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LES RÉSINEUX

Les résineux sont encore appelés Conifères^ du nom de Tordre auquel ils appartiennent, ordre qui fait lui-même partie du sous-embranchement des Phanérogames gymnospermes. Le nom de résineux fait allusion à la présence de résine dans certains organes de ces végétaux, celui de conifère rappelle la forme du fruit. On les désigne encore sous le nom de bois vertSy parce qu'ils conservent leurs feuilles en hiver, à peu d'exceptions près (Mélèze). Us poussent droits et offrent une section circulaire qui diminue régulièrement de la base au sommet. Les Conifères atteignent, en général, une grande hauteur. Leur bois est très employé pour les constructions, la mâture, la menuiserie et même Tébénisterie (If, Thuya, Cyprès, Callitris). Nous indiquerons avec détails les usages respectifs des principaux bois résineux. Nous avons exposé ailleurs les caractères anatomiques si nets qui distinguent, entre tous, les bois en question.

Un produit accessoire très important des résineux est précisément la résine qui leur a valu leur nom. Cette résine est abondante dans Técorce du sapin, chez qui elle manque dans le bois ; elle existe au contraire, dans le bois, chez les pins, l'épicéa et le mélèze. Chez les espèces en question, elle est localisée dans des poches de Técorce ou dans des canaux du bois. Chez les if, cyprès et genévrier, elle est peu abondante et se forme à l'intérieur de simples cellules résinifères du bois.

Le tronc des pins fournit la majorité de la résine ou térébenthine utilisée. En France, on la tire presque exclusivement du pin maritime (Landesj ; on exploite aussi dans ce but le

BOIS INDIGÈnES OU NlTUEtALISËS

pio d'Autriche (France, Autriche) et le pi» sylvestre (Allemagne, Finlande) ; l'épicéa (piys du Nord) ; le sapin pectine (Alsace [térébenthine de Strasi)ourg],Vosges);le mélèzed'Europe {Térébenthine de Venise : Tyrol, Alpes françaises et italiennes). Les canaux et poches résinif^^rcs sont tantôt dans l'écorce, tantôt dnns te bois, tanU'it dans les deux fi la fois, suivant les essences. Si la quantité de résine produite est faible, le liquide n'est point apparent et reste dans le tissu; si elle es) plus considérable, elle se fait jour k travers les (issus et vient exsuder au dehors. C'est ainsi que tantôt la résine s'amasse sur l'écorce (pins, épicéa), tantôt dans des poches à l'intérieur de l'écorce (sapin pectine, sapin baumier d'Amérique); tantôt, enfin, elle reste dans des cavités du bois (mélèze). D'où divers modes d'exploitation : a, on recueille simplement ta résine qui s'écoule spontanément (épicéa généralement) ; 6, on pratique le gemmage, opération qui a pour but de créer une solution de continuité dans l'écorce de l'arbre pour faciliter l'écoulement du produit et, peut-être, activer

il'«lii'6s la fornu-

Fig. *39. — Dislini-tinn lias |irinci|>nujc acnnf ilo co

et la <lîsi>ii^ilUin ilt'S fi'uilJfs : 1<, iilii. Irs fi-uilii'!: uL-iculniivs i^oiit kI'uuiiùi parSIp'j. 3(t>). nu5(p>J,Ii l'i^xti^iiiilé ili'H raiiii-oux (-i>uHR:il v\\fW >-wnt<de pi-litca tcuMlc* f caini-usen et nnn vurluR a]tDlii|uO(>s dur los raiiimux lunft*, elliis ni! soiil lias minf^rnUcK sur la lignni ; », saiiin. ics ffuilles ii'iiisr>it'ni ïfiolèriipnl If luiig ilvs rann'uiii. eWes sont lirhuncrées b. Icui' PXlréiiiilé vl leur Keclinn i-st a|>lalk' (*) : e/t, A-uilli' il'Oiiici'-u, Ivn ri'uMIi'ii du i-ct arbre rp distingnenl racilenii'nl de <'<>llcs du sopjn jiorci^ <juVlli<!t piinl terminées en poinle elpni'no que lour Erclioii rtilInMngiijuf e/r ;M, iiii'li'Zi-, li-R ronillps, ilii coniiElami; aafn molle, roniii-nl des iHinquelsi à IViIrOniitË (tu ruiiiiMiiix rourts ; C, cMi-c, tcfi ri'uilli's, riKÎili-s, sDnt lt>i> unes diHpo!>(-('!: f-n lioui|iii'ts à

allongé : cy, cy|iris, l.> oppoïi'ts |iar acui, el |)ir rapport à l'autre.

la sécrétion, en provoquant la formation de canaux d'origine pathologique sous Tinfluence de l'excitation de blessure (pins, etc.).

Dans TAmérique du Nord, on emploie la térébenthine d'autres espèces de conifères, indigènes de cette partie du monde. Nous étudierons les modes d'extraction de la térébenthine de ces diverses essences en traitant de chacune d'elles.

t90. Ijc« pios, Piniis. — Syn. : Kiefer, Fohre^ allem. ; Pine^ angl.

Cai^actères. — Les pins appartiennent à la famille des Abiétinées, genre Piniis, Ce sont de grands arbres toujours verts possédant des feuilles de deux sortes : l^de très petites feuilles écailleuses,insérées sur Taxe et sur les longs rameaux ; 2^ des feuilles longues, en forme d'aiguilles disposées par 2-5, à l'extrémité de courts rameaux. Les fleurs mâles sont d'aspect globuleux ou en petits cônes. Ceux-ci sont de véritables épis d'étamines possédant chacune deux sacs poUiniques placés du côté inférieur de Tccaille staminale. L'axe de l'épi ou fleur mâle peut continuer à s'accroître. L'inflorescence femelle constitue le cône femelle ou pomme de pin. Ce cône est formé de la réunion d'un grand nombre de fleurs femelles, s'insérant en spirale autour de l'axe de l'inflorescence ; chacune est constituée par une écaille tectrice ou bractée mère, à l'aisselle de laquelle a pris naissance Técaille séminale qui résulte de la soudure de deux feuilles carpellaires, portant chacune une ovule sur sa face dorsale.

Chez les pins, l'écaillé tectrice est petite, membraneuse, et l'écaillé séminale beaucoup plus importante tandis que c^est l'inverse qui existe chez les sapins. A maturité des graines, il se forme une lame de liège séparant une aile qui fait corps avec la graine ; les écailles séminales s'entr'ouvrent pour laisser tomber les graines, que le vent dissémine d'autant mieux qu'elles sont pourvues d'une aile membraneuse.

Les cônes vides demeurent longtemps sur l'arbre après la dissémination.

Les pins sont, en général, des arbres des régions tempérées et froides de l'hémisphère nord. Ce sont des essences sociales, très robustes, avides de lumière, ne comportant pas, à cause de cela, l'état de massif serré.

il'.

Bois, — Leur bois est généralement meilleur que celui des sapins et épicéas ; il est plus dur, plus nerveux et plus durable ; cela tient à l'abondance des canaux résinifères dans le pin, canaux qui font défaut dans le bois de sapin. L'aubier est malheureusement très abondant et de très mauvaise qualité, il est en effet sujet à la pourriture et à la vermoulure.

Le tableau de la page 64 donne les caractères dont on peut se servir pour distinguer les bois de pin des bois de sapin et autres résineux. On exploite divers pins pour en extraire la résine.

Ennemis des pins. Insectes, — Il n'est peut-être pas d'arbres qui donnent asile à plus d^insectes. Les chenilles de lépidoptères ou les fausses chenilles d'hyménoptères détruisent assez souvent les feuilles d'une façon plus ou moins complète.

Nous ne citerons que les espèces qui attaquent le bois ou l'écorce. Les larves apodes des insectes suivants creusent, entre l'écorce et le bois, un système régulier de galeries de ponte, d'où partent en rayonnant des galeries de larves. Ces galeries, pratiquées au niveau du cambium, paralysent les fonctions de la zone génératrice, entravent la circulation et causent souvent à l'arbre de graves dommages.

Il faut noter, d'ailleurs, que la plupart des insectes en question n'attaquent, le plus souvent, que les arbres ou les plants maladifs et dépérissants, ceux, par exemple, dont les racines sont envahies par le pourridié, altération produite par les champignons appelés Agaricus melleiis et Dematophora necatrix.

Lorsque l'invasion de ces insectes est intense, il faut abattre les arbres atteints, en extirper les souches comme on le fait quand on traite le pourridié. Mais, la détermination des sujets à sacrifier ne peut être faite qu'au moment où l'insecte fait son apparition. Il faut brûler les écorces, sortir le plus |

rapidement possible de la forêt les arbres abattus, et surveiller attentivement les sujets du voisinage.

Les principaux insectes dont les larves apodes creusent |

leur système de galerie entre le bois et Vécorce des pins I

(dégâts physiologiques) sont : J

U Hylésine très petite le Bostriche bidenté, le Bostricheacn- '\

889 CHAPITRE IX. — KtUOE SPÉCIALE DES BOIS UTILES

miné, qui ouvrent des galeries de ponte étoilées, h 3-7 braocbes partant d'une chambre commune.

VHy lésine petit, dont la galeriede ponte horizontale adeux branches en accolade.

h'Hylésine piniperde, galerie de ponte verticale, allongëe, pas de chambre centrale \ galeries de larve nombreuses, rapprochées.

L'Hy/ésine noir, galerie de ponte verticale, courte, sans chambre centrale, galeries de larves peu nombreuses, espacées.

Le Poslricfie du mélbze, cbambre centrale de 15-20 mmde long d'où partent des galeries de ponte plus ou moins verticales dirigées de bas en haut et de haut en bas (v. p. tS29).

Le lioslriche sténographe, galeries comme le précédent, mais de dimensions doubles. Cet insecte est le plus grand des Roslrichcs indigènes, c'est le plus commun dans les plantations de pin, comme le Hostriche typographe est le plus commun dans les plantations d'épicéa, mais il est beaucoup moins dangereux que ce dernier (v. p. 532),

Dégâts dans le bois (dégAts techniques) :

Le iioslriche linné. Cet insecte, tant à l'état parfait qu'à

BOia INDIGËNC8 OU NATl'HALISÉS 883

l'état de larve, ouvre dans le bois de petites galeries enduites d'une substance de couleur noire. Cette a Itération, qui se produit même sur le bois mis en œuvre, est connue nous le nom de vermoulure noire (voir p. 548).

Le Xylebarus Saxeseiài : La femelle perce l'écorce A un endroit (|ueIcon(]ue et creuse un couloir, dans le sens radial, de 3-6 cm. de longueur. De Va ce couloir s'élargit brusquement eu haut et en bas et forme une cavité de 3-5 cm. de haut sur 6-8 mm. de large ; la femelle y dépose des œufs en tas et, après l'éclosion, toutes les larves travaiUent ensemble k élargir la cbambre primitive. C'est ce qu'on appelle un Il couloir de famille ». Quelquefois ce couloir se ramifie, 11 existe souvent un assez grand nombre de ces systèmes ^ dans le bois tes uns au-dessus des autres. Cette espèce attaque non seulement le pin sylvestre, mais d'autres résineux comme l'épicéa et le mélèze et aussi des feuillus comme le cbène. I p. 542). Une telle polypbagie est rare chez les insectes.

Le Xyleborus eurygraphus, non content de percer les écopces, taraude également le bois des pins, comme l'espèce précédente (y. p. 540).

Le Sirex jouvenceau, hyménoptèrc dont les larves à six pattes et pourvues d'une corne abdominale sillonnent le bois de galeries irrégulières, arrondies et qui vont en s'élargissant (v. p. 554).

Végétaux. — Une bactérie, désignée par M. Vuiilcmin sous le nom de Bacillus Fini, provoque les himcurs t/u pin tfAlep. Ce sont des tubercules ligneux atteiguunt lu taille d'un œuf de poule, que l'on trouve sur les brancbes du pin d'Alep ; elles sont creusées de lacunes plus ou moins ramiliées où le microbe constitue des sortes de colonies. L'arbre prend l'aspect dépérissant (voir p. 320, ûg. 137).

I. 4*1, — Jeune pousse e |)in tltaquée. La galaiu lie l'Hyli^sino « 6té iiisL' l'ii ùvidence par uoe (.'ttion lungiludinale an d]. On obsurve, bd c, in écoulument risineux.

ï hêtre, etc. (voir

Champignons. — Un assez grand nombre de ces végétaux vivent aux dépens des pins. On peut les trouver : 1° Sur les feuilles :

Rouille vésiculeuse des aiguilles de pin (PeridefTnium oblongisporium,YucV.).'-Oïi voit souvent apparaître enniai,surles aiguilles des jeunes arbres, des sacs allongés blanchâtres qui sortent à travers 1 épidémie : ils sont dus au Peridermium oblongisporium. Leur couleur est jaunâtre ; les peuplements de 3-10 ans en sont parfois tellement atteints qu'ils présentent celte teinte dans leur ensemble. Cette maladie ne parait pas causer de très grands dommages.

Le j'ouge du pin est du au Lophodermium Pinastri (Schrad.) Chev.. — C'est à ce champignon qu'est due, le plus souvent, la chute des aiguilles du pin. La maladie sévit surtout dans les jeunes pépiîiièresj dont les sujets prennent, vers la fin de Tété, une teinte rouge.

2** Sur les branches et le tronc :

La rouille vésiculeuse de Vécorce du pin (Peridermium pini, Wallr.). — Elle se manifeste sous forme de vessies ou sacs membraneux blanchâtres, remplis de poussière orangée, qui crèvent Técorce, puis se déchirent eux-mêmes et laissent échapper les spores. Ces sacs ont souvent 15 mm. de longueur. Quand le mal a envahi tout le pourtour du rameau, celui-ci ne tarde pas à périr. Les jeunes plants résistent peu de temps. Les arbres plus âgés, attaqués au tronc, deviennent languissants et perdent peu à peu leur flèche et leurs rameaux.

\je Phytophtora omnivora de Bary produit la. destruction des semis du hêtre, mais attaque aussi ceux des résineux : pins, mélèze et sapin.

La rouille courbeiise du pin {Cœnia piîiitorquum A, Br.). — Elle sévit dans les jeunes peuplements ou attaque encore les extrémités des jeunes pousses des arbres plus âgés. La croissance des rameaux est modifiée et ils se courbent d'une façon caractéristique. Les jeunes pousses ne tardent pas à être tuées et, si le peuplement n'a que deux ou trois ans, il est exposé à périr tout entier.

Nous parlerons un peu plus loin des champignons qui, vivant sur le tronc, provoquent l'altération du bois.

3* Sur les racines :

Elles peuvent être atteintes par le pourridié dû, soit à ragaric du miel, Armillaria mellea, soit au Dematophora necatrix (voir p. 417).

Citons aussi la maladie inonde dti pin maritime^ qui atteint d'ailleurs également le pin sylvestre et qui est imputable au Rhizina tmdulala, Pries. Le champignon se propage par le sol de racines à racines, dans toutes les directions, de telle sorte que les arbres détruits forment des ronds ayant pour centre les premiers arbres atteints. Des massifs entiers sont parfois dévastés par cette maladie. Elle se produit surtout en terrains siliceux, et, de plus, on a remarqué, notamment en Sologne, que le mal débute toujours autour des foyers allumés par les bûcherons. 11 est probable que la cendre favorise le développement des spores de rhizine en constituant pour elles un milieu nutritif.

4** Altérations du bois dites aux champignons :

De nombreux polypores vivent sur le tronc et altèrent parfois le bois très profondément. Nous ne ferons ici que citer ces champignons sur lesquels nous avons eu l'occasion de donner des détails, chapitre VII.

Ce sont principalement : le polypore du pin i^Polyporus Pini, Pers.) qui produit la pourriture rouge du bois ; le Polf/porus vaporarins, Pries ; le Polyporus Schweinitzii, Pr. ; le Meridiiis lacrymans ; ce dernier, peu connu en forêt, détruit le bois des charpentes^ etc.

Les espèces de pins, — Il existe en Prancc un certain nombre d'espi'^ces, bien distinctes comme caractères et comme produits, qu'il faut savoir distinguer :

Tableau permettant la distinction des diverses espèces de pins.

A. Feuilles groupées par deux ; arbre dont Técorce

se gerce ; écorce d'un brun rouge ou brune.

B. Feuilles les plus grandes d'environ i/2 mm.

de largeur, d*un vert clair sur les deux

faces; fruit de 11 à 12 cm. de long., d'un

rouge vif P. (TAlep,

B'. Feuilles les plus grandes d'environ I mm. ou plus de largeur, en général plus ou moins coriaces.

G. Fruils mûrs de 3 à 8 cm. de long.

P. sylvestre

D. Fruit renversé à maturité ; graine 1 dont Taile a environ deux fois la longueur du reste de la graine ; feuilles de 4-6 cm. de long. . . Parfois feuilles non glauques et écailles moyennes du cône terminées par une pyramide à faces connexes et à petite pointe qui tombe facilement. Espèce souveni distinguée sous le nom de Pin des montagnes .

D'. Fruit dressé ou étalé à maturité.

E. Arbre de 1 à 3 m. à tige irrégulière; graine dont Taile a environ deux fois la longueur du reste de la graine : P. Pumilio

E', Arbre ordinairement de plus de 2 m. ; graine dont Taile a environ trois ou quatre fois la longueur de la graine. Feuilles de 10-15 cm

C\ Fruits mûrs de 9 à 18 cm. de long en général.

D. Fruit mûr obtus, oval ou presque globuleux, large de 8 à 10 cm. ; graine ayant (sans compter Taile) 46 à 20 mm. de long; feuilles de 8 à 15 cm. de long P. pignon,

D'. Fruit mûr aigu, bien plus long quelarge; graine ayant (sans compter Taile) 8-10 mm. de long ; feuilles de 10-20 cm. de long . ... P. maritime,

A'. Feuilles groupées par 5 ; arbre dont Técorce

reste lisse jusqu'à un âge très avancé ; écorce

d'un gris brun verdâtre.

B. Feuilles à trois faces, de moins de 1 mm.

de largeur en général ; fruit cylindrique et

courbé, de 10-14 cm. de long sur 2 cm. 1/â

de large : P. Weymouth.

B'. Feuilles à deux faces, de 1 mm. ou plus de largeur en général; fruit oval obtus de 8 à 10 cm. de longueur sur 5 à 6 cm. de largeur. P. cembro (Arole).

P. Laricio.

Tableau permettant d'arriver à la détermination des bois des diverses espèces de pins d'après leurs caractôres anatomiques

(d'après M. Thil) :

Canaux résinifëres isolés ou par groupes de . y deux, trois, quatre et môme cinq . . . 2

Canaux résinifëres isoles ou par groupes de

deux, rarement trois 3

j Accroissements larges, à bord sinueux, zone d'automne beaucoup plus oolorée que le surplus du tissu et presque toujours mar- ^ j quée d'une ou plusieurs stries moins colorées Pin (TAlep,

Accroissements étroits, zone d'automne un peu plus foncée seulement que le surplus

du tissu Pin de montagne.

Fit>res à paroi épaisse en zones plus ou

^ . moins larges 4

Fibres à paroi épaisse ne formant qu'une

ligne sur le bord externe 8

Canaux résinifëres remplis d'une résine , \ rouge brun très foncée, moucbetant le bois. 0

Canaux résinifères remplis d'une résine un

peu plus foncée'ique le surplus du bois. . 6

Toutes les zones de fibres à parois épaisses

- très larges Pin maritime.

5 ^ Zones de fibres à paroi épaisse peu larges et de largeur très variable pour des accroissements de même dimension . . . Pin pignon.

„ J Canaux résinifères gros Pin Laricio de Corse

Canaux résinifères moyens ou assez gros . 7

Canaux résinifères moyens, fibres dont les parois s'épaississent insensiblement, bois assez bomogène,peu coloré, blanc jaunà-

m I tre ou roussAtre Pin Laricio d^Au'-

triche.

Canaux résinifères fins, fibres & paroi épaisse nettement délimitées en général, bois

rosé ou rouge&tre Pin sylvestre.

Bois excessivement mou, accroissements

g . larges Pin Weymouth.

Bois tendre, homogène , accroissements étroits ou très étroits Pin cemhro.

Le pin SYLVESTRE [Pinus sylvestris Lin.). — Syn. : Pinùs rubra Mill., pin de Haguenau, pin de Genève, P. de Riga, P. de Russie, P. d'Ecosse, sapin rouge du Nord, P. blanc (Autriche). — Gemeine Kiefer des Allemands ; the woodpine

888 ClIAPITRIi: IX. — KTUDE SI'^XIALE DES BOIS UTILES

des Anglais; Pino sylvatico^ Ital. ; Pino sylvestre^ Espagn. ; Fyrre^ Dan. et Suéd. ; Sosna^ Russ.

Caractères. — Cet arbre croit bien dans les régions froides septentrionales et sur les montagnes jusqu'à une altitude assez élevée, soit 1.700 mètres environ dans nos Alpes. En France, on le trouve surtout dans les Vosges, le Plateau Central, les Alpes et les Pyrénées. C'est Tarbre, par excellence, des montagnes et plaines sablonneuses ; il est silicicole, sans craindre absolument le calcaire. Il est très robuste, très rustique, ne redoutant pas les gelées hivernales ou printanières. Sa frugalité le rend précieux pour la mise en valeur des terres incultes. Il doit être conduit en futaie régulière, soit pur, soit associé au hêtre, au sapin, à Tépicéa. Il peut atteindre 30 mètres de hauteur sur 1 m. 05 de diamètre Son bois est d'autant plus recherché qu'il a crû plus lentement, d'où la supériorité des pins des hautes altitudes et surtout de ceux du Nord.

La durée des révolutions des futaies de pins varie forcément suivant la nature des produits que l'on veut obtenir.

S'il s'agit seulement d'avoir des étais de mines, des perches à houblon ou du bois de chauffage, des révolutions de 25 à 30 ans sont suffisantes. Si l'on a en vue de réaliser des traverses de chemins de fer, des poteaux télégraphiques ou de la menue charpente, il faudra 40 à 60 ans, ou même seulement 30 à 40 ans. Pour obtenir des bois de mâture, de charpente ou de sciage, comme dans les forêts de l'Etat, des révolutions de 100 à 120 ans, et même 140, seront nécessaires.

Estimation de la valeur des produits d'une futaie (1). — Dans le cas de création de la forêt par plantation, à raison de o.OOO pieds à l'hectare, voici ce qu'elle pourra produire. On fera une première éclaircie vers 15 ans en enlevant une rangée sur deux, soit 2.500 plants. Cette éclaircie paie ordinairement les frais d'entretien de la forêt depuis sa création. Vers 23 ans, on abattra encore la moitié des arbres restant, soit un pied sur deux dans les lignes ou environ 1.200, valant 0 fr. 50, soit, pour la totalité, une valeur de 600 fr. Les 1.200 pieds restant seront coupés dix ans après si la révolution est de 35 ans et pourront cuber chacun 200 cm. et valoir 3 fr.^

(i) Nous empruntons les données suivantes au Traité de sylviculture (tome 11), de M. Mouillefert (Alcan, éditeur).

BOIS INOFGfcfCKS or ^ATVRAU><ÉS

Fig. i42. — Le pin Sylvestre, Pinm lylvestrii L.

soit pour l'ensemble 3.500 fr. ; la forêt aura donc produit 4.100 fr. ou 117 fr. par hectare et par an.

Si la révolution doit être de 10 ans, des 1.200 pieds restant à 25 ans on pourra couper, à 30 ans, 400, des moins bien venus, d'une valeur approximative de 2 fr., soit 800 fr. pour le tout. A 35 ans, on en coupera 300 valant 3 fr., soit 900 fr. Les 500 restants iront jusqu'à 40 ans et pourront cuber alors 500 cm. et valoir 7 fr. pièce, soit 3.500 fr. La forêt aura donc donné, dans ces conditions, 5.800 fr., soit 145 fr. par hectare et par an.

Dans le cas où la forêt aura été créée par le semis, le nombre de pieds aura été amené vers la vingtième année^par les éclaircies, à 2.500 ou 3.000 environ, et Ton se trouvera dans une situation à peu près identique à celle de la futaie obtenue par plantation.

Bois, — Aubier et cœur très distincts. Aubier d'épaisseur variable, parfois très considérable, de mauvaise qualité, plus abondant quand l'arbre a crû en sol humide ; cœur rose ou rouge, ou rouge brunâtre ; bois d'automne plus foncé que le bois de printemps ; canaux résinifères abondants dans le bois.

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Fi^. 443. — Coupo lonfçitudinale tanpentielK^ de bois de pin. On aperçoit de nombreux ravons médullaires dont un, placé à droite de la figure, est Iravoi'Pé par un canal résinilVjrc. Un autre canal résinifère se voit à pauche ; il est lon^'itudinal cl indépendant de tout rayon médullaire. On reconnaît les ponctuations aréolécs sur les parois des tnichéidos (d'après Kny).

la résine s'écoule assez aisément par les incisions faites au tronc ; mais^ si elle est liquide dans l'aubier, elle est brune et

BOIS INDtfiÈXES OU NATURALISÉS 891

plus OU moins solide dans le cœur et répandue dans le tissu auquel elle communique une grande durée. Ce bois est plus udrable que le sapin qui ne possède pas de tels canaux dans le bois, il est aussi plus solide. Il est élastique, résistant, d'autant plus homogène qu'il a crû plus lentement (région du Nord, hautes altitudes) ; le pin de Riga est particulièrement réputé en Europe. Densité : 0,405-0,632 et même 0,828 dans le Nord de l'Europe.

Usages. — Très recherché pour les constructions navales et surtout la mâture, car il fournit des mâts très hauts qui ploient et se redressent sans se rompre ni se déformer. Il présente d'ailleurs rarement toutes les qualités requises : rectitude, absence de nœuds, grandes dimensions, régularité des accroissements annuels, richesse en résine, sans surabondance, ce qui élèverait trop leur poids et les rendrait cassants. Les sapins du Nord, à cause de la nature du climat et de l'égalité des conditions dans lesquelles ils végètent, présentent le mieux ces qualités. Les constructions civiles, comme les constructions navales, en font un grand emploi. La facilité avec laquelle il se laisse travailler le fait préférer pour ces usages à la plupart des autres bois, alors même qu'ils existent sur les lieux. Débité en madriers et planches, il est très employé en menuiserie ; il sert encore pour la fente, la sculpture ; on en fait de très bons poteaux télégraphiques ; on l'utilise pour le boisage des mines, les traverses de chemins de fer (généralement après injection) ; on en fabrique de la pâte à papier, etc., etc.

Il ne faut pas perdre de vue que la qualité de ce bois, dont la durée peut égaler celle des meilleurs bois des arbres feuillus, dépend avant tout des conditions dans lesquelles a crû l'arbre ; si le pin de nos plaines peut convenir encore àde nombreux usag'es,il ne possède plus rien des qualités qui font du beau sapin rouge du Nord (Norvège, Finlande, etc.) un bois de premier ordre.

Le bois de ce pin, comme celui des autres pins, a d'autant plus de valeur qu'il renferme moins de nœuds ; on a cependant constaté que les nœuds de cette espèce sont beaucoup plus facilement travaillés et beaucoup moins susceptibles de se détacher des planches que ceux du sapin et de l'épicéa.

C'est un bon combustible^ meilleur que le sapin, le mélèze et Tépicéa. Il produit une vive chaleur, mais peu durable; la chaleur ascendante dégagée est plus considérable que celle qui est rayonnée ; il pétille en donnant une flamme vive, mais il dégage une fumée noire très désagréable. Il est particulièrement recherché pour la boulangerie.

Son charbon était autrefois employé dans les hauts-fourneaux pour la réduction des minerais.

Caractères anaLomiques. — Accroissements très distincts, parfois très larges quand il a crû rapidement (dans le Nord, aux limites de Faire de végétation du pin, la croissance est si lente que les accroissements ne sont plus visibles à l'œil nu). Rayons nombreux, étroits, à une seule rangée de cellules en largeur et généralement huit en hauteur ; ils possèdent de grandes ponctuations et un épaississement déchiqueté; quelques-uns, contenant des canaux résineux, sont plus larges (canaux résinifères radiaux). Canaux résinifères nombreux, moyens, isolés ou quelquefois par deux.

Fibres (trachéides) grosses et à parois minces dans le bois de printemps et allant s'épaississant tandis que le diamètre de la fibre se réduit au fur et à mesure qu'on les considère plus loin dans le bois fl'automne ; ponctuations aréolées (voir p. 14 et fig. 10) sur les parois radiales (nous ne citerons plus désormais ce caractère commun à tous les résineux) (voir pour la structure du bois de pin les figures 11, 12 et 443).

Produits accessoires. — On ne résine généralement pas ce pin chez nous, si ce n'est en délit. On l'exploite dans ce but dans d'autres pays (Finlande, Allemagne). On en retire du goudron ; ses souches, soumises à la distillation en vase clos dans des fours en maçonnerie spéciaux, donnent du goudron et du charbon de bonne qualité.

Pin de montagne, Pinus montana Mill. — Syn. : Pinus un-cinata (Raniond), Pinus pumilio (Hdenke), Pinus MughuSy (Scop.), p. à crochets, p. de montagne, Mugho, p. suffin, suffis, torche-pin, pin crin. — Bergkiefer, Krummolzkiefer^ Knieholz, etc., allem. ; The dwarf pine ou mountain pine^ angl.

Caractères. — Fréquent dans les Alpes et les Pyrénées. Il apparaît à 1.500 mètres, s'élève en massif h 2.200 et se maintient même à une altitude de 2.300. Il ne descend jamais en

BOIS INDKi^I^JKS OU NATllHALISl^:S

plaine. Il peut atteindre 20-2a mètres, mais reste généralement beaucoup plus bas. Parfois sa tige principale reste courte tandis que ses branches, devenues tortueuses, s'étendent

Pis. 4U. - CAnes de Pintu n-

L'neinala (D. N, Schwan), La courburtî des écailles du n^ne caratlérise b peu ppés seule la variété en question. var. Uncinata.

assez loin alentour (var. Pvmilio). Il est tiès peu difficile sur le choix du terrain et croit dans tous les sols, qu'ils soient secs, humides, marécageux ou tourbeux.

Bois. — Il est assez comparable à celui du pin sylvestre des régions du Nord. Aubier blanc, cœur rouge clair, accroissements minces ; élastique, assez homogène, grain fin, tendre, facile à travailler, durable. Densité : 0,441-0,387,

Usages : estimé pour la charpente, le sciage, la fente, la sculpture grossière. A l'exception du mélèze, on le préfère dans les Alpes aux autres résineux.

Comme bois de chauffage, il est plus estimé que les autres conifères.

Le bois, très résineux (variété Pumilio surtout), sert dans quelques pays à faire des torches, d'où le nom de Torchepin donné quelquefois à l'arbre.

Pin Labicio, Pimis laricio l'oir. — Syn. ; P. maritima, Mill.. Schwarzkiefer, Meerstrandskiefer, Allem.; the corsican pine, Che Larch pine, Angl.

Caractères et varivCés. — Le bel arbre de ce nom a donné naissance h de nombreuses et importantes variétés qui sont le P. laricio de Corse, celui des Cévennes et celui des Pyrénées, spoulanécs dans ces trois localités ; le pin noir d'Autriche

et le pin de Calabre, qui ont été introduits en France. L'espèce, en général, est indigène dans la région méditerranéenne et rustique dans toute la France, mais elle ne s'étend pas beaucoup au-delà au Nord. Nous parlerons des deux variétés principales : le pin de Corse et le pin d'Autriche.

Pin de Corse. C'est un arbre de première grandeur ; il peut atteindre 48 mètres de haut et une circonférence de 5 m. 50. La tige, bien plutôt cylindrique que conique, se dépouille promptement de ses branches basses et reste nue jusque vers la cime qui, lorsque larbre atteint 80 ou 100 ans, est courte, aplatie et peu développée. Les 8/6 de la hauteur totale sont propres comme bois de service. *

Bois. — L'aubier blanc est particulièrement développé. Le bois de cœur, quoique lourd, a des qualités qui le font rechercher. Il est rouge brun ou rosé, avec des canaux résineux très apparents ; une résine abondante imprègne le bois et le rend dur, lourd, translucide comme de la corne et aussi durable. Le grain est fin et serré. Densité : 0,514-0,891. Emplois : mâture estimée à cause de sa belle longueur et de sa régularité, cependant il a Imconvénient d'être lourd, sujet à se gercer en se desséchant ; il n'est pas très souple et est assez cassant ; la marine italienne, qui reçoit de Corse les plus belles pièces, l'emploie à l'encontre de la marine française qui a renoncé à son usage. L'abondance de résine dans ce bois devrait le faire utiliser comme traverses de chemins de fer, elles auraient sans doute une durée prolongée. On remploie encore pour la charpente et la menuiserie commune.

Bien que ce bois soit riche en résine, il ne peut être gemmé avantageusement. Des essais ont été faits^ les résultats ont été déplorables: non seulement le produit obtenu est de qualité médiocre, mais surtout les arbres ne résistent guère aux mutilations que nécessitent les opérations de gemmage.

Pin laricïo d'Autriche ou pin noir. 11 est fréquemment employé, k cause de sa rusticité, pour les boisements des terrains calcaires ; il est, en eflFet, calcicole, et il a bien réussi sur le sol crayeux de la Champagne alors que les tentatives faites avec le pin sylvestre et surtout avec le pin maritime avaient échoué. La cime a une forme étroite, allongée et aiguO, touH'uc, ovoïde pyramidale dans la jeunesse, étalée plus tard. L'arbre n'a pas de racine pivotante ; des racines

latérales très vigoureuses lui donnent une bonne assiette. La première particularité le rend facilement transportable, qiialilé appréciée par les forestiers.

Bois. — Semblable au laricio de Corse, mais à accroissements plus larges et grain moins fin ji cause de sa végétation plus rapide ; plus dur, plus lourd et résineux que le pin sylvestre et, par suite, plus durable et d'un plus grand pouvoir calorifique.Pig. iir. — cûnes de Densité : 0,572-0,738. AuZJcTt^'^'^^'

Emplois : charpente de moins grandes nai)(D.N. Schwanj.^ dimensions que le P. de Corse ; menuiserie, traverses, poteaux de mines, papier.

Cette essence produit une grande proportion de bois de feu.

On extrait la résine de ce pin en Autriche.

Pin d'Alep, Pinux Ha/epensis Mill. — Syn. : Pia blanc (Midi de la France) ; P. de Jérusalem.

Caractères. — C'est une essence essentiellcraent méditerranéenne qui habite en France les terres calcaires de la Provence les plus chaudes et, souvent, les plus arides et brûlées du soleil. Elle croit aussi en Algérie. C'est un arbre de moyenne grandeur, soit 8 à 10 mètres de hauteur, quelquefois même 15-20. Le tronc est grêle, tlexueux et la cime arrondie.

Pig. **', — Distriljnl

liait. — Il est de médiocre qualité. Couleur fauve clair, auliicr blanc, mal délimité, souvent très abondamment pourvu

de résine ; il devient alors translucide, dur et pesant. Les canaux résinifères sont gros, bien apparents. Densité : 0,532-0,866.

On remploie pour la menue charpente civile et maritime, pour pilotis, bordages de bateaux, traverses, étais de mines, menuiserie commune. Son principal usage est pour la fabrication des emballages et tonneaux pour objets solides (Marseille).

On en extrait parfois la résine qui est considérée comme notablement supérieure à la térébenthine de Bordeaux, laquelle provient du pin maritime; elle est môme quelquefois vendue comme térébenthine de Venise.

Le pin pignon, Pinus pineaj Lin. — Syn. : Pin parasol, P. bon, P. d'Italie^ P. de pierre. Pin franc (Gironde et Landes), P. doux ; Geneisshere Fichte, AUem.; the stone pine^ Angl.

Caractères. — C'est un bel arbre de la région méditerranéenne, à tronc nu, cylindrique et élevé, terminé par une cime courte et élargie en parasol.

Bois. — Le bois est jaune rougeâtre clair avec aubier plus blanc, abondant, bois d'automne beaucoup plus foncé que le bois de printemps. La structure et la couleur de ce bois le font beaucoup ressembler à celui du P. maritime duquel il est difficile de le distinguer; cependant il contient moins de canaux résineux et est en somme moins imprégné de résine. Son grain est grossier. Densité ; 0,521-0,773.

Usages : charpente estimée dans TEurope méridionale ; il est employé, surtout en Turquie, dans la marine pour bordages et même pour mâture ; très propre à la menuiserie commune. Bois de feu médiocre, brûlant vite et éclatant beaucoup.

Pin maritime, Pinus pinasler Soland. — Syn. : Piniui marilimaham. ; Pin des Landes, P. de Bordeaux, P. du Maine, P. à trochets, P. pinastre, grand pin.

Caractères. — C'est un grand arbre de 20-30 mètres de haut sur 4-5 mètres de tour et plus ; il est indigène des régions maritimes de l'Europe occidentale, et fréquemment cultivé en France où il rend de grands services; il constitue les pignadas des Landes de Gascogne et les pineraies de la Sologne, il existe le long des Pyrénées, passe en Provence, abonde en Corse et se retrouve, quoique rare, eu Algérie. On Ta intro-

BOIS INDIGÈNES Ot NATURALISÉS

duit dans les Vosges et en Lorraine. On rencontre, en voulant le cultiver dans des régions un peu septentrionales, des difficultés qui tiennent à ce que cet arbre redoute les fortes gelées. Cette espèce est essentiellement silicicole et calcifuge, aussi sa culture a-t-ellc échoué dans IfvChampagne crayeuse ; elle peut pousser dans le sable pur ; elle est très frugale et demande un sol meuble. Les racines, très développées, pivotantes et

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Fig. 448. — Extension du pin maritime en France (d'après Boppe et Jolyet). Les régions où celte essence est simplement introduite ne sont pas figurCes sur cette carte.

traçantes à la fois, s'étendent au loin. Ces diverses qualités Tout fait rechercher pour la fixation des dunes de sable dans les Landes de TOuest de la France. Le promoteur de cette culture est Tingénieur Brémontier qui, en la faisant connaître et accepter vers la fin de Tavant-dernier siècle, rendit un immense service, car cet arbre donne par son exploitation une grande valeur à une région qui, auparavant, n'en possédait aucune.

Bois, — Aubier blanc abondant ; cœur rougeàtre plus ou moins foncé ; bois d'automne plus foncé que bois de printemps, accroissements épais très distincts, grain grossier, dur, lourd, sans souplesse ; c'est le plus résineux des bois indigènes. Canaux à résine nombreux et gros, longitudinaux et radiaux, apparaissant dans le bois de cœur sous la forme de traits rougcàtres qui caractérisent bien ce bois. Les bois dont on a extrait la résine par le gemmage augmentent de valeur, ils sont plus durs et plus durables ; cela tient à ce que les

arbres ainsi opérés ont forcément une croissance plus lente et par suite un bois plus compact ; de plus, Taubier possède, dans ce cas, plus de résine, par Tefiet du courant déterminé de rintérieur à Texlérieur par le gemmage et aussi parce qu il se forme dans ce tissu de nouveaux canaux sous Tinfluence de l'excitation de blessure (canaux d'origine pathologique et non primitive). En somme, laubier est de meilleure qualité et le bois plus riche en résine, quoique ceci puisse paraître en opposition avec le fait de Textraction de résine à laquelle ont été soumis ces arbres. Nous venons d'indiquer comment ce phénomène peut s'expliquer. Il faut ajouter cependant que le gemmage enlève au bois toute homogénéité dans la région des carres.

Usages : charpente civile et maritime, bornes, traverses de chemins de fer (surtout après injection), menuiserie grossière, étais de mines, poteaux télégraphiques (injectés système Boucherie et autres), étais de mine, pavés de bois, échalas (Médoc, etc.), pilotis quelquefois, sciages communs, planches, douelles pour doubles fûts, voliges pour caisses d'emballage, etc. Pkte à papier.

Combustible dégageant une chaleur vive mais peu soutenue et produisant une flamme claire; il projette beaucoup d'étincelles ; on le recherche pour les boulangeries.

Produits accessoirks. — Résilie et résinage, — Bien souvent le bois au lieu d'être le produit essentiel des pins maritimes est au contraire son produit accessoire, la résine étant généralement Tobjel principal de l'exploitation de l'arbre-

Les résines françaises en proviennent presque exclusivement, et l'exploitation de ces arbres à ce point de vue est très active, notamment dans les Landes de Gascogne. Le revenu varie, à l'hectare et par an, de 25 à 40 fr. Nous croyons devoir donner quelques détails sur le résinage ou gemmage.

Au lieu de recueillir simplement la résine qui s'écoule parfois spontanément du tronc, on soumet Tarbre à une exploitation rationnelle, dite gemmage ou résinage y(\{xi consiste à pratiquer dans l'arbre des solutions de continuité entamant l'aubier : ces blessures ont pour but de faciliter l'écoulement du produit tout en provoquant la formation de nouveaux canaux d'ordre pathologique (1).

(t) Voir : Recherches expérinienlales sur la formation de récouJement

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