INSUFFISANCE DE LA PRODUCTION DU BOIS D (EUYRE
capitaui engagés dans les futaies ; mais aujourd'hui que rintérêt des valeurs de tout repos ne dépasse plus 3 0/0, et descendra peut-être encore, il semble qu'un particulier puisse avoir profit à élever sur les taillis des réserves qui assurent à son épargne un intérêt au moins égal, ou à produire dans les sapinières des bois de sciage qui lui donnent 2 à 3 p. 100 du capital engagé, abstraction faite de Taugmentation, cependant bien certaine, du prix du bois.
L'augmentation de la valeur du bois d'oeuvre conduira sans doute aussi à en éviter le gaspillage, à être plus soigneux dans la manière de diriger le débit, à n'utiliser comme bois de feu que ce qui est absolument impropre aux usages industriels.
Il faudrait aussi que la production forestière ne fût pas accablée d'impôts. Il y a en France des forêts dont Timpôt direct est égal à 20 ou 25 p. 100 du produit brut^ et cependant, malgré cette large participation aux dépenses publiques, ces propriétés ne sont Tobjet d'aucune surveillance de la part de Tautorité, et leurs possesseurs sont obligés d'y entretenir et de payer des gardes particuliers.
Enfin, il n'est pas dans TËurope occidentale ou méridionale de pays où l'on ne trouve des milliers et même des millions d'hectares de terres incultes ou dont l'utilisation agricole a cessé d'être rémunératrice. Tous ces terrains devraient être boisés. Les Etats devraient prodiguer des encouragements, non seulement par des exemptions d'impôts, mais encore par des délivrances gratuites de graines et de plants, et mettre à la disposition des propriétaires, pour les guider, leur personnel forestier expérimenté. Ils ne devraient pas hésiter à acquérir une partie de ces surfaces. Les achats de terrains situés en montagne^ sur le bord des torrents, sont certainement très utiles et il n'y a pas lieu de les ralentir, puisqu'ils répondent à un grand intérêt général ». Le rôle de ces forêts en bordure des torrents est plutôt un rôle de protection contre l'envahissement des eaux, qu'un rôle de production de la substance ligneuse. Les achats en question doivent être faits en outre « dans les plaines, sur les plateaux bas ou les plateaux de moyenne élévation. C'est là qu'il importe d'installer soit des forêts de chênes, soit des sapinières. On disait autrefois : « Il faut défricher les plaines et reboiser les monta-
... yj
gnes ». C'était une profonde erreur. Les forêts sont aussi nécessaires en plaine qu'en montagne ; la plaine produit du bois que ne donne pas la montagne, et toutes les plaines ne se prêtent pas à la culture agricole.
Pour prendre toutes ces mesures, il n'y a pas un instant à perdre. La production forestière ne s'improvise pas ; il faut un siècle et demi pour obtenir des bois de sciage, et la disette des bois d'œuvre se fera peut-être sentir avant cinquante ans )}.
Ilh PARTIE. - BOIS D'EUROPE