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CM

CHAPrTRE IX. — trUDK SPliCIALB DES BOIS UTILES

Fig. èîii. — Lu sapin, Abies pKlinata DC.

<Su oo/'o^o n /r^

Fig. 453. — Distribution du sapin en France (d'aprc's Boppoet Jolyet».

à la face inférieure de deux lignes blanches (dues à l'abondance des stomates). Le fruit ou cône est dressé, Técaille tectrice est souvent assez apparente et les écailles séminales

sont lâchement imbriquées (la figure 454 rend compte de ces caractères) ; les écailles se détachent et tombent à la maturité en même temps que les graines.

Les fleurs mâles forment de petits cônes globuleux.

Le nom de sapin pectine fait ^ ^ ^^» allusion à la disposition des feuil-

^^^^NHK r"^^^^^^^^^^ les rangées symétriquement et

à plat des deux côtés du rameau h la façon des dents d'un peigne.

('et arbre forme, seul ou mélangé, d'importantes forêts dans les contrées montagneuses de la France (Vosges, Pyrénées, etc ) et de la Corse. 11 peut s'élever plus haut que le pin. Hors de France on le trouve dans toutes les régions montagneuses de l'Europe centrale.

La racine possède un pivot profond (1 mètre et plus) avec de puissantes ramifications latérales. Il peut habiter les stations exposées au vent. La qualité du sol lui importe assez peu, pourvu qu'il ne soit pas crayeux. Il lui faut une exposition fraîche et un sol profond et non humide. Les bourgeons, qui sont précoces, craignent la gelée si la neige ne les protège plus.

C'est l'arbre d'ombre par excellence, il conserve la faculté de prendre son essor après avoir été longtemps gêné sous le couvert. Comme tous les conifères indigènes il ne peut être traité qu'en futaie et constitue les forêts les plus épaisses. 11 est généralement employé à l'état pur, mais il fait bon ménage avec les feuillus dont il recherche le terreau. Son exploitabilîté a lieu généralement vers 100-120 ans.

Ennemis. Insectes, — Peu d'insectes s'attaquent aux feuilles, de manière du moins à nuire sensiblement à l'arbre. Dans le bois on peut citer :

Le Bostriche curvidenté, qui ouvre entre Técorce et le bois

908 CHAPiTan: ix. — étude spÉcrALK des bois utiles

une galerie principHle transversale, constituée de deux branchés en accolade d'où parlent des galeries de larves long^iludinales. Très commun, ainsi que le Bostriche du sapin (v. p. o30-331,fig. 28-1).

ir lu face înrériL>ur«, 1 autre por la face supérieure sur lai|uiilli- slnst's graine!! ; et, Écaille séminale : el, éeaille leetnce; g, graine (1/!)-

Le Xylehorus Saxeseni vit dans le hois.

Le Bostriche linné détermine la vermoulure noire des sapins gisants non écorcés et déprécie beaucoup le bois. Il crible celui-ci de petites galeries cylindriques fi parois noinitres (voir p. 518, fig. 299-301).

Le Pissode du sapin. La larve apode creuse au pied des vieux arbres, sous récorce,dcs galeries longitudinales, isolées et serpentantes.

Le Sirnx géant, dont la larve à six pattes, blanche et charnue, avec une corne ventrale, sillonne le bois de galeries profondes et irrégulicres (v. p. .'io4 et s. et fig. 306).

Le Sirex spectre. Insecte el galeries plus petits, maïs analogues fv. p. 5.Ï4 et s et fig. 30,), 308, 309).

Les vers blancs des hannetons rongent souvent les radicelles des jeunes sapins.

Ajoutons, tt cause de l'importance des ravages qu'il cause,

BOIS ITiDIfiKHES OU HATUBALISÉS 909

le grand charançon du sapin [Hylofniis abietis) {v. tig. 204- 209). C'est un dévastateur des plantations car il ne peut attaquer la rude ccorce des vieux troncs, mais seulement ronger par place les écorces plus minces. A la suite de blessures faîtes, la résine exsude, se durcit et donne à la branche ou au tronc attaqués un aspect peu agréable; bientôt les aiguilles jaunissent, et l'arbre entier meurt.

Los larves creusent des galeries qui entament parfois l'aubier et descendent jusque dans les racines. C'est d'ailleurs l'adulte qui fait le plus de ravages en rongeant les jeunes plants.

Végétaux. — C'est un des hôtes préférés du gui. — Champignons : Ba/aù de sorcières el chaudrons causés par le Peridermium elatinum : On rencontre parfois des sapins, d'âges fort divers, dont le Ironc est renflé en forme de tonneau sur une longueur atteignant au plus le double du diamètre de l'arbre ; il arrive que l'on trouve deux ou trois de ces renflements à différentes hauteurs d'une même branche.

Plus rarement les tumeurs en question ne se manifestent que sur une portion de la circonférence du tronc. Elles se trouvent sur les rameaux comme sur le tronc. Elles provicnnentd'une surproduction du bois et des tissus de l'écorce par le '"'ig- *''5. — Sapin

' Mua nii Pfinilffil

cambium au niveau de la région attaquée. Celle-ci se crevasse et protège mal les couches ligneuses qui finissent par s'altérer. Il se produit alors les plaies profondes que les forestiers désignent sous le nom de chaudrons. On trouve dans l'intérieur de la tumeur de nombreux filaments du champignon qui eu a provoqué la formation. Le bois de la région atteinte est mou, spongieux, à fibres tourmentées, il est très sujet à s'altérer et à pourrir. L'arbre ne donne que des planches tarées et dépréciées.

Les mêmes filaments qui provoquent les chaudrons peuvent, en atteignant un bourgeon, amener une perturbation

fl;;. tSG. — Oiii))!^ litii(;ilu<linHl>- d'uni; tunii'ur ilu MLiin, due aa Peridermium elatinum, «irucliinl uiiu liraniho &Ri^e àt; 31 ans, l'inferfiou a'i:sl l'iri'cluci' d«s lu iguatrièuiu uDué» |l;3) IK. H^Hig).

iicau lit! sfljiin nvi-f Imlui \ii: su ri 'i On' (dû au PeridtrmiutHetai]i'Uxftnnt'i'3(a): li< nivcùliuin ilucli<iiii]itRnon a pnivomié, pn ■■l>|ifnii>iil d'un bourKiMiii iloniiHiil (6) qSi donnera oaifisaDre

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nionlro forti'iuonl hy|terlri>pliiéu (U. Uartig).

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BOIS INDIGÈNES OU NÀTtlHALlSÊS

complète dans aoD développement ultérieur. Ce bourgeon produira, BU lieu do rameaux normaux, une sorte d'arbuscule nain, à feuilles réduites, implanté et dressé sur une branche de l'arbre.

Suc tes feuilles de ce halaide soicifre apparaissent bientôt de petites taches orangées, duesaux spores du champignon qui vont disséminer le mal; il est donc de toute prudence de couper ces balais de sorcière di^s qu'on s'aperçoit de leur production.

Maladie des branches de sapin due au Fmicocciim abietiniim {R. Hartig), Prill. et Delacr :

Ce champignon produit la nécrose de l'écorce des jeunes plants ou des rameaux des arbres âgés.

Chancre du tnéièze dû an Dysascyfdia Willkommi, R. Hai"tig. Celle Pezize, qui faitde graves dégAtS sur le mélèze, ronge Fis. 4SS. — Râlai du snrrière de

Peridt

l'hivoi

KHI dâpeni! duquel il s'est i)t''VL'l(i|i|iÉ s'est JL peu prèi! rompIMdiient rccnarbé pour st! dirignr vertiusienient (R. Hartig).

gétant dans des régions basses et humides.

Maladie du collet des plants de sapin due au Peslahzsia Hartig ii y on Tubeuf: Ce champignon détruit en pépinière tes plants de sapin et d'épicéa.

Les jeunes plants peuvent être encore ravagés par le Phi/lophtorn omnivora.

Les feuilles sont quel([Ucfois alteinics par divers champignons, tels que la rouille vésiculaire des feuilles due au Peri- (iermiiim columnare (Alb. et Schwein.) Kunze ; le brun des aiguilles dû au Lophoderviimn nerviseqmmi (DC), Rehm ; la maladie des aiguilles causée par Y Acanthostigma parasiticiim (R. Hart.), Sacc.

Altérations du bois. — Outre les cbaiidions, il faut citer,

912 CHAPITRE IX. — KTUDE SHKCIiLE DES BOIS UTILES

comme détériorant spécialement le bois, les polypores suivants : Po/i/ponts Hartigii Allescher (v. p. 346), qui cause la pourriture blanche et le Polyponts boiealis Fries (v. p. 347).

Fig. iây. — Juuiie lialoi du sorcii-rit d'un Abits pecltnala (sapin pecUné). (d'aprèif Si-hutiiana).

Bois. — Ce bois manque de canaux résinifères et, par suite, n'a pas l'odeur caractéristique des autres résineux : pins, épicéa ou mélèze. L'absence de résine explique rinfcrioi-ilé de ce bois vis-à-vis des autres résineux au point de vue de la durée et de la puissance calorifique.

Blanc mat, souvent teinté de brun-rougeâtre très clair. Aubier peu ou pas distinct, mais néanmoins de qualité très inférieure au cœur ; il est sujet à la vermoulure. Comme pour les autres résineux, l'aubier s'injecte facilement de substances antiseptiques, à l'encontre du cœur. Accroissements bien distincts. Peu homogène, par suite de la différence entre

BOIS INDIGËNIlS ou NATURALISAS 913

tes hiois de printemps et d'automne, il a, & cause de cela, une

tendance à se séparer, quand on le fend, en plaques circulaires suivant les accroissements, et cela, même quand on opère

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dans le sens des rayons. Ce fait explique aussi la fréquence des roulures de ce bois. Il est très élastique et présente une grande résistance horizontale ; léger, densité : 0,381 à 0,649 ; elle est très variable suivant les circonstances de la végétation et dépend de la rapidité plus ou moins grande de la croissance. Très altérable à l'humidité.

Usages : Ce bois, très abondant, est encore plus employé que le pin. Ses usages sont : charpente légère, mâture légère pour la marine marchande ; menuiserie commune, fente commune (bardeaux, merrains, lattes, layeterie) ; boissellerie ; sculpture grossière ; très résonnant on l'emploie en lutherie ; pâte à papier.

Rappelons ici que le bois résiueux importé de l'Europe septentrional sous le nom de sapin rouge du Nord^ qui est d'une qualité supérieure, est en réalité un bois de pin Les bois dits sapin du Nord et sapin de Norvvège sont de Tépicéa. L'Allemagne du Nord, la Suède et la Norwège et toute la Russie sont en dehors de la zone où le sapin existe spontanément.

Le sapin de Lorraine et le sapin d* Auvergne sont de qualité moindre et employés par économie.

Le bois de sapin est un mauvais combustible, il donne de la flamme, mais peu de chaleur ; il pétille beaucoup et produit une fumée insupportable. Il est encore inférieur à l'épicéa comme bois de feu.

Son écorcc et ses branches ou raies^ qui sont gorgées de résine, soixt d'un emploi plus avantageux, elles produisent une flamme claire et vive.

Au point de vue anatomique, ce bois est essentiellement caractérisé par l'absence de canaux résineux. Les rayons sont très nombreux^ à une seule épaisseur de cellules, les parois de celles-ci sont épaissies régulièrement et perforées de nombreux petits pores arrondis.

Produits accessoires, — L'écorce contient une quantité de tannin suffisante pour justifierson emploi dans la préparation des cuirs.

La résine est localisée dans des poches de l'écorce et on a perdu l'habitude d'en extraire ce produit, assez peu abondant, qui était autrefois obtenu dans les Vosges sous le nonS dé térébenthine de Strasbourg.

BOIS tHDIGÈNEB OU NATURALISAS

Ftg. 461. — L'Epicéa — Picea excelta, L. R.

tH6 CHAPITRE IX. — ÉTUDE SPÉCULE DES BOIS UTILES

189. Bpicta «•mman, Picea excelsa Link. — Syn. ; Pintis Abies Lin., pesse, sapin épicéa, sapin du Nord, sapin de Norwè^e, pinasse, faux-sapin, sapin blanc du Nord, sérenlé (Alpes). Ftchte, RoUanne, Pechtanne, Schwarztanne, allem. ; the Norway Spruce Fir, common Spruce, Pmssian Fir, angl.

Caractères. — L'épicéa appartient à la famille des Abiéti- Dées, genre Picea. Cet arbre est facile à distinguer du sapin, avec lequel on le confond cependant souvent. Les rameaux de second ordre sont pendants ce qui donne il l'arbre un aspect un peu pleureur. Sa forme générale est pyramidale.

Les feuilles, disposées en spirales sur les rameaux, sont terminées en pointe ; leur section est rbomboldale et les stomates forment une rangée blanche sur chacune des quatre faces Les fleurs mftles forment un petit cône ayant une forme de chou-fleur, les cônes femelles sont pendants, k écailles séminales seules apparentes â maturité, époque à laquelle il se détache tout entier.

L'Epicéa est très abondant dans le Nord de l'Europe ; en France, cependant, il n'est spontané que dans une ré< gion plus élevée que celle du sapin. Il forme de vastes forêts dans le Jura, les Vosges et les Alpes. Il est assez mal enraciné, dépourvu de pivot, avec des racines traçantes ; il résiste mal aux coups de vent, à moins qu'il n'ait pu insérer ses racines dans des fentes [lési- "tlSiim.S.'.îï "«du Jura). lUupporte parfaitement pioTougeiPirea excella) [g transplantation. Il drageonne naturellement et produit bientôt tout autour de lui de jeunes sujets.

C'est un très grand arbre atteignant jusqu'à 30 mètres de hauteur, mais d'un diamètre inférieur au sapin. Il vit généralement en futaie, à l'état de massif sombre comme le sapin; mais, ne supportant pas d'6tre dominé, il constitue un seul étage, et par suite sa croissance est très régulière. Il vient

bien en tous terrains un peu frais. Il s*élève dans les montagnes encore plus haut que le sapin.

Sa croissance est plus rapide que celle du sapin, aussi estil exploitable après une révolution de 80 à 90 ans ou 120-140 au maximum.

Ennemis : Insectes, — Les insectes xylophages, qui vivent entre Técorce et le bois, s^attaquent spécialement à cette essence dont ils dévastent parfois des peuplements très étendus, causant ainsi de véritables désastres. Le plus terrible de tous est le Bostriche typographe {Bostrichus typographus^ Lin.).

Sans parler des insectes qui vivent sur les Teuilles, les bourgeons, les cônes, nous citerons ceux qui se développent aux dépens de Técorce et du corps ligneux.

Les insectes suivants sont des Coléoptères xylophages qui, à l'état parfait, ouvrent des galeries de ponte sous Técorce ; de ces galeries de ponte, rayonnent des galeries de larves. Les larves sont apodes :

Bostriche petit. — Espèce très petite. Galeries embrouillées affectent exclusivement le liber.

Bostnche typographe. — Galerie de ponte verticale, avec quelques trous de ventilation, il en part dans des directions perpendiculaires des galeries de larves horizontales sauf celles des extrémités. C'est le fléau des forêts d'épicéas (voir p. 524 et p. 546 et s., fig, 297 et 298).

Bostriche chalcographe. — Compagnon du précédent, espèce très petite. Galerie de ponte constituée par une cham* bre centrale d'où rayonnent 4-7 branches. Extrémités des vieux arbres et perches (voir p. 532, fig. 286, 287, 289, 290).

Bostriche pityographe. — Galerie de ponte simple, tantôt oblique, tantôt horizontale, galeries de larves régulières et distantes les unes des autres. Plants et perches.

Bostriche autographe. — Galerie de ponte verticale (p. 537),

Bostriche du mélèze. — Galeries de ponte verticales (page S28).

Grande Hylésine de répicéa{p. 505, fîg. 264).

Hy lésine poly graphe. — Galerie de ponte horizontale ou oblique^ mais jamais verticale, constituée de deux branches partant d'une chambre centrale, ouverte surtout dans le liber. Commun et dangereux (voir p. 502, fig. 262, 263).

U Hylésine paillée {^. 497, fig. 257).

Citons encore YHylésiiie pileuse (v. p. 502) ; VHylésine noir de r épicéa laquelle attaque les racines (p. 494) ; il existe un certain nombre d autres espèces que nous avons mentionnées au chapitre VII.

Insectes vivant dans le bois :

Bostriche linné. — Insecte parfait pond dans le bois ; les larves criblent celui-ci de petites galeries cylindriques, à paroi noircie (vermoulure noire, voir p. 548). Le bois ainsi travaillé par Finsecte est déprécié.

Le Xyleborus Saxeseni, qui vit aussi dans le bois (p. 543).

Les Sirex, dont les larves à six pattes sont pourvues d'un appendice abdominal, creusent des galeries solitaires à section circulaire, allant en s'élargissant.

D'autres insectes rongent les racines et les souches en y ôreusant des galeries, notamment la larve apode de VHylobe du sapin (v. p. 204-209).

Champignons, — Beaucoup de ces parasites, comme cela a lieu d*ailleurs pour les insectes, sont communs à cette essence et au sapin ; nous ne ferons que citer ceux que nous avons déjà mentionnés en étudiant celui-ci. Tels sont :

La maladie du collet, due au Pestalozzia Hartigii;

La maladie des aiguilles, due à VAcanthosligmaparasiiicum;

La rouille vésiculaire des feuilles ; le chancre du mélèze.

Citons en outre les altérations suivantes : . Le brun et la chute des aiguilles de Vépicéa^ due au Lophod^rmhim macrosporum (Harlig) Rehm. Les aiguilles des pousses d'un an ou plus brunissent et tombent. Cette maladie sévit surtout dans les vallons encaissés et les tourbières.

Rouille des aiguilles d'épicéa^ Ghrysomyxa Abietis (Wallr.) Unger. Elle n'attaque que les feuilles de première année qui prennent une teinte jaune clair ou jaune d'or et tombent Tannée qui suit rinfection.

Maladie des jeunes pousses de V épicéa^ Diplodina parasitica (R. Hartig) Prill. Elle apparaît en pépinière sur les plants de 2-3 ans, mais elle peut atteindre aussi des arbres âgés dont elle tue les rameaux en compromettant la vie du végétal.

Maladie de fécorce, Nectria cucurhitula Pries. Le parasite pénètre par les blessures, forme des chancres et ravage parfois les jeunes peuplements.

Pourridié des racines^ dû kVArmillaria mellea.

Altérations du bois : Le bois d'épicéa est sujet à de fré-» quentes altératioas du fait des cryptogames; les priacipaux sont : Polyporua annosus^ Polyporus pini (pourriture rouge), Polyporus borealis, Polyporus vaporariiis (pourriture rouge), et le Merulius lacrymans qui attaque le bois d'épicéa mis en œuvre (charpentes) comme la plupart des autres bois (1).

Bois, — Il ressemble beaucoup à celui du sapin, mais s'en distingue cependant facilement grâce à la présence de canaux résinifères qui sont visibles, sur une section transversale, soit à Pœil nu, soit plus facilement à la loupe. Ils apparaissent comme des points blanchâtres et opaques. Le bois possède une odeur légèrement résineuse, il est lustre, plus mou et léger que le sapin ; il est généralerncnt plus blanc. Quelquefois le bois d'épicéa est rouge très clair comme celui de certains pins, mais cette couleur décèle une qualité inférieure ; elle affecte le bois des arbres ayant crû dans des contrées marécageuses, comme le fait se produit pour beaucoup d'épicéas venant du Nord et surtout de la Sibérie. Aubier et cœur indistincts quand le bois est blanc, très tranchés quand il est rouge. L'aubier s'emploie dans l'industrie, comme le cœur. Nœuds très fréquents dans les planches et qui se détachent avec une facilité déplorable en laissant un trou à leur place. C'est un bois mou, élastique, peu homogène. — Densité : 0,337-0,579.

La qualité de ce bois varie beaucoup suivant les conditions de végétation dans lesquelles s'est trouvé l'arbre. Dans les régions basses, il croit vite et le bois est mou, spongieux. Aux plus hautes altitudes où il puisse végéter, il acquiert beaucoup de qualités ; et son prix, d'inférieur qu'il est habituellement par rapport au bois de sapin, lui devient supérieur. C'est ainsi que dans les Alpes on le préfère à cette dernière essence pour tous usages. C'est, en somme, un bois de charpente et de travail de premier ordre.

On l'emploie pour la charpente, la mâture, pour laquelle la longueur et la rectitude de son fût le fait rechercher, la menuiserie commune; c'est un bon bois de fente, boissellerie, bardeaux. La simplicité et la régularité de sa structure anatomique rendent ce bois très propre à conduire les sons ; aussi

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(i) Nous renvoyons pour plus de détails sur ces altérations du bois au chapitré septième.

Tépicéa fourniMI, avec ]e sapin, la presque totalité des bois dits boisde réso7\nance que ron utilise pourfabriquer les instruments de musique, tables d'harmonie, pianos, violons, etc. On prend pour cet usage les plus beaux bois d*épicéa, ceux qui se sont formés lentement ; de plus, ces bois doivent être nécessairement débités sur mailles, ce qui entraîne la produc* tion de nombreux déchets ; pour tous ces motifs, ces bois de résonnance sont d'un prix élevé.

On fait encore avec le bois d'épicéa des allumettes et une pâte À papier blanc estimée.

C'est un combustible assez médiocre, mais très abondant. Il est considéré comme supérieur à ce point de vue^ ainsi qu'en ce qui concerne le charbon qu'il produit, au sapin.

Au point de vue anatomique, un caractère permettant de distinguer ce bois de celui du pin consiste dans ce fait que les cellules des rayons ne possèdent pas les grandes ponctuations et les épaississements déchiquetés qui caractérisent ceux de cette essence. Comme dans tous les conifères, les rayons sont très étroits, étant constitués par une seule épaisseur de cellules.

Les accroissements, bien distincts, sont irrégulièrement circulaires ; quelquefois un gros canal résinifère^ placé à la face interne du liber, gène en ce point le jeu du cambium et provoque dans le bois une déviation des couches qui, se répétant chaque année, finit par faire dans le sens radial une ligne bien tranchée. Ces accidents produisent, en débitant sur mailles, des inaillures analogues à celles du coudrier. Le fait en question est d'ailleurs assez rare.

Produits accessoires, — L'écorce renferme du tannin et sert, dans quelques régions où le chêne fait défaut, à la préparation des cuirs ; 10 kilog. de cette écorce peuvent faire l'office de 3 kilog. d'écorce de chêne. On pourrait en retirer de la résine, mais on préfère en France remployer comme bois d'oeuvre sans le détériorer par les opérations que nécessite l'exploitation de la résine ; cependant, quelques arbres sont exploités à ce point de vue, notamment dans les Vosges ; ils donnent la résine connue sous le nom de résine de Bourgogne.

188. lie mélèze, Larix europiva D. C. — Syn. : Pinus larix de Linné ; Gemeine Idrche^ ail. ; The common larck^ angl.

Caraclhes. — Famille des Abiétinées, genre Larïx. C'est «n arbre à longues branches, grêles, étalées, fi rameaux d'ordre secondaire pendants; ^tti/n l'aspect de l'ensemble est .<W^^, ^^ celui d'un arbre pleureur ; les feuilles molles, d'un vert gfii, sont groupées par petits bouquets A l'exlrémité de c rameauY courts (fig. 462) ; ces feuilles sont caduques, elles tombent à l'automne chaque année, à rencontre de ce qui se passe pour les autres conifères indigènes. Les fleurs ^(^.46^. „éi„,e (i^rû^^rop^a). mfties constituent de petits i^- P- »^no f.mello; C M , c6no , , , , ^ 'l'aie rcwé lonuitudinalonionl ;

cùnes globuleux; les fleurs e, ùtamineïuiMlo cùt.i;e.»/. ficaîllo

femelles tonnent des c6ne» JÏÏZî'ti.'Siœ.':"""'"" ^ "'■ dressés, ovotdes, plus petits

que ceux des autres abiétinées ; les écailles séminales, orbiculaires, s'accroissent peu et sont de beaucoup dépassées par les bractées ou écailles tectrices qui se terminent en pointe. C'est un arbre à tige droite, grêle, atteignant 30-35 mètres de hauteur, sur 0 m. 70 de diamètre. Il existe dans les Alpes jusqu'aux Carpathes; il s'élève, pur ou mélangé avec le pin Cembro, jusipi'à 2.000 mètres et même 2.900, c'est-ft-dirc jusqu'ft l'extrême limite de végétation des arbres verts. II s'accommode de tous les sols : calcaires, dolomiliques, schisteux, siliceux, pourvu qu'ils soient frais, meubles et profonds. Il réclame de l'espace 'méiozà (tarte «^ et de la lumière ; aussi l'état de massif lui '■opien). est-il contraire, ses forêts sont toujours très claires, et leur sol, recouvert d'un beau gazon qui peut être pdturéou fauché. On a essayé de le cultiver dans la plaine, il vient d'abord très vile, mais sa caducité est précoce ci le bois produit est toujours de mauvaise qualité. 11 rend cependant, dans ces conditions, des services pour certains usages, notamment pour la fabrication des perches à houblon.

922 CHAPITRE IX. — tnVDK SPÉCIALE DBS BOIS tlTILES

Fig. *6i, — Le mùitzc, Larixjntropaa D. C.

BOIS INDIdÈNES OU NATURALISÉS 933

Ennemis. — Ijisecles : Les Bostricbes curvidente, typographe du mélèze et liseré, l'Hylésine jaune, qui attaquent le sapin et l'épicéa (voir les paragraphes concernant ces essences), vivent aussi sur le mélèze mais sans y causer de très notables dég&ts. Quelques autres insectes vivent sur les bourgeons ou les feuilles.

Champignons : Rouge des aiguilles du mélèze, drt au Cœma laricis{Vies\eaà.) Rob. Hart. Cette rouille apparaît à la fin de mai sur la face inférieure des feuilles qui meurent et se détachent . Les jeunes plants peuvent être détruits par le Phgtophtora omnivora.

Le Chancre du mélHe, dû au Dasyacypha Willkommi R. Harlig. Ce chancre de l'écorce cause souvent de très graves dommages dans les massifs, surtout dans les rég'ions basses et marécageuses, aussi est-il bon de ne pas cultiver cette essence dans ces conditions. PJR^ *65- — taï-'j; turoprt-t imMi-m)

Fourrtdté, dû i\ i Armil- sijmjphi') WUkommii (peiize de Wil-

laria mellca. Les racines koiurnv

du mélèze peuvent être atteintes par le pourridié comme

celles des pin, sapin et épicéa.

Altérations du hois : Elles sont le plus souvent produites par le Polyporus joint (voir p. 344, fig. 154-135).

924 cHAPtTKe n. — Érme spéciale des bois utiles

Bois. — C'esl an des plos précieax de dos forêts, on l'a appelé le chêne de la montagne.

Il est rouge pourpre, veîoé par le bois d'automne plus serré ; l'aubier, bien distinct, est blanc jaun&lre : il est très résineux et par suite très durable.

Les accroissements sont minces, réguliers ; la disposition en zones cyliudriques emboîtées, alternativement dures et niinceS, le rend 1res élastique et résistant. Il ne gerce pas et il est peu sujet aux attaques des insectes. Il est très estimé pour la charpente, les constructions navales, mAture et bordage ; on s'en est même servi pour faire la membrure des vaisseaux.

Ilseconserve admirablement sous l'eau où il acquiert même de la dureté. On en fait encore des poteaux de raines, des traverses, de la menuiserie. C'est un bois de ijfgn "%j.7in BpirçSit sor^c^/te f«ote, on peut en obtenir des barrravon^'m^d£es''d"n7u'l!^^^^^ deaux, des mcrrains et des ton- -.Jrâvi;i^é jiarun canal résinifi're neaux qui laissent évaporer fort peu de liquide, des échalas très durables, des conduites pour les eaux, de la sculpture grossière, etc. On l'utilise dans la Suisse, la Savoie et le Dauphiné en le débitant en plaquettes pour recouvrir les toits. On les dispose pour cela comme des tuiles. Elles forment une toiture imperméable et durable.

La densité de ce bois est, en montagne, de 0,357-0,608 ; en plaine, do 0,448 à 0,531. Il faut remarquer que ce bois, qui est peiit-élre le plus précieux de fous ceux que fournissent les conifères indigènes, devient de mauvaise qualité quand l'arbre a crrt rapidement dans la plaine.

Gomme combustible, il est supérieur aux autres abtétiuées. 11 dégage une assez grande quantité de chaleur, mais il a l'inconvénient de pétiller beaucoup. Le charbon produit est supérieur h celui du pin et de l'épicéa.

.\u point do vue anatomique, on le distinguera par la pré-

sence, dans le bois d'automne, d\m épaississement spiral des trachées (fig. 466). Les rayons sont assez hauts (souvent 12 rangées de cellules), sans épaississements déchiquetés ni grandes ponctuations des cellules qui les constituent. Les canaux résinifères sont assez abondants.

Produits accessoires, — On retire du mélèze la térébenthine, particulièrement fine, dite térébenthine de Venise, Le résinage n'en est pas pratiqué en France, mais il Test dans le Tyrol, le Valais, etc. On procède à cette opération d'une manière spéciale, bien différente du gemmage du pin maritime. La résine, tout en existant dans l'écorce du mélèze, est particulièrement abondante dans le bois où une infiltration la conduit de la surface vers le centre et particulièrement dans la partie lapins basse de Tarbre. Connaissant ces faits, pour obtenir la résine, on procède, dans le Tyrol, de la façon suivante : on perce dans le tronc, à 30 cm. du sol, un trou horizontal de 3 cm. de large et pénétrant jusqu'au centre du bois. Ce trou est ensuite fermé par un bouchon de bois. On pratique ainsi un certain nombre de trous pendant la belle saison. On retire les bouchons de bois à l'automne, on extrait alors la térébenthine qui s'est accumulée dans le trou, puis on rebouche exactement pour l'hiver.

L'écorce de mélèze jeune parait excellente pour le tannage des peaux. On l'utilise à cet effet dans certaines parties de rAUemagne.

194. Ijc eèdrc du Ubau, Cedrus Libani Barrel. — Syn. : Piniis cednis, Lin. ; Céder, Allem. ; Cedar, Angl.

Caractères, — Cet arbre n'est pas spontané en France., mais il y est cultivé et rustique ; il y croit très rapidement et peut y atteindre de belles dimensions. Il est spontané en Algérie, dans l'Atlas, ainsi que dans le Liban et THymalaya.

Le cèdre se reconnaît facilement à son port ; les branches et leurs rameaux forment des assises horizontales et le tronc est tortueux. Les feuilles sont groupées en bouquets à l'extrémité de rameaux courts^ comme chez le mélèze; mais, de plus, il s'en trouve d'autres directement insérées sur les rameaux longs, en outre elles sont dures, piquantes et ne tombent pas h l'automne. Les cônes ovoïdes, volumineux, ont leurs écailles caduques parce que Taxe pourrit sur l'arbre.

Bois, — Le bois du cèdre a des qualités quand l'arbre a crû dans sa région naturelle. Il n'a plus de valeur quand il a crû en dehors. La densité qui, en Algérie, est de 0,606-0,808, descend en France à 0,450.

Il est jaune roux, avec aubier plus clair, abondant et nettement tranché ; odeur persistante, aromatique spéciale et forte, gênante, due à la résine qui Timprègne ; il ne possède pas de canaux résinifères, mais de grosses cellules résinifères en chapelets très allongés, remplies d'une résine jaunâtre. Il ressemble par sa couleur au sapin ; son homogénéité est plus grande, par suite de la moindre différence existant entre les bois d'automne et de printemps et ses couches d'accroissement sont plus minces, du moins quand il a crû aux hautes altitudes des pays de son aire naturelle. Il est utilisé dans ces régions pour la charpente, la menuiserie, Tébénisterie, la sculpture décorative.

Les Hébreux ont écrit que le temple de Salomon était construit en bois de cèdre, mais les travaux des historiens et des linguistes, appuyant les hypothèses des botanistes, tendent à prouver qu'il ne s'agissait pas du bois de cèdre du Liban, de réputation surfaite, mais des bois de cyprès, de genévriers, souvent appelés improprement cèdres, et de quelques autres essences.

Le bois des cèdres poussés en France est, avons-nous dit, de très peu de valeur comme bois d'œuvre ; c'est aussi un mauvais bois de feu qui passe vite et pétille beaucoup ; son charbon noircit rapidement.

1S6» Leti genéYrIem, Junipertis — Syn. : Wachholdery allem. ; Juniper^ angl.

Caractères. — Famille des Cupressinées, genre Junipertis, Ce sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles persistantes, tantôt petites, écailleuses, mélangées de feuilles piquantes, comme dans le genièvre sabine des Alpes et Pyrénées ; tantôt toutes piquantes, non écailleuses, comme dans le genévrier commun, répandu un peu partout en France, ou comme le genévrier oxycèdre de la région méditerranéenne, qui se distingue de respèce précédente par la couleur rouge de ses fruits, ceux du G. commun étant bleuâtres. Le fruit est globuleux et en forme de baie.

BOIS INOICÈKES Ot NATtRALISÉS

Fig. 467. — A à D, cyprès ; E, thuya ; P, genôvriiT romniun ; A, côik^ femelle de cypi-ès ; B, (leur raàlo de cyprès ; G, une écaille isolée de fleur femelle avec graine ; D, étamino isolôG ; li, ('^^ne femelle de Thuya.

Bois. — I-.e bois est aromatique, demi-lourd ou lourd, homogène, très doux à travailler. Bois parfait souvent très coloré, aubier blanc très distinct, couches minces par suite de la grande lenteur de la croissance.

Au point de vue anatomi- ^.^^^

que, il faut retenir que ce bois /^vSdvN /£^ 'Tfi"^^ / ne possède pas de canaux résinifères^ mais de simples cellules résinifères. Les trachéides n'ont pas les épaississements spirales qui caractérisent le bois d*If.

Pnncipales espèces : Gêné»

V7*ier commun, Juniperus cornmunis Lin* — Ses faibles dimensions rendent ce bois peu important; il est cependant compact, très tenace, durable, légèrement aromatique, difficile à fendre. Densité : 0,550. Son emploi est accidentel : menues sculptures, cannes, tabletterie. Bon combustible.

Genévrier oxycèdrej Junipertis oxycedrus Lin. — Syn. : genévrier cade. Il peut atteindre 6-9 mètres sur 2 de circonférence. Il est assez commun en Algérie.

Bois fauve ou jaune-brun, toujours très clair, avec miroitement produit par l'ondulation des couches ; aubier réduit, bois assez tendre, d'odeur agréable, persistante, particulière. Densité: 0,661. Emplois : menue ébénisterie, placage (coffrets, etc.), bois de crayon. Bon bois de chauffage, il a l'inconvénient d'éclater.

Le bois, brûlé dans un fourneau sans courant d'air, donne l'huile de cade employée en médecine.

Genéviier sabi?ie, Juniperus sahina Lin. — Syn. : G. fétide, Sabine.

Dimensions très réduites.

Bois d'un joli rouge cramoisi ou brun rouge foncé vif, devenant brun à Tair ; aubier blanc, net, réduit ; assez dur, homogène, odeur très forte, persistante ; bois très durable. Densité : 0,461-0,566. Emplois : tabletterie, crayons.

Une espèce américaine, le G. de Virginie, possède un bois tout semblable, mais atteint une forte taille, aussi est-il très

recherché pour les constructions, pieux, poteaux ainsi que pour la marqueterie, le tour ; on fait très souvent en Europe, avec ce bois importé, des enveloppes de crayons.

Les bois des divers genévriers cités peuvent se reconnaître de la façon suivante (Thil ) :

. ( Bois jaunâtre G, commun.

\ Bois brunâtre ou rougcÀtre S

^ I Bois à odeur agréable persistante G, oxycèdre.

] Bois à odeur forte, pônétraote, désagréable . G, sabine.

Nous parlerons ailleurs (art. 200) du bois de Callitris quadrivalvis ou thuya articulé, bois très voisin de celui des genévriers, mais plus dense. C'est lui que les anciens estimaient si fort sous le nom de Citrits (par corruption du mot Cedrus). Il abonde en Algérie.

tse. liescjprès Cupressiis. — Famille des Cupressinées, genre Ctipressiis.

Ce sont des arbres ou arbrisseaux à verdure sombre et dense, à feuilles petites, écailleuses, opposées en croix et soudées à leur base avec le rameau qui les porte. Le fruit (cône ou strobile) est globuleux et ligneux. La seule espèce existant en France est le C y pr h pyramidal {Cupressus fastigiata DC.) ou C. d'Italie, C. toujours vert. Originaire d'Orient, il est souvent planté en France et en Algérie. Il peut atteindre 25 mètres de haut sur 2 de circonférence.

Le bois est blanc ou très faiblement jaune-brun ; grain fin, homogène ; susceptible d'un beau poli, dur ; odorant, agréable ; imputrescible. Densité : 0,616-0,646. Les anciens s'en servaient pour construire leurs temples et édifices et le désignaient (comme tous les bois de résineux) sous le nom de bois de cèdre, ce qui a créé une confusion sur l'emploi du vrai cèdre dans les temps historiques. Il est actuellement très estimé pour la charpente, la menuiserie ; on en fait des échalas extrêmement résistants. Use conserve indéfiniment sous l'eau. Ce bois se vend en tiges et en planches.

Au point de vue anatomique, pas de canaux résinifères, mais des cellules résinifères isolées, fines, remplies de résine jaune un peu rousse.

BOIS IKDIGI^NES OU NATUIULISES

f 87. Le« thniaa Thuya. — Fam. des Cupressinées, genre Thuya.

Ce sont des arbrisseaux on des arbres à feuilles semblables à celles des cyprès, doot ils sont très voisins, avec un cône, ou strobile, oblong ou ovoïde. Deux espèces sont plantées chez nous : le Tb. d'Occident [Th. ocddenlalis Lin.), dont les

Fig. 4M. -

rameaux sont étalés en éventail dans des plans horizontaux et le Th. orientalis ou Biola, dont les rameaux sont disposés suivant des plans verticaux.

Les bois du Th. orientalis est dur et durable ; celui du Th. occidentalis, originaire de l'Amérique du Nord, est connu

930 CBAPfTRE IX. — fiTUDE SPÉCIALE DES BOIS VTiLfS

aussi SOUS le nom de bois de cèdre blanc qa'i} partage avec celui du boisde Cupressus ihi/oïdes Willd., et de bois de cèdre des Canaries. Il est très employé en menuiserie âne, il es^ brunâtre, très tondre, facile à fendre, d'une odeur camphrée, très résistant aux influences atmosphériques. Densité : 0,38-0,54,

199. ir «•«»«> Taxus baccata Lin. — Syn. : T. nuciferaWiW.. Gemeiner Eibenbaum, Eibe, Taxusbaum, Taxbaum, allem. ; Common Vew, angl. ; Taxo, ital. ; Texo, espagn. — Famille des Taxinées, genre Taxus.

Caractères. — Ce sont des arbres de faible taille, à croissance extrêmement lente, capables cependant d'atteindre 12-1!) mètres de hauteur. Les feuilles, disposées en réalité en spirale autour des rameaux, sont étalées dans un plan horizontal et paraissent placées sur deux rangs ; elles sont d'un vert noir en dessus et d'un vert clair en dessous ; le fruit est rouge, brun lorsqu'il est mâr. Il est presque complètement entouré d'uDe enveloppe charnue qui lui donne sa couleur d'un beau ronge ; elle laisse au Fig. *69. — namraii dif doifït uu Uquide Ë:luant,quaDdoii I ecrase. (Tarw baccata) avœ t, . , ^ ■ . . r, -

àts fruits. t,et arbre, quoique appartenant aux (joni-

fères, a un fruit qui ne rappelle en rien le cône caractéristique de ces végétaux; d'autres caractères, tels que la présence de trachéides à ponctuations aréolées et de cellules résineuses dans le bois, ont motivé ce rapprochement.

L'if croit dans toutes les régions montagneuses de l'Europe, où il est devenu rare aujourd'hui par suite de la destruction irraisonnée qu'on en a fait au moyen-âge. Il est planté, aussi, un peu partout.

Bois. — C'est un trrs beau bois d'ébénisterie, malheureusement rare \ c'est un des plus compacts cl tenaces parmi nos bois indigènes. Couleur d'un beau rouge amarante, légèrement marron, veiné de brun par le bois d'automne, marbré dans les vieux arbres ; aubier blanc-jaunâtre, étroit, très distinct ; bois dur, homogène, sans odeur sensible ; susceptible d'un

BOIS EIOTIQOES d'iHPORTATION 931

très beau poli ; incorruptible ; devient pourpre après un séjour sous l'eau, prend bien le noir, ressemble alors à i'ébène (ébène allemand). Densité : 0,670-0,896.

Il est très recbercbé pRr les sculpteui-s et tourneurs en bois. On a souvent retrouvé, dans les anciens châteaux, de vieilles armes ou objets sculptés faits de ce bois et parfaitement

Fig. 470, — Coupe longitudinale du boi* de l'If comiDun (iS6 diamèlres). D'aprÈsA. Thil.

conservés après plus de KOO ans. On rutilisaît,au moyen-ftge, et dans les temps beaucoup plus anciens, à faire des arcs. On s'accorde à reconnaître que c'est le plus fin des bois d'Europe que l'on puisse employer en ébénisterie. Malheureusement la croisSEince de l'arbre est extrêmement lente et le bois produit, par suite peu abondant.

Il« PARTIE. - BOIS EXOTIQUES D'IMPORTATION

Les bois exotiijues d'importation sont ceux qui, par leurs qualités spéciales, répondent à des besoins auxquels ne peuvent pas satisfaire les bois indigt'ues. Malgré leur prix élevé, auquel s'ajoutent les frais de transport, beaucoup sont

recherchés parce qu'ils n*ont pas d'homologues chez nous. On peut les subdiviser en bois exotiques :

V d'ébénisterie (Bois des lies) : acajou, ébène, palissandre, gayac, etc.

2® de service ou de construction : pitchpin, eucalyptus, teck, liem du Tonkin, etc.

3** de teinture : bois de campêche, b. de sappan, etc.

g 1. — BOIS EXOTIQUES D'ÉBÉNISTERIE

MO. €^nérallté«. — Beaucoup de bois des régions tropicales ou subtropicales offrent un grain serré, une couleur particulièrement chaude, une richesse de veines que ne présentent pas nos bois indigènes; il est vrai que Ton est arrivé à tirer un meilleur parti de nos produits dont plusieurs peuvent rivaliser avec les bois d'importation. On est parvenu aussi à imiter les bois exotiques d'ébénisterie en faisant pénétrer par teinture, ou mieux par injection sous pression, des solutions de matières colorantes dans Tintérieur de certains bois de nos pays que nous avons eu l'occasion de citer en parlant des essences indigènes.

On désignait autrefois ces bois, et l'usage n'en est pas complètement perdu aujourd'hui, sous le nom de bois des îles, parce qu'ils étaient apportés en presque totalité des iles voisines de l'Inde surtout, et aussi de l'Afrique et de TAmérique. Actuellement la plus grande part nous arrive du continent américain.

Au point de vue douanier, les bois exotiques sont exempts de droits lorsqu'ils sont à l'état de bûches ou sciés^ à plus de â décimètres d'épaisseur. Lorsqu'ils sont sciés à moins de, 2 décimètres d'épaisseur ils doivent acquitter, par 100 kilos bruts, un droit de 1 fr. oO, tarif général, ou de 1 fr., tarif minimum. Cela dans le but de protéger l'industrie nationale.

Les chiffres suivants donneront une idée de l'importance de la consommation des bois exotiques d'ébénisterie en France.

La valeur totale des importations s'est élevée (1) :

En 1900 à 10.976.250 fr.

(i) Tableau général du commerce et de la navigation. Paris» Imprimerie nationale.

^ir—r"

Acajou. . . .

H.703 tonnes (2)

l cCK • • • •

Palissandre .

Ebène . . . .

Tulipier . . .

Gaîac . • . .

BOIS EXOTIQUES d'importa.tion 933

En 1901 à 17.009.790 fr.

En 1902 à 18.906.820 —

Voici le détail de ces importations pour 1900 (1) :

Noyer d'Amérique. 914 tonnes

Cèdre à crayon . . 845 —

Cèdre 614 —

Erable d'Amérique 306 —

Espenille citron . . 294 —

Noyer satiné ... 80 —

Bois de rose. ... 42 —

tM. li'Ae^loa. Swietenia Mahogoni Lin. Fam. des Méliacées. — Syn. : Acajou mahogani ; en anglais : Mahogany; allem. : Makagoni ; holland. : Mahaniehoul ; ital. : Legno di Mogano.

Caractères, — L'acajou est un grand arbre de 20 à 25 mètres de hauteur sur plusieurs mètres de circonférence. Les feuilles sont composées, paripennées et les folioles se terminent en pointe. Les fleurs sont petites, jaune-rougeâtre et disposées en grappes composées. Le fruit est une longue capsule (8 à 10 centimètres) (3).

Distribution géographique. — Cet arbre est abondant dans

les Antilles principalement à Saint-Domingue (rare à la

Guadeloupe), à Cuba. Il est commun dans les plaines et

se rencontre jusqu'à 900 mètres dans les montagnes du

Honduras, du Mexique, du Nicaragua, de la Colombie et

des Guyanes. En somme, cet arbre abonde dans l'Amérique tropicale.

Bois. — On sait la réputation de ce bois d'ébénisterie, qui

tient le premier rang de nos bois d'importation quant à la

valeur et au nombre de tonnes. Il était très à la mode sous le

premier empire et son usage s'est conservé. Il fut importé

de la Trinité vers la fin du xvi« siècle et ne devint article de

commerce qu'à la fin du dix-septième. On peut dire que ce

(i) Annales du commerce extérieur y 11" fascicule, 1901.

(S) D'une valeur de â.925.750 francs.

(3) La noix, la pomme et la gomme d'acajou viennent d'un arbre tout différent : l'Anacardier (Anacardium occidentale) de la famille des Térébenthacées.

Voir notamment sur l'acajou : Ghaloner and Fleming, The Mahogani iree; its botanical characters, qualities and uses. London, 1850.

bois, mis ea œuvre, est aussi commua cbcz nous que le chéoe et !e noyer.

L'acajou est rouge bruu clair quand il est fratchement trié ou raboté, mais il ne tarde pas k se foncer à l'air.

Les vaisseaux assez larges, répartis de telle manière que -tes zones annuelles n'apparaisse at que d'une Taçon vague, se montrent sur une section transversale sous forme de points clairs; leur parcours est irrcgulier, presque comme cela ae

Fig. Vi. — Acajou h meubles {Swietenia Mahagoni Lin.).

produit dans les loupes, et ils sont mêlés à des fibres et à du parenchyme ligneux qui constitue des couches concentriques plus claires ; les cellules des rayons, disposées sur 3-5 rangs, sont chargées de résine. Ces rayons sont donc assez larges, ils sont courts et renflés dans leur milieu. Densité : 0,360 à 1,04.

Ce bois est facile à travailler et susceptible d'un beau poli satiné, il est difficile à fendre. On l'emploie rarement en massif, plus souvent on placage sur chêne ou bois blanc, après l'avoir réduit en feuilles très minces à l'aide de scieries mécaniques spéciales. On en fait ainsi des meubles et de la marqueterie.

L'acajou nous arrive en poutres équarries nommées billes, parmi lesquelles il faut distinguer les canons ei les fourc/ies. Les canons sont des billes provenant du tronc principal et

BOIS EXOTIQUES d'importation 935

des grosses branches. Elles offrent une veinure uniforme et de direction constante, aussi fournissent-elles, en général, l'acajou uni ; le prix en est moindre que le bois de fourches. Les fourches sont prises au sommet du tronc et des branches, à l'endroit où ces parties de larbre se divisent en deux pu un plus grand nombre de ramifications. Les veines, en suivant les changements de direction, produisent des dessins variés qui sont d'un bel effet après polissage.

Principales variétés o'acajou. — L'acajou porte des noms différents suivant son origine, on peut le classer à ce point de vue de la façon suivante :

A. Acajou de Saint-Domingue. — On en fait un assez grand usage en France. Il vient aujourd'hui à peu près exclusivement de la partie espagnole de l'Ile, par les ports de Porto-Plata, Santo-Domingo, etc. 11 est très estimé, sa couleur est vive, sa fibre fine et serrée. Il pèse 900 à 1.000 kilogrammes le mètre cube. Il vient en billes ayant le plus souvent 40 à 68 centimètres d'équarissage et de 2 mètres, 3 à 3 m. 3 de longueur ; les fourches constituent de petites billes ayant généralement 32-49 centimètres d'équarrissage et 65 à 130 centimètres de longueur ; elles offrent un dessin très riche et sont recherchées pour fournir Vacajou ronceux,

^.Acajou de Honduras, — Il parait appartenir à une espèce différente. Sa couleur est plus pâle tirant sur le jaune, il est moins dense, moins serré, les bandes de parenchyme ligneux y sont beaucoup plus minces et plus nombreuses, les vaisseaux sont plus étroits ; les rayons médullaires sont plus longs et moins renflés. Il ne pèse que 700 kilos le mètre cube. On le reçoit en billes de fortes dimensions, ayant parfois 8 à 10 mètres de long sur un mètre d'équarissage.

On trouve un A. de Honduras dont le grain est fin et dont la couleur rosée ne brunit pas avec le temps, ce qui augmente sa valeur.

C. Acajou de Cuba, — Il est particulièrement lourd et dur, sa couleur est moins vive que celle de TA. de Saint-Domingue.

Certaines billes pèsent plus de l.OCO kilos par mètres cubes ; elles ont de 2-6 mètres de longueur, sur 30-50 centimètres d'équarrissage.

D. Acajou du Mexique. — Gomme celui du Honduras, son

in

grain est généralement peu serré, mais sa couleur est plus vive et sa densité plus grande, soit 800 à 850 kilogrammes par mètre cube. Il arrive en billes aussi fortes que le Honduras, mais moins longues le plus souvent.

E. Acajou de Colon-Panama. — Ressemble au précédent: grain peu serrée couleur rosée ; il est moins estimé, à cause surtout de sa mauvaise exploitation. Les billes sont de forte taille, mais trop souvent fendues dans diverses directions et leur mise en œuvre comporte, par suite, beaucoup de déchets. Poids de 800 kilogrammes par mètre cube environ. Le commerce de cette variété d^acajou date du déboisement opéré lors de la prise de possession des terrains pour le creusement du canal.

Nous allons joindre à cette liste, des bois désignés sous le nom d'acajou, mais qui ne sont pas produits par le mahogani.

F. Acajou femelle ou A. à planches^ Cedrel ou Cèdre odorant^ B, de Cédra (Cedrela odorata Lin. Fam. des Méliacées).

Le Cedrela odorata est un arbre voisin du précédent, il habite aussi l'Amérique : Cuba, les Guyanes, Honduras et Mexique. Le bois est nettement zone, les zones ayant parfois un centimètre de large ; il est très léger, poreux, rougeàtre, brillant, très facile à fendre, doué d'une odeur forte assez agréable, qui ressemble à celle du genévrier de Virginie; sa saveur est amère. On en fait des boites à cigares, à sucre et d'autres objets analogues, des intérieurs de meubles de luxe ou de meubles communs, des charpentes, des barques, etc. Il est inattaquable par les insectes.

Ce bois est parfois distingué de Y A. Mahoganij ou vrai acajou^ ou acajou mâle, sous le nom d' A. femelle,

G. L'Acajou d'Afrique ou A. du Sénégal ou A. de Madère ou Caïlcedra, — Ce bois provient d'arbres, voisins des précédents, sur la nature spécifique desquels on n'est pas très bien fixé : il est produit par le Khaya Senegalensis, suivant les uns, par le Carapa procera D. C. {Carapa Touloucouna^ Guill. et Perr. Flor, Sénég.^ Flor. Sénég., I, 28), suivant les autres et peut-être bien, par les deux. Ces deux espèces

BOIS EXOTIQUES d' IMPORTATION 937

appartiennent à la famille des Méliacées comme Tacajou mabogani (1).

Ce bois a été introduit en Europe seulement dans le cours du siècle dernier dans le but de remplacer TA. Mabogani, auquel il ressemble beaucoup, mais dont il n*a pas les qualités ; sa texture est plus grossière, il garde plus difficilement le poli et présente une teinte vineuse peu agréable. Il est beaucoup moins estimé. Les billes, de dimensions très fortes, nous arrivent souvent avec le cœur pourri. Il sert à la fabrication des meubles, boites, et aux diiSTérents usages auxquels on applique l'A. ordinaire.

Outre les caractères ^déjà cités^ on le distingue aisément par ses rayons fort apparents à l'œil nu, tandis qu'on ne les aperçoit pas dans lacajou ; de plus, les zones sont très distinctes et séparées par une étroite bande claire. Densité : 0,91. L'exploitation de ce bois depuis le siècle dernier, tire son origine du développement de la colonisation européenne sur la côte occidentale d'Afrique.

L'Angleterre en consomme de grandes quantités, particulièrement pour la fabrication des meubles «modem style )>.

Les importations de cet acajou à Liverpool, en 1897, ont été de 16.204 billes, dont 11.147 provenaient des colonies françaises : 9.552 de la G6te-d'Ivoire et 1.595 du Congo français. La plus grande partie des billes d'acajou de l'Ouest africain proviennent d'Assinie (Côte d'Ivoire), de Axim (Côte-d'Or) ; puis, en moins grande quantité, de Chama (Côte-d'Or), des Iles de Saint-Thomas et Principe, de Mayumba (Congo français), Bathurst (Gambie anglaise), etc.

Désignations des bois d'acajou dans le commerce d'après leur ASPECT. — Quelle que soit leur provenance, les acajous se

(i) Sur la question controversée de l'origine de ces bois, voir: Guillemin et Perrottel, FI. Senegamb., t. 32, Keto Bull., 1890, p. 168-470; Kew BulL, i894, p. 8-9 et h'ew BulL, 1895, p. 79-80. D'après Guillemin et Perrottet leHC' Senegalensis a ses plus beaux représentants dans la Gambie et la presqu'île du Cap'Vert ; il n^existcrait pas à l'état sauvage dans le Sénégal proprement dit, par contre, il est à cet état dans le Sierra Leone. Dans la Gambie cet arbre est désigné par les nègres sous le nom de Cail, d'où l'appellation européenne de « Gail-Ccdra ».

Le Carapa procera existe dans la Guyane, l'Ouest de l'Afrique tropicale (Sénégambie [Toulouconna], Sierra Leone, Kameroun, Gabon).

L'acajou africain du commerce serait produit encore par d'autres arbres.

désignent encore, dans le commerce, d'après leur aspect plus ou moins bien dessiné et veiné. C'est ainsi qu'il y a :

\J Acajou uni, dont la couleur est uniforme, les veines k peu près invisibles ; il est en même temps généralement poreux et de peu de finesse. C'est le moins estimé.

UA. veiné, veines toutes parallèles, longitudinales.

UA. moiré, veines ondulées et chatoyantes qui lui donnent l'aspect de la moire.

UA. flambé, les veines sont disposées en gerbes rouges et vives ayant Taspect de flammes.

UA. chenille, des lignes blanchâtres ombrées environnent des plaques vermeilles ; elles sont semées capricieusement dans tous les sens, elles s'entrecroisent et se confondent parfois.

UA. ronceux, ne s'obtient que de billes de fourches ; dessins ondulés, festonnés d'une façon plus ou moins confuse. Il est particulièrement beau.

UA.mouchetéoxx tigré, qui présente beaucoupde nœuds constituant des taches plus claires ou plus sombres que le fond.

Il y a d'autres variétés désignées, suivant le caractère du dessin formé par les veines : A. rubanné, A. panaché, etc.

Il faut, dit M. Hollande, à qui nous empruntons les détails précédents, une grande habitude pour reconnaître, sur la surface terne des billes, la nuance et le dessin d'un acajou. Les meilleurs praticiens sont obligés de les examiner sous toutes leurs faces et particulièrement au niveau des sections transversales des extrémités ; il faut souvent recourir à l'emploi de la sonde, ou à celui de la gouge, sorte de ciseau concave avec lequel on entame le bois pour mettre à nu la disposition des fibres à l'intérieur.

Commerce des bois d'acajou. — La France a importé en 1899: 9.630 tonnes d'acajou, venant surtout du Mexique, puis de rAfrique occidentale française, de la Colombie, de Cuba, de Saint-Domingue, etc. L'Angleterre en a reçu 61.000 tonnes provenant principalement de la Côte-d'Or et du Honduras anglais, puis des Etats-Unis, de Lagos, de l'Afrique occidentale française, du Mexique, de l'Allemagne, de France, de Saint-Domingue, etc.

L'Angleterre a en outre réexporté 13.000 tonnes de ce bois.

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