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FUTAIE

Ce mode d'exploitation est basé sur le réensemeucement naturel du sol. Si l'on exploite en taillis, ce sont les rejets de souche et les drageons des racines qui doivent reconstituer un nouveau peuplement à la place de celui que Ton a coupé; si la forêt est traitée en futaie, ce sont les graines mômes des arbres de la coupe qui doivent ensemencer le sol dépouillé.

Le mode d'exploitation en futaie emprunté aux Allemands est aujourd'hui presque exclusivement suivi, en Europe du moins.

Le réensemencement naturel du sol se prépare à l'aide de trois coupes successives, dites coupes de régénération. Ce sont, dans Tordre de la méthode, la coupe d'ensemencement, qui a pour but d'assurer l'ensemencement du sol, comme l'indique sa dénomination, puis la coupe secondaire, qui a pour but, en enlevant une partie des réserves, de faire participer les jeunes plants aux influences atmosphériques, enfin la coupe définitive qui enlève toutes les réserves. La bonne végétation des jeunes plants est ensuite favorisée par une série de nettoiements et d'éclaircies. Mais quelque soin que l'on apporte dans l'application de ces principes, il est évident que l'ensemencement naturel du sol abandonné à lui-même serait souvent incomplet, et que pour arriver à le compléter, il faut venir en aide à la nature.

Les procédés de repeuplement les plus répandus qui se rapprochent des méthodes de reboisement sur lesquelles nous avons insisté déjà sont de deux sortes. Us sont naturels ou artificiels.

Dans les futaies, les règles d'une sage économie prescrivent de mettre à profit le plus souvent possible les ressources de la nature pour assurer la régénération. Les repeuplements artificiels doivent être restreints le plus possible. Souvent, un labour grossier donné au sol, sous le couvert des réserves, permet aux semences d'arriver jusqu'à terre et de germer dans de bonnes conditions. La charrue forestière rend sous ce rapport de précieux services*

Cet instrument tient à la fois de la herse par le nombre et le peu d'écartement des socs, de la charrue sous-sol et du buttoir par la forme de ces mêmes socs qui sont arqués en avant, et qui se terminent en coin pour faciliter le soulèvement et le renversement du terrain.

L'usage de la charrue forestière réalise à peu de frais et rapidement les avantages suivants : ameublement, aération et assainissement du sol au degré de profondeur voulu ; destruction des gazons et des plantes parasites qu'elle attaque par les racines, soulève et renverse complètement; entière utilisation et recouvrement des graines répandues naturellement ou artificiellement sur le sol.

Cet instrument est d'ailleurs d'un usage facile, non seulement en plaine,

mais encore en montagne, sauf dans les parties couvertes de roches ou trop inclinées.

Bans les terrains très compactes, envahis par la bruyère ou d'autres plantes parasites, un écobuage suivi d'un labeur à la charrue forestière place le sol dans les meilleures conditions pour l'exécution et la réussite des semis.

RECOLTE DBS PRODUITS FORESTIERS. — ABATAOES DBS ARBRBS

A quel âge doit-on abattre les arbres? Cette question se complique de plusieurs éléments qui doivent en déterminer la solution.

L'âge auquel il convient d'exploiter pour obtenir dans les meilleures conditions un résultat déterminé est, ce que l'on nomme Y exploit abilitè du bois. La possibilité est la quantité de ligneux que peut produire annuellement une forêt supposée exploitée à son âge d'exploitabilité.

Dans l'examen des conditions particulières de la forêt, à la suite duquel on fixera l'exploitabilité, on doit s'attacher avant tout à déterminer les limites d'âge, en dehors desquelles on ne peut pas exploiter le bois sans risquer de compromettre l'existence de la forêt. S'il s'agit d'une futaie, on ne doit pas abattre avant l'âge où les arbres peuvent produire une semence abondante et de bonne qualité, ni après l'époque à laquelle les massifs commencent à dépérir. S'il s'agit de taillis, comme il faut avant tout se préoccuper d'obtenir des souches, les rejets les plus vigoureux, on recherchera les conditions d'âge qui satisfont le mieux à cette exigence.

Ces limites ne sont pas les mômes partout et pour toutes les essences, en sorte qu'il faut presque toujours chercher à les déterminer par des expériences spéciales sur les lieux mêmes.

Dans les bons fonds, l'exploitabilité des taillis de chêne, orme, charme, frêne, érable, doit être comprise entre 25 et 35 ans. Dans les fonds de qualité inférieure l'exploitabilité des mêmes essences pourra être réduite à 20 ans. Enfin, pour les essences de moindre qualité, telles que le bouleau, le tilleul, l'aulne, l'alisier, ces limites extrêmes deviennent 20 et 25 ans dans les terrains de qualité médiocre.

L'exploitation des futaies ne peut être atteinte que dans la période où les arbres sont parvenus à l'âge de la fertilité. Ces arbres, en général, atteignent cette période dès qu'il ne croissent plus en hauteur et la dépassent dès qu'ils sont dépérissants, couronnés, couverts de mousse, de lichens, de lierre.

Maintenant, veut-on obtenir dans un temps donné la plus grande masse de bois possible, abstraction faite de toute autre considération? Veut-on avoir dans un temps donné le plus grand produit possible en argent? La solution ne sera pas la même dans les deux cas. Mais quel que soit l'aspect sous lequel on envisage le problème, l'une des données essentielles est la connaissance exacte de la loi que suit l'accroissement des arbres.

Si la croissance des arbres était entièrement abandonnée à la nature, il ne s'agirait que d'observer un grand nombre de forêts et d étudier la loi que suit

l'accroissement annuel, soit en matière ligneuse, soit en valeur vénale. Mais la culture, les nettoiements, les éclaircissements ont singulièrement accéléré cet accroissement. Un arbre de 40 ans, qui croît sous l'influence de circonstances favorables, présente un volume aussi grand que celui d'un arbre de 80 ans qui est relégué au fond d'un massif inculte.

Les massifs de taillis croissent d'après une progression qui s'approche de celle des carrés des nombres naturels. La marche est plus rapide dans un bon sol bien garni de souches; elle Test moins dans un sol médiocre. Il y a aussi des variations suivant que les espèces d'arbres sont plus ou moins appropriées au sol.

La progression suivante peut être donnée comme un terme moyen :

AGE

VALEUR

AGE

VALEUR

AGE

VALEUR

en années

à chaque âge

en années

a chaque âge

en années

à chaque âge

On voit donc qu'un taillis de 40 ans a seize fois plus de valeur qu'un taillis de 10 ans et quatre fois plus qu'un taillis de 20 ans.

On peut dire maintenant au point de vue de la croissance des arbres que :

1° Lorsque l'âge d'un arbre en pleine croissance est augmenté d'un quart, le volume de son bois est presque doublé ;

2° Lorsque l'âge d'un arbre aura doublé, son volume sera devenu huit fois plus considérable ;

3° Lorsque l'âge d'un arbre aura doublé, sa croissance annuelle sera quadruplée;

4° En conséquence, lorsque l'âge d'un arbre est doublé, la proportion dans laquelle son accroissement annuel entre dans le volume total de l'arbre est diminuée de moitié*

Mais avant de procéder à l'abatage, il faut tracer un plan d'exploitation, puis faire Yeslimation des bois.

Le plan d'exploitation est un document où Ton inscrit tous les renseignements qui serviront à indiquer les époques auxquelles on doit faire les coupes.

L'estimation a pour but de fixer les produits en bois que la forêt peut fournir périodiquement ainsi que leur valeur en argent. On fait cette estimation :

1° Afin de fixer la quantité que l'on devra exploiter;

2° Pour la vente sur pied des produits b.ons à exploiter;

3* Pour déterminer la valeur des terrains boisés mis en vente.

La qualité des arbres est aussi un facteur important de l'estimation.

ETfCTCLOP. CHIM. 15

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