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REGION CHAUDE

Le pin d'Alep, très répandu en Algérie, y forme des futaies couvrant des milliers d'hectares.

La Provence, où il prend le nom de pin blanc, le renferme également en grande quantité, principalement sur les versants calcaires. Si l'exposition est chaude, il peut prospérer encore à 700 mètres d'altitude ; dans le cas contraire, on ne peut pas dépasser 400 mètres.

Cette essence est la plus précieuse au point de vue du reboisement; elle se contente des plus mauvais terrains et brave facilement les ardeurs du soleil.

La plantation de ce pin peut produire en peu de temps des massifs complets dans les terrains les plus pauvres, les plus stériles.

En outre, cet arbre fournit un couvert épais, car son tronc est garni de branches nombreuses, puis le soi qui l'avoisine s'engraisse rapidement par la décomposition de ses aiguilles longues et abondantes.

Il croît rapidement, mais sa longévité est faible, car il doit être exploité vers la quatre-vingtième année.

Le bois de cette essence est fin et serré, mais plus cassant que celui des autres résineux. On l'emploie de préférence pour fabriquer des caisses d'emballage.

La résine que l'on en tire est d'excellente qualité, et plus le climat est chaud, plus elle est abondante.

Cet arbre peut très aisément se mélanger avec d'autres essences, spécialement avec le chêne vert.

Le pin d'Alep s'emploie dans les reboisements soit par semis, soit par plantations.

Le pin maritime occupe de vastes espaces à l'état de futaies pleines dans la Provence, en Languedoc et dans les Landes. On le rencontre également en Bretagne.

Cet arbre affectionne surtout les terrains siliceux et ceux appartenant aux formations volcaniques. On le trouve aussi dans les Alpes maritimes, sur les terrains calcaires, souvent mélangé avec le pin d'Alep. Il réussit également bien dans les sols à base calcaire, par voie de repeuplement artificiel, mais il tient surtout à l'état de légèreté du sol.

Il conviendra toujours de donner la préférence au pin maritime dans les sols siliceux ou volcaniques et de réserver le pin d'Alep pour tous les terrains où le calcaire domine.

Le pin maritime, dont le couvert est léger, dont le port est plus droit que celui du Pin d'Alep, supporte moins bien la sécheresse que ce dernier. Comme lui il fournit au sol un engrais abondant, et l'âge auquel on doit l'exploiter est le même.

Le produit principal de cette essence est la résine. L'exploitation de la résine ne diminue pas les qualités du bois, elle augmente au contraire sa durée et sa résistance, mais elle altère la croissance des arbres et les déforme.

Le pin maritime sert aux mêmes usages que le pin d'Alep, mais ses dimensions sont moins fortes.

Son mélange avec le chêne liège réussit mieux qu'avec le chêne vert, parce qu'il préfère les terrains volcaniques, qu'affectionne également le chêne liège.

En reboisement, on emploie le pin maritime plus souvent en semis qu'en plantation, parce que d'une part sa graine est d'un prix modique, et que d'autre part son pivot, moins chevelu que celui du pin d'Alep, présente plus de risques dans la plantation.

Quant au chêne vert ou yeuse, cette essence ne forme ordinairement en France que de simples taillis exploités à d'assez courtes révolutions. On ne rencontre pas de futaies de chênes verts. Cependant cet arbre se trouve sous de belles dimensions, mais isolé.

La variété nommée ballote par les Algériens fournit des glands, doux, cornes-

PAUL CHARPEMTIEIt — LE 1 lihlcs, pouvant suppléer la châtaigne. Cette espèce,

Provence.

Vig. 1U. — Chêne.

Le chêne vert se répand beaucoup plus que le pin d'Alep; on le rencontre out le long de l'Océan jusqu'à la Loire.

Dans les Alpes maritimes, on rencontre des taillis de chênes verts a l'altitude

2<Mj ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

de 1.200 mètres aux expositions chaudes, mais dans l'intérieur des terres il ne dépasse pas 600 mètres.

Cet arbre préfère les terrains calcaires ; aux basses altitudes, dans les ter* rains volcaniques, il est remplacé par le chêne liège. C'est une essence précieuse pour les reboisements, et son couvert, très épais, procure au terrain qui l'entoure une constante fraîcheur. Sa croissance est lente; son bois, très dur, est très utilisé par l'industrie.

Les taillis donnent un très bon bois de chauffage, et son écorce est très estimée.

En reboisement, on ne peut pas employer la plantation pour le chêne vert, à cause de la longueur très grande et de la nudité de son pivot. On est obligé, pour cette essence, d'avoir exclusivement recours au semis. Mais cette propriété d'avoir un très long pivot le rend très apte à fixer les terrains en pente.

1-e chêne liège, comme nous l'avons déjà vu, est excessivement fréquent en Espagne et en Algérie ; il appartient à la flore de la Méditerranée.

C'est surtout sur le littoral, à des altitudes ne dépassant pas 700 mètres pour les expositions chaudes qu'on le rencontre. Il forme d'importants massifs sur les sols généralement fertiles produits par la désagrégation des roches volcaniques. Son emploi pour le reboisement est très limité par ses exigences, mais il faut tenir compte de ses produits, qui sont très précieux.

La croissance de cet arbre est d'abord très lente, puis à Vk^e de six ans il commence à se développer.

Comme pour les essences précédentes, il faut, pour lui, préférer le semis à la plantation.

Nous nous étendrons plus longuement sur ce point spécial un peu plus loin.

Le caroubier se rencontre en France seulement sur une partie du littoral des Alpes maritimes. Il peut encore pousser aux environs de Toulon, et dans ces parages il en existe quelques beaux spécimens.

On ne le voit jamais en massif; sans devenir très grand, il atteint souvent un fort diamètre.

Tous les sols lui sont bons, excepté les terrains marécageux ou sablonneux Les sols rocailleux et secs lui conviennent fort bien.

Le couvert de cet arbre est fort épais et ses feuilles sont persistantes. Le fruit est souvent utilisé pour nourrir les chevaux; le bois, dur et compacte, est employé en ébénisterie.

La croissance du caroubier est très rapide. Son emploi dans le reboisement des terrains nus a donné d'excellents résultats en Algérie et dans les Alpes maritimes.

Le pin pinier croît surtout sur le littoral de la Méditerranée ; il y forme souvent des bouquets isolés et s'y. présente à l'état d'échantillons remarquables par leur hauteur et leur diamètre.

En Provence, il reçoit le nom de Pin pignon; sa graine très grosse est comestible.

On le rencontre le plus souvent dans les fonds de vallées; mais il s'accommode également très bien des terrains secs et rocailleux.

La croissance de cet arbre est assez rapide, mais plus lente que celle des autres pins.

Les branches, très fournies, n'affectent pas la forme pyramidale ; elles se redressent dès les premières années et lui donnent ainsi une forme semi-ovoïde.

Quand l'arbre devient plus âgé, les branches supérieures s'étalent de plus en plus et lui donnent une forme caractéristique, d'où lui est venu le surnom de pin parasol.

Les fruits sont formés de gros cônes très chargés de résines et de graines comestibles.

L'épais couvert de cet arbre le rend très précieux pour le reboisement, car il empêche la végétation du sous bois et entrelient la fraîcheur du sol. Aussi en a-t-il été fait un très fréquent emploi dans les reboisements exécutés par l'Etat, et les résultats obtenus ont été très satisfaisants.

En outre, l'enracinement profond de cette essence lui permet de résister à l'action du vent et le rend très propre à fixer les sols instables.

Pour le reboisement, on emploie aussi bien le semis que la plantation, mais généralement cette dernière est préférable.

On a également tenté d'utiliser, pour le reboisement dans les contrées chaudes, certaines essences exotiques, telles que YEucaluptus globulus, le Grevilleu robusta, le Filao de Madagascar. Ces essais, en général, n'ont pas été couronné* de succès.

En résumé, les seules essences sur lesquelles on puisse compter pour le reboisement des terrains nus dans les contrées chaudes, sont celles à feuilles persistantes, et parmi elles plus spécialement le pin d'Alcp, le chêne vert et le pin maritime.

2° RÉGION TEMPEREE

Nous pouvons la subdiviser en deux régions, qui seront :

i° Celle à climat doux. On y rencontre la vigne et les chênes rouvre et pédoncule.

2* Celle à climat tempéré. Les chênes s'y montrent encore, mais le pin sylvestre y domine, et le hêtre et le sapin commencent à s'y faire voir* ** »

Les chênes à feuilles caduques forment de grands massifs forestiers essentiellement composés par les deux précieuses essences que nous avons citées : le chêne rouvre et le chêne pédoncule.

Le premier de ces deux arbres se plaît dans les terrains accidentés et pousse très bien sur les montagnes.

Le second préfère les plaines à sol proforid* frais ou humide, et ne parait pas sur les montagnes.

Le chêne pédoncule se trouve dans le riord de la France, mais très rarement dans le sud-est; comme il ne peut subsister sur les montagnes, il ne présenta aucun intérêt pour le reboisement. Bien au contraire* le chêne rouvre est d'uit

fréqueut emploi dans les Alpes pour ce point spécial qui nous occupe, on l'y rencontre jusqu'à 1.000 mètres d'altitude.

Si Ton descend du nord vers le midi, on constate que la futaie de chêne rouvre devient de plus en plus rare. En Provence, elle a disparu complètement, elle y est remplacée par des massifs exploités en taillis.

Le chêne rouvre, en général, se contente de toutes les expositions, et préfère les terrains assez profonds.

Le couvert épais qu'il offre dès sa jeunesse le rend sensible aux variations atmosphériques ; il faut donc alors le pourvoir d'un léger abri ; on y parvient en introduisant d'autres essences à croissance rapide dont on fait des essences transitoires parce qu'elles sont destinées à disparaître au bout de peu de temps.

11 résulte de ces observations que le chêne rouvre est encore une essence précieuse pour le reboisement.

Le châtaignier se trouve également dans les régions chaudes et dans les régions tempérées de la France.

Il est très répandu dans le centre et le sud-est de notre pays, mais jamais en véritables massifs forestiers.

Toutefois, en Alsace et sur certains versants des Vosges, on a cherché à en constituer des massifs exploités en taillis simple. Dans les montagnes du sud-est, cet arbre, qui peut vivre encore à l'altitude de 900 mètres, préfère généralement les sols meubles composés par la désagrégation des roches volcaniques.

Cette essenee d'arbre est très sensible à la gelée; les grands vents également lui sont funestes. On la rencontre surtout dans les vallées tempérées, sur les versants peu rapides et non rocailleux.

Le bois de châtaignier, très analogue à celui du chêne, n'en possède pas toutes les qualités ; il est surtout sensible aux variations atmosphériques. Son couvert est épais et sa croissance très rapide.

Au point de vue du reboisement, le chêne, lui, est bien préférable, mais cependant on peut l'utiliser souvent pour la création de taillis simples, en vue de l'utiliser pour faire des manches d'outils, et surtout des cercles de tonneaux.

Le Pin sylvestre, très commun dans les plaines du Nord et de l'Est, se trouve également dans les montagnes des Alpes de Provence, où il commence à se montrer vers 1.000 mètres d'altitude. Aux expositions chaudes, il pousse ^yjcore à 1 .800 mètres.

Cet arbre forme de très beaux massifs, souvent mélangés d'autres essences. Préférant les terrains sablonneux et profonds, on le voit cependant aussi prospérer sur les sols les plus maigres et les plus exposés au soleil ; mais on ne le rencontre pas sur les terrains argileux ou trop humides.

Son pivot peut se développer facilement dans les terrains profonds et les racines latérales sont alors peu développées; dans les terrains marneux, au contraire, les mêmes racines prennent à la surface du sol une grande extension, et peuvent atteindre jusqu'à 20 mètres de longueur.

Le couvert de ce pin est très léger, ce qui permet à son jeune plant de résister facilement à l'ardeur du soleil.

l*Ai:i. CHARPENTIER -

Le bois, très bon pour la charpente, le sciage et la construction produit un excellent goudron.

A partir de quatre ans, la croissance de cet arbre est rapide, et dans sa jeunesse il procure au sol un engrais abondant.

Très rustique, vivant facilement à des altitude» différentes et dans des terrains médiocres, le pin sylvestre est très avantageux et très utilise dans les reboisements. La légèreté de son couvert, sa croissance rapide, le font employer

également comme essence transitoire pour protéger les jeunes plantations de chêne, de sapin et de hêtres.

Cette essence peut également être employée par semis ou par plantations.

C'est le seul pin indigène qui se présente dans la région moyenne de la France; une autre espèce de pin, le pin laricio, est également très précieuse pour le reboisement.

On en connaît deux variétés principales, celui de Corse et celui d'Autriche, ou pin noir.

En Corse, le pin laricio remplace le pin sylvestre, et peut croître encore à \ .700 mètres d'altitude.

Au point de vue du reboisement, cette essence n'est pas très intéressante à cause, d'une part, de sa préférence pour les sols volcaniques, et d'autre part, à cause de sa très grande sensibilité pour le froid, telle qu'en Provence môme il ne peut prospérer à plus de i.400 mètres d'altitude.

Le Pin noir se rencontre principalement dans les Alpes styriennes à l'altitude moyenne de 700 mètres. Le climat de ces régions montagneuses est sec et souvent très froid.

En France, on ne rencontre aucun vieux massif de pins noirs. Cependant la naturalisation de cet arbre est regardée comme très utile par notre école forestière. En général, ce sont les terrains calcaires qui lui sont le plus favorables. De bonne heure son pivot est remplacé par de puissantes racines latérales qui lui donnent une assiette très forte, lui permettant de résister aux plus violents orages. Les neiges abondantes lui font moins de mal qu'au pin sylvestre, grâce à la puissance de ses branches. La cime est moins sujette aux attaques des pyrales; aussi reste-t-ellc très droite.

Son couvert est très épais, et malgré cela ses jeunes plants supportent fort bien l'ardeur du soleil.

Dans la construction on préfère son bois à celui du pin sylvestre ; il est plus dur et plus dense. Le chauffage qu'il fournit est excellent; il produit une résine excessivement abondante.

L'ensemble des qualités du pin noir en font une essence qui doit être recommandée en première ligne pour le reboisement des terrains nus et des sols calcaires. Depuis plus de vingt années son emploi s'est beaucoup développé, et les résultats produits ont toujours été très satisfaisants.

Si maintenant nous remontons l'échelle des altitudes, nous rencontrons le hêtre en même temps que le pin sylvestre. En Provence le hêtre se montre dans les expositions chaudes vers 1.200 mètres d'altitude jusqu'à 1.700 mètres. Aux expositions froides il commence à 900 mètres; on ne le voit plus à 1.500.

Bien au contraire, le sapin ne se voit jamais aux expositions chaudes; il croit toujours au nord.

Ces deux essences d'arbres ne peuvent être employées pour reboiser les terrains nus. Leurs jeunes plants supportent difficilement les variations atmosphériques.

Des deux principales espèces d'ormes, l'orme champêtre et l'orme de montagne, la première seule offre les qualités suffisantes pour rendre profitable son introduction dans les repeuplements. Cette essence peut être utilisée jusqu'à

PAUL CHARPENTIER — LK BOIS 2li

1.500 mètres d'altitude, pourvu que ce soit à de bonnes expositions. Les terrains calcaires un peu frais sont les meilleurs; il y pousse alors des racines puissantes et obliques, lui donnant une assiette très solide. Le couvert de cet arbre est épais et son feuillage abondant. Le bois dur et résistant est très précieux.

Si Ton veut utiliser cette essence pour reboiser, on doit le faire par voie de plantation.

Parmi les frênes, le frêne commun seul est recommandable au point de vue du reboisement.

Très commun dans toute la région tempérée, cet arbre se rencontre sur les montagnes à des altitudes plus grandes que Forme ; on le trouve encore dans les Alpes à une hauteur de 1.800 mètres.

Le couvert est léger, et son feuillage donne un très bon fourrage. Il préfère les sols frais et de bonne nature, et cependant on peut encore l'obtenir en beaux échantillons sur des terrains secs, pourvu que ces derniers soient meubles et profonds.

Les qualités de son bois sont remarquables. En reboisement il ne peut être utilement employé que par voie de plantation.

Gomme nous l'avons vu précédemment, les espèces principales ft érables sont Yérable sycomore, ïèrable plane, ïêrable champêtre et l'érable de Montpellier.

Le premier, très répandu dans les montagnes, se trouve souvent avec le mélèze à de grandes hauteurs. Il appartient donc tout autant au climat alpestre qu'au climat tempéré. C'est un arbre à croissance rapide, pouvant atteindre jun âge très avancé.

Son couvert est épais et le feuillage peut être employé comme fourrage et comme litière.

Quant à l'érable plane, il est rare dans les montagnes, son feuillage est moins estimé; il est donc beaucoup moins intéressant au point de vue du reboisement.

Les autres érables doivent être employés comme les deux premiers par voie de plantation ; en général, on doit les utiliser isolément au milieu de massifs créés avec d'autres essences.

Nous n'insisterons pas sur les tilleuls, les sorbiers, les alisiers, les merisiers et les bouleaux, les propriétés de ces diverses essences, d'une moins grarïde importance au point de vue du reboisement, ayant été décrites précédemment.

Le robinier, qui nous vient de l'Amérique du Nord, ne peut pas se reproduire lui-même. Cet arbre préfère les terrains frais; son bois nerveux et d'une assez forte densité est très employé. Sa croissance est très rapide; il peut être utilisé dans les reboisements soit pour créer de premiers abris, soit pour fixef des terrains instables, ou des talus dénudés.

Les aulnes et les peupliers n'offrent que peu d'intérêt au point de vue du reboisement; ils peuvent d'ailleurs être avantageusement remplacés par certaines espèces exotiques, telles que les peupliers du Canada, de Virginie, de l'Ontario.

Les saules peuvent être utilisés pour fixer la végétation dans le fond des ravins, également pour les fasci nages et les clayon nages.

Enfin, parmi les arbrisseaux pouvant fournir un utile concours à l'œuvre du reboisement, soit pour fixer préalablement le sol, soit pour former un premier abri aux jeunes plants des grandes essences, nous citerons : le coudrier noise-

fier, les cornouillers, Y aubépine, l'amélanchier, le cerisier mahaleb, le genévrier, le cytise des Alpes, l'églantier, le buis, Yargouaier et le genêt.

De toutes ces espèces nous ne retiendrons que le genévrier. Nous avons déjà dit que cet arbuste appartenait à la famille des conifères. 11 croit dans les régions

Fig. 116. — Aulne.

tempérées sur des sols arides, principalement sur le versant des montagnes, où on le rencontre encore à des altitudes très grandes.

I.c genévrier commun est d'un aspect sauvage et difforme, avec des rameaux pendants, des feuilles presque linéaires el des bourgeons nus. Sa taille moyenne

est de l»,50à peine. Dans le Midi de la France, il peut atteindre jusqu'à 6 mètres de hauteur.

L'écorce de la tige et des rameaux est rude, d'un brun rougeâtre, les feuilles sont lancéolées, les racines pivotantes. Le strobile charnu et succulent, qu'on appelle à tort une baie, est formé par les écailles modifiées du chaton femelle. D'abord vert, puis violet, quelquefois noir, il demande deux années pour arriver à complète maturité. Il renferme trois graines osseuses oblongues, que l'on peut faire germer avantageusement dans une terre légère, neuve et sans fumier. Le genévrier se reproduit aussi par boutures et par marcottes.

Le genre Juniperus comprend une vingtaine d'espèces ayant entre elles beaucoup de ressemblance.

Outre le précédent, il y a le genévrier oxycèdre, qui donne par la distillation de son bois une huile empyreumatique d'une odeur de goudron et d'une saveur caustique connue sous le nom d'huile de ca.de.

Le genévrier de Virginie sert à envelopper les crayons de plombagine; on l'emploie aussi pour faire de la tabletterie, et sa forte odeur préserve les objets travaillés des attaques des insectes.

Les usages communs auxquels on emploie cet arbuste sont de médiodre importance ; il sert à faire des haies et à fabriquer des échalas. Son bois dur et d'un rouge veiné peut être travaillé au tour; son fruit, par la fermentation, donne une assez agréable boisson, et sert en Hollande pour aromatiser l'alcool.

Mais cet arbuste se propage avec abondance dans les lieux déboisés ; il peut devenir l'agent le plus direct du reboisement.

En effet, les branches tombantes de cet arbuste forment comme un berceau pour les graines qui y sont amenées. La terre formée par les détritus arrêtés y est abondante, poreuse, toujours fraîche; le soleil y fait passer un jour c)iffus et une agréable chaleur; les jeunes plants qui naissent sous cet abri n'y ont rien à craindre de la rigueur des vents.

Le genévrier est un excellent protecteur. Par son écorce résistante, ses fibres très denses, il peut défier toutes les intempéries. Il tient au sol par de fortes racines pivotantes qui vont, épargnant l'humus superficiel, chercher dans les profondeurs la nourriture dont elles ont besoin. Gomme on le voit, c'est une essence des plus utiles pour le reboisement.

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