‹ Le boisChapitre 23 sur 140 · VA · texte numérisé non relu

VA

Les arbres deviennent bons à être gemmés quand ils ont 30 ans environ, soit 1 m. 20 de circonférence à la base. De 30 à 55 ans ils rendent 7 fr. 50 par an, soit 180 fr. en 24 ans. Les cinq dernières années on exploite sans ménagement et on retire 10 fr. par an, soit 50 fr. en cinq ans. Le nombre des arbres varie de 120 à 200 à Thectare. â 60 ans on les abat et on retire en bois un produit de 720 fr.

Pour opérer le gemmage de Tarbre, autrement dit pour le mettre en œuvre ou le parer ^ on fait à la base du tronc une entaille entamant Taubier tangentiellement; au bout de quelques jours cette qtiarre ou carre est prolongée jusqu'à ce que la plaie ait 50-80 cm. de hauteur. Le résinier creuse à la base de la plaie, soit dans le sol, soit dans une partie saillante de l'arbre, un petit augel (le crot) destiné à recevoir les produits qui s'écoulent. Mais, par ce procédé, la gemme qui s'échappe surtout du haut de la plaie, a le temps do se charger de particules adventives et de perdre Tessence qui en est l'élément principal ; aussi préfère-t-on, bien plus souvent, se servir de pots mobiles attachés de manière à recevoir directement la résine, c'est le procédé Hughe qui a remplacé le procédé au crot. Préconisé vers 1840, son emploi ne devint général qu'en 1860 ; il est cependant très simple et met en œuvre un simple pot de terre cuite. Le procédé Hughe a d'ailleurs des inconvénients très notables : la gemme recueillie reste exposée à l'air, au soleil qui évapore, à la pluie qui fait déborder le vase, à la souillure par les particules étrangères, les insectes, etc. Néanmoins, sa qualité est supérieure à celle de la gemme au crot et son prix est plus élevé ; en 1899, le cours de la gemme, système Hughe, a été de 65 fr. et celui de la gemme au crot, de 53 fr.

Pour fixer les pots de terre vernissée, on les place sur un clou enfoncé dans la quarre, tandis qu'une lame de zinc, pénétrant dans la quarre par un de ses côtés taillé en biseau, la retient par en haut ; en même temps cette laine s'avançant un peu dans l'intérieur du pot sert à conduire la résine qui s'écoule au-dessus d'elle, de la quarre.

Toutes les semaines la quarre est rafraîchie par le piqiiagr

résÎDeux chez quelques Abiétinées, par MM.A.Tschirchet E.Faber (.4 rcA 2 1\ derPharm., t. CCXXXIX, p. 249-257, mars 1903, et Tanalyse de ce travail dans \q Moniteur de Quesnevilte, t. XVII, mai 1903).

qui consiste à enlever un mince copeau k la partie supérieure de la plaie pour mettre à nu de nouveaux tissus. Tous les 13 ou 20 jours, les gemmiers rainassent la résine des pots et la placent dans une caisse (escouarte) d'où ils la versent dans des réservoirs creusés dans le sol même de la forêt ; ces réservoirs sont limités par des parois en bois ou en briques et recouverts de quelques planches pour éviter les accidents. On les désigne sous le nom de barcous. Quand le barcous est suffisamment plein, on en transporte le contenu à Tusine, dans des barriques de 340 litres en général.

L*année suivante, Topéralion du gemmage est faite de Tautre côté du tronc. A ces plaies en succèdent d'autres. On peut même en faire sur remplacement des anciennes qui ont fini par se cicatriser. On fait de la sorte le tour de Tarbre en ayant soin de conduire chaque nouvelle quarre un peu plus haut que la précédente.

Le gemmage conduit comme nous venons de le dire, en . ménageant Tarbre, est dit gemmage à vie; si, au contraire, l'arbre doit bientôt être abattu, on n'observe plus ces précautions et on Tentaille sur toutes les faces à la fois, c'est le gemmage à mort ou à pin pe7*du.

Il faut distinguer, dans les résines obtenues, les produits bruts et les produits fabriqués; nous allons les décrire très succinctement.

A. — Produits bruts du résinage ou gemmage

Ce sont : l® la gem?ne ou résine molle^ constituée par les parties fluides réunies dans l'auget ou le pot ; 2<* le galipot^ formé par les portions solidifiées le long des quarres ou entailles et qui se détachent aisément ; 3** le barras^ qui se forme dans les mêmes conditions mais se détache plus difficilement, de telle sorte qu'il faut racler fortement pour l'enlever et qu'il est toujours mêlé de fragments d'écorce : c'est du galipot impur.

Les produits bruts, modifiés par l'industrie donnent les :

B. — Produits fabriqués

1« Pûtes de térébenthine. —Lorsque les matières premières sont soumises à l'action d'une douce chaleur artificielle, ou

simplement de la chaleur solaire, et ensuite filtrées sur des claies de paille, on obtient une pâte ou liquide visqueux constituant la pâte de térébenthine.

2* Essence ou huile de térébenthine, — Elle provient de la distillation des matières premières ; c'est un liquide incolore de consistance plus ou moins oléagineuse.

3° Brqi sec ou colophane. — C'est le résidu de la distillation qui a produit Tessence. Il constilue une résine d'éclat vitreux, de coloration brune (brai) ou blonde (colophane).

i^ Huiles pi/rogénces, — Les brai, colophane, résidus de la purification de la térébenthine, etc., distillés eux-mômes, en présence de bases telles que la chaux ou la soude, donnent les huiles pyrogénées.

5^ Poix noire. — Le chauffage, dans un four en briques, des claies de filtrage et de tous les résidus et débris de la fabrication de l'essence de térébenthine donne une masse brune appelée poix noire qui prend le nom de hrai gras quand elle se trouve mélangée à du goudron.

6^ Gouthon végétal, — Il résulte de la carbonisation en vase clos du bois de pin. Le goudron distille et il reste un charbon de bois de peu de valeur.

Commerce. — La production des gemmes est limitée en France aux départements des Landes, de la Gironde et du Lot-et-Garonne. La surface plantée en pins gemmés est évaluée à 800.000 hectares donnant : 80 millions de kilos de gemme qui, distillée, donne 14 millions de kilos d'essence et 55 à 60 millions de kilos de brais. Notre part dans l'exportation est assez limitée, car c'est Tx^mérique qui fournit surtout le marché européen.

La législation douanière concernant les résines a snbi plusieurs fois des modifications depuis trente ans. De 1871 à 1881, ces substances entraient en franchise ; de 1881 à 1892, les résines brutes acquittaient un droit d'entrée de 2 fr. par 100 kilos, et les essences, 5 fr. par 100 kilos. La loi du 1 1 janvier 1892 frappait les essences d'un droit de 24 fr. et les produits secs d'un droit de 12 fr. La récente concession de notre tarif minimum aux Etats-Unis a abaissé ces chiffres à 12 fr. par 100 kilos sur le net pour les essences et 6 fr. sur le brut pour les produits secs, brais et colophanes. Les industriels intéressés, consultés, eussent naturellement

KTUDE SPÉCIALE DES BorS (TTILES

Il ressemblerait an peuplier si ce n'était la présence des cnnaujf ft résine. Il est, en somme, peu recommandable ; / , on l'utilise cependant pour la fabri-

cation d'allumettes, de caisses d'emballage, et il est recherché pour la pAte à papier. C'est un combustible inférieur.

On avait espéré beaucoup mieux de ce bois, sur la réputation que lui avaient faite quelques auicursayant observé ces arbres en Amérique, où ils les représentaient comme employés à toutes sorlesd' usages: charpente, mftture, menuiserie, tonnellerie, layelerie, etc. On peut admet- Fig. 450. -J^^^^" '!« '•"'«* tre que ' la diÊFérence des produits obtenus dans les deux parties du monde tient : 1° à ce que l'on a essayé chez nous seulement des bois jeunes; 2* aux différences de conditions de végétation. Les bois des Etats-Unis (Etat de Vermont) ont en effet des accroissements moins larges que les nôtres. Cependant la réputation de ce bois est surfaite, quant à sa valeur, en Amérique même, comme a pu le révéler l'élude directe d'échantillons des Etats-Unis, et si on l'a employé souvent aux usages précités, c'est qu^n n'en avait pas d'autres sous la main. La marine des Etats-Unis a d'ailleurs renoncé à son emploi.

Pin Cehbro, Pinus cembra Lin, — Syn. : Arole, Cembrotj Alviès, Auvier, Ekiuvé, Héoux, Tinier, etc. ; Zùrbelkiefer, Arve, Zulsche, '/Arme, allem. ; the cembran pine, angl.

Caractères. — C'est un arbre peu répandu en France, qui croit uniquement dans les Alpes. C'est celui des résineux qui arrive le plus haut en altitude ; il n'est dépassé que par de rares feuillus, tels que l'aune vert el des saules rabougris. Il peut atteindre 15-2.^ mètres de hauteur sur 3-4 de circonférence, quoique sa végétation soit extrêmement leute. Le ftlt de l'arbre ayant atteint un certain Age se dénude ; les rameaux

(\) Voir f.Q que dil au ftujel du Pinus Strobu» et des usages de son bois dans l'Amérique scptcnlrionale, Hîcliaux : toc. cit. Tome 1, p. 104-132, pl. X.

tor(ueu\, étalés, donnent à la planlâ un aspect bizarre et tourmenté, assez CQmniuii aux arbres des hautes altitudes souvent battus et mutilés par la tempête. Cet arbre, qui fut très abondant dans nos Alpes, est malheureusement en voie de disparition, il est regrettable que les montagnards le détruisent sous prétexte d'y substituer des prairies plus productives. Ces arbres, peu difficiles sous le rapport des conditions ambiantes, consolidaient le sol de la montagne. Il faudrait bien dn temps si on se décidait k les remplacer, avant que les nou- ^'%^^' ^rnùrTiUV veaux sujets pussent rendre les services s.iiwarz). que rendaient ceux qu'on a détruits.

Bois. — Bois très légèrement rose ou jaune-rougeAtrc, aubier blanc-jaunftlre, réduit el peu net ; homogène, le bois de printemps et celui d'automne présentant très peu de difTérences, très tendre.

Ce bois tendre est peu recherché pour les constructions, mais, à cause de son homogénéité, de la finesse de son grain, de la facilité avec laquelle il se travaille, il est l'objet d'une industrie spéciale dans les hautes vallées de la Suisse et du Tyrol où les bergers en fabriquent avec beaucoup d'habileté de petits objets qu'ils vendent dans les villes. 11 est propre à la menuiserie et à la fente.

Combustible médiocre, il dégage beaucoup de fumée et ressemble à ce point de vue au sapin, dont il a la faible valeur comme bols de feu.

lAl Le ftnpiu |iee(tué. Ahicî prclinata D. (]. — Syn. : /*m«.«/jice(i de Linné, sapin commun, sapin des Vosges, du Jura, de Normandie, sapin argenté, sapin blanc, sapin k feuilles d'If. Weistnnne, Edellanne, SilheHaiine, Tartnnne, altem. ; the comh Uke-leaned-sitoer fir, angl.

Caractères. — Le sapin pectine (famille des Abiétinces, genre Abies) est un arbre magnillque, qui peut atteindre 40 à 60 mètres de haut.

I^s sapins se distinguent aisément des pins, par leurs feuilles qui naissent isolément sur les rameaux, elles sont planes, échancrées à. l'extrémité, non en aiguilles, pourvues

Page 1