I. fleur ;i. fruit; 3. graine. fi
benistene, mais son principal emploi consiste à teindre en bleu, violet ou noir.
La matière colorante du bois de campëche a été étudiée par Chevreul qui l'isola en 1810, et par Erdmann, en 1842 ; elle existe dans le bois à l'état de glucoside. Chevreul a établi, qu'en concentrant des décoctions de ce bois, il se formait, après quelques semaines, un dépOt de cristaux transparents et jaune clair. 11 nomma cette substance cristallisable : Hema~ toxijline ou hématine C"H"0'. Une solution saturée d'hématine dans l'ammoniaque, agitée au contact de l'airà une douce chaleur, prend une coloration rouge cerise foncée et dépose des cristaux gmiiis constitués par une combinaison ammoniacale. CoUc-ci traitée par l'acide acétique, qui élimine l'ammoniaque, donne un précipilé rouge brun, devenant vert foncé il éclat métallique par la dessiccation, c'est Vhémaléine de Erdmann,
L'hcmatéinc est donc une substance colorée, dérivant de l'hématine incolore ; sa formule est CH'^O".
fiOIS EXOTIQUES d'iMPORTATION
loot
C"H'*0* + 0 = fl'O + C"H«0'
Hématine Hématéine
L'hématéine n'est, d'ailleurs, qu'un premier terme d'oxydation ; celle-ci peut aller plus loin et donner des composés noirs ulmiques, comme cela arrive avec les solutions alcalines.
L'hématéine est très peu soluble dans l'eau, plus soluble dans l'eau chaude, l'alcool. La teinture obtenue teint le papier en violet et devient extrêmement foncée par les alcalis, elle passe au rouge jaunâtre par les acides. L'hématéine peut se combiner avec les alcalis, notamment avec l'ammoniaque ; elle donne dans ce cas un composé se dissolvant facilement dans l'eau, qu'il colore en rouge. Cette substance se combine aussi avec les oxydes métalliques, c'est ainsi que se produisent, avec des solutions de leurs sels, des précipités insolubles qui sont des hématéates, soit : avec le sulfate de cuivre, un précipité bleu violacé ; avec le sulfate ferreux^ un précipité violet-noir et avec le chlorure stanneux, un précipité violet-rouge, etc.
L'hémalineou hématoxyline joue le rôle d'acide faible et peut produire, avec les bases des sels, qui s'oxydent très facilement pour donner des composés identiques à deux que l'on obtient directement au moyen de l'hématéine (hématéates). Ces composés sont utilisés pour la teinture des cuirs (1).
On peut activer la transformation du principe non coloré du bois en principe coloré, en lui faisant subir une sorte de fermentation qui a pour effet de décomposer le glucoside en glucose et hématine, ce dernier corps se transformant au contact de l'air en hématéine. 11 faut pour cela découper le bois en copeaux, les mettre en tas et les arroser ensuite d'eau additionnée d'une substance azotée (urine, colle forte, etc.).
La préparation des liqueurs utilisées dans la teinture est g-énéralemenl etfectuée dans des chaudières de cuivre contenant les copeaux du bois de campêche et de l'eau additionnée d'un peu de carbonate de soude, ou d'ammoniaque, ou d'urine putréfiée.
Si Ton veut préparer des extraits de campêche on fait
(1) Voir sur ce sujet : La Tannerie, par L. Meunier et Cl. Vaney, Gauthier-Villars, Paris, 1903. Chapitre : Teinture des cuirs.
Ur
usage d'autoclaves, dans lesquels on soumet le bois à un épuisement méthodique. Les liqueurs obtenues sont ensuite concentrées dans le vide.
Le prix peu élevé du campêche, la facilité avec laquelle on peut modifier sa nuance, font que son emploi s'est conservé malgré la concurrence des nombreux noirs artificiels (noirs d'aniline, etc.). Ces noirs se font beaucoup sur laine, coton, soie, etc. Le campêche donne d'ailleurs des couleurs très variées suivant le mordançage ; c'est ainsi qu'avec les tissus mordancés en alumine, il donne des violets grisâtres assez intenses ; avec les mordants de fer, des noirs ou des gris, et avec un mélange des deux, un noir préférable, pour la teinte, à ceux qui ne renferment que du fer. Avec l'acide chromîque qu'il réduit, il fournit une laque d'un très beau noir nuancé de violet. Il faut dire aussi que toutes ces teintes sont assez instables et s'altèrent sous l'influence de la lumière, du savon, des alcalis et des acides.
La valeur commerciale d'un bois ou d'un extrait de campêche s'estime généralement de la manière suivante, par essais de teinture : on mordance des écheveaux de laine avec un mélange de bichromate de potassium à 3 0/0 et de bitartrate acide de potassium à 6 0/0. Ces échantillons, après rinçage, sont plongés dans des bains de teinture préparés avec des poids égaux des différents échantillons de campêche à essayer. Ces différents bains sont à une même température et la durée de contact est la même pour tous. On compare ensuite les teintes obtenues avec celles d'échantillons-types préparés antérieurement dans les mêmes conditions.
Si l'on veut savoir quelle est la proportion relative d'hématine et d'hématéine que renferme le bois, il faut faire deux séries d'essais, les uns avec de la laine mordancée à l'acide chromique, les autres avec de la laine mordancée à l'oxyde de chrome. Si le bois est de coupe récente et, par conséquent, s'il est riche en hématine, ce sera la laine mordancée à l'acide chromique qui donnera la nuance la plus foncée par suite de l'oxydation de Thématine par l'acide chromique. Si, au contraire, le bois est vieux, il sera riche en hématéine et on obtiendra des nuances foncées avec la laine mordancée à l'oxyde de chrome.
BOIS EXOTIQUES d'iMPORTATION 1009
Le bois de campêche varie de forme et porte une désignation particulière suivant le pays qui le produit.
La qualité la plus anciennement connue et la plus estimée est celle qui vient du Yucataa où le port de Campêche en exporte de grandes quantités. Il faut que des bateaux remontent les rivières pour aller ' chercher Farbre qui se trouve dans les forêts de Tintérieur du pays. Ils chargent le bois débité en bûches d'environ 1 mètre de longueur, pour ramener à la côte.
Un concurrence sérieuse est faite à cette provenance par Saint-Domingue, Haïti et le Honduras anglais.
Voici les principales dénominations commerciales :
Le campêche coupe d'Espagne ;
— d'Haïti et Saint-Domingue ;
— anglaise (Jamaïque) ;
Le campêche coupe de la Martinique et de la Guadeloupe ;
— de Honduras.
Il arrive, en général, sous forme de grosses bûches dépouillées de leur aubier, pesant 200 kilogrammes environ ; le nom de togwood (bois en bûches), par lequel les Anglais désignent ce bois, fait allusion à sa forme commerciale. Leur couleur est, comme nous Tavons dit, rouge-brun à Textérieur et d'une teinte pâle à Tintérieur.
EIn France, la majeure partie des bois de teinture employés est constituée par le campêche ; la France en importe d'ailleurs beaucoup pi us qu^elle n'en consomme, et une bonne part est exportée sous forme d'extrait.
La France a importé, de 1887 à 1896, en moyenne chaque année, 105.495.582 kilogrammes de bois de teinture en bOches, le chiffre d'importation croissant d'ailleurs constamment depuis de nombreuses années (Il baisse depuis 1897). Elle a importé aussi annuellement, pendant cette même période, 160.785 kilogrammes d'extraits tinctoriaux. Elle a exporté, daJis les mêmes conditions,14.655. 054 kilogrammes d'extraits tinctoriaux. Ce qui concerne spécialement le bois de campêche n^est pas séparé dans les statistiques.
L'Allemagne a importé en 1899, 29 millions de kilogrammes de campêche provenant surtout du Mexique (14), de Saint-Domingue et Haïti (7), etc. La Grande-Bretagne en a
1010 CHAPITRE IX. — ÉTUDE SPÉCIAifi DES BOIS UTILES
importé 33 millions de kilogrammes, arrivant du Honduras anglais (17), de Saint-Domingue et Haïti (10), du Mexique (S 1/2), etc. La production du Yucatan a diminué, tandis que le bois de Saint-Domingue est de plus en plus recherché pour son bas prix.
Le prix en bûches est très variable ; en 1900, il était coté, au Havre, 11 à 25 francs les 100 kilogrammes^ selon la provenance. L'extrait sec se paie, suivant les qualités, de 25 à 165 francs les 100 kilogrammes.
9t&. Wjem Caehoui. — La substance connue dans le commerce sous le nom de cachou et qu'utilise Tindustrie pour le tannage et la teinture, est un extrait préparé avec la partie centrale de certains bois que Ton découpe en menus fragments et que Ton fait bouillir dans Teau; la liqueur, concentrée dans des récipients en terre, est séchéc à Tair puis coupée en pains.
Les bois qui fournissent le cachou proviennent de différents arbres parmi lesquels nous citerons : des acacias (Légumineuses-mimosacées) tels que : A> catechu, qui croit dans les forêts tropicales des Indes orientales, au Bengale, à Ceylan ; VA. suma^ du sud de l'Inde et du Bengale ; un palmier, VAreca calechu dont on utilise surtout le fruit, « la noix d*Arec »,pour l'extraction de cette substance.
Il existe, dans le commerce, des substances très voisines, employées surtout pour le tannage, que Ton désigne sous le nom de Gambier {Gambir des Allemands et des Anglais), que Ton extrait des bourgeons et des feuilles de lUncaria Gambier (Rubiacées) et du Kinos ; celui-ci est constitué par le liquide qui s'écoule des fentes naturelles ou artificielles faites sur le tronc de divers végétaux, notamment des Plerocarpus et des Eucalyptus.
Les cachous provenant des acacias sont surtout fabriques par les Chinois et les Birmans munis de licences de bouilleurs de cachou. Les arbres sont considérés comme favorables lorsqu'ils atteignent un pied de diamètre, ce qui arrive quand ils ont 25 à 30 ans ; ils sont alors abattus, l'écorce et l'aubier sont enlevés et jetés. Après avoir été découpé en blocs de deux ou trois pieds de long, le cœur du bois rouge est fendu en fragments.Les bûches sont placées dans des jarres en terre, à
Bois EtOTiQUES d'iHPORTATION
orifice étroit, pleines d^eau et disposées sur un fourneau. On fait bouillir et on réduit le jus ainsi obtenu à Tétat sirupeux en agitant continuellement. On agite jusqu'à ce que la masse soit assez refroidie pour qu'on puisse la manier, on Tétend alors sur des feuilles dans un cadre de bois et on laisse solidifier par l'exposition au soleil. La masse est préalablement divisée en morceaux. Une tonne de bois préparé donne de 250 à 300 livres de cachou. Le cachou en pâte est d'un prix moins élevé que le cachou en cubes, ce dernier étant complètement sec. Le prix de cette matière tannante en masse, ou en pains, varie de 13 À 22 francs les 50 kilogrammes, celui des cubes varie de 25 à 42 francs les 50 kilogrammes.
Il existe, dans le commerce, deux variétés principales de cachou provenant des acacias: le cachou de Pégu et le cachou de Bengale.
La plus importante est le cachou de Pégu ou cachou de Bombay ; il forme des masses aplaties mesurant 16 à 22 centimètres de longueur et 1 à 3 centimètres d'épaisseur ; elles sont recouvertes de grandes feuilles. Sa substance est d'un brun rougeâtre ou d'un brun noirâtre^ dure et cassante à la surface, molle et tenace à l'intérieur, du moins quand elle est d'importation récente ; la substance ancienne ou desséchée a une cassure brillante, conchoïdale et homogène, dans laquelle on observe de petites cavités qui paraissent produites par des bulles de gaz. Le cachou ne fond pas à la chaleur, il brûle sans produire de flamme et laisse alors des cendres blanches ; sa saveur est franchement astringente, très peu amère avec un arrière-goût doux et légèrement aromatique.
Le cachou du Bengale se présente sous la forme de pains de 2 à 5 centimètres d'épaisseur et en morceaux irréguliers formés d'un certain nombre de plaques superposées ; sa surface extérieure offre une teinte brunâtre et une consistance assez ferme ; à l'intérieur, il est ferme, grisâtre, opaque, poreux et terreux. Sa saveur est agréable, astringente, suivie d'une certaine fraîcheur.
Ces deux sortes de cachou, traités par Feau froide, blanchissent, se ramollissent, se désagrègent et se dissolvent partiellement ; par l'eau bouillante, ils donnent une solution i>ran-rouge clair. Ils renferment tous deux de la catéchine.
Lies cachous provenant du palmier, VAreca caiechu, sont
''■ir
très différents des précédents, car ils ne renferment pas de catéchine ; ils fournissent une matière tannante rouge, à peine soluble dans l'eau froide ou chaude. On les retire non du bois mais des graines d'Arec; cette exploitation se fait surtout dans les Indes, à Ceylan.
Le cachou desséché contient 12 à 20 0/0 d'eau^ humide il en renferme 40 0/0. Sa teneur en tannin varie d'après sa teneur en eau et va, pour une bonne sorte, jusqu'à 60 0/0. Il ne se dissout pas complètement dans Teau ; pour l'employer on place les morceaux dans une corbeille et on suspend celle-ci dans un récipient plein d'eau ; de cette façon il ne se trouve dans le bain aucune substance insoluble.
Les cachous sont souvent falsifiés ; on leur ajoute des cachous de qualité inférieure ou des extraits astringents qui donnent à la masse une teinte foncée presque noire ; ils modifient sa saveur sucrée, en même temps ils changent la teinte du précipité obtenu par le perchlorure de fer qui, au lieu d'être vert, devient noir ou violet. Des falsifications plus grossières consistent en l'addition de substances inertes, de l'argile, du sable et du carbonate de fer, qui sont facilement révélés par l'incinération, de la fécule décelée par un examen microscopique; le cachou pur n'en renferme jamais.
Le cachou est une matière tannante bonne et rapide, mais il fermente facilement et donne peu d'acides. Il colore le cuir beaucoup plus fortement que le gambier.
Il ne peut servir au tannage complet, mais on en fait une grande consommation pour complément de tannage, en mélange avec d'autres substances tannantes.
Le cachou est une des matières colorantes naturelles les plus employées et son rôle est important dans les fabriques d'indiennes et les teintureries. Les couleurs qu'il donne sont très solides, sans l'emploi de mordants; il colore le coton et la laine en brun. Cette teinture brune peut être modifiée par addition d*autres substances au bain, comme les bois jaunes, rouges et le quercitron (écorce du chêne quercitron) ; l'addition de sels métalliques, comme le sulfate de cuivre, avive la teinture qui devient d'un brun rouge. On peut réaliser, par addition d'autres matières colorantes au cachou, des teintes grises, olive, bronze, des couleurs de bois claires ou foncées, des bruns plus ou moins sombres, des jaunes paille et chamois, des rouges et des rouges bruns.
BOIS EXOTIQUES d'iMPORTATION 1013
Le cachou est encore employé en médecine comme astringent et comme stimulant stomachique. Les fumeurs s'en servent pour masquer Todeur du tabac.
La France en consomme près de 5 millions de kilogrammes annuellement, provenant des Indes anglaise ; l'Allemagne, 7 millions 1/2 de kilogrammes et l'Angleterre, 22 millions de kilogrammes (cachou etgambier réunis) (1).
9iG. Boi« ronse oa bols de Brésil. — On comprend sous ce nom diverses variétés de bois, appartenant au genre Cœsalpinia (Légumineuses-Césalpiniacées) et susceptibles de communiquer aux fibres textiles, mordancées à Talumine, une couleur rouge d'ailleurs peu splide.
Les arbres qui les fournissent croissent surtout aux Indes, dans TAmérique méridionale et aux Antilles. Ces bois sont durs, compacts, de couleur jaune clair à l'intérieur et brune à l'extérieur, sans odeur, de saveur astringente; ils teignent la salive en rouge.
Ils arrivent sous forme de bûches, de bAtons, ou de souches.
Il en existe de nombreuses variétés dont les principales sont :
1* Le bois de Fernamhouc ou bois de Brésil^ le meilleur de tous (v. p. 971). ;
20 Le bois de Brésil proprement dit, — Produit par le desalpinia brasiliensis. fiûches taillées à la hache et dépouillées de leur aubier. Dur, compact, d'un rouge de brique dans les sections fraîches et brunissant à l'air. Il est moitié moins riche que le précédent ;
3* Bois de Sainte-Marthe et de Nicaragua. — Produit par le Cœsalpinia echinata des forêts de Sainte-Marthe et de la Sierra-Nevada au Mexique. Bûches d'un mètre de long, de 10 à 20 kilogrammes. Dur, pesant, compact, couvert d'un aubier blanc. Il tient le second rang parmi les bois rouges, au point de vue de la richesse.
(1) Il existe en Indo-Chine une substance, appelée eu ndu au Tonkin (faux gambier produit par les tubercules d'une liane épineuse, le Dioscorea atropurpurea Rox.), très employée et qui teint bien les étoffes en cachou. On propage le végétal qui produit cette substance que l'on pourrait essayer de substituer au cachou de l'Inde.
4" Bois de Sappanou du Japon. — Fourni par le Cêesalpinia Sappan. Indes, Siam, Moluques, Chine (1), Japon, Antilles, Brésil. Bûches on branches avec tissu médullaire central. Dur, compact, h grain fin, susceptible d'un beau poli ; rouge très pâle. Le bois de Lima du commerce n est qu'une variété de sappan. Les bois de Manille et des autres Philippines sont les plus mauvaises variétés. Ce bois est parfois improprement désigné sous le nom de bois de Sibucoa,
5o Bois de Brésilien — Produit par le Cmsalpinia vesicaria, Guyane, Jamaïque, lies de Bahama. Bâtons de 54 millimètres de diamètre recouverts d'aubier ; couleur rouge ; variété peu estimée.
6® Bois de Californie, — Produit par un Gesalpinia de la Californie d'espèce non spécifiée.
7® Bois de terre ferme ou de Colombie. — Dur, pesant, noueux et tortueux ; fibres longitudinales entrelacées, couleur jaunâtre.
8® Bois de Bahia. — Bûches coupées carrément et dépouillées ; couleur jaunâtre ; qualité moyenne ; saveur amère astringente.
La matière colorante de ces bois rouges a été isolée par Chevreul qui la nomma : bre'siline. Elle est dans le bois à l'état de glucoside que Ton décompose par la fermentation à laquelle on soumet le bois quand on veut Tutiliser pour la teinture ; elle est incolore ; Fair, en l'oxydant, la transforme en une matière colorante d'un rouge brun, la brésiléine. Cette transformation est facilitée par la présence dos alcalis, des vapeurs ammoniacales, de la chaux, du carbonate de chaux, de l'urine putréfiée, etc.
On peut facilement extraire la matière colorante du bois de Brésil par l'eau dans laquelle elle est soluble,il faut procéder par décoctions répétées. Le liquide de la décoction se colore peu à peu à Tair par oxydation de la brésiline.
Les acides font passer au jaune orangé les solutions rouges de bois de Brésil, les alcalis ramènent cette teinte au rouge cramoisi.
L'alun ne ^précipite pas la solution de ces bois, mais si on
(1) On Ta signalé au Tonkin, province de Lang-Son,où les indigènes désignent l'arbre sous le nom de Cât/ vang.
BOIS EXOTIQUES d'iMPORTATION 1015
le rend basique au moyen de carbonate de potasse et que Ton chauffe, il se dépose une laque rouge.
Les formes sous lesquelles on emploie le bois de Brésil ou sa matière colorante sont :
1^ Le bois lui-même réduit en copeaux ou en poudre. Il sert à la teinture en rouge, en rose, en amarante, en cramoisi;
2^ Le jus de Brésil ou petites eaux, obtenu par Tébullition du bois en poudre ou en copeaux avec dix-huit ou vingt fois son poids d'eau, sous l'influence de la vapeur d'eau ; ou par un épuisement méthodique du bois par Teau chaude ;
3* Les extraits concentrés à 10® ou 20* Baume ou même solides. Cette forme, commode pour le transport et la prépa* ration des couleurs d'impression, est actuellement presque exclusivement usitée ;
4® Les laques. Elles servent particulièrement pour Timpression des papiers et les divers genres de peinture.
Les teintures obtenues avec le brésil seul sont peu solides, mais on ne Tutiliseque pour modifier des nuances obtenues avec d'autres couleurs naturelles, telles que le campéche^ le rocou, le bois jaune.
919. Bols de «antol roa^e. — Ce bois, produit surtout par le Plerocarpus indiens^ rentre dans la catégorie des bois rouges de teinture. Nous Tétudions, ainsi que le camwood, avec les bois d'ébénisterie fp. 976).
919. Bols Jaune. — Ce bois provient du Morus tinctoria ou mûrier des teinturiers, arbre de la famille des Urticacées. Il croit aux Indes, dans TAmérique du Sud et dans certaines parties de TAmérique du Nord.
Le bois du mûrier des teinturiers, quand il est de bonne qualité, est dur, d'une belle couleur jaune brun, un peu garance à Textérieur, avec des veines rouges. Ce bois, qu*on utilise presque exclusivement en teinture, mériterait d*étre employé plus souvent en ébénisterie. Les qualités inférieures se signalent parleur teinte uniforme, indice d'une faible teneur en matières colorantes. Un défaut de ce bois est d*étre trop souvent piqué par les vers.
Il existe dans le commerce plusieurs variétés qui portent le nom de leur pays d'origine. Ce sont :
1016 CHAPITRE IX. — ÉTUDE SPfXlALE DES BOIS UTILES
Le bois de Cuba, qui est la meilleure variété ;
Le bois de Tampico, qui est plus clair que le précédent ;
Le bois jaune du Brésil, très clair et piqué des vers ;
Les bois de Porto-Rico, de Carthagène, de Maracaïbo, de St-Domingue,de la Jamaïque, de Tuspan^ des Indes orientales.
Les décoctions de bois jaunes présentent les caractères suivants :
Les alcalis donnent une coloration jaune orange foncé, sans précipité ;
Les acides sulfurique, azotique, oxalique, donnent un léger précipité ; Talun, un précipité jaune ; le sulfate de protoxyde de fer, un précipité noir olive et une coloration olive ; le chlorure d'étain, Tacétate de plomb, Tacétate de cuivre, fournissent des précipités jaunes ou jaune-brun ; la gélatine, un précipité floconneux.
On s'accorde pour admettre l'existence dans ces bois de deux principes colorants, l'un soluble dans l'eau, Tautre insoluble. C'est Chevreul qui les isola le premier, et les désigna sous les noms de Morin blanc et Morin jaune. En 1861, Wagner, en ayant repris Tétude, les considéra comme deux acides qu'il appela, l'un, acide morique ou morin,, presque insoluble dans l'eau, l'autre, acide morin tannique ou maclurine, assez soluble au contraire.
De nouvelles études donnent à penser que ce ne sont pas là les seuls principes de la matière colorante du bois jaune.
Le morin, presque insoluble dans Teau froide, un peu soluble dans Teau chaude, se dissout bien dans l'alcool.
Les alcalis, les phosphates et les borates alcalins le dissolvent en se colorant en jaune ; les acides le précipitent. Le perchlorure de fer colore en vert foncé sa solution alcoolique. Sa formule est, d'après Hlasiwetz : C**H^O% quand il est séché à 200^ et C'UPO^ [IVOy quand il est séché à Tair.
Il réagit sur les carbonates alcalins et alcalino-terreux, ainsi que sur le carbonate de plomb, en donnant des précipilcs jaunes.
La maclurine se présente sous forme de cristaux plus ou moins jaunes, solubles dans l'eau, surtout à chaud, et dans l'alcool; sa solution aqueuse précipite en noir verdAtre par le sulfate de fer, en jaune par l'acétate de plomb ; le précipité est soluble dans l'acide acétique. La formule en est C"H*®0*, après dessiccation à 130**.
BOIS EXOTIQUES d'iMPORTATION 1017
Les bois jaunes sont dans le commerce sous forme d'extraits secs dits extî'aif s de Cifba^oxi en extraits liquides à 30^ B.
Ils rentrent, dans le tarif des douanes, dans la rubrique « bois de teinture ».
Voici, d'après Bruelh, le rendement en extrait sec et en couleur, de diverses variétés de bois jaunes :
Noms des bois Extrait Matière colorante
Cuba 15,35 12/75
Tampico .... 14,6 11,32
Maracaïbo . . . 13,64 10,91
Tuspan .... 13,5 11,68
Saint-Domingue . 12,1 10,46