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II. — Pomacées

A. Fleurs à trois, quatre ou cinq styles.

B. Feuilles non divisées en folioles distinctes. G. Fleurs généralement isolées.

Amandier Pêcher

Cerisier

Abricotier

Prunier

fiOIS INDIGÈNES OU NATURALISÉS 841

D. Arbrisseau épineux, pomme large-

meDt excavëe au sommet . . Néflier D'. Arbre non épineux, sépales ressemblant à des feuilles .... Cognassier C. Fleurs groupées encoryrabes ou en grappes simples.

D. Anthères rouges ; fruit : pomme

allongée (poire) Poirier

D\ Anthères blanch&tres;fruit, pomme

proprement dite Pommier

V, Feuilles divisées, au moins en partie, en folioles

distinctes ; fleurs en corymbe composé . . . Sorbier A'. Fleur à deux stjles ; arbre ou arbuste à feuilles non divisées en folioles distinctes ; fleurs en corymbe composé Alisiers

Ennemis. — Les Amygdalées et les Pomacées, comme la plupart des plantes cultivées, dont on a rompu, par le fait de la culture, les conditions normales d^équilibre avec le milieu, sont en but à de nombreux parasites (insectes ou champignons), s*attaquant à tous les organes. Leur étude est du domaine de Fhorticulture, aussi nous bornerons-nous à citer ceux qui attaquent plus ou moins directement le bois.

Insectes. — Entre Técorce et le bois des tiges on peut trouver :

Le pyrale de Wœbcr {Tortrix Wœberiana, Fab.) dont la chenille à seize pattes creuse des galeries sous Técorce des Amygdalées et détermine des écoulements gommeux.

Le scolyte vug\xenx{Eccoptogasler rugulosiiSy Koch.), dont les larves sans pieds creusent des galeries rayonnantes, partant d'une galerie ovifère longitudinale, dans lés cerisiers, pruniers, pommiers, etc.

Le scolyte du prunier {Eccoptogaster pruni^ Ratz.), galeries ovifères et longitudinales moins profondes que dans le cas de l'espèce précédente .

Le scolyte du poirier [Eccoptogaster piriy Ratz.), dont la galerie ovifère est transversale.

Un bupreste {Agrihis sinuatus, Oliv.), qui trace dans Técorcedes fruitiers, et surtout des poiriers, une galerie longitudinale.

Dans l'intérieur même du bois on peut trouver des galeries dues aux larves de Sinodendron cylindricum^ Saperda scalarisy L. ; Cerambyx cerdo, Scop., et Cossus ligniperda (voir p. 471 et 560).

iVjl

La zeuzère du marronnier {Zeuzera .^sculi. Lin.), dont la chenille, jaunâtre, ponctuée de noir, à seize pattes, ouvre des galeries dans les branches eu suivant, de haut en bas, leur longueur.

Champignons, — Parmi les nombreux champignons qui attaquent les fruitiers, citons ceux qui altèrent le tronc et les branches, ce sont ceux qui produisent les chancres (voir p. 321) et les balais de sorcières. Ces dernières déformations, qui affectent les cerisiers et les pruniers, consistent en une toulfe de pousses un peu déformées qui ont une tendance plus grande que les pousses normales à se dresser verticalement ; elles sont aussi plus ramifiées et comme broussailleuses. Leur production est due à l'excitation locale des tissus produite par un champignon VExoascus cerasi, ou des espèces voisines s'il s'agit d'arbres autres que les cerisiers. Le Polyporus fulvus cause l'altération du bois de cerisier.

Tous ces arbres sont plus ou moins sujets, en sol trop humide^ aux atteintes du pourridié des racines [Deniatophora necatrix et Armillaria mellea),

Gommose. Lorsque les Amygdalées : amandier, pécher, cerisier, abricotier, etc., végètent dans de mauvaises conditions, la production de gomme, qui s'effectue en tout temps et donne un produit utilisable, devient très abondante ; c'est une véritable maladie qui annonce un état précaire de la plante et son dépérissement. Cette gomme résulte d'une altération des parois cellulosiques des tissus du bois et de Técorce, surtout des parenchymes ; c'est une véritable dégénérescence cellulaire, une fonte, qui ne tarde pas à produire, aux dépens du tissu attaqué, un amas gommeux qui finit par exsuder au dehors.

A. Amygdalées. — Bois. — Il présente sensiblement les mêmes caractères chez tous les représentants de la tribu. [1 est dur, lourd, coloré de brun-rougc,avec veines plus foncées ou plus vives dans le bois parfait ; maillure fine, sujet à travailler et à se tourmenter. Vaisseaux fins, plus serrés et un peu plus gros dans le bois de printemps où ils forment une zone poreuse plus ou moins importante qui rend distincts les accroissements ; isolés ou par 2-8, en petits massifs, uniformément épars ou tendant à se disposer en lignes circulaires ou obliques. Rayons inégaux, moyens et minces, peu hauts.

Fibres à parois épaisses entremêlées d'un peu de parenchyme ligneux, non visibles à la loupe. Les qualités de ces bois les rendent précieux, et leur valeur, celle du sorbier surtout, dépasse parfois celle du chêne.

Amandier. Amygdalus communisy Lin. — Syn. : Gemeiner Mandelbaum, allem. ; Common Almond Tree, angl.

Bois très lourd et plein ; susceptible d'un beau poli, mais très raide, travaillant et se gerçant facilement; couleur brun foncé, veiné ; aubier blanchâtre, réduit, très distinct Rayons médiocrement épais, donnent de nombreuses et fines maillures blanchâtres très nettes. D. : 0,953 — 1,141. Il est employé en marqueterie et pour le tour.

Pêcher. Persica vulga^ns, Mill. — Syn. : Prunus Persica^ L. ; Syn. étr. : Gemeiner Pfirsichhaum^ allem. ; Common Peach Treey angl.

Ce bois a les caractères du précédent, à cela près qu'il est moins lourd, moins dur et moins coloré. D. : 0,73. Emploi : ébénisterie et marqueterie.

Cerisiers. — Syn. : Cerasus, Juss. ; Kirsche, allem. ; the Cherry, angl.

Il faut distinguer quatre espèces de cerisiers :

A Flears en petits faisceaux se développaat avant les feuilles ou en même temps qu'elles (i) :

B. Feuilles molleSjpendan tes, mollement velues

en dessous ; fruits doux sucpës . . . C. merisier

B'. Feuilles fermes, luisantes, glabres, fruits

acides C, griot tier

A' Fleurs en corymbe simple ou en grappes pluriflores se développant après les feuilles :

B. Fleurs en corymbes simples C» Mahaleb

B'. Fleurs en longues grappes simples ... C, à grappes

Distinction des bois de cerisier :

i Bois sans odeur spéciale 2

r Bois odorant 3

^ K Taches médullaires existent C. griot tier

r — manquent ...... C. merisier

^ I Odeur agréable C. Mahaleb

i Odeur fétide C. à grappes

(i) Le groupe A, désigné sous le nom deEucerasus, comprend les cerisiers dont sont issues toutes les variétés cultivées. Les fruits du groupe A' (Padus) ne sont pas consommés.

CBAPITRE IX. — ÉTUDE SPÉCIALE DES BOlS tH'ILCS

Le CinisiBR Merisier (Cerasus avnim, Mœnch). — Syn. Prunus avium, Lin. ; cerisier des oiseaux ; cerisier sauvage. Gûs/cirschenàaum, Sûsskirscke, Vogelkirsche, aliem. ; Wild black frttited Cherry Trea, angl.

Il est commun en plaine et rare en montagne, il s'étend

Fig. 428. -

T (Pru

dans la région du bëtre ; peu exigeant sous le rapport du sol, il préfère cependant ceux qui sont frais et meubles. Il est imprudent de le laisser vivre plus de 60-70 ans.

Bois. — Rouge brun&tre clair, veiné, luisant, teinte rappelant quelquefois le vieil acajou ; aubier blanc, réduit ; tenace, dur et lourd ; s'altère vite à l'air, en terre et sous l'eau ; se polit bien. Peut être employé pour de la menue charpente

601S INDIGÉNFS OU NATURALISÉS

intérieure, il est trop coûteux pour être utilisé dans la charpente courante ; il est d'ailleui»s sujet à s'altérer. Plongé au moins 24 heures dans deTeau de chaux ou Tacide azotique, sa teinte s'avive et rappelle Tacajou. Il est irès recherché en ébénisterie pour la confection des chaises et fauteuils ; les luthiers et tabletiers l'utilisent également ; tour ; cercles de tonneau quand il est jeune. Densité : 0,579 à 0,785.

Combustible médiocre. Son écorce brûle, en faisant explosion ; elle produit alors une grande clarté.

L'écorce est riche en tannin (10 0/0 d'après Gassicourt).

Cerisier griottier {Cerasus vtdgaris). — Syn. : Prunus CerasuSj Lin., Cerasus acida Gœrtn,, cerisier à fruits acides, c. aigre ; Sauerkirschbauniy Baumweischel^ allem. ; Comrnon Cherry Tree, angl.

Bois identique à celui du merisier, sauf la présence ici de taches médullaires.

Cerisier Màhâleb. (Cerasus Mahaleb, Mi\L). — Syn. : Prunus Mahaleby Lin. ; bois de Sainte-Lucie ; prunier odorant ; Quenot ; Malagué ; Mahalebkirsche ; S^-Lucienholz^ Steinweichsel^ allem. ; Mahaleb Cherry Tree^ angl.

Le bois en est dur, lourd, homogène, rougeâtre, rose clair, parfois brun verdàtre avec un aubier blanchâtre ; grain très fin, susceptible d'un beau poli ; ses accroissements sont peu distincts ; il possède une odeur fort agréable et persistante qui permet de le reconnaître facilement. Il est recherché pour les menus ouvrages de tour, d'ébénisterie et tabletterie. Il s'en fait surtout une grande consommation pour les pipes dites de merisier; c'est le merisier des fumeurs. Il ne faut pas confondre non plus ce bois, à cause de son nom, avec le palissandre désigné parfois, à tort, sous le nom de bois de Sainte-Lucie ; la confusion provient de ce que le C. Mahaleb a été appelé bois de Sainte-Lucie h cause de son abondance particulière au voisinage du village de Sainte-Lucie, dans les Vosges, et que le palissandre a reçu le même nom à cause de nie de Sainte-Lucie dans les Antilles, d'où il parait avoir été importé en Europe, bien que n'y croissant pas, très probablement. On fait les fourneaux de pipes avec le bois et les tuyaux de pipes avec les jeunes rameaux. En Autriche, on cultive spécialement cette espèce dans certaines régions en

vue d'obtenir les produits en question. Sa densité est 0,80*) à 0,8X2.

11 donne aussi d'etcellents produils pour le chauffage domestique et les boulangeries.

Il y a lieu de considérer la culture du cerisier Mahaleb au point de vue de l'obtention du bois de chaulTage ou bien du bois de pipes.

Fig. *W. — Le CerisiRr Mahaleb (CfraïM» iTnAa/eft) (Sehwawt.

Pour créer des taillis en vue d'obtenir du bois de chauffage, on fait des plantations de brins de un à deux ans, obtenus en pépinière ; on les plante à une distance de 1 m. 33 à 1 m. oO en tous sens. La révolution est de huit à quinze ans. Cette espèce des sols calcaires vient bien sur les coteaux arides de Franche-Comté et de Bourgogne et elle peut occuper, en général, les sols ingrats où l'on ne saurait nbtcnir d'autres cultures.

Les taillis destinés à la production des bois de pipe sont

BOIS INDlflÉMES OU NATURALISÉS 853

créés et coaduits comme les premiers, avec cette différence que les cépées sont plus serrées et que l'exploitation se fait à une révolution plus courte. Au bout de six ans, la plantation peut fournir des bois de pipes. On fait une première coupe, les soucbes donnent des rejets qui formeront des cépées. Pendant la deuxième ^t la troisième année on éclaircit les cépées

¥\g. iîO. — Bameatt de cerisier h. grappe?.

en ne laissant que les beaux rejets, puis on attend la sixième ou huiliême année, terme de la révolution. Les rejets les plus droits servent à la fabrication des bois de pipes ; les rameaux de deux ou trois ans, sans noeuds ni courbures, sont utilisés à la fabrication des tuyaux de pipes et porle-cigarettes. Les rejets trop gros feront des cannes ou des manches de parapluie. Tous les rejets impropres à ces usages serviront au cbaufTage.

Le prix dit bois do cerisier pour chauffage est (Je 5 à

6 francs seulement le stère, tandis que celui qui sert à la fabrication des pipes est de 30 à 40 francs. % Cerisier a grappes. Cerasus PaduSy DC. — Syn. : Prunus

f Padus^ Lin., bois puant, putiet (Vosges), faux bois de Sainte-

Lucie ; Gemeine Traubenkirsche Ahlkirsche, Silherregenj allem. ; Fowl Cherry Tree, angl.

Bois ressemblant à celui du merisier, mais l'aubier est plus b^ abondant, le cœur rougeàtre plus clair, parfois nuancé de

f verdàtre ou jaunâtre ; il exbale une odeur fétide comme toute

^. la plante ; il est tenace, assez dur. Densité : 0,637 à 0,693.

^ Les accroissements sont bien apparents ; le groupement des

l vaisseaux en arcs sinueux vers le bord externe, en lignes

l dendritiques dans la partie moyenne, est bien mieux dessiné

. que dans les autres cerisiers^ surtout dans les parties plus

f pauvres en vaisseaux. Le bois est employé à faire des sabots

dans les pays où l'arbrisseau devient un arbre de taille suffi- ^ santé. On Tutilise aussi en menuiserie et ébénisterie, et en

fagots et bourrées, pour le chauffage.

Cette espèce peut rendre, en terrain granitique ou siliceux, ' les mêmes services que l'espèce précédente en terrains cal-

caires.

Prunier — Syn. : Prunus^ Tourn. ; ihe Plum, angl. Il faut distinguer : le Prunier domestique. Prunus domeS" tica, Lin., dont les fruits sont les prunes que Ton consomme ; le P. sauvage. Prunus insititia. Lin. ou pruneaulier qui existe dans les haies et au bord des bois, dont le fruit a la grosseur d'une prune mirabelle ; le prunellier ou prunier épineux ou épine noir. Prunus spinosa, Lin., dont les fruits ont la taille d'un pois ou tout au plus d'une petite cerise, dont la saveur est particulièrement acerbe et qui sont appelés vulgairement chelosses, senelles, agrènes.

Les bois de pruniers, fort employés autrefois en ébénisterie et marqueterie, le sont moins maintenant.

Le Prunier domestique a un bois lourd, dur, à grain fin, d'une coloration rouge-brun prononcée, veiné et nuancé de rouge-cramoisi et rouge-violacé. Il est employé pour le tour, la menue ébénisterie, et il était autrefois recherché pour la marqueterie. Ses couleurs deviennent plus vives quand on le trempe dans Teau de chaux. Densité : 0,777 à 0,886.

Le Prunier épineux a un bois très dur, mais sujet à travail-

1er, il est d'ailleurs toujours de petites dimensions. Il est rosé, agréablement veiné de brun rougeâtre dans les vieux troncs. Densité : 0,780 à 0,909. 11 était employé autrefois en placage pour marqueterie ; on en fait aussi des cannes et des fouets.

Abricotier, Armeiiiaca vulgaris^ Lam. — Syn. : Prunus Armeniaca^ L. ; Gemeiner Aprikosenbaum, allem. ; common apricot TreCy angl.

Bois dur et lourd. Densité : 0,945. Peu employé.

B. Pomacées. — Bois. — Les représentants de cette tribu ont des bois qui présentent entre eux de grandes analogies : aussi est-il particulièrement difficile de les distinguer les uns des autres.

Ils sont durs, très homogènes, lourds, blancs ou rougeàtres, clairs, souvent flambés au cœur de rouge-brunàtre ou brunnoiràtre, couleurs qu'il faut attribuer à un commencement d'altération. Aubier peu distinct, accroissements assez faciles à compter. Rayons égaux, nombreux, très minces ; vaisseaux très fins, très nombreux; parfois un peu plus nombreux et gros vers le bois de printemps ; au bord externe des accroissements se trouve une zone étroite où ils font défaut. Tissu fibreux homogène, très serré, à parois fortement épaissies, avec un peu de parenchyme ligneux entremêlé, non visible à la loupe.

Ce bois a des analogies nombreuses avec celui des amygdalées^ il s'en distingue par ses vaisseaux égaux plus fins, sans groupements, et par ses rayons très minces.

Il existe des taches médullaires que Ton trouve surtout dans le bois d'automne des sorbier/ alisier, néflier, coignassier, aubépine^ tandis qu'elles manquent chez les pommier et poirier.

Il faut mettre en tète de tous ces bois, pour Tutilité qu'on en retire, les sorbiers et poiriers.

Néflier commun, Mespilus Germanica, Lin. — Syn. : Ge^ tneine Mispel, allem. ; the common Medlar^ angl.

Bois tenace, d'un grain tin et homogène, dur, susceptible d'un beau poli ; rougeàtre-clair flambé au cœur de rougebrunàtre ; tige de petites dimensions. Densité 0,84. Il résiste bien aux frottements. Il conviendrait particulièrement aux travaux de tour, s'il n'avait Tinconvénient de se tourmenter.

On remploie en menue ébénisterie et en tabletterie ; on en fait encore des cannes et des manches de parapluies.

Il existe des taches médullaires plus ou moins nombreuses s'étendant parfois sur d'assez grandes longueurs du bord externe.

L'Aubépine. Cratœgus oxyacantha. Jacq. — Syn. : Gerneiner Weissdorn^ allem. ; The common Hauthom^ angl.

L'Epine blanche, si commune dans les haies, mérite une mention au point de vue de son bois. Elle se distingue facilement de toutes les pomacées signalées ici par la présence d'épines et par ses feuilles profondément divisées.

Le bois en est blanc, dur, lourd, légèrement teinté de rougeàtre ou blanc avec des taches médullaires, des défauts et nœuds qui deviennent parfois d*un noir d*ébène ; susceptible d'un beau poli, convient au tour, à la fabrication des pièces de machines, car il est fort résistant au frottement ; il sert à divers usages en menuiserie ; il est très durable à l'abri de l'humidité, mais sujet à se tourmenter. Sa ressem^ blance est assez grande avec Talisier blanc, mais il n'a pas comme lui la fibre droite et il possède des nœuds très fréquents.

C'est un bon combustible.

CoKiNAssiER COMMUN, CydoTiia vulgaris^ Pers. — Syn. : Gemeine Quitte, allem. ; the common Quince tree, angl.

Bois blanc, légèrement rougeàtre, d'un beau brun marron au cœur, taches médullaires interposées. Densité élevée : 1,062.

Poirier, Pirus communis, Lin. — Syn. : Feldbirnbaum, HolzbÙTibaum, allem. ; the common pear treCy ang. ; Pero, ; ital. ; PerUj Espagn.

Cet arbre peut atteindre 10-15 mètres de hauteur sur 2-3 m. de circonférence ; il croit très lentement et peut vivre plusieurs siècles ; on le trouve dans toute TEurope, si ce n'est tout à fait au nord ; il n'est jamais que disséminé dans les forêts et cultivé en verger et dans les jardins pour ses fruits. Il recherche les sols siliceux et redoute le calcaire.

Le bois du poirier est rose rouge clair, mat, quelquefois un peu jaunâtre ; dur, très homogène, susceptible d'un beau poli, pouvant se couper dans tous les sens ; aubier non apparent. Il ressemble beaucoup au bois du pommier, mais il est plus

If

beau et compact encore que lui. II a pourtant le défaut de se tourmenter assez facilement et il subit par la dessiccation un retrait considérable, qui peut s'élever à 1/6 de son volume à l'état verU Densité : 0,707 à 0,839. Ce bois est très recherché pour la gravure, pour laquelle il n'est surpassé que par le buis et le sorbier domestique ; on peut dans tous les cas l'employer avec succès pour la gravure relativement grossière, tels que plans, etc. ; on Tutilise pour le tour, la sculpture, l'ébénisterie, la tabletterie, les instruments de musique, de mathématiques (règles, équerres, etc.).

11 prend facilement la teinture, on s'en sert souvent pour remplacer l'ébène en le colorant en noir. Teint de diverses couleurs, il est fréquemment employé pour imiter les bois exotiques colorés naturellement. C'est un bon combustible^un peu inférieur au hêtre cependant et d'une combustion beaucoup plus rapide. Il produit un excellent charbon.

Pommier commun, Mahis communis Poir. — Syn. : Pirus Maliis^ Lin. — Syn. étr. : Holzapfelbaitm^ allem. ; the sourfriiited Apple tree, conmion crabj angl.

Le bois ressemble beaucoup à celui du poirier^ il est moins beau et moins compact,ses vaisseaux sont un peu plus gros. Il a les mêmes usages et les mêmes qualités, quoique à un degré moindre ; il est plus sujet que lui à travailler et à gercer ; il faut aussi l'employer bien sec. On distingue fréquemment comme espèce particulière le pommier sauvage. Malus acerba (Mérat), Paradis, dont le fruit est très acide ; les feuilles sont plus petites et plus glabres que dans l'espèce précédente. Le bois de cette espèce ou variété est plus dur que celui du pommier cultivé et supérieur à lui ;il remplace quelquefois le cormier.

Citons parmi les emplois de ce bois : la sculpture et l'ébénisterie ; les articles de bureaux ; les cadres ; les sabots et manches d'outils.

Bon combustible analogue au poirier ; il rayonne beaucoup de chaleur.

Sorbiers et Alisiers. Les sorbiers et alisiers sont des arbres ou arbrisseaux qui préfèrent les sols calcaires, ils ont une assez grande longévité ; on les trouve disséminés dans presque toutes les forêts des plaines ou coteaux, notamment dans les bois taillis. Etant données les qualités exceptionnelles de leur bois, il y a intérêt à les abattre le plus tard possible.

Le bois en est remarquable par la régularité de sa croissance, ses couches minces, nettement circulaires, concentriques, et les taches rougeAtres ou brunâtres dues au parenchyme qui s*y trouve à Tétat de massifs disséminés.

Il y a plusieurs espèces importantes qu'il faut savoir distinguer :

A feuilles simples déniées ou lobées Section I. Alisiers.

B Feuilles fortement lobées, sans poils ou presque sans poils, avec peu de nervures, styles soudes jusqu'aux 2/3, fruits bruns, pulpeux, comestibles Alisier Torminal.

B' Feuilles dentées ou faiblement lobées, très blanches, tomenteuscs en dessous, multi-

nerviées, styles libres entre eux A. blanc de neige.

X' Feuilles composées (quelquefois à la base seulement) Section H. Sorbiers.

B Bourgeons velus, fruits rouges, globuleux,

petits S. des Oiseleurs,

B' Bourgeons sans poils et visqueux, fruits assez gros, bruns, en poire, pulpeux et comestibles quand ils sont blosses S, domestiqîie.

Alisier blanc, Aria nivea, Host. — Syn. : Sorbus Aria^ Crantz., Cratœgus aria. Lin., Pirus aria ; Allouchier, Allier, Brouiller ; gemeiner Mehlheerbatun, Mehlhaiim, Silberbaum^ allem. ; the white beam tree^ angl.

Arbre qui peut atteindre 10-14 mètres, mais reste le plus souvent buissonnant ; sa croissance est lente, longtemps soutenue. Il est répandu dans les bois des montagnes ; manque dans Touest. Il existe en Algérie.

Bois dur, lourd, à grain fin, très homogène, blanc mat, très légèrement teinté de rose et se colorant, dans les arbres âgés, de rougeàtre veiné et flambé de brunâtre ; aubier non distinct. Densité : 0,734 à 0,938. Emploi : tour, mécanique, tabletterie. Il se laisse facilement teindre de diverses couleurs. Il résiste fort bien au frottement. Très bon combustible produisant un charbon estimé.

Alisier torminal. Aria lorminalis G. Bonnier et de Layens. Syn. : Sorbus torminalis, Crantz., Pirus lorminalis^ Ehrh., Cralœgus torminalis, Lin. ; alisier des bois, alisier antidysentérique, aigrelier, alisier faux-sycomore ; Elzbeerbaum, Arlsbeerbaum, allem. ; ihe griping-fruiled service tree^ angl.

BOIS INDIGâNES OU NATURALISÉS

C'est généralemeat un arbre de taillis k croissance lente. Il est commun dans les montagnes peu élevées du Centre, de l'Ouest et ça et là. Il pénètre à peine dans la région

de l'olivier ; on le trouve cependant sur les montagnes de l'Algérie.

Son bois ressemble beaucoup k celui de l'alisier blanc, mais sa couleur est rougcâtrc, souvent flambé au cœur de bruQ-noirâtre, aubier indistinct. Dur, lourd, très homogène. Susceptible d'un beau poli, peu sujet à se tourmenter, ne subit qu'un assez faible retrait en se desséchant (2 p. 1001.

Il pèse 0,6K9 à 0,989. Emplois : gravure, tour, mécaaique, instruments de musique, tabletterie.

Bon combustible, charbon estimé.

Sorbier des Oisiîleurs, Sorbiis micuparia, Lin. — Syn. : Pirtts aucuparia Gîertner ; Cochêne ; gememe Eberesche, Vogelbeerbaum, allem. ; the Fowler's Service iree, Mountain Ash, angi.

C'est un arbre qui peut atteindre 10-li mètres. Sa crois-

sance est assez active ; il vit généralement une centaine d'années. Il se multiplie aisément par rejets et drageons. Cet arbre est commun à l'état dissémine dans nos forêts, notamment dans les montagnes basses, au nord, centre et ouest.

Bois blanc légèrement rougeâtre ou verdâtre, devenant rouge à l'air, brunAtre au cœur ; aubier indistinct, assez dur (moins que le Cormier), satiné. Densité : 0,688 à 0,734. Mêmes usages que l'alisier blanc : tour, mécanique, etc.

Boa combustible, à peu près équivalent au bëtre.

L'écorce renferme 3,6 p. 100 de tannin (Davy).

SoRDtER domestique. Sorhiis domes-tica, L. — Syn. : Pirits Sorbus Ga^rtn. ; Cormier ; Speierling, Spierbamn, Sperberbaum, Sorbbii-ne, allem. ; l/ie (rue service, ihe tohiuy Pear Iree, angl.

Cet arbre, qui donne un des bois de travail les plus estimés, a une croissance très lente, mais, grâce à sa longévité (500 ou 600 ans), il peut atteindre jusqu^à 4 mètres de tour. Il ne convient pas à la futaie, mais devrait, à cause de sa valeur, être plus souvent introduit dans les réserves de taillis (Mathieu).

C'est le plus recherché des bois fins indigènes.

C'est un bois rouge, rouge brunâtre ou acajou, très dur, c'est le plus dur des bois indigènes, très homogène, très compact, grain très fin. Il se coupe bien et reçoit un beau poli. Densité : 0,813 à 0,939. Il donne de très bons frottements, aussi l'emploie-t-on pour dents d'engrenages, cames, glissières, vis de pressoir, et, en général, pour les pièces qui demandent une grande dureté. On s'en sert pour la gravure, la sculpture, le tour, les crosses de fusils, la lutherie (piano), la marqueterie, les manches de couteaux (Langres) ; il tient le premier rang pour la fabrication des outils de menuiserie et d'ébéniste rie : rabots, varlopes, etc. Maigre son prix élevé, il n'est pas toujours possible d'en obtenir quand on le désire. Il est bon de le débiter aussitôt abattu, car autrement il travaille et se gerce.

Ce serait un très bon bois de chaufiPage, si son prix élevé ne faisait renoncer à son emploi comme combustible. Tableau distinctif des caractères des bois d'Alisier et de Sorbier.

Voici, d'après M. Thil, à quels caractères on peut reconnaître ces différents bois :

Vaisseaux un peu moins nombreux en avançant dans la zone externe qui paraît

plus dense â

i { Vaisseaux plus régulièrement répartis dans la zone externe, une ligne de tissu plus dense ou plus coloré sur le bord externe 3

Bois blanc peu coloré, accroissements

2 { irrégulièrement concentriques Alisier blanc.

Bois rouge ou rougeâtre A lisier torminal.

Bois blanchâtre peu coloré sauf au cœur, une ligne plus colorée sur le bord externe, accroissements assez régulië-

3 l rement concentriques (écorce fétide).. Sorbier des Oiseleurs , Bois rouge-acajou, très dur, une ligne de

tissu fibreux plus dense sur le bord

externe Sorbier domestique.

662 CHAPITRK IX. — ilVTlB iPiClKlt DES 60IS UTILES

11». C^maalllen (Cornus). — Syn. étr. : Hartriegel, allem. ; Dogwood, angl.

Les cornouillers appartiennent à la petite famille des Cornées, voisine de celles des Aratiacées et Ombellifères. Les oornouillers, qui constituent legenre Cornits, sont des arbrisseaux k feuilles opposées, simples, entières, pennées. — 11 existe deux espèces indigènes, communes dans les sols calcaires des haies ou des bois, on peut les distinguer de la façon suivante :

A. Pleurs jaunes paraistaat avsDt les Teuilles, fruits mûrs rouges, fleurs en ombelle simple btcc un iovolucre (fleurit en marB-avril).

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