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BOIS INDIGÈNES ET BOIS EXOTIQUES

Nous avons vu par quels soins on arrivait à amener à développement convenable les essences qui produisent les bois utilisés, autrement dit, comment on procède à une exploitation forestière ; nous devons étudier maintenant les principales essences forestières et leurs produits.

II y a lieu de distinguer les bois indigènes, c'est-à-dire ceux qui proviennent d'essences pouvant croître en France et dans toute l'Europe, et les bois exotiques, autrement dits bois d'importation, dont les essences ne croissent point chez nous à Tétat spontané. Nous adopterons donc la subdivision suivante :

1* Bois de France et d'Europe, c'est-à-dire les bois indigènes ;

2° Bois des Colonies françaises et bois exotiques.

L'étude d'un bois est inséparable de celle de l'essence qui l'a produit ; ses qualités dépendent des conditions de végétation de l'arbre dont il fait partie.

L'étude des essences, pour être complète, devrait être faite aux points de vue suivants :

Description- de l'essence, de façon à permettre sa reconnaissance ou à faciliter sa détermination.

Répartition géographique : Régions dans lesquelles l'essence considérée existe à l'état spontané ou cultivé, en considérant surtout les régions où elle est susceptible de donner des bois sains et capables d'être économiquement utilisés.

Station : Exigences vis-à-vis du sol. Celui-ci agit sur la végétation par ses qualités physiques et chimiques : compa-

cité plus OU moins grande, teneur plus ou moins forte en calcaire ou silice.

Tempérament : Influence des autres agents extérieurs : lumière, température, humidité atmosphérique.

Allure forestière : Mode d'exploitation forestière : futaie régulière ou jardinée, taillis régulier ou fureté, etc.

Caractères végétatifs : enracinement, croissance, fructification, longévité.

Bois et usages.

Produits accessoires : résines, tannins, gommes, etc.

Maladies dues aux agents physiques : lumière, température (froid et chaleur), etc.

Maladies dues aux animaux : notamment les insectes qui rongent le bois et les écorces.

Maladies dues aux végétaux : végétaux parasites, notamment les champignons qui vivent aux dépens des arbres et surtout de leur bois.

Nous réunirons ces données pour quelques-unes des principales essences à bois et nous rapporterons les plus importantes d'entre elles pour les espèces de moins grande utilité. Nous croyons utile de traiter, dans un ouvrage sur le bois, non seulement de cette substance, mais encore des arbres dont elle provient, ces deux études étant intimement liées ; les qualités d'un bois dépendent des conditions de végétation de Tessence qui Ta produit. Beaucoup de marchands de bois exploitent eux-mêmes les forêtsdont ils vendent les produits ; les questions de l'exploitation forestière et des propriétés des essences les intéressent donc autant que la question du bois lui-même. Quant aux forestiers proprement dits, ils ont en somme pour mission, pour but, de produire du bois ; ils doivent donc connaître également la question du bois et la question forestière, afin d'établir, en parfaite connaissance de cause, les rapports entre les producteurs et les produits et toutes les conditions qui président à ces rapports.

C'est pour ces raisons que nous pensons faire œuvre utile en ne séparant pas, dans cet ouvrage, qui a quelque prétention d'embrasser l'ensemble du sujet qui lui sert de titre, Tétude des arbres de celle du bois qu'ils produisent.

i'« PARTIE. - BOIS INDIGÈNES OU NATURALISÉS

Nous comprenons sous cette désignation les bois provenant d'arbres qui croissent spontanément en Europe et surtout en France ; nous aurons cependant quelquefois à parler d'essences originaires d'autres contrées, mais naturalisées chez nous depuis longtemps et faisant actuellement partie de notre flore, comme le platane, etc.

Nous ne suivrons pas, pour l'étude de ces essences, Tordre de la classification botanique qui est cependant le meilleur, le plus rationnel, mais qui exige une initiation longue et assez ardue ; nous adopterons simplement la division très arbitraire que l'on observe en général pour la description des bois, et qui consiste à les partager en : bois durs, bois blancs, bois fins, bois résineux. Cette classification empirique est la plus commode pour l'industrie. Faisons observer que beaucoup des bois rangés dans une de ces catégories pourraient aussi bien faire partie d'une autre catégorie et qu'on se règle sur l'usage pour les rapprocher ; c'est ainsi qu'il y a des bois blancs qui sont des bois durs, des bois résineux qui sont des bois fins ; les bois fins sont en général des bois durs, etc. Nous ferons une dernière catégorie pour quelques bois de moindre importance, qui ont cependant certains usages.

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