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BOIS DE TRAVAIL

SStt. BeUi de «cluse. — Ces bois sont destinés à la menuiserie, Tébénisterie, la fabrication des parquets, etc. Nous nous bornerons ici à indiquer les bois que ces industries mettent le plus souvent en œuvre.

Presque toutes les essences forestières se prêtent au sciage en planches et peuvent constituer, par suite, des bois de sciage.

Menuiserie, — Les planches obtenues ont une affectation spéciale dépendant des essences dont elles proviennent. C'est ainsi que le chêne, particulièrement beau, résistant à Tusure et de grandes dimensions, est employé pour la menuiserie de valeur et la fabrication des parquets ; ce bois a son plus grand prix et toute sa beauté lorsqu'il est débité sur maille, débit qui laisse voir à la surface de la planche de petites plaques brillantes dues aux rayons médullaires ou mailles. Nous avons vu (p. 279 et s.) que Ton désignait dans le commerce par des noms spéciaux des pièces de bois scié ayant des dimensions déterminées : les plus grosses sont pour la charpente : poutre, panne, chevron ; les autres, plus minces, pour la menuiserie : gros battant, chevron, petit battant, membrure, entrevous, planche ou échantillon, panneau, volige ; ces derniers types conviennent également à rébénisterie.

Les sciages de hêtre conviennent à la menuiserie commune ; les dimensions en sont aussi des plus variables. Bien souvent on les débite en plateaux, c'est-à-dire en planches épaisses prises sur toute la largeur de Tarbrc (voir p. 282).

On fait enfin, en France, une consommation considérable de sciages de résineux, dont le bois léger, bon marché, facile à travailler, convient à une foule d'usages. On les scie en planches, madriers, etc., ayant des dimensions déterminées, constantes, au moins dans certaines localités (voir p. 280).

Ebénisterie. — L'ébénisterie n'utilise pas seulement les

rj.c

CliAPITKl!: XIII. — UTILISATION DES BOIS

bois exotiques que nous avons longuement étudiés (p. 932), mais encore de nombreux bois indigènes : chêne, noyer, orme, robinier faux-acacia, micocoulier, le frêne qui, particulièrement souple, est employé pour la confection des meubles en bois courbé, les érables, les fruitiers (poirier, pommier, cerisier, alisier, sorbier), ceux-ci, très homogènes, sont susceptibles d'un beau poli. Plusieurs de ces derniers bois prennent très bien la teinture et, grâce à la finesse de leur grain, peuvent alors simuler des bois exotiques précieux; comme, par exemple, le poirier teint en noir qui rappelle Tébène, et le cerisier plongé deux ou trois jours dans Teau de chaux qui se colore en rouge vif et ressemble à l'acajou. Les bois destinés à Tébénisterie sont soumis à une dessiccation très lente afin qulls ne se fendillent pas; après cela ils sont débités, soit en planches pour faire des meubles en bois plein, soit en feuillets, parfois très minces, pour le placage extérieur de bois ordinaires. On fait adhérer ces feuillets de placage, qui peuvent avoir moins de 1 millimètre d'épaisseur, sur le bois massif, au moyen de colle de gélatine. Lorsqu'on associe plusieurs placages côte à côte, de façon à produire des figures variées dans leurs lignes et dans leurs teintes, on fait de la marqueterie.

Instruments de musique. — Dans les instruments à vent, le bois n'est pour rien dans le timbre du son, à l'encontre de ce qu'on croit souvent ; par suite, la nature du bois employé pour la fabrication de ces instruments : flûtes, clarinettes, bassons, hautbois, etc., a peu d'importance, elle intervient accessoirement pour donner une beauté ou une valeur plus ou moins grande à l'instrument. Les bois le plus généralement employés sont : le palissandre, le buis, l'érable, Tébène, le grenadille, pour les petits instruments comme la petite flûte ; le basson, dont la taille est plus considérable, se compose parfois de deux bois comme Térable qui sert à former la grande branche, tandis que le palissandre peut être employé pour la petite. Le choix du bois pour les accessoires est plus important, car le son dépend surtout du travail de ces pièces: bec, anche, etc. Pour les becs de clarinette Tébène est généralement employée ; on lui préfère cependant parfois les becs en cristal, qui n'ont pas Tinconvénient de travailler sous Tinfluence des agents atmosphériques comme cela se produit

BOIS d'ueuvhe 1333

pour tous les bois ; Tanche est en roseau-canne du Midûqu'il est très difficile de choisir, il ne doit être ni trop sec, ni spongieux.

Dans les instruments à corde, le bois a un rôle actif pour la production du timbre car il vibre avec la colonne d'air.

Pour le violon, on emploie généralement le sapin pour la table, l'âme et la barre ; l'érable, le noyer, le hêtre, ou même le peuplier, pour le fond et le manche ; Tébène pour la souche, le cordier, les chevilles ; larchet est le plus souvent en bois do Fernambouc.

Pour le piano, la liste des bois usités est encore plus considérable ; les uns servent simplement k la décoration, au luxe de l'instrument, d'autres font sa solidité, d'autres enfin contribuent à sa sonorité, comme ceux qui sont employés au fond et à la table d'harmonie.

Voici la liste de ces bois :

Bois indigènes : chêne, hêtre, sapins rouge et blanc, tilleul, érable, poirier, cormier, noyer, houx, peuplier grisard, peuplier, orme.

Bois exotiques : acajou, palissandre, courbaril, cèdre, cédrat, amaranthe, bois de fer, citron, amboine, violet.

D'autres bois exotiques précieux peuvent encore être employés en marqueterie pour la décoration extérieure.

Les tables d'harmonie seront de préférence en sapin ou en épicéa, on en fait aussi en acajou, bois qui convient beaucoup moins bien à cet usage ; le sapin est de faible densité, élastique, et transmet le son très rapidement. Le barrage est en chêne, sinon en fer, ainsi que là grosse charpente ; les chevilles sont en hêtre ; le cèdre, léger et élastique, est excellent pour les manches des marteaux ; le cormier résiste à la force de traction des sillets ; le poirier, insonore, convient aux pièces d'échappement dont le mécanisme doit demeurer silencieux ; le tilleul, que n'affectent que fort peu les variations atmosphériques, peut servir pour les claviers ; Tébène, enfin, sert à fabriquer les touches dièses et bémols.

Le bois joue un rôle très important dans la fabrication des orgues, il domine dans Tarchitecture de ce bel instrument. Le métal, et surtout l'étain, est plus employé que le bois pour la fabrication des tuyaux.

Les bois, le plus souvent de chêne, hêtre ou sapin, servent

pour un certain nombre de jeux, les claviers de pédales et une partie des claviers h mains, les soufflets, registres, sommiers et tringles. Pour les tuyaux, certains facteurs préfèrent encore le bois au métal, surtout pour quelques-uns des jeux, notamment le trente-deux pieds, le bourdon de trente-deux pieds, les plus grands tuyaux de seize pieds et le bourdon de seize pieds.

889. Bols à tourner . — Les bois qui se laissent le plus facilement tourner sont les bois homogènes. Leur grain doit être d'autant plus fin qu'on les destine à la confection d'objets plus petits. Pour les ouvrages de tour réclamant une certaine finesse, on emploie des bois d'ébénisterie : buis, prunier, etc. ; pour ceux qui sont moins délicats, on fait un usage très considérable du hêtre, puis du bouleau, du tremble, etc. ; le chêne et Torme fournissent les énormes moyeux de la grosse charronnerie. La tournerie de robinets est un art assez compliqué et qui, suivant les besoins, permet d'utiliser, pour tout ou partie de la même canette, le frêne, l'aulne, le charme, le buis» Talisier, l'aubépine, le cytise, etc. ; on fait de solides manches tournés avec le cornouiller mâle, l'érable champêtre et le frêne : des petits meubles divers avec le hêtre, le frêne, le cerisier ou l'acacia.

888. Bel* à, seulptor. — Ils doivent être assez tendres et homogènes ; le tilleul convient particulièrement car il se découpe bien en tous sens. On peut citer encore comme bois k sculpter : le hêtre, le platane, le marronnier et, dans certains cas, le chêne. Les montagnards du Tyrol sculptent des jouets, chalets, etc., dans le bois de pin cembro.

BOI0 k sraver. — Ils doivent être très homogènes et assez durs. Autrefois on gravait sur bois de poirier et sur bois de fîl, c'est-à-dire dans le sens de la longueur des fibres : actuellement on a adopté le buis, plus compact, et on grave sur hois debout ou à fil debout^ c'est-à-dire sur bois dont les fibres sont dressées verticalement par rapport à l'outil du graveur.

On utilise aussi pour la gravure le bois du sorbier domestique.

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S40. Bel« de taMeiierle. ^ On comprend sous le nom de tabletterie une multitude de petits objets ou bibelots en bois sculpté (ou en ivoire, os^ écaille, celluloïd, compositions artiGcielles imitant la corne), tels que tabatières, cendriers, coupe-papiers, etc. On les fait très souvent en bois exotiques ou « bois des lies », tels que Tébène, etc., ou en buis, charme (articles de Saint-Claude), houx, pommier, poirier, etc.

SAi. Bel« à. erayons. — Le bois le plus employé est le cèdre rouge d'Amérique (voir p. 956). On utilise aussi les bois de tilleul et de sapin d'Europe, pour les crayons communs et les crayons plats des charpentiers et menuisiers.

BâM. Bol« de fente. — On désigne sous le nom de bois de fente des bois dont le débit a été fait parallèlement à la longueur des fibres, sans les sectionner, soit avec le couteau, par exemple. Les bois les plus susceptibles d'être fendus sont ceux dont les fibres sont droites, parallèles entre elles et à Taxe de la tige. Le travail de fente s'opère le plus souvent en forêt.

La grosse fente se fait en chêne, châtaignier, frêne, sapin, épicéa et quelquefois en mûrier et en mélèze. Les produits susceptibles d'une légère courbure et d'une plus grande étanchéité que les planches sciées sont destinés à former des récipients pour les liquides : tonneaux, cuves, baquets et seaux de toutes dimensions. Quand on a besoin d'une étanchéité moindre, comme pour les expéditions de poudres et farines, de beurre, etc., on se sert de produits sciés, dits fausse- fente, provenant de bois de qualité moindre : bouleau, peuplier, aulne, hêtre et pins divers. Il y a enfin les bois de petite fente et les bois tressés qui comprennent une très grande variété de produits : la cerche nécessaire à la confection des tambours, tamis et mesures, etc. ; les cercles de tonneaux, voitures, etc. ; les bardeaux, lattes et échalas, les piquets, les coins, dents de râteau, les allumettes, les produits de vannerie.

Les principaux bois de fente, sur lesquels nous allons donner quelques détails, constituent des merrains, lattes, bardeaux^ cercles, échalas, rames et avirons, les ouvrages de

boissellerie et de raclerie, les bois pour ]e cbarronnage, la saboterie, etc.

Merrains, — Dans le débit des bois au couteau dans le sens de la fibre, celle-ci n'ayant pas été sectionnée, les liquides ne sauraient traverser d'une face à Tautre ; c'est le cas des ma*rains dont on fabrique les tonneaux pour le vin, la bière, Teau-de-vie et aussi pour remballage des matières sèches.

Les bois qui conviennent le mieux à la fabrication des merrains sont ; le chêne et particulièrement celui qui est dit chêne gras dont les accroissements sont minces et dont ia dureté est moins grande que le chêne nerveux ; le châtaignier, qu'on emploie particulièrement en Italie. Les merrains fournis par ces deux essences servent à fabriquer des tonneaux pour le vin.

Pour les liquides autres que les spiritueux, on fait des merrains avec le frêne, le sapin, Tépicéa et le mélèze.

Pour les tonneaux destinés à recevoir des matières sèches : ciments, farines, poudres diverses, quincaillerie, etc., on emploie surtout les bouleau, peuplier, aulne, hêtre et divei-s pins.

Le merrain se débite encore vert, et, s'il doit être employé à la tonnellerie, on le convertit immédiatement en douves. Lorsque les douves doivent constituer le corps du fût, elles prennent les noms de longailles^ loîigeailles^ douelles ou merrains proprement dits ; si elles doivent constituer les fonds, elles s'appellent : fonçaillesy traversins^ bois d^enfonçure ou fonds.

On doit choisir pour cet usage les arbres droits possédant le moins de nœuds possible. Il faut rejeter tout bois qui donnerait un mauvais goût au vin. Le merrain doit être sec et parfaitement sain au moment de son emploi.

Les dimensions peuvent varier beaucoup ; ce sont souvent les suivantes : longueur, 20 centimètres à 3 mètres ; largeur, 8 à 25 centimètres; épaisseur, 2 à 11 centimètres; les plus usitées sont : longueur, 92 centimètres ; largeur, 13 à 15 centimètres ; épaisseur, 4 à 6 centimètres.

Les merrains sont rangés par catégories suivant leur provenance : en France on emploie ceux que produisent les forêts régionales (Charentes, Bourgogne, Gers, Périgord, Vosges), ils sont habituellement désignés sous le nom de

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flèche gaimie ; on utilise encore des merrains de provenance étrangère qui sont appelés : P merrains du Nord, de Riga, de Stettin, de Dantzig, etc., du Canada, des Etats-Unis; 2* merrains ou bois de Bosnie (voir pp. 283 et 284).

Les merrains se vendent au millier, mais le nombre des pièces peut varier avec les localités. C'est ainsi, par exemple, que le millier de Bordeaux est de 1.616 douves.

Les merrains, associés entre eux pour constituer un tonneau, sont maintenus par des cercles obtenus par fente qui sont le plus souvent en châtaignier, convenant le mieux à cet usage; mais elles peuvent être aussi en coudrier, chêne, frêne, bouleau, micocoulier, robinier.

Pour obtenir les merrains on scie les billes à la longueur voulue, puis on les fend en prismes ^u couteau, on les débite ensuite sur maille, en observant une épaisseur type.

Les lattes. — Elles servent à faire les plafonds, ou bien des clôtures légères et des treillages. Elles sont, le plus souvent, en chêne et châtaignier.

On emploie aussi les bois résineux et même les bois blancs (v. p. 284).

Bardeaux. — Ce sont des lames minces de bois, destinées à soutenir les ardoises et les tuiles sur les toits. Ils peuvent être en chêne, sapin, épicéa, mélèze, pin de montagne, pin cembro (v. p. 284).

Les échalas, — Ils sont surtout en chêne, châtaignier, frêne, pin maritime, saule marceau, robinier, mélèze, micocoulier, tremble.

Allumettes, — En France on emploie surtout le bois de tremble, et la consommation annuelle en allumettes n'exige pas moins de 15.000 mètres cubes de bois de tremble. On peut employer encore le tilleul, le sapin et Tépicéa, etc.

Rames et avirons. — Ils doivent être en bois assez léger et cependant tenace, souple, ne produisant pas d'esquilles qui pourraient blesser. Le bois le meilleur pour cette fabrication est le frêne, on emploie aussi le hêtre bien moins cher mais aussi très inférieur.

Manches d'outils. — On estime particulièrement pour cet usage un bois d'Amérique, Thickory (voir p. 953) ; on utilise aussi le frêne, le châtaignier, le chêne, le charme, l'érable, le houx, le cornouiller, le pommier, le cormier, etc.

Caisses (T emballages. — Leur fabrication consomme beaucoup de bois, surtout dans les pays ayant un grand commerce d'exportation.

On recherche pour leur fabrication les bois blancs et légers, tels que : peuplier, tremble, saule et résineux, quelquefois le bouleau et le hêtre.

Pour les caisses lég^'îres destinées à subir peu de chocs, le « layetier » emploie des planchettes très minces dites voliges.

Le layetier emballeur a presque toujours à Paris une scie mécanique lui permettant de débiter le bois aux dimensions convenables. Il existe également dans les banlieues de grandes villes des fabriques possédant un outillage spécial perfectionné. Les Américains ont inventé des machines particulièrement ingénieuses pour la confection des caisses.

Paille ou laine de bois, — Les objets sont souvent fixés dans rintérieur des caisses au moyen de paille ou laine de bois.

On a donné ce nom a des rubans d'environ 0 m. 60 de longueur et 0 m. 0005 à 3 millimètres de largeur et 0 m. 0001 à 1 millimètre d'épaisseur. Ces minces copeaux sont rabotés au moyen d'un peigne formé de plusieurs lames tranchantes, se mouvant rapidement et dans un sens vertical à la surface d'un fragment de madrier de sapin de om., 60 de longueur. Cette pièce de bois, fixée h ses deux extrémités, avance automatiquement contre le peigne ; l'avancement est réglé de façon à obtenir un copeau d'une épaisseur déterminée.

Boissellerie. — La boissellerie comprend, dans le langage courant : les mesures de capacité en bois, les seaux, boisseaux, soufflets^ tamis, cribles et tous les ustensiles de ménage en bois.

En matière de douanes la boissellerie comprend en outre une série d'articles et d'ouvrages de bois divers, de tournerie et de menuiserie fine : boites en bois blanc, bois de brosses, plumiers, tabatières, bobines pour filatures et tissage, canettes, etc., bobines pour fil à coudre, étuis en bois pour emballage de flacons de verre, hampes de drapeaux, manches d'outils, instruments agricoles en bois, etc.

Raclerie, — Elle comprend toutes sortes de petits ouvrages en bois exécutés en forêt, on les appelle aussi bois polis,

La boissellerie et la raclerie se font avec des bois se ira-

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vaillant facilement, abondants et peu coûteux : en première ligne se place le hêtre, puis le sapin, Tépicéa, le tremble et, quelquefois aussi, le chêne.

Les planchettes les plus minces débitées pour la confection de ces objets sont désignées souvent sous le nom à'éclisses ; c'est avec ces éclisses qu'on fait, par exemple, les boites légères pour les pharmaciens, les confiseurs, etc.

Les bois que l'on débite et travaille eu forêt, comme beaucoup de ceux que nous venons de citer, sont quelquefois appelés aussi : bois d'ouvrage.

Le charronnage. — Il exige des bois aussi secs que possible. Les principaux bois de charronnage sont : Torme champêtre (l'artillerie en fait une grande consommation), on remploie surtout pour fabriquer les moyeux et les jantes (déchets 40 0/0) ; le chêne et le robinier qui oifrent une grande résistance verticale et qu'on utilise à cause de cela pour les rais ; le hêtre, pour les jantes ; le frêne qui tient le premier rang pour la confection des timons et brancards, il est à la fois souple et tenace ; le peuplier et le sapin peuvent faire des doublages intérieurs.

La carrosserie emploie Tacacia, Tacajou, le frêne, le hêtre, rhickory, le merisier, le noyer, Forme, le poirier, le peuplier. Chacun de ces bois ayant une destination spéciale.

Bois à sabots, — Ceux doat Tùsage est le plus répandu sont : le hêtre, le noyer, le charme et l'orme, mais ce dernier est assez peu employé, parce qu'il est spongieux et se travaille mal ; le hêtre se travaille bien et entre pour les deux tiers dans la fabrication générale ; le noyer est à la fois dur et léger, mais d'un prix élevé.

On emploie encore pour cet usage : le frêne, le bouleau, l'aulne, le peuplier commun, le tremble, le tilleul et le peuplier d'Italie.

Ih PARTIE. - BOIS D'INDUSTRIE

843. PAic de bois et eellolose. — Généralités. — La fabrication de la pâte de bois et de la pAte de cellulose est devenue une industrie très importante surtout dans les pays

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du Nord : Suède, Norvège, Canada, où la matière première est particulièrement abondante.

La pâte de bois est utilisée principalement pour la fabrication du papier, aussi la désigne-t-on souvent sous le nom de pAte à papier.

P(Ue à papier^ pâte mécanique et pâte chimique. — Il faut distinguer la pâte mécanique de bois et la pâte chimique.

La pâte mécanique s'obtient soit par un râpage contre des meules ou des racloirs pourvus de dents d^acier, soit par un concassage et un raffinage opérés dans des moulins et autres appareils. Ce produit donne une fibre courte, peu souple, qui n'est guère utilisable que mélangée avec les autres pâtes, les pâtes chimiques ou de chiffons, auxquelles elle donne du poids en servant de charge ; on fait cependant des papiers grossiers, comme le papier d'emballage, uniquement constitués par de la pâte mécanique de bois. On fabrique surtout cette pâte dans le nord de l'Europe, où Ton emploie le bois de certains conifères (sapin blanc de Norvège par exemple) dont on prend les tiges encore jeunes. On obtient une pâte peu colorée et plus belle en faisant subir au bois employé un lessivage dans de l'eau un peu alcaline, ou bien un étuvage à la vapeur qui débarrasse le ligneux des gommes, résines, tannins, etc., qui peuvent être utilisés à part en même temps que leur disparition augmente beaucoup la beauté de la pâte. La pâte est soumise, après défibrage, à une forte pression d'une presse hydraulique qui réduit sa teneur en eau, et elle est expédiée ensuite à l'étranger, notamment en France et en Angleterre. Quelquefois aussi on l'envoie à Tétat de pâte sèche obtenue par dessiccation à l'air chaud.

En France, on emploie surtout, pour cette fabrication, les bois feuillus blancs^ comme le tremble et le peuplier. Les bois utilisés doivent être bien blancs et sans nœuds.

La pâte chimique de bois est beaucoup plus employée que la précédente ; le principe de sa fabrication consiste dans l'extraction de la cellulose renfermée dans le tissu ligneux, autrement dit, à délignifier le bois. Pour cela, après une désagrégation mécanique du bois, on fait agir, sur le pro- V duit obtenu, des corps chimiques capables d'éliminer les sub-

I stances incrustantes de la cellulose. Nous avons indiqué autre

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BOIS D*lNDUSTRfK 1341

part quels sont les produits chimiques mis en œuvre dans ce but (voir pp. 93 et s.)-

Bois à employer. — D'une façon générale, il faut préférer les bois peu incrustés, c'est-à-dire les bois blancs qui restent presque toujours à Tétat d*aubier. Il est certain que moins la paroi de la cellule sera accompagnée de substances incrustantes, plus il sera facile de l'isoler. Parmi les bois blancs, les conifères possèdent généralement de la résine qui vient compliquer l'opération; on devra donc, lorsque l'on pourra choisir entre les deux, dans une localité donnée, préférer les bois feuillus blancs aux bois résineux ; disons que, cependant, dans le sapin la résine fait défaut dans le bois, elle est localisée dans l'écorce ; on utilise aussi le bois de l'épicéa jeune, quoiqu'il soit résineux. Les résineux ont cependant l'avantage sur les feuillus d'avoir des fibres plus longues (1). D'une façon générale, les bois jeunes sont préférables aux bois anciens, plus durs et plus incrustés.

En somme, les bois employés pour la fabrication des pâles de bois et de la cellulose sont : le tremble, le peuplier, l'aulne, le bouleau, le tilleul, le saule, le sapin et l'épicéa.

Le tableau suivant (2) donne le rendement en cellulose (cellulose à la soude) d'un stère de différentes essences et fait ressortir la perte à l'écorçage et au nettoyage.

(Voir tableau page suivante).

Uiiidustrie de la pâte de bois au point de vue économique. — L'usage de ce succédané du chiffon s'est généralisé très rapidement, provoquant, à partir de 1880, une baisse générale du prix du papier. C'est ainsi qu'avant 1899, avant le mouvement de hausse qui s'est continué ensuite, le prix du papier de journal est tombé de 90 fr. en 1870, à 30 fr. ; le chiffon blanc, de 30 fr. en 1878, à 39 fr. ; la pâte mécanique d'épicéa, de 18 fr. SO en 1884, à 10 fr. ; la pâte au sulfate

(1) De3 procédés ont été préconisés ayant pour but d'enlever la résine du bois pour approprier la cellulose à la fabrication du papier. Suivant le procédé du brevet Muller (à Aildamn), près Stettin) et E. Meyer (Berlin), le bois convenablement fragmenté est extrait par de Talcool et de la benzine. Ainsi débarrassé de résine, il fournit par les procédés usuels de traitement une cellulose plus blanche et de plus belle qualité pour la fabrication du papier (Br. allemand H2 249, 30 mars 4898).

(2) D'après Max Schubert, Traité de la fabrication de la cellulose, traduction française, Baudry, éditeur, Paris.

blanchie, de 45 fr. en 1886, à 82 fr. ; en6n, la pâte de bisulfite écrue, de 40 fr. en 1886, à 25 fr.

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