle de celles faites avec du liège ordinaire^ etc.
Les verrucosités de l'écorce et les bourgeons renferment une résine non cristaliisable.
te9.€!aiidrler-lVoiselier( Cor ?//z/5i4t^e//ana Lin.). — Syn. : Gemeiner Hasehirauch^ allem. ; The common Hazelnut^ angl.
Caractères, — Le coudrier-noisetier (Co?*yltis Avellana^ Lin.), appartient à la famille des Cupulifères, tribu des Gorylées.
C'est un arbrisseau à bourgeons globuleux. Les feuilles sontovales-orbiculaires, brusquement terminées en pointe au sommet, elles sont doublement dentées, à pétiole velu. Les fleurs mâles forment des chatons sessiles pendants, très précoces, fleurissant bien avant l'apparition des feuilles. Le fruit est la noisette.
Cet arbrisseau atteint 3-4 mètres, il est très commun dans les forêts de toute la France, en plaine et dans les basses montagnes, rare dans la région méditerranéenne ; cultivé en Algérie. Il réclame un sol frais, mais n'a pas d'exigences spéciales au point de vue de sa composition minéralogique ; il veut beaucoup de lumière, aussi est-il plus fréquent dans les taillis que dans les futaies ; il donne des rejets et surtout des drageons.
Bois. — Il ressemble beaucoup à celui du charme ; il s'en distingue parce qu'il est entièrement blanc, que ses accroissements sont circulaires et qu'il n'est que demi-dur. Densité : 0,620 à 0,729.
Aubier non apparent, demi-dur, homogène, élastique : ses dimensions réduites en restreignent l'emploi.
810 CHAPITRE T|[. ^- ÉTUDE SRftCIALB PES ^OIS CTILES
Oa er\ fait des épjiala^, desi perqles, tuteurs, de la vanperie tpès pne Qw très grossière ; il sert h la confection de jacdifijères, topi^elles, ^tc. ; gaules et manches, treillages, papier.
I^es racines, quand elleiî son^ de taille suffisante, produis sent des pièces curieusement yeinécs qui sont utilisées ep marqueterie, etp.
C'est un assez bon combustible, qui brûle assez lentement, ms^is produit un charbon dégageant beaucoup de ch^lei^r et durant longtemps au feu. Ce charbon est propre 9|u dessin, ainsi qu'4 la fabrication de la poudre.
Caractères anafomiqiies. — Accroissements distincts, circulaipeS) quoique ui^ peu releyé^ ^ la rencontre des raypu^. Rayons très nombreux, très rpinces avec de fautif gros ^•ayons, provenant de la réunion dp plusieurs rayons minces sépî^rés seulement par d'étroites lames de fibres, sans vaisseauii^. Vaisseaux à peu près égaux, fins, isolés ou par 3-12, disposés en bandes rayonnantes. Tissu fibreux assez dense surtout sur le bord externe.
Parenchyme ligneux en ^ones concentriques très fines, difficilement visibles à la loupe. Taches médullaires brunes.
Production d'un taillis de coudrier. — Un stère de coudrier donne environ 150 perches de 2 m. 7Q de longueur et 140 perches de 3 mètres.
Les perches que Ton emploie pour le cerclage ont généralement de 8 à 20 cm. de tour et les cercles une longueur moyenne de 1 m. 65.
Les perches, en Côte-d'Or, sur le marché de Châtillon, se vendent aux prix suivants :
Perches ayant moins de 9 cm. de tour i5 fr. le 1000
— — 9 à 14 cm. de tour 30 —
•— — le à 20 cm. détour.... 80 —
Le coudrier donne surtout des cercles. Dans le Châtillonnais^ on retire de un stère :
Cercles à tonneaux 800
Cercles à feuillettes 500
Cercles à barils ou à tonnelets 1000
L'unité de vente des cercles est la couronne qui en comprend 24. Le prix du mille de cercles est de 34 à 35 frf^i^c^ (Mouillefert).
BOIS IHDIGfeltEB OU NATUnillSÉB SU
Sya. : même désignation en anglais et ena)leii)and.
Caractères. — Arbre de la famille des Platanacées voisioe des Urticacées, genre Piataïuis.
Cet arbre, bien connu de nos promenades, constitue l'espèce Platanus viiigaris, iàpach- Linné admettait deux espèces de
Fig. *03. — Plalaaut orienlalii. — Bamcau. — Fraila. — Bourgeon.
platane et beaucoup de botanistes partagent encpre cette opinion : le PI. orieiitali^ L., originaire dp l'Orient: de la Grèce à l'Afghai^ist^n, i^mi les feuilles sont divisées jusqu'à la moitié du Hrabe, glabres de bonne heure et dont l'écoroe dti tronc se délache par larges plaques irrégulières et le PI. occidefiffllfs l.., originaire dp l'Amérique Ju ^ord, tlopt les feuilles sont mo{i)s djvisées, tardivenfpnt glabres et dont l'écorce du tronc se détache par petites plaques souvent de moins de
812 CHAPITRE IX. — itTUDB SPËCIALR DES SOIS UTILES
10 cm. de largeur. En réalité il est souvent impossible de les différencier, les caractères en question étant des plus variables.
Cet arbre non indigène mais souvent planté chez nous, a une croissance très rapide, il vit cependant parfois plusieurs siècles. LeMt s'élève droitet cylindrique jusqu'à 10-20 mèlreselilsupporte une cime vaste et puissante. Il ne prospère en France qu'en plaine, dans un sol de première qualité, léger, fertile et frais. Sou enracinement est profond II supporte bien la taille et repousse facilement de souche ; on le multiplie le plus souvent par boulures et marcottes, quoique le semis donne des plants généralement plus vigoureux.
Fig. iOt. — A. Feuille de Platane allaqutïe. Lt parlic prùi^cnlanl des hachures curresjiond à la xone alleinte par le chnmpignon. Sur lei nervures et le pcUolc, su voient des petites pustules noirA trc!' c|ui sont les conceptacles a Kemeiii'ci du champinnon.
B. — Coupe du péliole, grossie : l'Ile montre la disnosilion des conceptacles.
C. — Un de ces conceptni'les, très (çru^ï : il est rempli do semences, ou spores, du cbanipigDon.
BOIS INDIGÈNES OU .NATtRALISÉS
Maladies. — On ne peut parler du platane sans signaler la maladie qui fait depuis quelques années des ravages si sérieux parmi les représentants de cette essence et peut faire craindre, sites années à printemps particulièrement froid et pluvieux continuent à se succéder, qu'on ne soit, dans certaines localités, obligé de renoncer à l'emploi de ce bel arbre d'alignement (I). Elle est due à un champignon le Giœospormm nervisequum, Sacc, qui produit des taches brunes sur les feuilles le long des nervures, taches qui se ponctuent de petits points noir&lrcs (flg. 404, A). Les fenilles tombent alors prématurément, dès le début de l'été. Le champignon pénètre aussi dans les jeunes rameaux, et même dans les grosses branches et le tronc, si le printemps est fi-oîd et humide. U détruit le cambium, la partie la plus vitale et la plus
dit cinq ans.
Sur 1& p&iiie do l'écorce restés ïerte. so voient des lenUcellea, l. La partie alteinte iorme une tocbe brune allongée, I, où l'on observe de nombrant points Qoiràtrea, c, ou ro<iès, e*. constitués par de 9 conceptocles du champigTion plus ou moins mûrs,
Jui on fait éclater l'écorce pour mettre les spores à l'eitérieur (grandenr nstn relie).
B. Coupe transversale du tronc.
' ' ' 1 des hachures
correspond à ta partie atlaqnc l'écorce. On y voit des conceptacles, l ■ c', en voie de formation, et d'autres murs, qui se sont ouverts k l'eitérieur, c. — Les filaments du cliampignon se retroDvent jusque dans la moelle, M {grossi 2 fois).
délicatedel'arbre, et pénètre jusque dans le bois (fîg. 406 et (ig. 407), L'arbre se couvre alors de branches mortes et peut succomber A l'attaque du parasite ; plus souvent il est
(1) Le prinlemps el l'été de 190i,plus secs que ceux <lcs années précédentes, ont marqué un arrftt du développement de la maladie que nous déerivons
814 CHAPITRE IX: — ihrCDB SPÉCIALE DES BOIS UTILES
a^see foi^t pour résister, et se rerét à uouireau de feuillage pendant le eourant de l'été? La maladie se {ïtôpage d'iiue année à l'autre par les filaments subsistant à l'intérieur du tronc où de certaines bratiehes. Cette maladie est trèd difficile à traiter i loi^sque le mal est trop avancé^ tout traitement devient ûïèvAe impossible.
Nous aTOhs propesé comme traitement : 1^ Télagage des ratneaux atteints, dès les premières manifestations du mal ; a**, comime moyens préventifs :
ai Dans les pépinières il est indispensable de veiller avec grand soin à ce que les rameaux que Ton bouture soient indemnes, et proviennent, pour plus de sûreté, d*arbres absolUmeht intacts.
b, Rëcëiirit' plus souvent à la multiplication par semis qui donnërotil des plants sûrement iildemnes à Torigine et plus résislftîlts.
c. L'&spècë de platane qui parait le plus fréquemment et
^*,L^ a <■ , .'.1' /%^ •/■->•' v Js.- .^■'•^^
Fig. 407. — A. Coupe Iransversalc, grossie, d'un rartieau aUaqné.
Toute la rf^gion présentant des hachures correspond à. là zone envahit par le champignon, soit : l'écorce, P. C, le liber, Ltb., le canibium, Cam,, les ravons médullaires, R. M., et la moelle, M.
bans l'écorce, on voit des conceplacles, c, à diverses stades de développemetil,,
B. Cellules de la moelle. On voit ces cellules traversées par do nombreux filaments du champif^non. Ils utilisent, pour passer de Ttlne h Tauire, les trous ou ponctuations qui existent dans leurs parois.
le plus gravement atteint par le (ilœosporium, est le Plata-nus orienlalis^ quoique le Platanus occidentalis ne soit points non plus, doué d'immunité vis à-vis de ce champignon para-
fiOlâ INt)i6Éi^^8 OtJ fTAtlRALIdËS B15
site; Quoi qu'il en soit, il se^ait bon dé i*ëcherchët* parmi les très nombreuses variétés de platanes que Totl peut bbtëtiii* de setnis, belles qui offrent le plus de résistance à la maladie. Une fois le fait constaté, on propagerait exclusivetnent ces variétés dans les lieux exposés aux invasions du Glœosporium (1):
Bois. ^^ A tous points de vue : strUbtiirë^ aspefct, qualités, défauts^ il rappelle le hêtre ; il est seulement plus brUû, à liiaillurës plus importantes et toutes égalés.
8à ôotileur est bistre-bi*unâtre où rougeâtre. Aubier indistinct, peu cottipactj peu homogène^ peu durablej quoique taoins sujet qUë le hêire à la pourriture Idtsqull est placé en lieux humides, mais il se pique facilement des vers II est peu employé dans Tindustrie quoique il soit assez dur, compact ëtliatit pour recevoir des formes de moulures délicates; Une fois sec^ il lie travaille plus ; en le coupent obliquement par rapport aux fibres il donne un assez beau veinage, une sut*face moirée assez semblable à celle d'un métal damasquiné, et, par le débit sur mailles, il fournit de beaux lambrissages.
Ërt Suisse, il sert, avec l'érable, à la confection d^une foule d*objets sculptés : corbeilles, coffrets, tabatières, chalets miniatures, etc.
Les loupes qu'il produit pourraient certainement être employées en ébénisterie pour le placage. On utilise cependant ce bois surtout pour la menuiserie commune. Il se transporte peu et se vend au poids, en tiges, en madriers et planches.
Si le bois du platane est assez peu employé dans TOuest de TEurope, il n'en est pas de même dans le Levant (Platane d'Orient) et d'autres parties de l'Asie, où on l'utilise pour là charpente, la menuiserie et Tébénisterie et, suivant Riccioli, qui écrivait en 1651, ce bois était alors utilisé pour la confection des navires par les Turcs.
(i) Yoir pouf plus de détails :
Leclerc du Sablon, « Sur une maladie du platane » {Revue générale de botanique, l. IV, 4892).
J. Beauverie : \^ <* Sur une forme particulièrement grave de la maladie du platane due au Glœoèporium nervisequum » {Ann. de la Soc. de bota. nique de Lyon t t. XXVI, 1901) ; 2"> « La maladie des platanes, sa gravité » (U Horticulture nouvelle, Lyon, juin 1903) ; 3*^ « La maladie des platanes » [Comptes rendus de VAc, des sciences, 22 juin 1903).
816 CHAPITRE IX. — tiVDK SPECULE DES bOIS UTILES
Les Persans, dit Olivier, n'emploient pas d'autres bois pour leurs portes ou fenêtres.
Les ébénistes américains en font quelquefois usage (Platane d'Occident).
Caractères analomiques. — Accroissements assez distincts, h liord circulaire quoique formé par une série de petits ai-cs concaves s'appuyant sur les rayons. Rayons nombreux, assez épais, sensiblement égaux. Vaisseaux assez tins, très nombreux, égaux, épars, isolés, à peine plus nombreux dans le bois de printemps. Tissu fibreux peu dense, un peu plus serré sur le bord toul-à-fait externe de l'accroissement ; le parenchyme ligneux, très abondant, se mêle au tissu libreux. Il existe des taches médullaires.
!••. Ilohitilcr ftanJi-naiMla ou aeiiein blanc [Bobtnia pseudo-acacia). — Syn. : Gemetne Mobinie, Akasie, Gemeiner Schotendom, allcm. ; the common Robinia, the false acacia, angl. ; Lociist Iree, améric.
Fig. *08. - Uobinia pteudo-acacia (D. N.Schwarî}.
Caractères. — Arbre de la familledes LégumineusesPapilionacées, de la tribu des Galcgées, genre Uobinia, espèce pseudo-acacia.
C'est r« acacia » de nos jardins et promenades, désigné à tort sous ce nom, car il est bien différent des véritables acacias qui appartiennent àla famille des Légumineuses-Minio-
sées. Il est originaire de TÂmérique du Nord et fut cultivé pour la première fois en Europe par le botaniste Jean Robin, en 1601.
C'est un arbre de moyenne grandeur (20 à 25 mètres), à tronc droite écorce profondément gerçurée, rameaux étalés formant une tète élargie irrégulière, feuilles imparipennées, ornées à la base du pétiole de stipules transformées en fortes épines dures^ aplaties et recourbées, persistant plusieurs années. Fleurs blanches, parfumées et en belles grappes pendantes.
Il vit dans tous les sols, mais il préfère ceux qui sont légers et un peu frais ; il prospère cependant encore on terrain sablonneux sec. La végétation en est très rapide, surtout entre 25 et 45 ans ; sa longévité est considérable et sa taille devient d'autant plus forte qu'il est plus isolé ; ses rameaux sont malheureusement très cassants. A. Tétat de massif, il reste toujours assez court. La racine, d'abord profondément pivotante, donne bientôt de grêles et longues racines traçantes et vigoureusement drageonnantes qui assurent la perpétuité du taillis. Les souches rejettent facilement et les rejets sont très résistants. On cultive généralement le robinier à Tétat
Fig. 409. — Fleur de Robinia pseudo-acacia disséquée, pour montrer
ses diverses parties.
isolé ou en taillis, très rarement eu futaie ; il serait cependant sous cette forme moins exposé à l'action destructrice des vents. Le robinier, est en effet très fragile et ses branches cassent facilement sous Taction du vent.
Cet arbre est précieux pour fixer les travaux d'art et maintenir les sables mouvants.
Le robinier est aujourd'hui une de nos principales essences forestières.
La durée de révolution des taillis de robinier varie nato» rellement suivant les produits que l'on désire réaliser et les conditions de la végétation qui obligent à la faire plus ou moins longue. Â 8-10 ans on peut obtenir du treillage et un peu d'écbalas; à 12-15 ans, des échalas et des pieux en faible quantité ; à 15^20 ans, on réalisera d'excellents pieux de clôture et dos échalas de choix. Les rejets les mieux venus pourront même donner des pièces de charronnage. Si on maintient le taillis après 20 ans, soit jusqu'à 40 ou 50 ans, on aura des produits précieux pour le charronnage et les débits de luxe.
Production dun taillis. — Dans les circonstances moyennes, dit M. Mouillefert, et en période normale, c est-à-dire dès la deuxième ou la ti*oisième révolution, on peut obtenir :
A 10 ans, par hectare, 10.000 perches^ valant nettes 5 centimes, soit 500 francs, soit 50 francs par hectare et par an ; ou bien encore de 12.000 à 15.000 treillages ou échalas.
 15 ans, on peut réaliser 8«000 perches valant 12 centimes, soit 960 francs ou 64 francs par hectare et par an ; ou encore 18.000 à 20.000 échalas.
 20 ans, on aura 6.000 perches, d^une valeur moyenne de 25 centimes, soit 1.500 francs ou 75 francs par hectare et par an ; ou bien encore 24.000 à 25.000 échalas de choix et pieux de clôture.
A 40 ans, il existera environ 600 arbres ayant 25 centimètres de diamètre, en moyenne, et 7 mètres de hauteur de bois d'oeuvre et valant 6 francs, soit 3.600 francs pour toute la coupe et 90 francs par hectare et par an. Ces chiffres doivent être considérés comme un bon revenu, étant donnés les sols ingrats où l'on peut réaliser la culture de cette essence.
Bois. — Bois dur, lourd, nerveux, élastique, lustré, susceptible d'un beau poli, jaune ou jaune verdâtre, parfois brunâtre ; aubier blanc, mince, très distinct; il éclate et se fend facilement ; sa résistance verticale est supérieure à celle du chêne, ce qui en fait un bois de premier ordre pour la fabrication des rais de voiture (déchets 25 0/0). Sa durée est égale à celle du chêne ; il résiste mieux qu'aucun autre bois à la pourriture et se conserve bien sous l'eau; le cœuret l'aubier ne redoutent pas les alternatives de sécheresse et d'humidité ; on l'emploie pour pilotis ; il est préféré à toute autre essence
pour perches, pieux, échalas (déchets 20 0/0), tuteurs, cercles. On en fait encore des chevilles pour les constructions maritimes (gournables), des dents d'engrenages, des échelons d'échelles, de la menue fente. Il acquiert un beau poli et convient à la menuiserie : parquets, meubles, au tour, etc. A Paris, beaucoup de petits articles sont faits avec ce bois, tels que : salières, fourchettes, cuillers, couteaux à papier. Le défaut de rectitude des rameaux de Tarbre ne permet pas d'en tirer des pièces de dimensions suffisantes pour la construc* tien, mais c'est un bois supérieur comme bois de travail (1).
Sa densité est 0,661-0,772.
C'est un excellent combustible, émettant une chaleur vive, très longtemps soutenue et très rayonnante. Il est cependant peu employé dans les foyers ouverts pour lesquels les qualités en question semblent le désigner, parce qu^il lance trop d'étincelles en brûlant.
Les difficultés que Ton rencontre pour le carboniser en meules font placer le charbon de ce bois au dernier rang.
Caractères anatomiques. — Accroissements bien distincts et plus ou moins anguleux dans les arbres âgés. Rayons nombreux, moyens ; le bois est à peine maillé. Vaisseaux très inégaux, gros à très fins, assez nombreux, isolés ou par 2-10. Fins vers le bord externe, ils deviennent de plus en plus gros en se rapprochant du bord interne où ils conslituent une zone poreuse. Dans leur ensemble, ils forment des lignes espacées dendritiques, tendant à devenir rectilignes vers le bord externe ; les divers dessins formés par ces vaisseaux sont rendus plus distincts par la présence du parenchyme ligneux qui les entoure et les réunit. Le tissu fibreux est très dense.
Noos pouvons placer à la suite de l'étude du bois de robinier celle du bois d'un arbre appartenant à la même famille et présentant avec lui une grande ressemblance ; il s'agit du févier d'Amérique ou Gleditschia triacanthos.
FtviER d'Amérique [Gleditschia triacanthos^ L.). — Syn. : G. spinosay Mich. ; fhe three-thomed Gleditschia ou Honey
(i) Le bois de robinier esl eslimé et souvent employé dans les régions de rAmériqne du Nord où il croit (Elats Unis, Canada). Voir A. Michaux, Histoire des arbres forestiers de V Amérique du Nord, lome III, p. 245.
Locuste angl. ; Thorny Acacia^ Sweet Locuste Etats-Unis ; Carouge à miel, Canada.
Cet arbre, de la famille des Légumineuses-Césalpiniacées, croit à Fétat spontané dans TAmérique du Nord, notamment dans la Caroline et la Virginie ; mais il a été introduit depuis longtemps en Europe : il était connu en France à Tépoque de Du Hamel.
Il végète bien sous les climats de Paris et de Londres, mais beaucoup plus activement encore dans le Midi de la France.
Le févier peut atteindre 15-20 mètres de hauteur. Les feuilles sont composées d*un grand nombre de folioles, les fruits constituent de longues gousses pendantes généralement courbes, ils contiennent de nombreuses graines. Sur les branches, comme sur le tronc, se trouvent de fortes épines simples ou trifides.
Cet arbre réclame pour sa culture un sol profond, riche et une situation non exposée au vent.
Le bois de cet arbre est très dur, il se brise et se fend avec la plus grande facilité^ ressemblant en cela et d'ailleurs sous beaucoup d'autres rapports, au bois de robinier, mais son grain est plus grossier et ses pores plus ouverts. Il est, en somme, peu estimé même dans le pays où son abondance le fait employer couramment, comme cela se produit dans le Kentucky»
170. TIIieal«(riVia). — Syn. : Linde, allem.; Ltm^ tree^ angl.
Caractères. — Les tilleuls appartiennent à la famille des Tiliacées, voisine de celle des Malvacées dont elle diffère surtout en ce que les étamines, au lieu d'être soudées en un tube, sont complètement libres. Le genre Tilia est constitué par des arbres à feuilles simples, dentées et penninerves. Les fleurs sont blanches ou jaunâtres, en cyme dont le pédoncule est soudé jusqu'à la moitié avec la bractée axiUaire foliacée.
Les tilleuls sont des arbres de très grande taille, de croissance assez lente, qui habitent les sols frais des forêts peu élevées, ou sont plantés sur nos promenades. On les trouve rarement dans les vieux massifs de futaie^ mais ils abondent dans certains taillis ; ils rejettent abondamment de souche et produisent vite d'énormes cépées qui sont nuisibles lorsque l'on opère une régénération par semence. Il est bon dans ce cas de les extraire.
BOIS INDIGÈNES OU NATURALISÉS 82t
rig. 410. — Le tilleul ITUia plalsphslla, Scop.).
l; 8z2 ceAHiTRE ix. — étude spéciale des bois utiles
\[, L ecorce du tilleul est grise et reste lisse jusqu'à 20-30 ans,
1^ puis se marque de longues et fines gerçures longitudiuales
I séparées par de longs intervalles unis, non écailleux. A ua
î' âge avancé, elle ressemble, vers le pied de l'arbre, à celle des
t vieux chênes.
■■ Ennemis. — Des insectes nomlireux, Coléoptères ou Lépi-
doptères, attaquent les feuilles de cet arbre, sans lui être, [ toutefois, spéciaux. Ileiiîste. en outre, un acarien, le Tétra-
; rynque tisserand (T'p/raM^/icAMs lelarîus) qui, pendant l'été,
suce la face inférieure des feuilles et s'abrite pendant l'tiiver sous une sorte de duvet soyeux qu'il tisse sur l'écorce des vieux tilleuls. Bien souvent, au cours de l'été, les feuilles des tilleuls jaunissent ou brunissent tout en restant attachées à
Fig. ifl. — Tronc de lilliiul dont lo cirur est A peu prè^ complètement détruit par la pourriture. Dus racines, qui se sont forriicBa aui dépens d'une branche, envoient leurs ramili cations dans l'es pâue d'humus &ccamulé dans la tronc.
l'arbre quelque temps encore, en lui donnant l'aspect le plus lamentable. Le lHleul intermédiaire n'est pas sujet comme les autres espèces aux atteintes de cet animal.
Citons spécialement encore tes insectes suivants qui s'attaquent au bois ; un Coléoptère bupreste {Bupreslis (Lampra)
rutilans) qui creuse ses galeries à section elliptique dans le bois du tilleul à Texclusion de tout autre bois, et la chenille d'un Lépidoptère, le cossus gâte-bois, qui perfore les tiges de part en part (voir p. 560).
Champignons, — Le chancre des arbres (Nectria ditissimay Tul.) peut attaquer les tilleuls. Une espèce voisine, le Nectria cinabarinina, qui, le plus souvent, vit aux dépens des bois morts, peut parfois s'attaquer en parasite à Tarbre vivant ; le bois nécrosé devient alors d'un brun clair.
Les feuilles se recouvrent parfois d'une poussière noirâtre rappelant plus ou moins la suie ; elle constitue le noir ou la fumagine du tilleul, qui est dû au Capnodium Persooni et au Capnodium Tiliae. L*étude, d*ailleurs fort difficile, des champignons des fumagines n'est pas encore complètement élucidée. On trouve aussi parfois sur les feuilles des Glœosporiunij Phyllostictay Cercosporay Septoria^ etc.
Le gui s'observe fréquemment sur cet arbre.
Bois, — Blois blanc, légèrement rose ou rougeâtre, sans aubier apparent, mou, homogène; le grain en est serré, quoique le bois soit tendre. 11 se coupe facilement dans tous les sens sans se fendre, il travaille et se gerce peu. Il est peu résistant, peu durable et légèrement sujet à la vermoulure, ce qui le rend impropre à la construction. Il se creuse facilement à l'intérieur de Tarbre (fig. 411). Densité : 0,504- 0,581 (1).
Usages: charpente des meubles pour les menuisiers' et ébénistes, sculpture un peu grossière, cadres de tableaux, tour (bobines des filatures, boudons), sabots légers et talons, tables des cordonniers où les entailles faites par le tranchet se referment, plateaux d'imprimerie, crayons, allumettes, perches, râteliers d'étables, impression d'affiches, touches de pianos et d'orgues ; les jeunes tiges écorcées et bien polies constituent des bâtons qu'utilisent les filatures de soie de Lyon ; merrains grossiers, pâte à papier.
Comme combustible, le bois de tilleul est médiocre, ainsi que la plupart des bois blancs, tels que peupliers et saules. Il est cependant fort avantageux pour le chauffage des apparte-
(1) Cette densité est celle du tilleul à petites feuilles ; le tilleul à grandes feuilles a une densité moindre, soit : 0,486-0,529.
ments en foyers ouverts, car sa chaleur rayonnante est très grande, tandis que sa chaleur ascendante est réduite, ce qui le rend impropre au chauffage dans Tindustrie.
Le charbon produit est léger, d'un pouvoir calorifique qui est à celui du hêtre, comme 68 est à 100 (Werneck) ; il est utilisé pour la fabrication de la poudre et du fusain des dessinateurs.
Caractères anatomiques. — Accroissements distincts, circulaires, quoique finement sinueux. Rayons très nombreux, un peu inégaux, étroits. Vaisseaux nombreux, fins, à peu près égaux, isolés ou plus souvent groupés par 2-6, et plus, dans le sens radial, plus nombreux au bord interne ; le groupement en chapelets radiaux, formant de petits traits distincts, est caractéristique. Tissu fibreux mou, irrégulièrement serré, plus dense vers le bord externe où il constitue une zone colorée.
Produits accessoires, — Le liber de cet arbre est très riche en fibres qu'on utilise comme matière textile. La tille ou écorce qui le contient est d'abord débarrassée de son rhytidome, puis enlevée, au moment de la sève du printemps, à Tétat de lanières longitudinales dont on fait des bottes qui sont mises à rouir à l'eau pendant quelques mois : les fibres peuvent alors s'isoler. On les emploie à la fabrication des tapis, paniers, nattes, chapeaux, chaussons, cordes, liens, etc., etc. Les tilleuls de 15 ans environ donnent les meilleurs produits. Cette industrie est particulièrement importante en Russie d'où l'on exporte cette substance en Angleterre, sous le nom de Russian bast : en France, elle existe à peine.
Les espèces indigènes. — Les deux principales espèces françaises étaient confondues par Linné en une seule, le tilleul d'Europe, Tilia Eitropœa L., que Ton a disjointe de la façon suivante :
Bourgeons et jeunes rameaux velus ; feuilles ayant des poils sur toute la surface inférieure. Fruits àcôtes épaisses et saillantes Tilleul à grandes feuilles
Bourgeons et jeunes rameaux sans poils ou presque sans poils ; feuilles ayant des poils en dessous seulement aux bifurcations dos nervures. Fruits sans côtes saillantes Tilleul à petites feuilles
BOIS INOrGË?IES OU nATURALISËS
Voici les noms scientifiques et vulgaires de ces deux espèces :
TiLLisuL A GRA!4DES FEUILLES : 7)7)0 grandifolîa, Ëhrb. ; T. Europsea, Var. p. Lin. ; T. platijphtjlla, Scop, ; tilleul de Hollande ; tilleul commun.
Fig. 413. — Rameau tivec touilles et indoi
lu lilloul à grondes fonillas.
Tilleul a petites pkuillës : Tilia parvifolia, Ebrh. ; T. silvestris, DesF. ; T. microphylla, Vent. ; T. Europœa, Var. y, Lia. ;
Pig, 413. — Huraeau ol feuillage de tilleul li petites teuilles.
T. ulmifoUa, Scop. ; tilleul sauvage ; tilleul à feuilles d'orme ; tillau ou tillot.
Il existe une autre espèce, très voisine du tilleul à petites
feuilles, que Ton désigne sous le nom de tilleul intermédiaire, T. intermedia^ D. C. (c'est le T. Etiropaea, Var. a de Lianéj ; elle s'en distingue par ses feuilles à pétiole plus court et par Texistence de côtes saillantes sur le fruit.
Signalons encore une autre espèce originaire de Hongrie et fréquemment plantée chez nous comme arbre d'ornement:
Le Tilleul argenté, Tilia argentea, — Il se distingue aisément par la teinte de ses feuilles, d'un vert foncé en dessus et d'un blanc argenté en dessous, cette dernière particularité étant due à la présence sur cette face d'un duvet fin et serré.
Le tilleul à petites feuilles passe pour donner les produits les plus estimables.
tll. liessanlMi. Salix. — Syn. : Weide, allem. ; Willow, angl.
Caractères, — Les saules appartiennent à la famille des Salicacées et au genre Salix, caractérisé par des feuilles plus ou moins allongées, entières ou finement dentées, fleurs diolques en épis (chatons) denses et dressés, à fleurs sessiles. Fleur mâle réduite à une bractée portant deux étamines en général (parfois trois ou cinq), à filets libres. Fleur femelle réduite à une bractée portant un ovaire uniloculaire avec ovules fixées sur les parois. Le fruit est une capsule s'ouvrant en deux valves. Floraison février-mars, fructification juinjuillet.
Les âaules forment de nombreuses espèces, communes surtout dans les régions tempérées et fraîches de Thémisphère Nord. Ils affectionnent les terrains frais et humides, le bord des cours d'eau et des mares ; cependant, le saule blanc réussit aussi en sol sec ; le saule Marceau vient partout.
En culture, on reproduit très facilement les saules par boutures, qui donnent avec une abondance remarquable des racines advenlives ; les plançons reprennent très aisément. Le saule Marceau se prête peu cependant à ce mode de multiplication. Les souches donnent de très abondants rejets ; la croissance des plantes est des plus rapides.
Usages, — Les propriétés que nous venons de signaler rendent les saules précieux pour fixer les travaux d'endiguement et les alluvions au bord des torrents ou cours d'eau quel-
BOIS INDrGÈHES OU NATURALISÉS 827
conques. lia produisent la majeure partie du matériel des fascines et clayoniiagesdcs travaux hydrauliques.
L'importance des saules est particulièrement grande pour la production de l'osier employé en vannerie ; pour cela ils sont cullivéa en oseraies, saussaies, sautées, et exploités le plus souvent en têtard. Les espèces surtout employées pour cet usage sont le saule des vanniers ou osier blanc, le saule pourpre ou osier rouge et aussi, quoique à un degré moindre, le saule blanc et le saule fragile. Les jeunes pousses servent de lîens pour les jardiniers et vignerons, les liens de rebut peuvent faire des margotins pour allumer le feu.
Les produits d'une oseraie va ne nt naturellement, suivant les conditions de la production et l'espèce cultivée. Une bonne oseraie en plein rapport peut donner par hectare, dit M.
Heuzé (1), 800 à 900 bottes
d osier gris ou 400 àSOO bottes ■^ / ï
d'osier gris écorcé dit osier blanc ; chaque botte a 1 m. 50 de tour.
Les osiers sont vendus à la botte, sur pied, ou en bloc, ou encore au poids. Dans ce dernier cas, les gros osiers valent 35 fr. les lOO kg, ; les moyens, 50 fr. et les fins, 60 fr.
Dans la vente en bottes, l'osier gris, suivant sa finesse et sa longueur, vaut de 75 cent, à 1 fr. 25 ; l'osier pelé de 2 à 4 fr ; l'osier pour grosse vannerie, 1 fr. ô 1 fr. 30 ; l'osier pelé, de 3 à 6 fr. ; l'osier pour la fente, de 2 à 4 fr., la botle de
(I) Heuzé, Planfei industrielle», vol. I, p. 3!5.
828 CHAPITRE IX. — IvTIIDI! SPÉCIALG DES BOIS UTILES
1 .000 brias, et le petit osier, de 75 cent. A 1 fr. 35 la b otte de 38 cm. de circonféreoce.
Une oseraie eo pleia rapport peut donner 500 bottes d'osiers de toutes catégoi-ies d'un prix moyen de 1 fr. 25, soit 625 fr. de produit brut à l'hectare (1).
Fig. 4IS. — Salix oiminali*.
L"écorce est riche en tannin qui est exploité pour la préparation des peaux. Bien souvent, dans les régions basses et fréquemment inondées, cette industrie devient connexe de celle de la vannerie, la première utilisant les écorces que laisse la seconde. Ce sont là des ressources précieuses pour les régions marécageuses qui sans cela seraient, le plus souvent, des
(I) Nous empruntons ces derniers détails au livre de M. Mouillefert, dans lequel nn trouvera une élude compl61c sur les oseraies : Traité de tylvicuiture, t. Il, p. S6i à 280.
SOIS IflDIGÈNES OU NATVBiLlséS 829
plas misérables. On utilise les saules pour le tanoage, surtout dans le nord de l'Europe où le chêne fait défaut (Russie, presqu'île Scandinave, etc.). Il n'y a pas beaucoup de différence entre les espèces au point de vue de la teneur en tannin ; elle est souvent de 4 à 5 0/0 ; quelques espèces en contiennent jusqu'à 8 à 12 0/0; l'écorce du tronc en renferme plus que celle des branches. Parmi les espèces utilisées à ce point de vue, nous citerons, entre autres, le saule Marceau. Le cuir obtenu est souple, de couleur claire ; on arrive à un résultat encore meilleur, en mélangeant l'écorce de saule avec celle du chêne dans une proportion de IS 0/0.
On extrait encore de l'écorce de certains saules des matières tinctoriales rouges-brunes ou noires et de la salicine, sorte de glucoside dont les dérivés acides : acide salicylique et salicylates, sont utilisés en médecine pour leurs propriétés anti-rhumatismales et antipyrétiques.
Bois. — Le bois des saules est mou, léger, et impossible, dans la plupart des c«s, ft distinguer spécifiquement ; cependant, tandis que celui des saules fragile et viminal est blanc, celui des saules blanc et Marceau est plutôt rouge&tre. On emploie le bois des saules pour la menue charpente, les chevrons, etc.; on en confectionne des planches et de la volige pour les menuisiers et les layetiers ; on en fait souvent des perches à houblon et des échalas, des cercles de tonneaux, etc. Réduit en minces lanières, à t'aide de machines spéciales, il sert à faire des ouvrages de vannerie, des claies et tamis grossiers. Il est employé en sculpture, lorsqu'il est homogène et se coupe net en tous sens (saule i,i»„„\ F'B- **8- — Section
blanc). tranaversalo d'un
C'est un combustible médiocre, meilleur boijdesftoiefsanle , . pleureur) (!0 diapourlant que le peuplier. Il est recherche niAiro5)(A. Thii). pour la boulangerie, car, brûlant très rapidement avec une flamme claire et vive, il produit un coup
8â0 CHAPITRE IX. — ÉTUDB SPÉCULE DES BOIS UTILES
de feu d'une température élevée. Les fagots de saule sont utilisés aussi pour le chauffage des fours à chaux, à tuiles et à plâtre. Enfin, le charbon est encore parfois employé à la fabrication de la poudre à tirer.
Espèces. — Elles sont très nombreuses et très difficiles à distinguer, car ce groupe est, au point de vue botanique, un des plus naturels qui existent. Les caractères des fleurs, fruits et feuilles, sur lesquels on se fonde habituellement pour distinguer les espèces, y sont fort simples et, par suite, peu variés et difficiles à différencier. Les généralités qui viennent d'être exposées nous dispensent d'ailleurs de faire Tétude détaillée de toutes les espèces et nous nous bornerons aux deux plus importantes pour notre objet : les saules blanc et Marceau.
Le Saule blanc (Salix alba). — C'est l'espèce la plus împ<»tante du groupe par la taille et la longévité. Les feuilles sont lancéolées, aiguës à l'extrémité, recouvertes en dessous d'un duvet argenté, soyeux (fig. 417). Les fruits sont sessiles^MT Taxe du chaton femelle. Fleurs mâles à deux étamines. C'est souvent un grand arbre pouvant atteindre 25 m. de haut sur 1 m. de diamètre. Il est très commun au bord des cours d'eau, dans les prairies et au bord des chemins ; il est rare en forêt. La multiplication par bouture et plançon en est des plus faciles.
Bois. — 11 est d'un joli rose tendre ou gris rouge clair d'une teinte uniforme, avec un aubier blanc et réduit ; grain fin homogène; il est employé en sculpture ; il se découpe aisément et nettement sans se gercer. Il a peu de durée. Il est employé encore en menuiserie très commune, pour faire de la volige pour caisses d'emballage, des panneaux pour peinture à l'huile ; pour faire des règles et des tés, des allumettes, etc., des gaules et manches rustiques, et pour la vannerie. Densité: 0,381-0,816.
Combustible et charbon remplissant les conditions énoncées aux généralités sur le bois de saule.
Caracthes anatomiques. — Accroissements distincts. Rayons égaux, très fins, h peine visibles dans l'aubier, très nombreux. Vaisseaux très nombreux^ épars, isolés ou très rarement groupés dans le sens radial par 2-5. Ils manquent vers le bord externe, égaux, sauf vers ce bord où ils deviennent très fins avant de disparaître. Tissu fibreux à parois minces, mou.
formant seul une ligne étroite sur le bord externe. Taches médullaires de parenchyme assez fréquentes^ concolores par rapport au tissu environnant ou légèrement plus teintées.
Pig. 447. — Saule blanc {Salix alba).
Saule Marceau {Salix caprea L.). — Noms vulgaires : Marceau, Marsault, Marsaule, Boursade. Syn. étr. : Palmweidej Sahltueidây Palme, allem.; The Goal Willovo, common black SalloWy angl.
Il se distingue bien de l'espèce précédente par la forme de ses feuilles qui sont ovales, elliptiques, à peine deux fois aussi longues que larges, au lieu d'être très allongées, terminées brusquement en pointe au sommet, cotonneuses en dessous (fig. 419).
C'est un arbrisseau ou un arbre pouvant atteindre 8 à 10 mètres de hauteur.
On le trouve fréquemnrent avec le tremble dans les forêts ;
Fig, 418. — Saulo blanc. (AWixa/^aJL,
BOIS INSmËNES OU NATURALISÉS 833
il constitue là ces n bois blancs m auxquels oa fait la guerre par les nettoiements et éclaircies. C'est d'ailleurs lorsqu'il croit en liberté qu'il atteint tes plus fortes dimensions et donne
Fig. il9. — Saulo Marc«au [Salia! caprea).
les meilleurs produits. Il ne vit guère plus de ■'')0 ans. It se multiplie moins aisément que les autres espèces par boutures et plançons, maïs il repousse vigoureusement de souche.
Bois. ~— C'est le meilleur des bois de saule. Il est rougefttre clair ou jaun&tre dans l'aubier, rouge vineuY, marbré au cœur, dur et lourd relativement à ses coogénères ; densité : 0,381-0,516.
Usages : menuiserie commune, manches, grosses chevilles. Il résiste assez longtemps à l'altération lorsqu'il est
831 CHAPITRE IX. — ÉTUDE BPÉaALB DBB BOiS UTILES
exposé à l'air, ce qui le fait employer ft l'état d'échalas et de perches à houblon qui sontassez recherchés. Fendu en lanières étroites et longues il sert à confectionner de la sparterie commune, mais durable. On en fait enfin de la pAte k papier.
Pig. tlO. — Dég&ls du Galeruea caprta sur saula Uarcoftn (1/0 (Echst.).
Comme combustible, il produit le coup de feu dont nous avons parlé aux généralités. Voici, d'après Th. Hartig, les résultats de la comparaison du saule Marceau de 50 ans et du hêtre de 80 ans :
Plus haut degré de chaleur. 91 : 100 Durée de la combustion. . . 45 ; 100 Eau vaporisée 78 : 100
11». PeapUem (Populus). — Syn.: Pappel^ allem.; Peoplar, angl.
Caractères. — Famille des Salicacées, genre Populus. Ce sont des arbres à bourgeons résineux, à feuilles alternes, simples, dentées, à pétiole aplati latéralement. Chatons mâles ordinairement pendants. Fleurs brièvement pédicellées avec une bractée charnue en forme de coupe à bord denté ; fleur m&les à 4-30 étamines ; fleur femelle avec un ovaire sessile, et de nombreux ovules qui deviennent à maturité de petites graines pourvues d'une houppe de poils favorisant leur dissémination.
Les peupliers appartiennent à l'Europe , l'Asie centrade, TAmérique du Nord. Ils recherchent les terrains humides ou frais, et surtout les sols Jégers et fertiles des bords des cours d*eau. Leur croissance est très rapide et cependant plusieurs sont très longévifs. Les racines sont superficielles, traçantes à de grandes distances du pied, et les arbres exigent beaucoup de lumière, deux raisons qui les rendent impropres à végéter en massif, mais particulièrement aptes à servir d'arbres d'alignement le long des routes ou avenues (1). Les souches des arbres coupés repoussent très vigoureusement, tandis que les racines se mettent à drageonner abondamment, mais bien souvent tous ces rejetons ne vivent qu'une année, détruits qu'ils sont par les froids de Thiver suivant. On les reproduit généralement par boutures et plançons.
Ennemis. — Insectes : Peu d'arbres servent d'hôtes à un plus grand nombre d'insectes, vivant tantôt à nu sur les feuilles, les rongeant de manière à ne laisser subsister que le squelette constitué par les nervures, tantôt les enroulant pour s'en protéger;
D'autres provoquent sur les feuilles, et particulièrement sur leur pétiole, des galles ou excroissances vésiculeuses, contournées en hélice. D'autres enfin vivent dans la tige. Ce sont des larves de coléoptères : saperde du peuplier et saperde chagrinée ; des chenilles de Lépidoptères : cossus gàte-bois et sésie apiforme. Nous en avons parlé, chapitre VIL
(i) Il faut noter, toutefois, que si ces arbres viennent très bien le long des routes, le fait que leurs racines s*élendent au loin en restant près de la surface du sol les rend nuisibles aux cultures avoisinantes : fréquemment les riverains se plaignent et l'on est obligé de les abattre.
Les diverses espèces de peuplier sont plus ou moins exposées aux atteintes des insectes. C'est ainsi que le peuplier blanc est rarement atteint ; le peuplier tremble, le peuplier noir et sa variété pyramidale le sont au contraire fréquemment. Quoi qu'il en soit^ ces essences réagissent avec une rare vigueur, et les xylophages, mortels pour tant d'autres essences, ne sont pas à redouter.
Champignons, — Les feuilles sont assez fréquemment cloquées par le Taphrina aurea (Pers.) Pries, qui produit l'altération appelée taches vésiculeuses des feuilles de peuplier. Ces taches sont d'un beau jaune doré du c6té de la face inférieure de la feuille.
Les jeunes pousses du peuplier pyramidal sont, dans diverses parties de la France, attaquées et détruites par le Didymosphi'eria populina Vuill., syn. : Napicladium Tremuiœ (Frank), Sacc, champignon ascomycète qui se manifeste plus souvent encore sous la forme conidienne Fusicladium, distinguée par certains auteurs sous le nom de Napicladium.
On peut voir, surtout dans le Centre, TËst et TOuest, l'arbre dépérir et se couvrir de bois mort par le fait de ce parasite, à tel point que l'on doit renoncer à la culture de cette espèce et la remplacer par d'autres peupliers dans les régions où il sévit trop activement. Il est bon, dans tous les cas, de pratiquer l'cmondage au plus tôt des rameaux atteints, afin d'entraver la propagation du parasite.
Plusieurs rouilles du groupe des Melampsora : Melampsora tremulœ, Tul., etc , s'attaquent aux feuilles des diverses espèces de peuplier^ qui jaunissent et tombent dès septembre.
Le bois est lui-même altéré par divers champignons : Po/yporus sulphureus, Polyporus igniarius (faux amadouvier),etc. (V. pag. 353 et 358).
Enfin le tronc laisse parfois couler, des plaies de son écorce, un liquide visqueux, chargé de matières organiques et où pullulent les microbes, qui constitue un écoulement muqueux blanc ou brun.
Le gui existe très souvent sur le peuplier noir et le peuplier du Canada.
Espèces de peupliers. — Il existe en France trois ou quatre
espèces de cette essence. On peut y joindre le peuplier du Canada, originaire de l'Amérique mais qui a été introduit chez nous et donne de beaux produits.
Voici les caractères distinctifs de ces espèces :
I. Feuilles finement dentées, terminées en pointe, sans dents, glabres. Ecorce se gerçurant dans le sens de la longueur et de bonne beure.
a. Jeunes pousses arrondies, capsules ovoïdes
bivalves. Stigmates à deux lobes .... P. noir. (Parfois rameaux dressés contre la tige. P. noir variété pyramidale) .
6. Jeunes pousses sillonnées anguleuses ; capsules globuleuses A 3-4 valves. Stigmates entiers P, du Canada.