IVorvège. — La Norvège exporte ses bois dans le
monde entier. Ils sont connus pour leur qualité et leur bon
marché. Malheureusement ce pays, qui était jadis à demi cou-
f- vert de forêts, se déboise de plus en plus et le taux actuel de
boisement n'est plus que de 21 p. 100 (voir page 1086).
Les causes de déboisement sont surtout : le besoin de conquérir sur la forêt des terres pour Texploitation agricole et les pâturages, la consommation locale qui s'accroît avec la population, les besoins de plus en plus grands de Texportation ; notons surtout les exigences considérables en arbres, déjà âgés, de la fabrication de la pâte de bois (voir page 1087). De grands incendies ont, en outre, dévasté plusieurs fois ces forêts. Les contrées les plus boisées sont : les préfectures de Jarlsberg, d'Akershus, de Smaalenene ; celles qui le sont le moins sont les préfectures de Finmarken, de Tromsœ et de Stavanger.
La majeure partie des forêts appartient à des particuliers.
Les essences les plus répandues sont le pin sylvestre et le sapin élevé {Abies excelsa)^ soit à Tétat pur, soit à l'état de mélange.
On se sert dans le pays du pin et du sapin comme bois de construction et on exporte aussi une quantité considérable de ces bois renommés pour leur qualité supérieure. Avec les racines du pin on fait, dans certaines localités, du goudron qui est consommé sur place. On utilise Técorce du pin pour le tannage. Le pin existe un peu partout. Il atteint Tallitude de 1.000 mètres, vers le 60* degré de latitude nord, à 61* il
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ne dépasse pas 930 mètres ; au centre de la Norvège ou le trouve à 900 mètres. A mesure qu'on s'avance au nord, l'altitude limite s'abaisse ; elle n'est plus que de 200 mètres environ vers 70 degrés.
Le sapin, qui n'est peut-être pas spontané, mais introduit, pousse surtout à Test où il constitue^ le long des cours d'eau, de vastes forêts, soit seul, soit mélangé au pin. Plus on s'avance au nord, plus il devient rare et il finit par ne plus constituer de forêts ; il y existe seulement à l'état isolé ; c'est ainsi qu'on le rencontre vers 69 degrés, dans l'est du Finmark. D'une façon générale son altitude limite est de 80 à 100 mètres au-dessous de celle du pin.
Le bois de ces conifères, qui ont cri\ très lentement, est de très bonne qualité. Toutefois il ne faut pas oublier que la lenteur de cette production du bois deviendra bientôt la cause de sa rareté, si Ton ne réglemente pas avec une grande prudence Texploitation et si l'on ne procède pas avec prévoyance, et sans tarder, au reboisement. Au sud du pays, le sapin est bon pour la coupe dès 70 a 80 ans, mais il faut attendre 150 ans environ pour le pin. Dans les régions septentrionales, le sapin, pas plus que le pin, ne peut être exploité avant l'âge de 200 ans. On trouve encore, en fait de résineux : Tif et le genévrier (Juniperus commtinis)^ mais ces arbres ont fort peu d'importance au point de vue de l'exploitation.
Les feuillus sont rares, on trouve les essences des régions froides, celles qui croissent encore chez nous aux altitudes limites de la végétation arborescente, tels que les bouleaux. Le bouleau des montagnes entre pour les 90/100 de la surface totale des forêts du Finmark. Cet arbre peut atteindre 20 à 25 mètres de hauteur sur 1 m. 50 de diamètre. On utilise son bois pour le chauffage principalement, ainsi que pour la fabrication d'ustensiles de ménage et des douves. On recouvre les maisons de campagne avec la première écorce blanche, que l'on emploie d'ailleurs pour de nombreux usages.
Il existe aussi des trembles dont le bois sert à fabriquer des allumettes, des saules et osiers, des aulnes, l'orme et le noisetier. Plus rares encore sont : le frêne, le platane et le tilleul.
Si Ton descend tout-à-fait au sud, on rencontre sur la côte et en remontant un peu le long de celle ci vers l'ouest : le
chêne pédoncule et quelquefois le rouvre. On les exploite en taillis pour la production du tan qui donne lieu à une exportation de quelque importance.
Les bois, coupés en hiver, sont transportés vers les rivières flottables, après avoir été achetés. A la fonte des neiges, c'est-à-dire au printemps, ils sont mis à flotter après avoir été estampillés à la marque du propriétaire ; c'est ainsi qu'ils arrivent à la côte, vers les ports d'embarquement.
Il y a fort longtemps que ce pays exporte une partie de ses bois ; sa marine marchande fut d'abord insuffisante pour en assurer le transport qu'effectuaient des navires hollandais : ceux-ci amenaient ces bois^ principalement à l'état de poutres, en Hollande.
Les bois de Norvège sont actuellement exportés (par ordre de valeurs décroissantes) à Tétat de : bois rabotés, bois sciés, bois de mines, bois équarris, douves et caisses, bois h brûler.
Les exportations se font surtout en Angleterre, puis en France, en Allemagne et en Belgique et dans un grand nombre d'autres pays, mais à un moindre degré.
L'industrie de la pâte de bois a pris un énorme développement en Norvège. En 1875, la production de pâte de bois était de 8 millions 1/2 de kilogrammes, valant 683.000 couronnes ; en 1898 la production s'est élevée à 315 millions de kilogrammes valant 17.300.000 couronnes.
Ce pays a exporté, en 1899, pour: