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FIXATION DBS SABLES MOUVANTS

C'est le second travail préparatoire souvent indispensable auquel on doit procéder, quant il s'agit de terrains spéciaux comme les sables mouvants des bords de la mer.

Ces sables généralement composés de grains très fins sont très poussiéreux. Leur amoncellement sur nos côtes constitue ce que l'on appelle les dunes. Ces sables sont très mobiles, mais l'humidité de l'atmosphère et celle du sol peuvent les rendre fertiles si on parvient à les fixer.

Ces travaux de fixation diffèrent suivant que Ton s'adresse aux dunes de la plage ou bien aux dunes de l'intérieur des terres.

Les moyens de fixation consistent d'abord généralement en palissades continues établies, soit avec des planches, soit avec des clayonnages. Les palissades forment le premier obstacle à l'envahissement des sables de la plage. Plus en arrière sur le haut des dunes, on établit des clayonnages qui brisent l'action du vent tout en permettant aux sables de les traverser.

Derrière les premières palissades, sur une zone de 300 mètres environ de large, où la végétation ligneuse est détruite par les émanations salines de la mer, on fixe la surface en semant des végétaux herbacés notamment le gourbet et le roseau des sables. Dans les zones plus éloignées du bord de la mer on associe à ces plantes des plants forestiers dont le fort enracinement brave mieux les efforts des vents. En première ligne nous citerons le Saule des sables. Puis, les sables une fois fixés, on y plante l'argousier, l'ajonc, le caragana, etc.

Les essences les plus recommandées sont ensuite : les peupliers, le bouleau, le faux acacia, le vernis du Japon, le typhina, etc.. Mais les meilleures essences, comme nous le verrons un peu plus loin, sont sans contredit, pour les dunes du nord le pin sylvestre, et pour celles du sud et de l'ouest le pin maritime.

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Une partie intéressante de l'arboriculture est celle qui a trait aux soins à donner aux arbres forestiers pendant leur croissance. Les forêts abandonnées à elles-mêmes, en effet, sont loin de donner le rendement que l'on peut en attendre quand les arbres qui les composent sont soignés avec méthode. MM. de Courval et des Gars ont formulé sur ce point, et notamment sur l'élagage des arbres, des préceptes que nous rappellerons ici.

Le problème à résoudre consiste à ne pas laisser la sève se dépenser inutilement à former des branches de peu de valeur, mais à concentrer le plus possible son action pour la formation ligneuse du tronc qui est la partie industrielle de l'arbre, et par suite, hâter dans des limites assez grandes, la production du bois propre à l'industrie. C'est par un élagage judicieux et raisonné que ce problème a été résolu. Mais l'élagage conduisant à l'ablation de certaines branches peut amener la carie de l'arbre, et par suite, pour éviter ce grave inconvénient, il faut observer certaines règles spéciales.

L'élagage est le seul moyen que l'on ait de concentrer sur le tronc la formation ligneuse. Il faut pour cela faire en sorte que la sève arrive le plus rapidement

possible au tronc, et qu'ensuite dans son parcours, descendant des feuilles aux racines, le parcours le long du tronc soit le plus grand possible.

Pour atteindre ce résultat, il faut, par une conduite judicieuse de l'arbre, réduire le plus possible ses branches à la direction horizontale, tout en conservant à la surface feuillue le développement nécessaire; on sait, en effet, que plus les branches se rapprochent de la direction verticale et plus elles prennent de développement au détriment du tronc.

Par suite, en ne conservant dans la direction verticale que le tronc et la flèche, on favorise leur développement en longueur et en grosseur, et en réduisant les branches à la direction horizontale, on reporte le plus possible, sur le tronc, la formation du bois.

Mais, comme l'arbre croit en hauteur, il arriverait un moment où la surface feuillue serait trop considérable par rapport au développement des racines qui fournissent la sève brute aux feuilles. Pour obvier à cet inconvénient, qui produirait une végétation pénible, on est conduit à enlever les branches des couronnes inférieures, afin de conserver toujours un équilibre parfait entre toutes les parties de l'arbre. Il s'ensuit que l'on doit se conformer au précepte suivant :

La tête de l'arbre doit avoir une forme ovoïde, d'autant plus étroite dans le sens horizontal, que l'arbre est plus jeune ; la hauteur de cet ovoïde doit varier des deux tiers de la hauteur de l'arbre pour les jeunes sujets, à la moitié pour les arbres plus âgés.

Dans toutes les suppressions des branches auxquelles on est conduit par l'application de cette méthode, il y a des précautions fort simples à prendre pour empêcher la carie.

Au lieu de couper les branches à une certaine distance du tronc comme on le fait le plus souvent, il faut les couper verticalement et tout à fait au ras du tronc, en faisant en sorte que la plaie se raccorde le mieux possible avec l'aubier. Puis on recouvre de coaltar la section ainsi pratiquée.

Le seul fait de la section verticale et au ras du tronc peut, dans beaucoup de cas, où les plaies sont petites, conduire à un recouvrement de la plaie, mais on n'est jamais sûr d'éviter la carie et le danger augmente avec les dimensions de la plaie. Tandis qu'en recouvrant la plaie de coaltar il n'y a jamais carie, le recouvrement de la plaie par le bois nouveau est bien plus rapide et le vide qui peut rester entre la plaie et le bois nouveau est bien moindre.

Si l'on coupe une branche un peu loin du tronc, il se forme à la base un nœud qui durcit très vite et où la sève ne circule bientôt plus, de sorte que le chicot de la branche meurt et tombe bientôt en laissant un trou qui ne peut plus se refermer.

On peut également arriver à rendre à la vie de vieux arbres ulcérés en leur appliquant le traitement suivant : on nettoie la plaie avec soin, on y passe du coaltar pour arrêter la carie et détruire les insectes, puis la plaie est remplie avec du bois, du ciment ou une matière quelconque non hygrométrique. Pourvu que ce tampon affleure bien les bords avivés de la plaie et qu'on ait soin de le recouvrir de coaltar, l'arbre au bout d'un certain temps revient à la vie.

En résumé, cette méthode d'élagage conduit aux résultats suivants :

4* Croissance plus rapide et plus régulière du tronc et par conséquent accroissement de revenu ;

2* Certitude de préserver les sujets de la carie ;

3* Suppression des inconvénients qui résultent pour les végétaux du voisinage d'arbres qui projettent une ombre épaisse autour d'eux.

Ajoutons qu'une cause de dépérissement très importante frappant plus d'un tiers des bois de haute futaie, peut être conjurée par la méthode d'élagage dont nous venons de donner une idée, nous voulons parler de la tranche.

La tranche est le résultat de la torsion de l'arbre pendant sa croissance. La torsion de l'arbre est provoquée par plusieurs causes, dont la principale est l'action du vent, régnant le plus habituellement sur le feuillage. Les arbres placés sur les lisières des forêts y sont particulièrement exposés. Leur feuillage se développe du côté de l'air et du soleil, leur centre de figure change, leur centre de gravité change naturellement aussi ; le vent régnant les fait alors tourner. Le mouvement rotatif une fois commencé ne s'arrête plus, car la même cause produit incessamment le même effet dans la même direction et il n'est pas rare que dans une période de 75 à 100 ans, l'arbre n'ait fait un tour entier sur lui-même. Alors, les fibres affectent la direction d'une spirale autour de l'axe de l'arbre. Débité en poutres, cet arbre est rejeté ou affecté très sérieusement dans sa résistance; débité en planches, les fentes les coupent en travers; le bois est donc impropre à la menuiserie.

Dans le centre même d'une futaie, un arbre tourne, parce que l'élagage inégalement pratiqué autour de son axe, lui rend plus facile le mouvement de rotation sur ses racines, si le vent pénètre jusqu'à lui. Quant aux arbres isolés, ils sont livrés à eux-mêmes. La feuille se développant moins du côté du nord que du côté de la lumière du soleil et de la chaleur, l'arbre accomplit un mouvement de rotation continue sous l'influence du vent habituel. Le mouvement commencé se poursuit invariablement. On ne rencontre pas d'arbre tordu ou tranché vers le pied qui ne le soit dans toute la longueur du tronc.

En donnant à l'arbre par l'élagage des branches feuillues, la forme ovoïde suivant un centre de figure passant par l'axe de l'arbre, c'est-à-dire par soii centre de gravité, on apporte au vice dont nous venons de parler un excellent remède, à la condition d'une surveillance assidue sur l'influence des vents régnants.

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