QUALITÉS ET DEFAUTS DBS ARBRES
On dit qu'un arbre est en pleine croissance quand son bois est sain, son écorce lisse et d'une couleur claire et égale, et surtout quand les pousses de la dernière année sont longues et réparties uniformément à l'extrémité des branches.
Les arbres dont l'écorce est terne, gercée ou tachée [sont dits défectueux ou gâtés.
La roulure est une solution de continuité entre les couches ligneuses qui ne sont pas adhérentes les unes aux autres et qui manquent d'homogénéité. Cette maladie souvent produite par la gelée, se manifeste à l'extérieur par des fentes ou des taches dans l'écorce.
Une fente longitudinale produite par la gelée ou par le givre, prend le nom de gelivure; elle subsiste toujours. L'orme est très souvent atteint par cette maladie.
Si, sur la section de l'arbre on remarque des fentes formant des rayons dessinant un cadran, c'est que l'arbre est atteint de la cadranure. Cette maladie se manifeste extérieurement par des taches sur l'écorce qui se couvre souvent de lichens et de champignons; il se forme également des gerçures par lesquelles l'eau pénètre dans l'écorce.
Dans le chêne, quand la tige est garnie de petites branches, depuis le pied jusqu'au sommet, on dit que le bois est rouge et la qualité de l'arbre est mauvaise.
Quand un chêne présente le phénomène du double aubier, sa valeur est de beaucoup diminuée.
Les arbres de cette espèce croissent ordinairement sur les sols secs et non abrités; ils possèdent un aubier à la circonférence et un autre au centre de la tige; les couches ligneuses intermédiaires sont fort dures, mais l'arbre a beaucoup moins de valeur.
Lorsque l'arbre est sur le retour, son bois est plus léger au cœur qu'à la circonférence, il perd sa ténacité et devient moins élastique. Dans ce cas, l'arbre ne doit pas être utilisé d'une seule pièce, il doit être scié en quatre, de façon que les angles d'équarrissage soient formés par le centre.
La pourriture sèche attaque en général les bois destinés .à la marine.
Quant à la qualité des bois relativement au terrain, au climat et à l'exposition, nous dirons que pour les terrains aquatiques nous devons distinguer ceux qui sont inondés par des eaux courantes de ceux qui ne sont qu'humectés par des eaux stagnantes. Ces derniers terrains produisent des arbres dont le tissu est gras, lâche, spongieux, faible et tendre. Au contraire, les terrains arrosés donnent naissance à des arbres dont le tissu est dense, dur et élastique. Les bonnes terres bien desséchées produisent les meilleurs échantillons.
Dans les sables granitiques ou les graviers, les arbres sont de bonne qualité, si leurs racines ont pu pénétrer profondément dans le sol.
La diversité des climats fait varier la dureté des bois. Le bois des forêts du Midi de la France est plus lourd que celui des forêts du Nord.
Quand un arbre est isolé, il est généralement peu propre à la fente, mais convenable pour la marine.
En général, les expositions du nord-est, de Test et du sud sont les meilleures; la plus mauvaise exposition est celle du nord-ouest.
CUBAGE DBS ARBRES
Le cubage des arbres est une opération indispensable à la bonne estimation de la forêt.
Les opérations relatives aux coupes conduisent forcément à effectuer le cubage des arbres à abattre.
Ce cubage serait fort long et fort délicat si l'on voulait atteindre une grande exactitude. L'opération serait excessivement difficile pour les arbres sur pied, parce que leurs principales dimensions, hauteur et grosseur, ne peuvent être obtenues que d'une manière tout à fait indirecte.
Dans la pratique, on se contente d'approximations assez grossières. Les hauteurs sont évaluées au dendromètre.
Cet instrument est fondé sur les propriétés des tangentes : si l'on considère dans le plan vertical passant par l'œil de l'opérateur et le point observé, d'une part, l'angle formé par la ligne de visée et l'horizontale partant de l'œil, d'autre part, l'angle compris entre les rayons allant de l'axe du perpendicule, l'un au zéro du limbe et l'autre à la division de ce limbe qui coïncide avec l'index fixe, on voit que ces angles sont égaux comme ayant les côtés perpendiculaires chacun à chacun. Le limbe n'est point gradué en parties aliquotes de la circonférence, les arcs compris entre le zéro et chacune des divisions consécutives correspondent aux angles dont les tangentes trigonométriques sont 1, 2, 3, etc.. centièmes du rayon, et ce sont ces nombres qui sont inscrits en regard des divisions. Le zéro est placé de manière à se trouver sur la verticale passant par Taxe du perpendicule, lorsque la ligne de foi est horizontale; l'index fixe est disposé de façon à se trouver en coïncidence avec le zéro dans ce cas do visée horizontale.
Étant donnée une ligne allant de l'œil à un point quelconque, il est facile de se représenter la verticale passant par ce point et l'horizontale allant de l'œil jusqu'à la rencontre de cette verticale. Ces trois lignes forment un triangle rectangle. L'opérateur observe l'angle compris entre la ligne de visée et l'horizontale, en d'autres termes, la pente de l'hypothénuse ou ligne de visée. Donc, d'une manière générale, le dendromètre donne en centièmes la pente de la ligne de visée, et par suite, la hauteur de la verticale visée, c'est-à-dire la hauteur cherchée de l'arbre, à la condition de placer toujours l'instrument à une distance fixe de l'arbre, soit 10 mètres par exemple.
À l'aide de cette hauteur et de la circonférence ou du diamètre pris à partir de 1 mètre du sol, on obtient la base d'un cylindre idéal que l'on réduit au volume réel à l'aide d'un facteur de conversion obtenu par l'analyse d'un arbre à peu près semblable. Pour cela on divise ce dernier en tronçons de 1 à 2 mètres que Ton cube séparément chacun. On additionne le tout et le total donne le volume réel de la tige très approximativement. Ce volume divisé par
le volume cylindrique fournit le facteur de réduction, c'est-à-dire le nombre par lequel il faut multiplier le volume géométrique pour avoir le volume réel de la tige.
Ainsi, pour les principales essences, nous aurons les facteurs de réduction suivants :