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NOUVELLE-CALÉDONIE

Les ressources forestières de cette colonie sont encore assez étendues. Les belles forêts qui couvraient autrefois cette grande île ont été longtemps dévastées par le commerce anglais et américain ; elles ont besoin, pour reprendre leur ancienne splendeur, d'être soumises à un régime forestier énergiquement et intelligemment dirigé.

Les arbres les plus communs dans cette contrée sont : le Nlaouli ou mêlaleuca viridiflora, le Bananier, le Bancouller, le Cocotier, l'Oranger, le Ricin, le Camiarina ou bois de fer et les Acacias.

BANÇOULIEK

Le Bancoulier (aleurites triloba) est l'essence la plus répandue dans ce pays, la seule qui vive en famille dans les forêts de montagnes.

Cette euphorbiacée, qui n'atteint aux Moluques, son pays d'origine, qu'une taille médiocre, prend en Nouvelle-Calédonie un développement considérable; cet arbre peut atteindre, en effet, une hauteur de 18 mètres sur t M ,50 de circonférence à la base. Le fruit est un drupe charnu généralement formé d'une seule loge par avortement; la graine est entourée d'une coque dure à cassure luisante, qui se charge d'efflorescences calcaires en vieillissant lorsqu'elle est tombée sur le sol. Elle brûle très régulièrement, en dégageant une chaleur considérable et une fumée noire très épaisse.

La noix de bancoul pèse en moyenne 10 grammes; un arbre peut porter jusqu'à 2.000 noix. L'huile qu'on en tire est limpide, brunâtre et peut servir à la peinture et à l'éclairage. Elle brûle avec une flamme blanche très éclairante ; employée en peinture, elle sèche très vite, surtout lorsqu'elle a été cuite.

Pour préparer cette huile, le procédé le plus primitif consiste à exposer les noix au grand soleil pendant quelques jours. L'amande, perdant de son eau, se

détache alors facilement de la coquille en une seule masse et au premier coup de marteau. Ces amandes, râpées, sont disposées en petits tas sur une plaque métallique inclinée; le tout est exposé au soleil; l'huile se dégage lentement, perd l'eau qu'elle contient encore et glisse par les cannelures de la plaque dans un vase où on la reçoit. On la filtre ensuite.

Le rendement produit par ce procédé presque barbare est insignifiant et ne dépasse guère 6 p. 400. Par pression à froid, le rendement s'élève à 29 p. 400; à chaud, il atteint 34 p. 100.

Si l'on traite à nouveau les tourteaux, le rendement atteint 66 p. 400. II faut alors 300 kilogrammes de noix pour donner 100 kilogrammes d'amandes ou G6 kilogrammes d'huile.

La croissance du bancoulier est rapide, et au bout de quatre ans il commence à produire.

L'huile n'est pas le seul produit qu'on tire de ce fruit; il découle de Técorcc de l'arbre une gomme blonde qui a une certaine valeur. De plus, les coquilles de la noix, traitées par l'alcool, donnent une teinture rouge foncé.

• L'écorce de l'arbre fournit une teinture rouge brun ou noire; elle est assez riche en tannin. Un arbre adulte abattu peut donner environ 3B kilogrammes d'écorce, mais il supporte mal l'écorçage.

Le bois est bon pour l'emballage et les petits travaux de menuiserie; mais après une immersion prolongée dans l'eau saumâtre il acquiert de grandes qualités, sa durée est augmentée, il peut alors servir dans les constructions.

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