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TUNISIE

pact, sans souplesse, très sujet h travailler et à gercer par la dessiccation. Par contre, c'est un excellent bois de chaufiPage et il produit un charbon estimé.

L'orme champêtre se rencontre parfois dans les vallées fraîches, notamment en Kroumirie.

On trouve des peupliers au bord des cours d'eau. Ils appartiennent aux deux espèces : peuplier noir et peuplier blanc de Hollande ou grisard. Ils sont à l'état disséminé.

Les espèces de lentisques citées pour l'Algérie doivent être également mentionnées en Tunisie (voir p. 1197). Le bois en est utilisé surtout par les indigènes.

Les sumacs de Tunisie appartiennent à deux espèces que Ton trouve aussi en Algérie : ce sont le sumac thézéra ou sumac à cinq feuilles {Rhus pentaphylld) et le sumac aubépine (Rhtis oxyacantha).

Le sumac à cinq feuilles est un arbrisseau épineux de 3 à 4 mètres qui croit dans le nord, soit isolément, soit associé avec les oliviers, lentisques, etc. Le bois en est très compact, très dense (densité : 1,054-1,184), sans zone poreuse de printemps ; de couleur blanc rougeâtre au niveau de l'aubier, rouge-acajou foncé et uniforme au niveau du cœur. Il est susceptible d'un beau poli et convientàrébénisterie, à la menuiserie, au tour. C'est un excellent combustible donnant un bon charbon. L'écorce mince, grise est très recherchée dans l'industrie et tient une place importante sur les marchés d'Afrique. Elle contient une substance tinctoriale d'un rouge vif et du tannin. Elle sert surtout à la préparation des cuirs marocains.

Le sumac aubépine se trouve surtout dans le sud. Son bois sert aux mêmes usages que celui de Tespèce précédente. Il serait à souhaiter que l'on en fasse une plantation sérieuse afin de faire concurrence à la Sicile qui était jusqu'à ce jour à peu près Tunique fournisseur de cette plante très employée dans rindustrie des peaux.

Les tamaris se rencontrent surtout sur les bords des ruisseaux et dans les dunes qu'ils servent à fixer (voir p. 1200).

Parmi les Résineux, les essences les plus répandues sont les suivantes :

Le pin maritime, qui forme de très importants massifs au nord-ouest de la Kroumirie, du côté de la frontière algérienne.

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Le pin d'Alep, qui couvre dans la région forestière toutes les montagnes calcaires du sud de la Medjerda. C'est une des essences les plus importantes des forêts algériennes, elle occupe 180.000 hectares. Peu difficile quaut aux conditions de végétation, elle peuple des régions qui ne pourraient convenir à aucune autre essence forestière. Les indigènes utilisent le bois du pin d'Alep pour construire les terrasses de leurs maisons et leurs gourbis ; ils en confectionnent des instruments agricoles, des pelles, des bâts de chameaux, des métiers pour tisserands, etc.

L'écorce sert au tannage des peaux et les indigènes emploient beaucoup le goudron extrait de ce bois.

Le thuya articulé {Callitris quadrivalvis) abonde dans le massif du Zaghouan et dans les montagnes qui s'étendent de cette région au cap Bon. Ils occupent plus de 25.000 hectares. Le thuya est le plus souvent à Tétat d'arbrisseau (Pour le bois et ses usages voir p. 1190).

Cojnmerce du bois. — La Tunisie importe beaucoup de bois étrangers. Le bois de construction est une des principales importations françaises.

Pendant les années 1899 et 1900, la production annuelle des forêts tunisiennes a été de 9.000 mètres cubes de bois d'œuvre (chêne zeen) et de 35.000 quintaux d'écorce à tan (chêne-liège).

818. Afflrlqao oeeidentale fflranealse. — 1. Sénégal. — La région du Sénégal proprement dit est fort peu boisée ; on rencontre cependant sur les cotes Y Acacia Adansoni ou Goniakh dont le bois est propre aux constructions navales. Au nord, à la limite du désert, se trouvent seulement des gommiers. A mesure qu'on remonte le Sénégal, la végétation, d'abord très pauvre, devient de plus en plus riche ; mais où elle atteint son plus beau développement c'est dans la région de la Casamance qui possède des ressources forestières très considérables. On peut citer parmi les essences de cette contrée, outre le Goniakès:

Le Cailcédrat, Khaya Seiiegalensis ou acajou du Sénégal qui est un bois de menuiserie et d'ébénisterie; puis le Deiarium Senogalense, mandobo des indigènes: menuiserie, menus objets ; le Pterocarpiis erinaceiis, kino ou vène^ bois dur.

AFRIQtË OCCIDËiNTALE FRANÇAISE

propre aux constructions navales, comme aussi le Sterculia cordifolia^ danta ; des bois servant à la confection des pirogues et barques, tels que : V Eriodendron anfracluosimij bintaforo ou benten^ dont le bois est léger et le Banhinia reticnlalay ghighis.

Le karité, bois très dur, utilisé dans les ateliers de construction au Soudan.

* Le tali (Trythrophlœnm guinense Afzel), bois dur, d'Une belle couleur foncée; inattaquable par les insectes.

Le fok{Afzelia africana)j bois dur, teinte foncée. Le tronc, qui peut être très gros, est capable d'atteindre 20 mètres jusqu'à la première branche.

Le bois du hoidle {Parkia biglobosa) et du Solom i^Dialum nitidum Guill. et Perr.) à coloration claire.

Le d%mb(Cjordylaaf ricana Lour.), beau bois jaunâtre, facile à travailler.

A Bakel et à Kayes les noirs fabriquent des cannes avec Tébène du Sénégal, dialambane {DalbergiamelanoxylonGwiW. et Perr.).

Le rônier mâle [Borassus ^thiopium Mart.), bois incorruptible à la mer, employé comme pilotis dans la construction des wharfs de la Casamance et dans toutes les rivières du sud.

On trouve beaucoup de bambous en Casamance et dans le sud du Soudan. Ils appartiennent probablement à VOxynanthera abyssinica^ espèce abyssinienne. Les plus forts ont 10 mètres de haut et la grosseur du bras.

On trouve aussi en abondance dans ces contrées le roting (Calamiis secundiflorus).

Citons encore le manglier, le fromager et divers Ficus. Des instructions très détaillées ont été données à tous les administrateurs pour la propagation des plantations de ces diflférentes essences et des encouragements sont réservés aux indigènes qui s'y livrent le plus activement.

Les gommiers du Sénégal méritent une mention à part, ce sont eux qui laissent exsuder du tronc et des grosses branches une gomme que Ton continue à désigner sous le nom de gomme arabique, parce que la provenance principale en était autrefois TArabie. Le gommier du Sénégal {Acacia Vereck) produit une gomme supérieure à celle des autres provenances, et la colonie exporte annuellement une quantité énorme

l2li CHAPITKK XII. — ÈOIS DÈS C0C01ftB8 FBÀNÇAlSËâ

de ce produit. C'est, depuis ll\ ans, un des principaux articles de commerce du Sénégal.

Une liane, le La7idolphia hendelotii, fournit un bon caoutchouc. Cette substance est encore extraite d'un arbre, le Ficus Vof/elii, mais le produit est de qualité inférieure. Les lianes sont d'ailleurs très communes en Casamance (Région des « Niayes», au bord de l'Océan, de Dakar à Saint Louis). Le caoutchouc est aujourd'hui le principal élément du commerce du Sénégal.

En 1897, le Sénégal a importé pour 372.061 fr. de bois (bois de construction principalement) et il en a exporté pour une valeur de 2.680 francs.

2. Soudan. — Le Sénégal et le Soudan peuvent être confondus au point de vue des essences forestières, et la plupart de celles dont nous venons de parler appartiennent également à cette région de TAfriquc.

Dans la partie profonde du Soudan, entre le Tchad et le Congo, on trouve, après la grande forêt équatoriale de la région du Congo, une large zone de «galeries forestières», avec des caféiers arborescents (mission Chevalier, 1902-1903), qui occupe l'Oubangui et Chari ; plus au nord la région des plateaux soudanais possède d'importantes lianes à caoutchouc; on rencontre ensuite les grandes cultures soudanaises, et eniSn, dans le Baguirmi, en s'approchant du lac Tchad, on trouve des pâturages et steppes à acacias. Au nord du Tchad commence le désert du Sahara.

3. Guinée française. — Les estuaires et les plaines côtières sont le domaine de la végétation tropicale ; on y trouve des palétuviers et autour des villages indigènes des bananiers, etc. La galerie forestière, partout où elle n'a pas été débroussaillée, contient pêle-mêle des bois d'ébénisterie, des kolatiers, des plantes à caoutchouc, des caféiers sauvages. Les hauts plateaux ferrugineux du Fouta-Djalon sont tapissés d'herbes, peut-être possédaient-ils des forêts dont les aurait dépouillé un déboisement imprévoyant.

11 reste néanmoins de nombreux arbres qui pourront être employés pour le charronnage, la menuiserie et rébénisterie ; ils ne sont malheureusement pas groupés et ils se trouvent le plus souvent éloignés des fleuves qui constituent actuellement les seules voies de communication ; aussi est-il difficile

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