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REGION FROIDE

Dans cette région, nous rencontrerons encore des massifs de hêtres et de sapins, puis plus haut le pin à crochets, l'épicéa, et le mélèze.

Le premier, le Pin à. crochets, se rencontre en massifs importants dans les Alpes et les Pyrénées.

C'est une des essences les plus précieuses pour le reboisement des hautes montagnes froides, où l'épicéa et le mélèze ne pourraient prospérer, si les conditions de sol et d'exposition étaient défavorables.

Les branches de cet arbre affectent la forme de candélabres ; aussi sont-elles beaucoup moins exposées que celles du pin sylvestre ou du pin noir, aux dégâts occasionnés par l'amoncellement des neiges.

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' Fig. 117. — Peuplier bluc.

Cette essence doit donc être répandue sur les hauts versants.

Dans ces régions, on rencontre également de grands massifs formés par V épicéa et le mélèze. Mais au point de vue du reboisement, l'épicéa ne présente pas les ressources que Ton aurait pu attendre de cette espèce.

Assez sensible aux influences atmosphériques dans ses premières années, il demande au sol une certaine fraîcheur qui se trouve très difficilement sur les montagnes privées d'abris végétaux. Son emploi est donc forcément restreint toutes les fois qu'on ne peut pas lui procurer une végétation préalable.

Le Mélèze, au contraire, est la base fondamentale de tous les reboisements aux grandes altitudes. On le trouve en France par grands massifs dans les Alpes du Dauphiné et de la Savoie. En Suisse, il se montre dans les montagnes du Valais et des Grisons.

Cette espèce accepte tous les terrains, et cela jusqu'à une altitude de 2.500 mètres.

Dès sa jeunesse, le mélèze résiste très bien aux intempéries les plus rudes sans exiger aucun abri. Son couvert léger, dû à ses branches menues, courtes et peu abondantes , suffit pour abriter la végétation herbacée qui se développe autour de lui d'autant plus vigoureusement que le sol est fortement engraissé par la chute annuelle de toutes ses feuilles.

Pendant les trois premières années, la croissance des jeunes mélèzes est très lente; mais dès la quatrième année, cette croissance prend un rapide essor.

Cette rapidité, jointe à la propriété qu'a le mélèze de prospérer à de grandes hauteurs, font que cet arbre est excessivement précieux pour reboiser les hautes montagnes. On a donc tout intérêt à le propager, d'autant plus que son bois présente d'excellentes qualités.

D'autres essences de la région moyenne peuvent aussi supporter les rigueurs de la région froide; ce sont principalement : le frêne, le bouleau, le sorbier des oiseleurs, ïérable sycomore, les saules, le cytise, Yaubèpine et l'argouster.

Si enfin, nous nous élevons encore plus haut vers le sommet des montagnes les plus élevées , nous trouvons comme dernier représentant de la végétation forestière le pin Cembro. Cette essence, essentiellement alpestre, ne supporte que les climats secs. En Suisse, on le rencontre seulement dans la haute Engadine, et en France dans une partie seulement du Dauphiné, aux environs de Briançon.

C'est en Europe le seul pin à cinq feuilles. Très robuste, il supporte admirablement les plus rudes climats, et peut vivre jusqu'à 3.000 mètres d'altitude.

Les branches sous forme de candélabre, serrées contre le tronc, ne donnent pas prise aux vents et supportent facilement le poids de la neige et du givre.

11 vit généralement en compagnie des rhododendrons et de l'aulne vert. Sa croissance est très lente.

A la condition d'exécuter le semis dans des conditions convenables de premier abri contre le déchaussement, on obtient une réussite complète.

Dans les Basses -Alpes en deux campagnes de reboisement, on a employé 20.000 kilogrammes de graines avec un plein succès.

Nous donnons dans le tableau suivant l'énoncé des arbres non résineux qui

sont le plus fréquemment employés dans le reboisement des montagnes, avec quelques renseignements numériques à l'appui.

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