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L'incombuslibilité é( la conservation des bois

Pour déterminer la quantité d'eau que peut absorber le bois après un tel traitement, autrement dit, pour apprécier son pouvoir hygroscopique, on procède de la façon suivante : une quantité pesée de sciure sèche fut exposée à Tair saturé d'humidité, à une température de 25 à 30^ C. pendant 18 heures, et on trouva qu'elle absorbait moins de 3 parties pour 100 de son poids d'humidité. Si nous en croyons l'auteur du'procédé,lebois ainsi ignifugé serait donc moins hygroscopique que le bois ordinaire, nous voulons dire non traité.

Ignifugation par emploi de l'électricité. — Les procédés d'injection par pression ont l'inconvénient de n'introduire, le plus souvent, les produits ignifuges que dans la partie externe du bois, la solution ignifuge n'atteignant généralement qu'une profondeur assez limitée.

Il n'en serait pas de même par la pénétration électrique des sels ignifuges. Cette pénétration est obtenue à l'aide du procédé de MM. Nodon et Bretonneau, que nous avons décrit. Il permet d'introduire dans toute la masse du bois les produits incombustibles et cela avec une régularité de distribution que ne réalisent pas les procédés par pression.

La solution employée est constituée de 40 0/0 de sulfate d'ammoniaque et 10 0/0 de borate d'ammoniaque (solution employée également par C. Gautsch, en Allemagne).

On a reproché à ce procédé de rendre les bois trop lourds, durs et difficiles à travailler par la trop grande quantité de sels absorbés (28 0/0).

M. A. Nodon répond à cela, que la quantité de substance que l'on peut introduire dans le bois par l'action électrique est quelconque ; le chiffre de 28 p. 100 est un maximum qu'il n'y a jamais lieu d'atteindre en pratique. Une quantité de 12 p. 100, particulièrement pour le traitement du hêtre, a été reconnue comme suffisante, pour rendre ce bois incombustible. Le poids du bois n'est donc augmenté que de 12 p. 100, ce qui le rend encore moins dense que le bois vert après l'abatage.

En outre, la dureté du bois, tout en étant augmentée, n'en reud pas le travail difficile, ainsi qu^ont pu le constater les personnes qui ont eu à en faire usage.

Des essais faits, avec des bois traités par ce procédé, devant le Congrès des sapeurs-pompiers et des architectes, à Mont-

martre, en 1902^ ont donné des résultats satisfaisants. Des portes ajustées en hêtre, sapin et peuplier, de 18 millimètres d'épaisseur seulement^ ont résisté, pendant une heure, à la température de 1150^ G. sans être attaquées par le feu. Les portes en tôle et en bois armé de tôle ont travaillé et se sont déformées, pendant les mêmes essais, tandis que celles en bois sénilisé n*ont subi aucune déformation, et sont restées froides extérieurement. Un coffret en hêtre sénilisé, de 2 centimètres d^épaisseur, avait été mis au centre même du foyer de 1150'^ C, et ce coffret avait étéremplide brochures. Après une heure, le coffret fut retiré du brasier et examiné. Il était carbonisé à l'extérieur sur une épaisseur de quelques millimètres : ouvert, on retrouva les brochures intactes.

i6&. Méialliflatlon des bots. — Depuis longtemps on a cherché à recouvrir certains objets en bois, de consommation Courante, comme les articles de cuisine, les cadres de tableaux, les moules, etc., de dépôts métalliques. Ces objets présenteraient ainsi l'avantage de la légèreté sur les mêmes objets faits entièrement en métal.

Voici quelques-unes des méthodes employées :

Procédés C.-F, Baimes. — M. C.-F. Barnes décrit dans VElec^ trical World la méthode suivante de métallisation :

L'objet en bois est saturé d'abord de sulfate de cuivre par l'immersion prolongée dans une solution de cette substance ; il est ensuite retiré et soigneusement séché. Il est alors exposé à l'action d'un courant d'hydrogène sulfuré qui transforme le sulfate de cuivre en sulfure, corps conducteur de l'électricité et, en même temps, insoluble dans l'eau. L'objet est ensuite enveloppé légèrement d'un fil de cuivre fin et suspendu à la cathode dans une solution de sel ordinaire. Lorsque le courant passe, le sulfure de cuivre est rapidement réduit en cuivre métallique par l'action des produits qui se forment à la cathode. Lorsque la réduction est supposée complète (généralement au bout de dix minutes), l'objet est transporté dans un bain ordinaire de sulfate de cuivre, où un dépôt de cuivre d'une épaisseur quelconque peut être produite sa surface. Ce dépôt est très adhérent et peut être parfaitement poli.

Four l'argenture les opérations sont identiques^ sauf à la

MÉTALLISÀtiON DES BOlS ?2â

fin OÙ le bain de cuivre est remplacé par un bain d^argent.

Procédé Rubbenick. — On commence par traiter le bois avec une lessive alcaline caustique et on le laisse dans ce bain trois ou quatre jours suivant son degré de perméabilité, à une température de 75 à 90^ De là, le bois passe immédiatement dans un bain de sulfhydrate de calcium auquel on ajoute, après 24 ou 26 heures, une solution concentrée de soufre dans la soude caustique.

La durée de ce bain est de 48 heures environ, sa température étant de 35 à 50^ Enfin, pendant 30 à 50 heures, on immerge le bois dans une solution chaude de 36 à 50® d'acétate de plomb.

Les bois ainsi préparés, après avoir subi à une température modérée un dessèchement convenable, prennent, sous* un brunissoir de bois dur, une surface polie, et acquièrent un éclat métallique fort brillant.

Cet éclat s'augmente encore, si Ton frotte, au préalable, la surface du bois avec des plaques de plomb, d'étain ou de zinc, et s'il est ensuite poli avec un brunissoir de porcelaine ou de verre.

Ce procédé est long, mais il donne des bois métallisés qui sont, non seulement d'un brillant et d'un éclat métallique remarquables, mais encore particulièrement solides et résistants.

EleclrO'c/éposition des métaux sur bois. Procédé Rurgess. — Dans le procédé Burgess, les objets en bois à revêtir d'une enveloppe métallique sont trempés dans une solution de sulfate de cuivre, puis séchés et soumis ensuite à l'action d'hydrogène sulfuré gazeux ou en dissolution aqueuse. Il se forme <\ la surface ^e l'objet une couche de sulfure de cuivre assez bonne conductrice du courant et que l'on pourrait employer directement comme cathode. Burgess cependant transforme auparavant celte couche de sulfure en cuivre métallique. Il enroule autour de l'objet un fil de cuivre très mince, en épousant, aussi bien que possible, tous les détails; la distance entre les deux serments voisins du fil doit être de un centimètre environ. La pièce ainsi préparée est mise comme cathode dans une dissolution de chlorure de sodium où passe un courant électrique d'intensité élevée. En 10 ou 15 minutes, le sulfure de cuivre est réduit à l'état de cuivre métal-

T-Tl

lique et la pièce peut être placée comme cathode dans un baia de sulfate de cuivre ou tout autre bain d'électrodéposition.

Comme on le voit, ce procédé et les procédés Bames, dont nous parlions plus haut, sont sensiblement identiques.

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