BOIS EXOTIQUES D IMPORTATION
L'Allemagne, rien que dans son port de Hambourg, en a reçu 6.860 mètres cubes.
Imitation des bois d'acajou. — Il existe plus de cent recettes pour imiter les bois d'acajou par teinture des bois indigènes; en voici quelques-unes :
Acajou rouge clair : Infusion de bois du Brésil sur le noyer blanc ; de rocou (1) et potasse sur sycomore.
Acajou clair à reflets dorés : Infusion de brésil sur le sycomore et l'érable.
Acajou fauve : Décoction de bois de campôche sur érable et sycomore.
Acajou foncé : Décoction de brésil et de garance sur Tacacia et le peuplier ; solution de gomme-gutte sur le châtaignier vieux ; solution de safran sur le même bois.
Acajou par le procédé allemand : On humecte le bois avec de l'eau forte affaiblie, on laisse sécher. On dissout, dans 120 gr. d'alcool : 4 gr. sang-dragon, 2 gr. racine d'orcanette et 1 gr. d'aloès. On applique cette solution à la surface du bois. Cette méthode est surtout avantageuse pour l'orme et Térable.
Acajou par le procédé à l'oxyde de titane : On fond cette substance avec dix fois son poids de potasse, la masse est délayée dans l'eau, la poudre qui se sépare est dissoute dans l'acide chlorhydrique; on fait bouillir le bois avec cette dissolution qui y pénètre bientôt ; il prend ensuite une teinte rouge acajou inaltérable, par application d*une infusion de noix de galle.
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flot. Bols d'ambolne. — On peut rapprocher ce bois de l'acajou, car il lui resisemble beaucoup, notamment à celui de Honduras. Guibourt pense, qu'étant donnée la similitude des bois, il s'agit là d'un arbre voisin des Swietenia, peut-être le Flindersia amboinensis de Poiret ou \A?'hor radulifera de Rbumphius ; quoi qu'il en soit, ce bois est fort rare et il est
(\) Mati(>re tinctoriale se trouvant, sous forme d*une pulpe gluante d'un ronge vermillon, autour des semences renfermées dans le fruit du rocouyer (Bùra orellana L.), arbuste de la famille des Bixacées, habitant les Antilles, le Mexique, Cayenne, le Brésil, etc. Elle se trouve dans le commerce sous forme de tablettes ou, plus souvent, de pâte. Le rocou donne une couleur rouge orange.
940 CHAPITRE IX. — fTUDE SPf:OALE DRS BOIS UTILES
peut-être le plus cher de tous les bois ; il provient des loupes d'un arbre des Iles Moluques. Le grain en est très Bn, les dessins en sont enchevêtrés très irrégulièrement; sa teinte est blanc rosé ou jaune brun. Le prix du bois d'aniboine s'élevait autrefois à plus de 4.000 fr. les 100 kilos, il atteint toujours actuellement le prix de 1.200 à 1.300 fr. On l'utilise seulement en plaques très minces et en filets pour orner ou incruster des meubles de prix ; c'est, en somme, plus un bois de marqueterie qu'un bois d'ébénisterie. Il est facile à travailler à l'aide des petits outils que nécessite sa mise en
l»a. Le pallnutmdre. — Syn. : Jacaranda, Sainte-Lucie, bois de rose (des Anglais) ; Palissanderliolz, AUem . ; Palixandre-wood, rose loood, Angl. ; Purperhouty HoU. ; Legno di Palissandro, Ital.
Origines et caractères. — Si surprenant que cela puisse paraître, on n'est pas parfaitement fixé sur la nature spécifi-
Fig. ilÈ. — Le palissandre {Uarhrerium) ,
que de l'arbre, ou des arbres, qui produisent ce bois si connu, cela s'explique cependant fort bien par ce fait que les bois exotiques arrivent le plus souvent en Europe en billes équarries, ne possédant plus, par conséquent, ni les feuilles ni les fleurs et fruits qui seuls pourraient permettre udc détermina-
BOIS EXOTIQUES d'iMPORTÀTION 941
tion botanique précise. C'est cette absence des organes caractéristiques de la plante qui fait que cette question des bois exotiques est des plus ardues, considérée au point de vue botanique, et que son étude ne progresse que fort lentement; peu de savants abordent, en Europe, cette question ingrate ; d'autre part, les personnes qui peuvent voir ces bois en place, ou bien s'intéressent peu à la question, ou bien manquent des données fondamentales qui leur permettraient d'apporter des renseignements utiles, ou bien encore cachent par intérêt l'origine des produits dont ils font le commerce.
Il est cependant à peu près certain, maintenant, qu'il faut rapporter le bois de palissandre à plusieurs arbres du genre Dalbergia (fam. des Légumineuses-Papilionacées, tribu des Dalbergiées, sous-tribu des Ptérocarpées).
D'après une fausse description de Marcgraff, on avait rapporté ce bois à une Jacaranda, de la famille des Bignoniacées. Ce bois a été pendant longtemps désigné sous le nom de bois de Sainte-Liicie^ lie des Antilles, par laquelle il devait venir autrefois en Europe. Les Anglais lui donnent fréquemment le nom de Bose-wood, ce qui veut dire bois de rose ; cette désignation a souvent causé des malentendus entre commerçants anglais et français, car nous avons aussi nos « bois de rose » mais qui ne correspondent pas au palissandre, c'est notamment le bois de rose qui nous vient de Bahia (Brésil) et doit être rapporté à une Lythrariacée, le Physocalymna floribundiim. 11 correspond au Tulip-ivood des Anglais.
Le bois de palissandre a une couleur qui varie du noisette clair au pourpre foncé ou noirâtre. Les teintes en sont souvent irrégulières et brusquement contrastées ; il se fonce beaucoup à Tair et devient^ le plus souvent, brun violacé. 11 est très lourd et compact, à grain parfois très serré, mais, le plus souvent, les gros vaisseaux sont très apparents et forment sur les sections longitudinales des lignes creuses qui nuisent à son poli cependant très beau. Les veines noires, qui sont surtout distinctes sur les sections transversales et qui traversent les zones concentriques du bois, formant des dessins irréguliers, sont très nettes et aussi très nuisibles aux instruments. Le bois est fortement imprégné d'une résine odorante, lui communiquant un parfum doux et agréable, ce qui fait donner parfois à certaines variétés le nom de bois de violette^
qui s'applique d'ailleurs & d'autres bois très différents mais présentant une odeur analogue.
La poussière de palissandre est très acre et irrite fortement les narines. Il brûle avec éclat, grâce à Tabondance de la résine qu'il renferme.
Le bois de palissandre laisse voir sur une coupe transversale une suite de rayures concentriques serrées et semblables à celles de Tacajou ; elles sont produites par des bandes de parenchyme ligneux, interposées entre des fibres fortement épaissies. Il présente, en outre, des dessins irréguliers^ dont nous avons parlé, qui sont dus à un surcroît de coloration des fibres. Les vaisseaux sont isolés et larges, leurs parois latérales sont très ponctuées ; les rayons^ épais de 2-3 cellules, sont courts. Il existe entre eux des groupes de cellules renfermant la résine brun foncé dont nous avons parlé, elle se répand parfois dans les vaisseaux.
Au Brésil, le palissandre ordinaire porte le nom de Jacaranda cabiuna ; une autre sorte moins odorante, le Cabiuna^ est rapportée au Dalhergia nigra ; une troisième, le Jaca^ randa tam, d'un rouge pâle et privé de pores résineux est produit par une espèce d'un genre très voisin du Dalbergia, le Machœinum Allemani Benth.
Le bois de palissandre provient surtout du Brésil, puis de rinde et de l'Afrique ; le meilleur vient de Rio-de-Janeiro, la la seconde qualité de Bahia et la plus inférieure de Tlnde ; ce dernier palissandre est le plus clair et le moins odorant on le rattache au Dalbergia lalifolia Roxb.
Le palissandre est un bois d'ébénisterie (meubles, pianos, etc.) et de marqueterie, employé soit en massif, soit en plaqué. C'est le plus important des bois de cette catégorie après Tacajou.
On expédie depuis quelques années de Madagascar une sorte de palissandre dont on ne peut encore apprécier exactement la valeur. Par suite des difficultés du transport dans rile, on n a pu envoyer jusqu'à ces derniers temps, à la côte, que des pièces de petites dimensions. La couleur de ce palissandre est généralement moins belle que celle du P. du Brésil et, de plus, beaucoup de billeâ arrivent piquées.
Imitation du bojs dk palissandre. — Nopp opère comme hwïi: on divise les bois en feuilles minces, d'épaisseur variable
BOIS EXOTIQUES D^MPORTÀTION 94â
et on les plonge dans une cuve renfermant un mélange de : brou de noix, 5 ; bois de campéche, 5; acide acétique, 1.
L'opération de teinture s'eflFectue à chaud et dure vingtquatre heures. On égoutte et on sèche à Tair. Les bois les plus employés dans ce but sont : le poirier, le hêtre, le frêne, Torme, le bouleau, l'aulne et le peuplier.
On peut opérer aussi sur des bois en morceaux et en planches, la pénétration de la teinture atteint, en moyenne, plus d'un centimètre.
Le noyer teint avec une décoction de brésil^ additionnée d'un peu de carbonate de potasse, imite assez bien le palissandre. On emploie aussi le hêtre, mais le résultat est moins beau. La matière tinctoriale étant appliquée, on laisse sécher le bois, puis on y fait un veinage en promenant dessus, une seule fois, un pinceau plat dont les poils, maintenus écartés par un peigne, ont été trempés dans une dissolution d'acétate de fer. On peut ensuite poncer, vernir, comme à l'ordinaire.
t9A. Ebèiics. — Syn. : allem. : Ebenholz; angl. : Ebony; holland. : Ebenhout ; ital. : Ebano (1).
Origines et caractères. — Diverses espèces appartenant au genre Diospyros ou Plaqueminier de la famille des Ëbénacées, fournissent le bois noir appelé ébène, mais l'espèce principale est le Z)205/)yre^ eôem/?nRotz., de l'Inde. D'autres espèces sont répandues dans l'Inde encore, à Ceylan, à Java, au Siam, en Cochinchine, Laos, Cambodge, aux lies Moluques et Célèbes, aux lies Maurice, à Madagascar, sur la côte de Mozambique, sur la côte occidentale d'Afrique (Gabon, etc.). Dans Tlnde et l'archipel Malais croissent les D. ebenum Retz., D. ebenaster Retz., D. melanoxylon Roxb. ; leur bois est parfaitement noir ; à la Réunion et à l'Ile Maurice, on trouve le D. melanida et le D. leucomelas Poir., dont le bois noir est panaché de blanc ; à Madagascar et à Mozambique, Tébène est dû très probablement au Diospyros reticulata Villd., qui croit aussi aux lies Maurice ; une autre espèce de la même famille, le Mdba ebenus Spreng., indigène des Moluques, donne encore du bois d'ébène.
(1) Voir sur les ébènes du commerce : Sadebeck, Ueber die in den europaischen Uandel gelangenden Ebenhôlzer, GeselUch. fur Botanik tu BamburQj Sitzung, yon 27 mai 1886.
L'ébénier {D. Ebemtm Rotz. de l'Inde, de Cey]an, de la Malaisie et de l'Iado-Gbine) est un g:rand arbre à petites fleurs donnant de petites baies.
L'aubier de l'arbre est blancbAtre et relativement peu dur, mais le cœur fournit le bois, si connu, dont le nom a servi à créer le mot ébénislerie qui depuis le \v^•> siècle désigne la profession s'occupant de la fabrication des meubles et travaux d'ameublement. Ce bois n'acquiert d'ailleurs toutes ses propriétés que lorsque l'arbre a un flge avancé.
Le bois d'ébène est i*emai'- ^ quable par sa couleur noir
I foncé et. par sa dureté. Il est
très pesant ; densité I,!87- 1 ,246 ; son gi-ain est si fin qu'on n'y découvre plus de traces d'organisation, couches ou fibres, lorsqu'il est poli. 11 ressemble à un miroir après l'opération du polissage, les cellules des rayons médullaires sont remplies de cristaux qui favorisent le scintillement ; il se conserve bien à l'air et n'est pas attaqué par les insectes, il se travaille difficilement et ne peut être cloué. Les dimensions restreintes de ce bois, après qu'il a été débarrassé de son aubier, ne permettent son emploi que pour l'ébéuisterie, la coutellerie, certains objets de tours (jeux d'écbecs), toucbes de piano, marqueterie, etc.
L'cbène est d'un pris très élevé, ii savoir en France, de 20 à60fr. les 100 kilos. 11 paraît moins ji la mode aujourd'hui qu'autrefois, néanmoins il vient, dans le chiffre de nos importations, immédiatement après l'acajou, le teck et le palissandre. On l'imite souvent en teignant en noir d'autres essences moins rares, à grain fin, pour en faire des meubles de bureau, chambres k coucher et autres.
La plus belle variété d'ébène vient de l'Ile Maurice ; elle est de couleur très noire quelquefois tachetée de blanc, c'est l'éhène Maurice du commerce. Il nous arrive en perches de
ôois KXoTKjUEs d'importation 943
2 à 6 mètres de long sur 8 à 25 centimètres de diamètre. 11 est produit par le Diospyros lesselaria Poir.
De Madagascar nous arrivent des sortes désignées sous les noms de Vraie Madagascar^ qui est de couleur très noire, et de Tamatave et Sainte-Marie^ qui est comparable, quant à la forme extérieure^ à celle de Pile Maurice, mais dont la qualité est moins bonne.
De la côte de Mozambique nous vient la sorte dite : £. de Portugal^ ainsi désignée parce qu'elle fut tout d'abord introduite en Europe par les Portugais ; elle parait presque noire d'abord, mais est, en réalité, d'un brun très foncé avec des veines violacées. Ce bois est très lourd et sert spécialement à fabriquer les clarinettes et flûtes. Il arrive en Europe en bùcbes courtes, de 10-40 cm. de diamètre, comprenant le cœur et l'aubier, celui-ci manque cependant quelquefois.
La côte occidentale d'Afrique nous envoie les sortes, dites de Gabon et Calabar^ qui se présentent sous forme de petites bùcbes de 5 à 50 kilos. La couleur en est assez noire, mais le grain moins serré que dans l'espèce précédente. On en fait surtout des manches de couteaux et des touches de dièze pour les pianos et orgues.
Le Sénégal produit « Tébène du Sénégal « {Dalbergia meianoxylon).
De Ceylan, nous recevons des billes de 4 à 6 mètres de long sur 20 à 35 centimètres de diamètre. Cette sorte est particulièrement employée en Chine pour la confection de meubles artistiques d'une grande valeur.
De Macassar, port de l'Ile de Célèbes, on a importé récemment des billes rondes, dépourvues d'écorce et d'aubier, ayant 2-4 mètres de long sur 15 90 centimètres de diamètre, dont la couleur est grise et le grain assez peu fin. Cette sorte est la moins estimée.
Certains Diospyros fournissent un bois également très dur, mais d'une autre couleur que le noir, savoir : blanc marbré chez le D. decandra de la Cochinchine ou vert chez le D. chloroxylon du Bengale. Le bois de Coromandel ou Calamander des Anglais est généralement attribué à un Diospyros. 11 est volumineux ; pourvu de son aubier, celui-ci est dur, compact, nerveux, d'un gris rougeAtre, un peu satiné ; le cœur est noirâtre avec des veines de la couleur de
Is^
un feu doux, 200 gr. de limaille de fer dans 1/2 litre de vinaigre très fort, on filtre et on applique la dissolution sur le bois, comme ci-dessus. On applique ainsi successivement plusieurs couches de chacune des deux compositions, en laissant bien sécher avant de recommencer l'opération et on frotte chaque fois avec du papier verre fin. Finalement on passe sur le bois un peu de cire chaude. On obtient un plus beau noir, si, avant de se servir de la première préparation, on frotte légèrement le bois avec de Tacide azotique très affaibli.
tl>&. lie tulipier. — Le tulipier de Virginie (Liriodefidron tulipifera Lin.) appartient à la famille des Magnoliacées ; son bois est désigné sous le nom de Yelloiv Poplar par les Américains.
C'est un très bel arbre d'ornement, qui a été introduit et cultivé chez nous comme tel. Il croit aux Etats-Unis, notamment dans la région des AUéghanys où il est presque toujours à l'état d'essence disséminée. Il a été introduit en France en 1882 par l'amiral de La Galissonnière ; il n'y est tout-àfait rustique que dans le Midi ou les provinces de TOuest. Sous le climat parisien il ne fleurit pas toujours et, dans tous les cas, assez tard ; ses fruits n'y mûrissent pas.
Tout le monde a vu cet arbre dans les parcs, ses feuilles sont assez grandes et comme tronquées à l'extrémité. Ses fleurs ont la grandeur et l'aspect de petites tulipes ; elles sont jaunâtres, orangées au centre, d'un bel effet mais trop perdues dans le feuillage. L'arbre peut atteindre, en France, E^ 25 m. de haut et 5 mètres de circonférence. Ëtant donnée la
valeur de son bois et que cette essence vient très bien chez nous, il serait logique de demander que cette espèce ne soit plus élevée seulement pour l'ornement de nos parcs, mais encore comme essence secondaire dans nos forêts pour la production du bois, dont onimporte actuellement d'Amérique une assez grande quantité. Il recherche les terrains meubles et frais des vallées et les terrains siliceux.
« Le vrai bois ou le cœur du tulipier, dit Michaux (i), est
(1) Histoire des ai*bres forestiei^s de l'Amérique septentrionale ^1, III, p. â02etsuiv.
fcw'
BOIS EXOTlijUES d'importation 919
jauoe, approchant de la couleur citron, et entouré, comme dans tous les autres arbres, d'un aubier blanc. Cette couleur jaune du cœur est plus ou moins foncée ; elle devient quelquefois verdàtre, souvent même elle est nuancée de violet. Quoique cet arbre appartienne i» In classe des bois légers.
Fifç. *74. Le Tuli|.ier <l,! Virginie {Liriodendron lulipiftra).
il Test cependant beaucoup moins que celui d'aucune espèce de peuplier ; le grain en est aussi fin, mais plus serré et, quoique plus dur, il se travaille facilement et se polit bien. On lui a reconnu assez de force et de rigidité pour être employé à des usages qui requièrent beaucoup de solidité ; lorsqu'il est dépouillé de son aubier et qu'il est bien sec, il résiste longtemps aux injures de l'air et il est, dit-oii, rarement attaqué par les insectes. Son principal défaut, lorsqu'il est débité en planches et que ces planches sont employées de toute leur largeur au dehors, est d'être sujet fi se tourmenter par les alternatives de sécheresse et d'humidité, mais, à beaucoup d'autres égards, ce défaut est grandement compensé. A New-York, à Philadelphie et dans les campagnes environnantes, on estime et on emploie souvent le tulipier dans la construction des maisons, pour en faire des solives et des chevrons des étages supérieurs, et cela à cause de sa force et de sa légèreté. Mais dans les Etats du centre, les Hautes-Carolines et surtout dans tous ceux de l'Ouest, son usage est encore plus général dans la b&tisse
des maisons ; il y remplace le mieux, à ce qu'il parait, lapin et surtout le cèdre et les cyprès. Dans toutes les grandes villes des Etats-Unis, le tulipier, débité en tranches très minces, est le seul bois dont les carrossiers se servent pour les panneaux de carrosses et de cabriolets. Ce bois bien sec reçoit un beau poli et prend bien la couleur. Les fermiers le choissiscnt pour en faire des auges dans lesquelles on donne à manger ou à boire aux bestiaux. Ces auges d'une seule pièce exposées en plein air, durent aussi longtemps que celles qui sont de châtaignier ou de noyer. Les indiens qui habitent les Etats du milieu et ceux qui se trouvent encore dans les Etats de TOuest, préfèrent le tulipier pour faire des pirogues. Ces bateaux, toujours d'un seul tronc d'arbre creusé, ont beaucoup de force et de légèreté; il en est qui portent jusqu'à vingt personnes ».
En résumé, ce boisa un aubier blanc et un cœur jaunâtre. Il est serré, homogène, léger, tendre, facile à travailler. Il est propre aux mêmes usages que le bois de peuplier auquel il ressemble (Yellow poplar des américains) ; mais il est de plus de valeur, il est plus résistant et est recherché, même chez nous, par les menuisiers et ébénistes qui l'emploient en placage ; les fabricants de pianos le payent assez cher. Le bois de tulipier produit un excellent charbon. Il en a été importé en France 1.599 tonnes en 1900.
tlM. Le ^ayae. Guaiacum officinale L. ; fam. des Zygophyllacées (l). — Syn. : Gatac. Pockholz,h\\evci,\ Guaiacum' ivood, angl. ; Pokhoul^ holland. ; Legno di Gtiiaco^ ital.
Caractères. — ' Le gayac officinal est un arbre très élevé dont le tronc atteint parfois un mètre de diamètre ; mais sa croissance est si lente qu'il faut des siècles pour qu'il acquière ces fortes dimensions. Les feuilles sont composées pennées avec un nombre pair de folioles ; les fleurs sont bleues, groupées presque en ombelle ; le fruit est une capsule charnue à deux loges, en forme de cœur.
Distribution géographique. — Il est assez répandu dans les plaines arides des Antilles, notamment à Cuba, la Jamaïque, Saint-Domingue, à la Trinidad, à la Martinique, à la Nou-
(1) Dont Bâillon fait une simple tribu de la famille des Rutacées.
BOIS EXOTIQUKS D IMPORTATION U»!
velle-Pi-ovidence une des lies Lucayes, ainsi que dans l'Amérique centrale, en Colombie et au Venezuela.
Bois. — Le bois de gayac est très dur, plus pesant que l'eau ; densité : 1,33 ; formé d'un aubier jaune plus ou moine épais et d'un cœur brunvcpdfttre.
La coupe transversale de ce boie étant polie, présente ft la loupe.une rayure rayonnante très fine et serrée, parsemée çà et U de gros vaisseaux coupés, remplis de résine verte ; la plupart des vaisseaux sout trop fins pour être aperçus. Le bois a une très légère odeur aromatique, elle devient tout-à-fait sensible lorsqu'on le râpe. l
La poussière obtenue a une saveur 4cre et amère. Le
Fig. 475. — Goyao o/lîiinal.
cœur contient une résine spéciale.
Le gayac arrive en Européen troncs d'un fort diamètre ou en bûches assez droites, recouvertes parfois de leur écorce.
On distingue dans le commerce :
1" Le gayac blanc, qui vient des colonies françaises et espagnoles et arrive sous forme de bâches d'environ 2 m. de long sur 18 ft 20 cm. de diamètre ; c'est certainement la sorte que Guibourt appelle le g. à couches irrégulihes ; il est irrégulièrement cylindrique et souvent sa coupe présente la forme d'une poire ; l'aubier est plus épais que dans la sorte dont nous allons parler ; la matière résineuse est très inégalement distribuée, sans suivre l'irrégularité des couches, elle est moins abondante, aussi le bois est-il de teinte plus claire, la couleur naturelle jaune apparaît mieux ;
2° V.e gayac noir, qui arrive principalement de Saint-Doroing'ue. Les bûches sont de même longueur que ci-dessus, mais un peu plus grosses. Ce bois ofiFre un aubier de 20 â 30 mm., régulier et bien séparé du bois. Cet aubier est jaune de buis avec des mouchetures vertes du côté interne, dues A des vaisseaux résineux ouverts. Le cœur est d'un vert-noirfltre foncé,
952 CHAPITRE IX. — i^iriDE SI»ï^:rjALK DES BOIS UTILES
OU acquiert cette teinte à la lumière. Il est plus dur, plus lourd, plus coloré et en somme plus estimé que le g. blanc.
Guibourt cite encore un gayac à odeur de vanille ^ qui est particulièrement beau et possède, même entier, une odeur balsamique très analogue à celle de la vanille.
On a importé en France, en 1900, 1.491 tonnes de bois de gayac.
Usages. — On l'emploie pour nombre d'usages requérant une solidité spéciale : mortiers et pilons, roues de poulies, dents d'engrenage et autres pièces de mécanique soumises au frottement pour lesquelles on ne veut pas employer le métal : roulettes de lit, boules à quilles, etc. Les planchers des ponts de navires sont quelquefois faits de ce bois.
Produits accessoires. — Les déchets, que produisent les tourneurs, et autres artisans travaillant ce bois, sont achetés par les pharmaciens qui en font une teinture alcoolique, ou une décoction dans Teau, afin d'extraire la « résine de gayac ». Celle-ci s'obtient encore dans le commerce en blessant l'arbre ou bien en perçant les bûches d'un large trou suivant l'axe et en les plaçant sur le feu de façon que la résine, liquéfiée par la chaleur, puisse couler par le trou et être recueillie. Le bois de gayac doit aux propriétés de sa résine d'être encore aujourd'hui le plus renommé des sudorifiques. On l'emploie encore à petite dose comme stimulant.
Bois degayâc provenant d'autres espèces que le gayac officinal. — Ces bois sont beaucoup moins importants, ils sont aussi moins usités. Citons le bois de G. de Caracas fourni par le Guaiacum arboreum DC. Il possède un aubier blanc très mince. Le cœur est fauve, avec des zones d'accroissement très nettes ; il existe un cœur intérieur plus foncé ; à Pair, sa teinte se rapproche peu à peu de celle du G. officinal ; il est plus acre. Sur la coupe transversale il possède une rayure rayonnante, et les vaisseaux très petits sont disposés en lignes dendritiques (caractère qui rapproche ce bois de celui des Sapotacées) (Guibourt).
Guibourt cite encore, comme ressemblant beaucoup aux bois de gayac, les bois suivants, très peu usités et de nature spécifique inconnue ; ce sont : le bois d'écaillé ; le vrai grenadille (?) fort différent du grenadille ordinaire du commerce, couleur noyer foncé, très beau poli ; le grenadille jaunCy de
BOIS EXOTIQUES d'importation 953
même origine que le grenadille de Cuba, cœur jaune brun, moins beau poli que les deux bois précédents.
t99. IVojers d'Amérique ei HIekory. — Le bois des noyers d'Amérique est très employé dans les pays d'origine, et il en est importé une grande quantité en Europe, notamment en Angleterre. La France en a reçu, en 1900, 914 tonnes. Le plus réputé est celui qui est connu sous le nom de Hickory. Ces noyers appartiennent, les uusau genre Juglans, comme le noyer noir {Juglans nigra L.) et le noyer cendré (J. cinerea L.), les autres au genre très voisin Carya, comme le noyer blanc ou Hickory (Carya alba Nuttal), le Carya des pourceaux(C. po/r ma Nuttal), leCaryaamer(C.amara Nuttal), etc.
Le genre noyer (Juglans) est représenté chez nous par une excellente espèce, le J. regia, dont nous avons parlé précédemment; malheureusement elle tend à disparaître. Autrefois on la plantait à l'état isolé, comme il lui convient, dans les campagnes^ dans le but d*en retirer surtout l'huile nécessaire à Talimentation. Mais aujourd'hui, l'huile de noix est remplacée jusque dans les campagnes par d'autres huiles, et le noyer, dont le couvert très épais nuit aux récoltes, n'est plus remplacé au fur et à mesure que les besoins de l'industrie du bois ou Tàge amènent sa disparition.
M. Pardé, qui fait les remarques précédentes, ajoute que, abandonné par le cultivateur, le noyer ne peut être recueilli par le forestier, car, malgré les qualités de son bois, il ne peut constituer une essence forestière n'étant pas susceptible de croître en massif.
Dans ces conditions, le noyer noir et les Caryas d'Amérique, dont le bois, sans avoir la même valeur que celui de notre noyer, convient aux mêmes usages et qui ont Tavantage sur notre noyer indigène de pouvoir être élevés en massif, sont des essences qu'il y aurait lieu à propager chez nous (Pardé).
Le noteb noîr Juglans nigra Lin. Black walnttt des Américains.
Cet arbre croit aux Etats-Unis, dans la région des monts Alléghanys. Il peut dépasser 30 mètres de haut sur 1 mètre de diamètre. Son fût est élancé, couvert d'une écorce noirâtre g^erçurée. Il parait un peu moins exigeant que notre noyer,
tout en réclamant un sol frais et assez riche. Cultivé en France, il s'y est montré très rustique et croit un peu plus vite que notre noyer.
Il diffère de notre espèce par ses feuilles composées de 15 folioles environ (au lieu de 7 à 9) et par son fruit plus sphérique. Les noix de cette espèce, ainsi que des autres espèces américaines, sont bien inférieures aux noix de notre arbre, aussi ne doit-on compter que sur son bois, si Ton veut l'implanter dans nos pays.
Bois. — Il possède un aubier blanc et un cœur rouge violacé plus foncé que le noyer de France ; grain assez fin, beau poli, dur, tenace et cependant facile à travailler, se tourmente peu, peu sujet à la vermoulure et à la pourriture, à la condition toutefois, d'être dépouillé de son aubier qui s'altère très promptement. Il est employé en pays d'origine surtout pour la carrosserie et l'ébénisterie.
Il arrive chez nous en billes demi-équarries de 50-80 cm. de diamètre que la menuiserie de fantaisie emploie volontiers pour les boiseries d'appartement et toutes sortes de travaux devant s'effectuer en parties d'une certaine dimension ou comportant des sculptures assez importantes. Sa couleur, trop uniforme et foncée fait qu'on l'emploie peu en placage.
Les Caryas (Hickory). — Les Caryas sont très voisins des noyers; nous indiquerons comme caractère différentiel que la partie charnue du péricarpe (brou) s'ouvre en quatre valves au lieu d'être indéhiscente (voirfig. 476). Tous sont de beaux arbres de l'Amérique du Nord, dont le bois (Hickory) est fort estimé quoique moins fin et moins brillant que celui des Jtiglans.
Bois. — L'hickory est un bois plus ou moins coloré, très lourd, très fort, très tenace, assez facile à travailler, mais malheureusement assez sujet à la vermoulure et à la pourriture. S'il ne convient guère pour la construction, étant données sa pesanteur et son altérabilité, il est très recherché en ébénisterie et en carrosserie ; on en fait aussi- des manches d'outils, des bois de chaises, des dents d'engrenages, des chevilles, des cercles. C'est, en outre, un bois de feu de première qualité, ayant cependant l'inconvénient d'éclater (Pardé) ;1).
(1) Voir encore, pour plus de détails : Michaux, loc. cit., t. I, p. 218 et
BOIS eioTiQiîEs d'importation 9K5
Essais d'acclimatalion en France. — Les caryas sont rustiques chez nous, pour I» plupart ; on peut les élever en massif. Us se reproduisent facilement de semence, mais rejettent mal de souche. 11 faut opérer les semis sur place et non en pépinière, car les jeunes plants ont un pivot trop long pour être transplantés sans danger.
Fig. *7C. — Carj/aalba {hieliory).
Principales espèces. — Ce sont a) Carya hlanc {Carya alba Notlal). Syn. : noyer blanc. Il faut noier que le C. hlanc de Niillal n'est pas le noyer blanc de Linné. Cet arbre est l'Hickory proprement dil {She//èar/i hickory); h) Carya des pourceaux
936 CHAPITRE IX. — i^:ti'De spéciale des bois utiles
{Carya porcina Nuttal) ou C ^/aAraMilL, Pignut^ Hagnut. Ces deux espèces donnent le meilleur bois.
Citons quelques autres espèces dont le bois est employé r* dans les pays d'origine :
Carya amer {C, amara Nuttal). Noyer amer, Bitter mit, Sicamp mtt,
C. tomenteux (C tomentosa Nutt.). Noyer tomenteux, Mooker mit, White heart hickory (en Amérique).
C. pacanier(C. olivaeformis ^uii.). Noyer pécanier, Pecanp nut hickory^ etc.
108. liC eèdre à «rayonn. — Syn. : Genévrier de Virginie {Juniperus Virginiana L.), Cèdre rouge, cèdre de Virginie Red Cedar^ Cèdre de la Caroline.
C'est un assez grand arbre, pouvant atteindre 23 et même 30 mètres de haut sur 1 de diamètre, qui croît dans les provinces orientales du Canada et des Etats-Unis, depuis la baie dlludson jusqu'au golfe du Mexique et qu'on retrouve au Canada sur le versant du Pacifique.
Le bois est assez léger, à aubier blanc ou blanc rosé, à cœur rouge clair ou rouge jaunAtre ; c'est la couleur rouge du bois de cœur qui a valu à l'arbre le nom de cèdre rouge ; les zones d'accroissement sont rendues distinctes par des lignes circulaires brunâtres correspondant au bois d'automne ; il est brillant, facile à fendre et à couper ; il possède une odeur caractéristique assez forte, persistante, tout le monde a eu l'occasion de la sentir en taillant des crayons. Ce bois est très durable. Il est employé chez nous à la fabrication des crayons; on en fait aussi des caisses, des meubles communs ou des intérieurs de meubles que les amateurs désirent en bois odorant, des pieux ; il entre aux Etats Unis, dans les constructions maritimes ; il est recherché pour la fabrication des pianos. On en importe en Europe des quantités assez notables. La France en a reçu 845 tonnes en t900. Il arrive chez nous en billes équarries de 20 à 40 centimètres d'équarrissagc.
On cherche à acclimater cet arbre en Europe ; il est peu exigeant au point de vue du sol, mais préfère les terrains sablonneux, frais, riches en humus; il s'accommode toutefois des terres légères et sèches. Il est très rustique chez nous, et les essais faits en France dans le domaine des Barres, en Aile-
BOIS ExoTfQUEs d'importation 957
magne, notamment à Weinheim, et en divers endroits de Belgique, ont bien réussi. Il y aurait grand intérêt, dit M. Pardé, à introduire le G. de Virginie dans nos forêts, notamment dans les sols légers des bords de la mer.
tf>B. E.€ft (( bolA de eèdre ». — On comprend sous ce nom des bois appartenant à des plantes très différentes : le cèdre proprement dit ou cèdre du Liban, divers cyprès, des genévriers comme le genévrier de Virginie ou cèdre rouge (voir ci-dessus), des Thuya comme les Th. occidentalis et thyoïdes qui donnent le cèdre blanc et le bois de cèdre des CanarieSy le Thuya articulé [Callitris çuadrivalvis), qui était sans doute le bois de Citrus de l'antiquité, corruption du mot cedrits^ et, d'ailleurs, les anciens comprenaient sous cette désignation les résineux en général.
Nous avons en vue ici le bois de deux espèces qui donnent lieu, sous le nom de cèdre^ à une certaine importation, savoir 614 tonnes en 1900, pour la France; ce sont : le Thuya giganlea donnant un « cèdre rouge », et le Thuya excelsa donnant un « cèdre jaune ».
A. Thuya géAiNT, Thuya gigantea^}i\idi\ ; Syn. : Th. Menziesii Douglas ; Th. Lobbii des horticulteurs. — Cèdre rouge.
Ce Thuya habite, au Canada et aux Etats-Unis, les provinces qui bordent l'Océan Pacifique. C'est un très bel arbre qui peut atteindre jusqu'à 50 mètres de haut sur 3 mètres et plus de diamètre ; le fût est droit, élancé, la cime, très importante, est en forme de cône.
Le bois présente un aubier blanc et un cœur rosé ; il est léger, très durable et d'un travail aisé ; il est employé en menuiserie, notamment pour faire les portes et fenêtres, et sert à la construction des canots ; on en fait encore, dans le pays d'origine, des traverses de chemins de fer, car c'est un des bois qui résistent le mieux à l'humidité.
Cet arbre a été introduit en Europe vers 1860, il s'y est montré rustique et d'une croissance rapide ; on en connaît de très beaux échantillons notamment en Allemagne dans le parc de Heidelberg et dans la forêt de Weinheim : en France, dans le domaine des Barres, etc. Il réclame des sols frais, assez substantiels et une certaine humidité atmosphérique.
9()0 CHAPITRE IX. — ÉTUDE SHKCIALli DES BOIS UTILES
C'est certainement ce bon que les Romains désignaient sous le nom de Citrus, corruption de Cedrus, très probablement. Ils faisaient avec ce dois de cure, des meubles qui étaient pour eux l'objet d'une vraie passion. Une table de ce bois fut payée, à l'époque de Cicéron, un nombre de sesterces faisant la valeur de 350,000 francs de notre monnaie. Il serait sans doute impossible de trouver actuellement en Algérie, des racines de Callilris ayant des dimensions suf^santes pour subvenir à de semblables usages. On doit supposer que les Romains soumettaient l'arbre à un traitement spécial, tel que des recépages répétés à des époques convenablement choisies. La forination de telles loupes réclame un laps de temps très considérable.
Un produit accessoire de cet arbre est une résine particulière, la Sandaraque, que l'on obtient au moyen d'incisions longitudinales pratiquées dans l'écoree jusqu'au bois ; la résine s'écoule et se solidifie presque aussitôt. Elle est dure et blanche, elle sert à la préparation de vernis, et, réduite en poudre, elle est employée pour enlever au papier frotté au grattoir, la propriété d'absorber l'encre.
»ttt. boIb d'èraMf). — Il s'agit de bois fournis par des érables nméricains, notamment par l'érable à sucre et l'érable A grandes feuilles, dont on estime particulièrement une variété de bois à macules rondes (Bîrd's eye Maple), cet érable moucheté est payé très cher par les ébénistes. Il est caractérisé par de petites taches rondes plus ou moins rapprochées et produisant un très bel effet quand le bois est verni.
On emploie ce bois d' « érable à œil d'oiseau » surtout en placage pour le revêtement intérieur des meubles et aussi pour plafonds de wagons de luxe. Il nous arrive en billes rondes de 30 à 50 centimètres de diamètre sur 2 À 4 mètres de long.
L'érable à sucre {Acer sacchai-'uium Vangenheim) est au nombre des espèces que M. Pardé comprend dans la liste des végétaux ligneux à acclimater chez nous. Il est commun dans les provinces du Nord des Etats-Unis et au Canada sur le versant de l'Atlantique. C'est un grand arbre rappelant
tlOlS EXOTIQLKS D IMPORTATION 901
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notre érable plane. Il demande un sol assez fertile ; il est '^
rustique sous nos climats.
Le bois est blanc quand on le débite, mais il acquiert bientôt une teinte rosée à Tair ; il est lourd, dur, prend un beau poli qui lui donne une apparence soyeuse et comme lustrée mais ce poli est peu durable. Il est très recherché aux Etats- Unis par les menuisiers, tourneurs, charrons, armuriers ; on l'emploie aussi pour la charpente intérieure. C'est, de plus, un excellent bois de chauffage. Une variété de ce bois, ainsi que de celui de l'érable à grandes feuilles (A, macrophylliim Pursch.), fournit, comme nousTavons déjà dit, le bois d'érable moucheté, importé en Europe (1).
Un autre érable américain fournissant un bois fort estimé, que Ton pourrait tenter d'acclimater chez nous, est : \ Erable rouge [Acer rubrum Lin.). Il croit, aux Etats-Unis et au Canada, sur tout le versant de TAtlantique et son aire s'étend assez loin dans le Centre et le Midi des Etats-Unis. Il atteint généralement une grande taille et recherche les terrains humides et les sols siliceux. Il est rustique dans nos pays. Son bois, à cause de ses paillettes brillantes, a reçu le nom de Curled maple ou de bois frisé \ il est grisâtre, souvent teinté de rouge, homogène, lourd, dur^ facile à travailler, susceptible de prendre un beau poli. Il est fort estimé des ébénistes et tourneurs.
S^9. Bol« de «itron des ébéolsieM, d'EspenllIe on d*Hl«paniUe ; boi« siiilaéii ; bols de «lirooiiler et d'oranger.
— Les bois de citron ont pour caractère commun d'avoir une couleur jaune et une odeur analogue à celle du citron. Ils sont veinés ou tachetés de jaune plus foncé. Le nom qu'ils portent leur a été donné à cause de leur couleur et de leur odeur, mais non à cause de leur origine, ils ne proviennent en aucune façon des citronniers ou orangers^ lesquels ont un bois blanc et inodore. Ces bois, quoique faisant Tobjet d'un important commerce, ont une origine mal définie. Ils sont probablement fournis par VErithalis fructicosa^ C. (Rubiacées), mais aussi par d^autres plantes.
(1) La sève de cet arbre, qui forme de grandes forêts dans l'Amérique du Nord, fournit un sucre cristallisable, employé aux Etats-Unis où la betterave manque, au même titre que le sucre de la canne à sucre.
CUAPITHË IX. — ÉTUDE SPJÊCfALlS MS BOIS UTILES
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Ces bols portéat aussi dans le commerce le nom d'Hispanil/e, parce qu'ils sont venus d'abord, et arrivent toujours en plus grande quantité, de la partie espagnole de Tile de Saint- Domingue, appelée longtemps Hispaniola,
Ces bois sont tendres, faciles à travailler, susceptibles d'un beau poli satiné et font de beaux meubles. Leur couleur est jaune pâle et Todeur de citron dont nous avons parlé est persistante, très agréable. La coupe transversale présente des lignes concentriques nombreuses, disposées à des espaces réguliers, avec des lignes radiales très serrées, très apparentes, non continues et longuement amincies à leurs extrémités.
Les bois de citron sont employés en ébénisterie, marqueté* rie et pour les ouvrages de tour.
Ils arrivent des Antilles (Saint-Domingue, etc.) en billes équarrics et privées dVubier, de 2 à 6 mètres sur 20 à 50 centimètres de large et 16 â 22 centimètres d'épaisseur. Leur poids est considérable. Ils arrivent aussi de Ceylan, en billes rondes pourvues de leur écorce ; elles ont de 3 à 6 mètres de long et 40 à 60 centimètres de diamètre.
908. Bol* mmUtkéM. — Les Anglais désignent le bois d'his^panille sous le nom de satin wood [bois satiné)^ mais ils confondent sous ce nom les bois satinés de Saint*Domingue (hispanille) et un bois de l'Inde produit par le Chloroxylon Swietenia (Géd rélacées).
C'est ce dernier bois que les Allemands appellent aussi Salinholz, bois satiné. La coupe radiale de ce bois présente comme des écailles satinées brillantes, dues aux rayons médullaires ; les vaisseaux sont très nombreux, serrés, remplis de résine jaune citron et sont séparés les uns des autres par du parenchyme.
En France, les bois désignés sous le nom de bot? sati?iés proviennent surtout du Férole de la Guyane (Ferolia Guianensis Aublet). Ce bois est rouge jaunâtre veiné de rouge et peut recevoir un beau poli satiné. 11 est particulièrement recherché pour la confection des meubles imitant Fanciea.
•04. Bols de oltronnlcr ei d'oraoger. — On confond bien souvent en France les bois de citron, dont nous venons de parler, avec ceux des citronniers et, en un mot, de la plupart
fiOlS ËXOtlQUKS D IMPOBTÂTION
des espèces du genre Citrus et genres voisins appartenant aussi à la famille des Aurantiacées, notamment : Toranger [C, aurantium) ^ le bigaradier (C bigaradia)^ le limonier (C. limonum)^ etc.
Ce sont des arbres d'asses petite taille, originaires de l'Asie tropicale d'où ils se sont répandus dans l'Europe méridio^ nale et le Nord de l'Afrique. Leur bois est très dur, très pesant, très liant, à grain très fin, susceptible d'un beau poli. II est d*un jaune pâle veiné ches le limonier, blanc gris et moins beau chez le bigaradier, blanc chez l'oranger, quelquesfois marqué de taches uniformément rouges au centre, sans veines apparentes, ni rien de remarquable.
Ils sont tous inodores.
Ces bois, notamment celui de limonier (ou citronnier), sont très estimés pour l'ébénisterie et l'on n'en fait que des meubles de luxe, on les emploie aussi en marqueterie ; ils sont recherchés pour la fabrication des métiers articulés.
On peut les utiliser aux mêmes usages que le bois d'olivier (voir p. 868).
D'ailleurs ces bois sont fort rares dans le commerce, car ces végétaux sont bien plus souvent exploités pour leurs fruits que pour leur bois ; il faut, pour qu'on les abatte, qu'ils ne donnent plus ni fleurs ni fruits.
Nous avons dit, en parlant du Thuya articulé {Callitris (ftÀadrivalvi8),qne le fameux bois de Citrus des anciens n'était pas un bois de citronnier, comme on l'a pensé quelquefois, mais bien le bois du Thuya en question.
Ce mot Citrus des anciens doit être une corruption do celui de Cedrus qui servait alors à désigner les résineux en général.
Bols de vof»«. — Le nom de bois de rose désigne on grand nombre de bois caractérisés soit par leur odeur, soit par leur couleur ; aucun n'appartient à des plantes de la famille de Rosacées. Les bois de rose du commerce ont pour caractère commun leur parfum qui rappelle celui de la fleur connue.
Ce bois nous arrive surtout du Brésil et de la Guyane. Le dois de rose du Brésil eni le Tulip^wood de» Anglais, c'est le vrai hais de rose des ébénistes i il faut l'attribuer probable* ment au Physocalymna floribundum Pohl (Lythrariacées). Ce
9Sl CHAPITUK IX. — ÉTUDE SPÉCIALK DES BOIS UtlLES
l>ois est très pesant, à grain très fin, se travaillant, se polissant et se vernissant très bien ; sa couleur est rose, rouge pâle, ou rose jaunâtre veiné de rouge plus foncé ; il est à fibres droites, lorsqu'il provient de la tige, noueux et ronceux quand il estproduit parla racine. lia une faible odeur de rose, qui devient plus forte lorsqu'il est râpé ; sa saveur est amère et acre. En somme, ce bois doit son nom -autant à sa couleur qu'à son odeur. L'aubier, dont il reste parfois des traces dans les pièces importées, est blanc; le cœur parait un peu huileux.
Le bois de rose, qui est rare, est recherché pour la fabrication des meubles de luxe, surtout du genre Louis XV, avec incrustation de mosaïque, marqueterie, émaux et garniture de cuivre doré.
On en fait souvent aussi des coffrets, écrins, des nécessaires, etc., qui sont toujours confectionnés avec luxe et élégance, comme il convient étant donnés leur prix élevé et la beauté de la matière première.
Le bois de rose des ébénistes arrive en bûches cylindriques de 1 m. 30 de longueur sur 11 à 16 centimètres de diamètre ou bien en souches plus ou moins volumineuses et irrégulières. Les billes ou bûches sont toujours dépourvues de leur aubier.
Il existe une variété de bois de rose qui vient de Bahia et que les Portugais désignent sous le nom de Condttru et à laquelle s'applique^ plus encore qu'à la précédente, le nom de Ttilip'Wood que donnent les Anglais à ces bois.
Il présente des couches alternes, blanches et roses, très tranchées, qui rappellent la disposition de certaines tulipes panachées.
Les bois de cette variété ont, dans le commerce, 1 mètre à 1 m. 50 de long sur 20 à 25 centimètres de diamètre. C'est elle que Guibourt désigne sous le nom de faux bois de rose du Brésil. Elle constitue un bois plus beau peut-être que celui de la variété précédente.
Nous ajoutons ici une liste de « bois de rose » beaucoup moins importants que ceux que nous venons d'étudier.
Cayenne : Licaria Guianensis Crubl. ; Jamaïque : Ami/ris balsamifera L. ; Chili : Calliguajaodorifera ; Chine : Tsetau^ arbre indéterminé ; Indes : Dalbergia lalifolia, Roxb. qui
BOIS EXOTIQÏES D IMPORTATION 965
donne le black rose ou Malabar sissoo et le China rose-wood ; Martinique : Cordia Myxa L. Portent encore ce nom : les bois de plusieurs Co?*dia^ celui du Convolvulus floridiis n, scoparius, etc.
•M. Roéln. — Syn. : angl. : Balian ; allem. : Stuhlrohr ; holland. : Rotan ; ital. : Canna dlndia.
Les tiges flexibles connues en Europe sous le nom de rotin proviennent de palmiers du genre Calamus^ dont la principale espèce est le Calamus Rotang, Ce sont des végétaux lianoïdes à tige grêle, couverte de piquants courts et fins, de même que les feuilles. Ils grimpent et s'enlacent autour des arbres voisins qu'ils enserrent dans un réseau inextricable. Ces tiges atteiguent facilement plus de 150 à 200 mètres de longueur.
Ils habitent principalement TAsie orientale et sont plutôt rares en Australie et dans l'Afrique tropicale. Les régions où l'on emploie surtout le rotang sont ; Tlnde, Ceylan, la Birmanie, la Màlaisie.
Ils poussent aussi en Indo-Chine, entre 9^ et 22** de latitude, mais ils ne sont pas assez abondants nulle part, pour qu'il y ait lieu de les exploiter pour l'exportation en Europe, comme cela se fait dans la presqu'île de Malacca et presque toute rinde ; ils sont utilisés sur place. L'exploitation en est d'ailleurs fort déréglée dans cette contrée, où les indigènes ont trop souvent recours à l'incendie pour défricher et où ils mangent les jeunes pousses, comme celles de la plupart des autres palmiers. De plus, le climat indo-chinois avec ses six mois de sécheresse, ne convient pas aussi bien à ces végétaux qui exigent une assez grande humidité. Les principales espèces de Calamus de nos possessions d'Extrême-Orient, sont le (7. rudentum Lou. et le G. vents Lou., seules elles possèdent des tiges capables d'acquérir le diamètre d'un doigt.
Le rotin est remarquable par sa ténacité, le poli de sa surface, sa flexibilité, la propriété qu'il a de se fendre en lanières déliées. Il rend, dans les pays d'origine, d'immenses services. Les Chinois et les Malais s'en servent à tresser de gros câbles pour leurs jonques; les Hindous en font des nattes, des tapis, des paniers, après avoir fendu les tiges en lanières minces,
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ainsi que des fauteuils et ciiaises longues, industrie qui a sans doute été copiée sur les Européens^ mais qui est aotuel* ment fort répandue aux Indes. On en fait même, surtout dans le nord des Indes, des ponts suspendus construits avec une grande hardiesse. On choisit, pour en constituer les chaînes, de belles tiges ayant de 100 à SOO mètres de longeur. Ces ponts, étant établis au-dessus de torrents sujets à desorues, sont généralement jetés à un6 grande hauteur.
En Europe, on en fait, sous le nom de palmier jonc ou de Jonc, des cannes d'un prix plus ou moins élevé suivant la qualité ; on en confectionne des sièges, de la vannerie, des garnitures de harnais, de selles, des baleines de parapluies, des tapis, etc. On le coupe, à l'aide de machines spéciales, en bandes minces qui sont ensuite soumises à une préparation particulière. Le rotin se teint facilement de diverses couletirs.
La France en importe annuellement 3 à 4 millions de kilos, TAllemagne, plus de 10 millions dont les Indes anglaises fournissent la partie la plus considérable.
Le rotin se vend en Malaisie, de 86 à 65 francs le picul (60 à 62 kilos) ; on Texpédie en ballots d'un picul. Le fret s'élève, pour cet article, à 7 francs environ.
f07. BamlHia. — Syn. : latin : Bambum ; allem. : Bamburohr ou Indianesches Rohr ; angl. : Bamboo ; hoUand. ; Bamhoes ; ital. ; Bambù ; malais : Boulouh ; hindou : Raiis ; javanais : Preug,
Les bambous appartiennent à la famille des Graminées. Ce sont des arbrisseaux ou des arbre» à tiges creuses, divisées par des cloisons correspondant à des nœuds saillants d'où partent les ramifications sur lesquelles sont disposées les feuilles, les fleurs et quelquefois les épines. Ils atteignent parfois 30 mètres de hauteur sur 15 centimètres de diamètre ; certaines espèces ne dépassent pas 3 mètres de haut et l'épaisseur d'un doigt.
Il existe plus de 24 bonnes espèces de bambou, indigènes de l'Asie tropicale et subtropicale, àCeylan, Java et aussi en Indo-Chine, Chine, etc. L'une d'entre elles, le Bambusa arundiriacea, est aujourd'hui naturalisée dans toutes les régions
B018 EXOTIQUES d'iMPORTATION 967
chaudes du globe. Les bambous occupent parfois, dans l'Asie tropicale et subtropicale, de vastes étendues.
Le bambou se place aux premiers rangs des végétaux utiles à l'homme. Il peut servir à construire des maisons entières, on en fait des planches en fendant la tige suivant des géno* ratriees et en aplanissant la paroi du tube cylindrique, opération que l'on rend plus facile au moyen de quelques incisions longitudinales, ces planches sont très élastiques et en môme temps assez résistantes; le mobilier de la maison est souvent entièrement en bambou. On en fait encore des pirogues et des avirons (Laos). Les tiges étant creuses et séparées par des cloisons on peut en faire des vases, des seaux, des pots à tabac, des ustensiles très divers ; on en fait aussi des conduites d'eau. Avec les fibres libériennes on fabrique un excellent papier, surtout en Chine ; ce papier, h India papern den anglais, est l'objet d'une exportation considérable, il est très utile pour faire les reports en lithographie. On s'est mis à fabriquer un papier de bambou au Tonkin (Hanoi). Les jeu*nes pousses sont tendres et consommées en guise d'asperges ou môme de raves, car les indigènes du Laos, par exemple, les coupent en tranches minces et les accommodent ensuite d'une façon très particulière. On consomme les jeunes pousses surtout en Chine et au Japon.
En Europe, on utilise le bambou importé pour toutes sortes d'usages bien connus : cannes à promenade, cannes à parapluie et à pèche, échelles, mÀts pour bateaux de plaisance, étagères, porte-parapluies, sièges, fauteuils, paravents, cadres, socles, séchoirs, vases à fleurs, sans oublier les lan^^ ces des dragons, les perches des allumeurs de gas, etc.
108. Jkuiwem lioiv emotlqnes d'élièiil«torle moins Miawent •mployé* dans le oomineroe.
Bois d'Aûossois. — Syn. : b. Baptiste^ b. sanglant, b. à la fièvre. Provient d'un Millepertuis arborescent (Hypericum sessilifolium^ Hypericacées).
Bois d'Acouma ou Acoumat du Homalium racemomm (fam. des Samydées) et du Bumalda salicifolia.
Bois d'Agatis ou Agouti, Vitex divaricata (Verbénacées) et Aeschinomene grandi flora (Légumineuses-Papilionacées).
Pois d'Agara ou p'Aora, ou bois de senteur. Très employé
968 CHAPITHK IX. — itTlDi: Sl'ÉCIALE DES îlOrS UTILES
en Chine et au Japon, ce bois possède une odeur spéciale qui le fait rechercher en parfumerie.
Bois d'âloés, bois d'Agalloche, bois d'Aigle, bois de Calambac.
Tous ces derniers bois se ressemblent beaucoup. Il ne faudrait pas croire qu^ils proviennent des plantes appelées Aloès (Liliacées) qui donnent l'aloès purgatif. Ils tirent leur origine de divers arbres et doivent leur nom à leur saveur amère et plus encore à ce fait que les Hébreux nommaient ces bois ahalotj d'où est venu sans doute le nom d'aloès qu'on leur applique par suite d'une traduction inexacte.
Il en est qui proviennent d'arbres du genre Agalloche (du grec Agallochon) (Euphorbiacées) comme VExcœcaria Agallocha L. ou arbre aveuglant^ ainsi appelé parce que, dit-on, des matelots ayant frappé de leur hache un de ces arbres, dans rinde, il en jaillit un suc qui, ayant atteint leurs yeux, les rendit aveugles. Il est assez commun dans Tarchipel des Moluques, les lies Philippines, Ccylan, Timor, Java, Sumatra, Bornéo, et, dans le Malabar, autour de Cochiu et de Paloerti. Ce bois a une couleur ferrugineuse, il est dur, et fragile comme du verre, très amer, résineux et il s'enflamme avec la plus grande facilité, répandant en brûlant une odeur très agréable.
UAqinlaria Agallocha Roxb., et CA, malaccencis Lam., (Thyméléacées) de Malacca et Sumatra, donnent un bois d'aloès appelé aussi bois d'aigle.
Le bois d'aloès est souvent désigné sous le nom de bois de calambac ou calambar, calambour, calambouc. Ces bois sont originaires de ITnde, de Malacca, de la Chine, de la Cochinchine {Aloexylon agallochum Lour!), du Japon, du Mexique,etc. Ils sont assez rares en Europe et mal définis, car il en est qui tirent leur origine d'autres arbres que ceux cités ci-dessus. Le bois d'aloès présente souvent une disposition jaspée de teintes, qui lui a valu le nom de bois d'aigle que lui donnent particulièrement les Portugais ; cette disposition rappelle, en effet, le plumage de Taigle. Il y a des variétés de ces bois qui sont odorantes à froid et d'autres, sans odeur, mais tous produisent en brûlant une odeur aromatique agréable (1).
(1) Ces bois aromatiques étaient employés par les Juifs, et la plupart des peuples de l'Orient, pour les fumigations et les embaumements funéraires. On
BOIS BXOTiQUEs d'impurtation 969
On fait^avec ces bois, de très curieuse apparence, des objets de tabletterie : boites, étuis, écritoires; chapelets et divers ustensiles de dévotion très recberchés des daines mexicaines, espagnoles et portugaises. Le principal usage de ce bois en Orient consiste à le brûler dans des cassolettes pour parfumer les appartements.
C'est Taloës du Mexique qui porte spécialement le nom de />. de Cqlambac^ c'est celui qu'on reçoit le plus en France. Les autres variétés d'aloès sont généralement en petits morceaux de 15 à 20 cm. que Ton emploie surtout en parfumerie.
Bois d'Amboîne (voir p. 939).
Bois d'Angico, a. (TAngïk, h. (TAngika (ou Aylante ?). — Ce bois est fourni par plusieurs acacias du Brésil tels que VA . Angico Mart., le Pithecollohhun gummiferum Mart., et le Pithecollobhim Avaremofemo. C'est un bois très dense, très dur, à aubier jaunâ^tre et cœur rouge, l'un et l'autre traversés par des veines brunâtres ; on voit sur la coupe transversale des zones alternativement claires et foncées très distinctes. On le substitue parfois à l'Acajou, auquel il ressemble. Il est satiné et se polit à merveille.
Ce qu'on en a reçu en France et en Angleterre est venu du Brésil et de Chine, en madriers de 1 à 2 m. de long, sur 15 à20 cm. d'équarrissage.
Bois d'Anis, de Badiane otid'AniseUe, — On comprend sous ces noms des bois ayant une odeur analogue à celle des fruits d'anis. Ils appartiennent à différents végétaux : des Lauracées comme le Persea gratùsima Gaertn. ou Avocatier de l'Amérique du Sud, planté à Bourbon et dans les Antilles ; VOctea pichiirim H. B., qui vient en Amérique; des Magnoliacées
lira avec intérêt, à ce sujet. Tétude de M. le D*^ Saint-Lager intitulée : u La perfidie des homonymes, Aloès purgatif et bois d'aioès aromatique )>, Annales de la Socièlé linnéenne de Lyon, 1902, p. 83. Ce savant relève Terreur commise par M. P. Vignon qui, trompe par l'homonymie des termes, confond, dans son ouvrage sur • le linceul du Christ, Paris, 4902 », l'aloès purgatif avec les bois aromatiques dits « bois d^aloès ». Celte erreur enlève toute signification aux expériences faites par M. Vignon, en se servant de l'action des vapeurs ammoniacales sur Taloèline de l'aloès officinal, dans le but de démontrer que la fameuse empreinte devait résulter de Teiïet produit par le carbonate d'ammoniaque de l'urée de la sueur, sur l'aloès en question. Le corps du Christ avait été enseveli avec des aromates, comme cela se pratiquait chez les Juifs ; mais il s'agissait de bois odorants et non de l'aloès ofticioai.
comme le Badanier ou Anis étoile, Illicium anisaium de la Chine, aussi fort répandu en Indo-Chine (A.nnam) où on l'ex« ploite seulement pour l'essence que produit le fruit et pour le fruit lui-même.
Le bois est d'une couleur brunâtre, il est dur, cassant, il est propre à la tabletterie et à la marqueterie. On l'exploite en bûches asscE volumineuses, privées de leur écorce. Le bois du Badanior est vendu & part pour être employé en parfumerie et en pharmacie, ce bois participe des propriétés du fruit de cet arbre. Il arrive en morceaux longs de 15 cm. environ. Il est rugueux, grisâtre et répand une odeur d'anis très aocentuée.
Le bois d'anis, rapporté inexactement au Sassafras, Laurus Sassafras^ arbre de la fam. des Lauracées, est quelquefois désigné sous le nom de hois de Sassafras.
Bois d'amarante. — On trouve dans le commerce, sous ce nom, deux bois très différents que l'on peut désigner, d'après leur couleur, l'un bois d'amarante violet^ l'autre bois cPama^ ranie rouge.
a) B. cTamarante violet. C'est le Purple-ivood du commerce anglais. Ce bois est compact, pesant, à grain très serré, préson<« tant sur une section transversale un pointillé très fin disposé par lignes ondulées et rapprochées. Nouvellement coupé sa couleur est gris foncé, il acquiert vite h Tair une teinte violette uniforme, il se polit bien et apparaît alors brun rougeÀtre. Il a été quelquefois confondu, à tort, avec le bois violet^ plus rare et plus beau. La couleur uniforme du bois d'amarante violet, et les veines tranchées du bois violet, suffisent à les difr» tinguer.
Le bois d'amarante violet est arrivé de Cayenne et du Brésil en bûches, en poutres ou en madriers d'un volume considérable. Il est produit par les Copaïfera publiflora et bracleata Benth. (Césalpinacées). Il est employé en ébénisterie.
b) B. d'amarante rouge. Ce bois, très beau, est fort rare dans le commerce et parait venir du Brésil. Il est très lourd et compact ; susceptible d'un beau poli. L'origine botanique de ce bois est incertaine (Guibourt).
Bois d'Aspalath, de Cygne ou de Chypre. — Ces bois sont généralement rapportés à YAspalathus ei^/u^5 (Légumineuses- Papilionacées Génistées) et à quelques autres plantes.
BOIS EXOTIQUES d'iMPOBTATION 971
Ce sont des bois lourds, de oouleur foncée, avoines longitudinales accentuées ; ils sont peu résineux, ayant une odeur très faible; ils s'enflamment facilement et répandent, quand ils brûlent, une odeur de bois pourri ; ils sont sans saveur. Ces caractères d'odeur et de saveur lesdisting^uentdes bois d*aloès et d'agalloobe, auxquels ils ressemblent d'autre part, lisservent d'ailleurs aux mêmes usages.
On reçoit ces bois des Indes occidentales, c'est-à-dire d'Haïti, de la Jamaïque et des autres Antilles. Ils arrivent en bucbettes d'environ 35 cm. de long. On les préfère, pour cer« tains usages de tabletterie, h des bois plus odorants.
Bois DE Brésil ou deFernambouc ou Brésillet deFeniambouc, — Il tire son nom du pays d'où nous le recevons (1) et appartient au Cesalpinia echinata Lam.., (Légumineuses-Césalpi* nacées) qui croit en abondance au Brésil et à la Jamaïque. Ce bois est recouvert d'un aubier très blanc qu'on enlève avant do Tenvoyer, ce qui en diminue très considérablement la taille. Il est dur, compact, d'une couleur rouge pâle qui devient jaunâtre à l'intérieur, elle passe au brun rouge à l'air. Il est inodore et à peu près insipide. Il colore à peine l'eau froide, mais donne un décocté rougeàtre peu foncé et une teinture alcoolique rouge jaunâtre bien plus foncée que la liqueur obtenue seulement avec l'eau. On l'emploie pour la teinture avec d'autres espèces de Césalpiniacées donnant de moins bons produits : bois de Sainte-Marthe^ de Nicaragtuij de LirnUy de Sappan, etc., (voir plus loin : Bois de teinture). On emploie le bois de Brésil, non seulement pour la teinture, mais aussi pour la lutherie et la marqueterie.
11 nous arrive en bûches rondes ou aplaties ou en éclats de toutes grosseurs, depuis 2 jusqu'à 30 kilos, qu'on utilise surtout pour la teinture.
Bois Dt Camagoon. — Ce bois, dont nous avons parlé, p. 947, nous est expédié, depuis peu de temps de Manille^ en billes ayant 5 à 7 mètres de long sur 50 à 75 cm. Il est brun, dessiné de veines très larges, tantôt noires, tantôt d'une teinte
(1) Le nom de Brasil ou Brésil était donné en Europe au moyen-âge à un bois de teinture provenant des Indes par voie d'Egypte. Lorsque Cabrai découvrit, en 4500, la côte orientale de l'Amérique du sud, lui et ses compagnons furent frappés de l'importance des bois rouget produits par le pays. C*est pour cette raison qu*il lui donnèrent le nom de Brésil.
972 CHAPITRE IX. — iSrUDE SPÉCIALE DES BOIS UTILES
plus pâle. Il parait très recherché en Chine où on en fait des meubles de prix.
Bois de Courba ril. — Ce bois provient en partie de VHymeruea Courbaril L. (Légumineuses-Césalpiniacées) ; c'est un arbre très élevé qui croit au Brésil, au Mexique et dans les Antilles. Le bois est rouge, très dur, pesant, présentant sur sa coupe longitudinale des sillons semblables à des mouchetures faites au burin et dirigés alternativement dans deux sens différents. L'aubier a la couleur du bois de chêne et n'est pas employé. Le bois de cœur est de teinte trop uniforme, et les mouchetures dont nous avons parlé ne permettent pas un poli suffisant pour que ce bois soit jamais employé à la confection des meubles de prix^ néanmoins il est utilisé, surtout dans le pays d'origine, en ébénisterie pour faire des ustensiles et des engins mécaniques d'une grande solidité et d'une grande résistance.
Le bois précieux, appelé dans le commerce bois de Courbaril^ n'est point le précédent; il provient de VAsiroîiium fraxinifolium (Anacardiacées). C'est un des plus beaux que Ton puisse employer pour Tébénisterie. On le confond souvent en France avec le bois de courbaril proprement dit dont il porte le nom dans le commerce.
Il vient de Rio-de- Janeiro en bûches, planches, billes et gros madriers carrés. Il est très dur, très compact, susceptible d'un beau poli. Sa couleur varie du rouge feu au rouge foncé, avec de larges veines noires d'un très très bel effet.
Ce bois est encore désigné sous le nom de B. de Gonzalo- Alvrs ; en Angleterre, on l'appelle bois de zèbre, et dans plu- .sieurs contrées de l'Amérique, gateado, ce qui signifie bois de chai, nom que lui vaut sa rayure noire rappelant plus ou moins celle du chat, du zèbre ou du tigre. Le Brésil en fournit plusieurs qualités qui doivent être produites par diverees espèces d'Aslronium (Guibourt).
Bois DE CouMARou. — 11 cst produit par le Coiimaromia odorala Aubl., grand arbre dont le fruit est la fève tonka, si riche en coumarine (parfum du « foin coupé »). Ce bois est d'une dureté comparable à celle du gayac. Il est d'un jaune rosé, à grain très fin, présentant, en coupe longitudinale, tantôt l'image d'une chevelure ondoyante, tantôt l'apparence du
BOIS EXOTIQUES d' IMPORTATION 973
bois de perdrix dont les couleurs seraient adoucies et fondues Tune dans l'autre.
Ce bois pourrait faire de fort jolis meubles, malheureusement il arrive trop souvent troué de part et d'autres de galeries ayant le diamètre du doigt, qui résultent du travail d'insectes sur l'arbre encore vert.
Bois DE Cartan. — Ce bois, fort rare, vient surtout de la Guyane anglaise. Il est très dur et très lourd, d'une belle couleur orangée. On pense que c'est lui que Schomburgk a nommé cartanieh des Indiens macusi et qu'il correspond au pao de raniha des Brésiliens. H provient du Centrolohium robustum.
Bois DE Cayenne. — On distingue sous ce nom générique des bois provenant d'arbres divers de la Guyane française et poussant, d'ailleurs, aussi dans les Guyanes anglaise et hollandaise. Ils n'ont de commun que leur provenance. Nous étudions plus loin chacun de ces bois et nous nous contentons de les citer ici : ce sont les bois de lettre ou b. de serpent, le b. amarante^ le b. d'angelin, le b. satiné, leb. de boco ou coco ou bois de fer du commerce, le bois de chatousieux, le bois de corne fétide ou b. caca, le b. de panacoco ou bois de fer d^Aublet, le chêne vert, abeille ou Balata lequel est un bois très dur et très lourd nous arrivant en fortes billes équarries; il sert pour la mécanique, les archets de violon, etc. ; le bois de Patawa ou Patoua ; le h. de perdrix ; le b. de rose femelle^ bois léger de couleur jaune donnant une bonne odeur et utilisé surtout pour faire une essence de parfumerie ; le b. Saint-Martin ou Paccouri, peu employé : cannes et tabletterie ; le b. de Tatayouba ou Tatajuba.
a. Bois de boco, b. de panacoco ^ b, de fer^ b. de perdrix. — Ces noms, souvent employés les uns pour les autres dans le commerce, correspondent à deux espèces d'arbres de la Guyane.
1. Bois de panacoco ou bois de fer d'Aublet ou bois de perdrix A\x commerce de Paris ; Pferdefleischholz des Allemands. Ce bois provient d'un des plus beaux arbres de la Guyane, le Robinia protiasensis Aubl. (Légumineuses) dont le tronc présente d'énormes côtes longitudinales. Le bois est rougeâtre, très dur et compact ; l'aubier est blanc. Le b. de perdrix du commerce arrive en bûches de 23 centimètres et plus de dia-
974 CHAPITRE IX. — ÉTUDE SPÉCfALE DES bOIS tJTiLËS
mètre, poui'vu d'une écorce brune, mince, légère et fibreuse; l'aubier est gris jaunâtre, d'épaisseur variable. Le cœur est brun, nuancé de rouge et de vert noirâtre. Sur la coupe transversale polie, on aperçoit un pointillé blanc et d'innombrables lignes concentriques blanches aussi apparentes que les points blancs ; la coupe longitudinale présente d'innombrables petits carrés diversement colorés et des lignes blanches longitudinales dues à des vaisseaux ouverts par le fait du sectionnement. Ce qui a fait donner à ce bois le nom de b. de perdrix, c'est que, lorsqu'on le scie longitudinalement, suivant un plan faisant un angle très aigu avec Taxe, il forme des hachures blanchâtres sur un fond brun rougeâtre qui imitent Taile de la perdrix. On s'en sert en tabletterie et pour confecr tionner des archets pour violons.
â. Bois de bocOf b. de coco ou bois de fer du commerce. Ce bois provient du Bocoa prouasensis Aubl. (Légumineuses) qui est un arbre de forte taille habitant la Guyane. Il ressemble au bois précédent, mais en diffère par la limite beaucoup plus nette existant entre le bois et l'aubier^ par Taspect tremblé des lignes blanches concentriques et surtout par l'absence des dessins rappelant le plumage de la perdrix ou du moins par leur atténuation plus ou moins grande. On en fait des manches de parapluie, des arcs ou des archets de violon, etc.
b. Bois d'Angelin de la Ùuyane ou b. de vouacapoii ; ivakapu; acapii; b. de perdrix. — Ce bois provient de plusieurs Andira (Légumineuses-Papilionacées Dalbergîées) de la Guyane, notamment VA.Aifbletii Benth., {Vouacapona americana Aubl.), et Y Andira racemosah^m.
L'Andira est un bel arbre de 20 mètres d'élévation, dont le bois de cœur est brun foncé, pointillé de blanc sur la coupe transversale, strié de blanc sur la coupe longitudinale, ce qui lui donne un faux air de bois de palmier (c'est ce qui vaut à un autre Andira des Antilles, le -4. m^rm/.y, le nom de bois palmiste) \%wv\Qi coupe tangentielle ces stries sont rapprochées en dessins qui rappellent la forme des épis de blé, d'où le nom à^Epi de blé qu'on donne souvent à ce bois dans le commerce de Paris. Enfin, en coupe longitudinale, suivant un plan incliné par rapport à l'axe, on retrouve les marbrures hachées du bois de perdrix, dont nous avons parlé (voir bois de boco
feOtS EÏ(»TIQUES d'importation 07^
et de panacoco) et qui le font appeler quelquefois aussi bois de perdrix ou pariridge-wood.
On trouve encore dans le commerce à Paris des bois de la nature des bois de perdrix proprement dits et des Vouacapoua, sous le nom de 6* de Saint-Martin, Paccoun^ A. de Saint- François. Ils présentent les mêmes dispositions de couleurs et les mêmes imitations d*ailes d'oiseau.
c. Bois de Patawa ou Pataoua. — Il provient d'un grand palmier de la Guyane. 8es fibres sont longues, peu denses dans la masse, mais veinées de parties dures et compactes. La teinte générale est brune, il se détache sur ce fond des parties d'un noir foncé.
Ce bois arrive de Cayenne en planches ayant 1 m. 30 de long, 3 ou 4 centimètres d'épaisseur et 12 ou 15 centimètres de largeur.
On en fait des manches de parapluies et quelques menus meubles.
d. Bois de Perdrix (voir plus haut bois de panacoco, b. de boco, b. d'Angelin de la Guyane).
e. Bois satiné. — Les bois de la Guyane désignés sous ce nom sont produits par le Ferolia Gruyanensis Aubl. [Piratifiera) et aussi par le Prunus domesiica. Le bois satiné de rinde provient du Chloroxylon Swietenia (v* p. 962).
f. Bois de Tatayouba ou Tatajuba. — Ce bois provient d'un arbre de la Guyane, le Pekea tuberculosa (fam. des Hhizobalacées). C'est un bois dur, compact, de couleur roussâtre, qu'on utilise en ébénislerie. On le reçoit de Maragnan et de Pernambouc en morceaux de forme et de dimensions variables.
g. Bois de Chatousieux. — Ce bois, qui provient du Ptero-^ carpus siiberosus DC, nous arrive de la Guyane. Il possède un aubier blanc, mou, à texture grossière. Le cœur est jaune dessiné de rouge et de violet, poreux, léger, très sujet à s'altérer.
On l'utilise seulement pour la confection de quelques objets de tabletterie.
h. Bois de coime fétide^ B. puant, B. caca. — Ce bois provient de Cayenne. Il possède à l'état frais une odeur fétide qu'il perd presque complètement au bout d'un certain temps.
(:ilA.PITRE IX. — ÉTUDE Sl'ÉCIALE DES BOIS UTILES
Il se polit bien et n'est pas sujet à se fendre. Il est parfois blanc, d'autres fois rougeâtre et veiné de jaune. On l'utilise en ébénisterie, marqueterie, tabletterie. Les Indiens en font des vages qui sont très résistants et très durables.
Au point de vue de l'origine botanique, les bois dits « bois caca )) sont produits par les Coprosma^ les Capparis ferruginea et Breynia; un Sterculia ; Y Acacia Farnesiana^ à Bourbon et dans Tlnde.
i. Bois de lettres. — Ce bois, qui nous vient de la Guyane, est produit par deux arbres différents : le Brosimum Guya^ nensis, plus connu sous le nom de Piratinera Guyanensis AubT. et le Machaerium Schombourgkii Bentb.
Le Piratinera Guyanensis (Urticacées-Artocarpées) est un arbre de 16-18 mètres de hauteur et qui peut atteindre 1 mètre de diamètre. Son aubier est blanc, compact; il entoure un cœur de 10 à 15 centimètres de diamètre, très dur, à grain fin, rouge foncé, marqué de taches noires qui imitent, en coupe longitudinale, l'écriture chinoise.
C'est pour rappeler ce fait qu'on lui a donné les noms de bois de lettres de Chine ou simplement bois de lettres^ bois de lettre moucheté, letter woody Letternholz ; on Tappelle encore bois dlamourette moucheté et aussi bois de muscade à cause de la ressemblance de ses dessins avec ceux de la noix de muscade ; on lui donne encore le nom de bois de serpent ou de b. de couleuvre^ toujours à cause de son ornementation.
De nombreuses cellules de ce bois épaississent beaucoup leur paroi et deviennent comme pierreuses, les rayons médullaires sont remplis de cristaux, tous ces faits font de ce bois un des plus durs et des plus lourds. C'est un bois d'ébénisterie de grande valeur.
Il est dépourvu d'odeur.
Le Machae?*ium Schombourgkii Benth. (Légumineuses-Papilionacées Dalbcrgiées) croît à la Guyane et fournit aussi un bois de lettre marbré ou Tiger wood.
Ces bois arrivent de Cayenne en petites billes ne possédant ni écorce, ni aubier et ayant 150 à 120 centimètres de longueur sur 7 à 15 centimètres de diamètre.
Ils servent à la fabrication des cannes de promenade et des arcs à tirer les flèches, car ils sont très élastiques.
-BJ--
BOIS EXOTIQUES d'importation 977
Bois de Santal rouge, B. de corail dur du commerce. — Ce bois est produit par le Plerocarpus indiens^ il arrive principalement de Calcutta (i), en bâches de 6 à 27 centimètres de diamètre et on le trouve encore dans le commerce sous forme de copeaux colorés en rouge ou en brun foncé. On aperçoit facilement, sur la coupe transversale de ce bois, les vaisseaux se présentant sous forme de pores ainsi que des bandes plus claires irrégulièrement concentriques, anastomosées, qui sont produites par du parenchyme ligneux ; les couches annuelles sont peu distinctes. La matière colorante de ce bois est la 5an/a/me, insoluble dans Teau, solubledans Talcool; elle est rouge, cristallisable. A côté de ce principe en existe un autre qu'on a appelé Santal et qui est incolore, cristallisable, peu soluble dans Teau et dans Talcool, soluble dans les alcalis.
Le bois de Santal n'est plus employé aujourd'hui en teinture, mais il est encore fort estimé en ébénisterie.
Il ne faut pas confondre ce Santal rouge avec le Santal blanc ou Santal citrin, qui provient d'une Santalacée.
Le nom de bois de corail dur, donné dans le commerce à ce bois, s'applique aussi au Cam-wood du Baphia nitida Lodd . ( Légu mineuses-Césalpiniacées] .
Bois DE Caliatour. — C'est le Pterocarpus Santalinus Lin. f. qui donne ce bois et non le vrai Santal rouge comme semblerait l'indiquer le nom spécifique qui lui a été attribué par suite d'une confusion.
Il vient de la côte de Coromandel. Il est d'un rouge très foncé, plus lourd que l'eau, très dur, très compact et susceptible d'un beau poli.
Il ne présente pas comme le Santal rouge un mélange d'exsudations résineuses et de fibres grossières ; sa texture est purement ligueuse et très serrée. Il présente, sur la coupe longitudinale, de petites lignes creuses ressemblant à des mouchetures faites au burin, elles sont dues à des vaisseaux ouverts. Sur la coupe transversale, on remarque un pointillé
(I) Le Pterocarpus indicus Wild. existe en Indo-Chine, ainsi que VEpicharis Bailloni Pierre (Méliacée)qui habile le Cambodge et produit un Santal rouge ; malheureusement les essences à bois de Santal de nos possessions d'Extrême-Orient sont devenues rares, par suite de l'exploitation abusive qu'en ont faite les indigènes.
blancb&(re dû à la section des mêmes vaisseaux, dispersés au milieu des lignes concentriques ondulées et très serrées.
Il exhale, lorsqu'on le râpe, une odeur de rose très marquée et très persistante, ce qui permet de le distinguer du Cam-woody enfin il ne teint pas sensiblement l'eau froide (1).
Santal rouge d'Afrique. — C'est le Bar-wood des Anglais. Il provient du Pterocarpus Angolensis DC. de la côte occidentale d'Afrique : Angola et Gabon.
Il arrive en petites bûcbes plates ayant 120 à 150 centimètres de long sur 25 à 30 centimètres de large et 6 à 9 centimètres d'épaisseur, ou quelquefois en belles billes rondes dépouillées de leur écorce et de leur aubier. Les premières servent à produire une teinture rouge, les secondes sont utilisées en cbénisterie et tabletterie.
Ce bois diffère du Santal rouge de l'Inde parce qu'il est moins dense, de structure encore plus grossière et d'une couleur rouge plus vive et plus belle.
Santal rouge tendre ou B. de cor\il tendre du commerce. — Ce bois, appelé encore Santal des Antilles^ est substitué parfois au S. rouge. Il vient des Antilles (Iles sous le Vent, etc.) ; il est assez facile à distinguer par sa couleur plus claire ; il est léger et fibreux ; il est aussi moins riche en matière colorante que le S. rouge. Il provient probablement du Pterocarpus Draco L. ou du Pterocarpus gummifer Bert* qui appartiennent aux lies Antilles.
Il faut noter que le nom de bois de corailj aussi donné à ÏErythriîia corallodendron (Légumineuses Papilionacées Phaséolées) a été attribué à cette plante, non à cause de son bois, lequel est blanc, mais pour ses semences, sortes de haricots d'un beau rouge.
Bois de Cam ou corail dur. — Le Cam-uwod provient du Baphianitida Lodd. (Légumineuses-Césalpiniacées). L'arbre qui le produit croit en Afrique à Sierra-Leone. Blanc d'abord, il devient rouge à Tair.
Devenu rouge il ressemblé beaucoup au Caliatour avec lequel on peut facilement le confondre. Il est d'une struc-
(1) II existe un bois de Madagascar, qui ressemble beaucoup au Caliatour, mais proscnle une moins grande compacilë. Il provient sans doute du môme Pterocarpus, légèrement modifié par l'habitat.
BOIS exoTiQtiES d'importation 979
ture encore plus fine que ce dernier bois ; sa coupe transversale ne présente pas les points blancs, dus aux ouvertures des vaisseaux, que l'on remarque cbez le caliatour, mais seulement d'innombrables lignes concentriques. Il fournit avec l'eau froide une teinture d'un rouge assez vif, tandis que le caliatour ne la colore pas; il a une odeur rappelant celle de la violette ou du palissandre.
Ce bois arrive en bùcbes courtes, en morceaux, racines et écailles.
Bois DE Saktal BtAKC et Saktal ciTRis. — Ccs bois proviennent du Santal blanc, Sanlalum album Roxburgh (2),
Fig. i77.
famille desSantalacées. C^est un petit arbre de 8 à 12 mètres de hauteur, à feuilles lancéolées entières, h fleurs petites, jaunâtres d'abord, puis d'un rouge pourpre ; les fruits sont des drupes de la grosseur d'une cerise, noirs à maturité. Le Sanlal se reproduit de graines, il alTecte particulièrement la limite des champs cultivés, il ne pousse pas dans les forêts
(1) Boxburgh, Flora indica. Vol. I, 4'i9.
(2) Voir : Le bois de Sanlal en Indo-Cliino, Baltelin économique de Clndo-CMne, n" 37, 1" juillet 1901, p. 579.
très denses, mais il a besoin d'abri quand il est jeune. Cet arbre est répandu dans Tlnde, la Malaisie, la Chine, le Siani, rindo-Chine (2). Il faut noter qu'une partie des bois de Santal est fournie par d'autres espèces que le Santalum album, notamment par des arbres de la famille des Méliacées, genre Epicharis : E. Lonreiri Pierre. Les deux existent en Indo- Chine (Cochinchine, Cambodge), le Santal blanc (?) serait même représenté au Tonkin, province de Quang-Yen. Tous ces arbres sont devenus rares en Indo-Chine par suite de l'exploitation abusive qui en a été faite par les Chinois ou les indigènes, avant notre occupation.
Des essais de plantation du Santal blanc ont été faits dans rinde, ils ont donné de bons résultats. On exporte aujourd'hui le Santal de Macassar, de Timor, de la Nouvelle-Guinée anglaise et surtout des Indes; c'est ainsi que Bombay exporte la presque totalité du Santal utilisé en Europe. Cette exportation va toujours croissant. La Chine importe la plus grande partie, la France arrive au second rang avec environ 230.000 kilos en 1899, la Grande-Bretagne vient au dernier rang.
Le Santal le plus anciennement connu est celui des Indes, les Arabes en ont parlé les premiers sous le nom de Sandal dérivé de Fhindou Chandana, Il constitue la grande majorité du bois de Santal du commerce. On distingue le Santal blanc et le Santal jaune du commerce, ce dernier portant aussi le nom de Santal citrin. lis se différencient par leur coloration. Il est probable que le premier provient de jeunes sujets et de l'aubier de sujets plus âgés, tandis que le second correspond au cœur de l'arbre.
Le bois de Santal est dur, jaunâtre, incorruptible, il possède une odeur très agréable due à une huile essentielle qui s'y trouve dans la proportion de 1,5 à 5 p. 100 ; le Santal de Mysore est, de beaucoup, le plus riche. Cette essence parait être plus abondante dans le bois des grosses racines dont elle rend le toucher un peu gras. L'odeur du bois de Santal rappelle à la fois celle du musc et de la rose ; sa saveur est amère.
Les couches d'accroissement du bois sont concentriques, mais irrégulières et ondulées, le centre répond très rarement au centre de la bûche. Ce bois est médiocrement dur et compact, il est plus léger que l'eau»
Bors EXOTIQUES d'importation 981
Le Santal citrin se présente sous forme de bûches ordinairement privées d'aubier, ayant un mètre de long sur 6 à 16 centimètres de diamètre.
Le Santal blanc du commerce a une couleur plus pâle, une odeur plus faible et un grain moins jRn que la sorte précédente. Il arrive souvent aussi en bûches séparées.
Le bois de Santal est utilisé en parfumerie, en ébénisterie et dans la thérapeutique médicale.
La distillation de ce bois pour en obtenir le parfum, se fait souvent en Europe, mais aussi aux Indes mêmes ; le Santal de Mysore est, avons-nous dit, le plus riche en essence. L'essence obtenue du bois de Santal est souvent employée pour parfumer les savons, etc.
Dans les pays de production, aux Indes, en Chine, ce bois est fréquemment brûlé dans les temples, au cours des cérémonies religieuses, en guise d*encens. Les riches Hindous font quelquefois brûler leurs morts sur un bûcher de Santal. Ce bois dégage une odeur exquise en se consumant.
On fait, avec le bois de Santal qui est inattaquable par les insectes, de petits meubles, des objets précieux et les fameux coffrets de bois de Santal.
Les Santaiix^ utilisés en thérapeutique, sont fournis par diverses Santalacées et Méliacées, mais surtout par le Santal des Indes orientales, Santalum album. Le bois de Santal entre sous forme de copeaux dans les quatre bois sudorifiques (Santal, Sassafras, Squine et Gayac); Tessence est employée comme antiblennhorragique (0 gr. 20 à 0 gr. 30 en capsules).
Sous le nom de hois de Santal^ on désigne, outre les végétaux que nous venons d'étudier, des plantes variées utilisées surtout en ébénisterie. Ce sont, parmi les Santalacées : les Fusanus cygnonim et F, persicarium^ plantes d'Australie ; YOsyris tenidfolia^ rencontré au pied du Kilimandjaro, etc. Le Santal du Venezuela est probablement \ Amyris balsamifera (Rubiacées).
Enfin nous avons vu que le Santal rouge (voir p. 976) des Indes est produit par des Plerocarpus (Légumineuses) : Pterocarpiis Indiens et Santalinus,
Bors DE Sassafras (Voir bois d'anis, p. 969).
Bois DE FER. -^ On désigne sous ce nom des bois provenant
d'arbres très différents, mais ayant en commun les caractères suivants : ce sont des bois très durs, très pesants^ à grain fin et serré, leur couleur est foncée, brune ou rougeâtre ou jaunâtre mêlé de vert.
Ces bois sont très employés par les indigènes dans les paya de production, où ils en fabriquent surtout des armes et des outils; mais les qualités qui les font rechercher dans les pays d'origine rendent précisément leur emploi difficile en Europe. Leur prix est d'ailleurs élevé, et malgré le beau poli qu'ils peuvent acquérir et les nuances agréables qu'ils possèdent, on leur préfère d'autres bois plus faciles à travailler et dont le prix de main d'oeuvre se trouve par suite moins élevé.
Nous avons donné des détails autre part sur le bois de fer de la Guyane produit par le Robinia Panacoco Aubl. (V. p. 973).
On a tenté d'utiliser en grand un autre bois de fer, le Greenhari wood, provenant de la Guyane anglaise principalement, qui arrive sur les marchés de Londres et de Liverpool en pièces équarries de 0 m. 50 de côté et de 10 à 12 mètres de long. Il est produit probablement par un Neclan," dra (fam. des Lauracées).
On a fait en Angleterre des portes d'écluses presque entièrement constituées de ce bois. Il est très résistant et passait pour inattaquable par les tarets et autres animaux xylophages marins; cependant il s'est laissé attaquer à Boulogue où on l'avait employé au même usage. Son prix est d'ailleurs fort élevé, soit environ 400 francs le mètre cube rendu dans nos ports.
Voici une liste d'un certain nombre de bois de fer sur lesquels nous ne pouvons entrer dans d'autres détails.
Guyane : Robinia Panacoco Aubl. ; Sideroxylon inermis ; Nectandra donnant le Greenhart wood.
Antilles : Rkamnus ellipticus ; Colubrina reclinata Ad. Br. ; Colubrina ferruginosa P^à. Br. ; Agiphila Martinicensis.
Rél'nion et Mauhtce : Sideroxylon cinereumhdim,
Guadeloupe : Sideroxylon tenax L.
Ceylan : Mesiiea ferrea L,
Archipel Malais : un Metrosideros ; le Fagara Pterola Lin. qui est le bois de fer de la Jamaïque ; le Coccoloba gridiflora ; le Cossignia pinnata (bois de fer de Juda) ; le Stadmannia
BOIS EXOTIQUES d'importation 983
oppositifolia ; le bois de fer de Bornéo : Ensideroxylon Zwageri.
Brésil : Apiileia ferrea MeLvL ; le Cesalpinia ferrea Mart., tous deux appelés encore : Pao ferro ou faux bois de fer du Brésil,
Indo-Chine : Le Hem et le trac (Dalbergiées) dont nous parlerons plus loin.
Bois DE Ba.la.ta, bois de natte. — Ils proviennent d'arbres de la famille des Sapotacées : Mimusops balata, etc.
Ces bois sont très durs, très compacts, à grain très fln, d'une couleur rougeàtre et susceptibles d'un poli parfait. En coupe transversale ils présentent un grand nombre de lignes blanchâtres concentriques, très fines et serrées et des points blanchâtres dus aux orifices des vaisseaux rapprochés en petites lignes radiales par 3-4.
Ils arrivent de la Guyane en fortes billes équarries, et sont utilisés en mécanique et pour les arcs et archets de violon.
Bois DE Cédra ou acajou femelle, etc. (voir acajou, p. 936).
Bois d'Iris. — Ce bois est d'origine australienne. Il est d*un brun violet et non veiné ; il a comme caractère particulier de posséder une odeur de violette accentuée. Il nous arrive en billes assez régulières, pourvues de leur écorce et de leur aubier. On en fait de la tabletterie, des pipes et des éventails.
Bois VIOLET, BOIS DE VIOLETTE. — Il appartient à des arbres du genre Dalbergia (Légumineuses- Papilionacées) qui compte, d'autre part, les arbres donnant le palissandre (dont certaines variétés portent également ce nom) et le bois de rose des ébénistes.
Ce bois est le King^wood (bois royal) des Anglais. Il est importé le plus souvent du Brésil par Bahia et Céara. Son nom lui vient de sa couleur d'un violet clair pour le fond et avec des veines violet foncé. C'est un très beau bois d'ébénisterie. Il est dur, compact, pesant; malheureusement il est trop souvent carié dans son intérieur.
Il arrive en petites bûches, privées de leur écorce et de leur aubier. On ne l'emploie guère que pour la confection des meubles de luxe et pour la marqueterie
Il existe une variété de bois violet de Madagascar.
On désigne encore sous le nom de bois de violette, le bois
de Y Acacia homalophijlla A. Gunn. (Légumineuses-Mimosées), arbre qui habile les régions désertiques de l'Australie méridionale ; le bois en est d'un brun sombre, compact, odorant; il est recherché pour les travaux de tour les plus délicats. L'écorce de Tarbre produit de la gomme.
Bois de diababul. — Babul est le nom que porte dans l'Inde V Acacia af^abica. Le bois en question provient en effet de cet arbre, qui fournit d'autre part la précieuse gomme arabique. Ce bois rouge clair et demi transparent, quand il vient d'être coupe, devient vite brun rougeàtre foncé à l'air et sa coloration rappelle celle du palissandre. Il est très dur et susceptible d'un beau poli et est très riche en matière colorante. Il peut être employé en teinture et en ébénisterie.
Il arrive en troncs dépouillés de leur aubier, de 13 à 14 centimètres de diamètre, ou en madriers volumineux.