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RÉVOLUTION MÈTRES CUBES DE BOIS SE TROUVANT SUR UN SOL DE QUALITÉ

en années Bonne Moyenne Mauvaise

Chêne.

Coudrier. Saule. Tremble.

5 23 a 26 16 fa 20

10 41 fa 5*3 33 à 33

15 46 à 71 45 fa 46

20 76 fa 80 53 à 54

80 fa 121

53 fa 70

90 fa 125

Charme.

63 fa 90

53 fa 70

80 fa 100

Aulne,

67 fa 84

99 fa 172

88 fa 112

192 fa 282

264 fa 387

160 fa 224

Hêtre.

26 fa 53

50 fa 66

92 fa 180

80 fa 104

17 fa 30

17 fa 27

33 fa 53

7 fa 17

10 fa 66

16 fa 60

16 fa 99

7 fa 19

33 fa 60

40 fa 80

2 fa 3

23 fa 26

23 fa 26

Les observations faites au sujet du premier tableau s'appliquent également à ui-ci.

celui-ci.

COUPES ET ABATAGK

On donne le nom de coupe à la partie de la forêt qui doit être exploitée, que cette exploitation porte ou non sur tout ou partie des arbres.

Pour asseoir une coupe ou établir son assiette, on détermine sur le sol l'étendue de la forêt qui sera abattue.

Les coupes sont principales lorsqu'elles sont assises dans les massifs exploitables ; on leur donne le nom de coupes d'amélioration, lorsqu'elles sont restreintes à des abatages partiels destinés à favoriser la croissance des plantations.

Les coupes d'une forêt doivent satisfaire à certaines règles auxquelles on donne le nom de règles d'assiettes et qui se résument comme suit :

En premier lieu, les coupes doivent se succéder de proche en proche dans l'ordre d'exploitation, et leur forme doit être régulière.

En second lieu, les coupes doivent être disposées de façon à ce que les bois abattus puissent être facilement transportés.

En troisième lieu, les coupes doivent être fixées de manière qu'en les suiv on aille toujours du nord ou de l'est au sud ou à l'ouest.

33i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

Enfin, dans les montagnes, on doit toujours commencer l'exploitation parles terrains inférieurs, en terminant par les terrains plus élevés.

On doit procéder à l'ahatage avec précaution, de façon à éviter toute avarie au moment de la chute de l'arbre. Si on le sépare sur pied de sa racine, il faut couper le plus près possible du sol pour éviter le trou d'abatage.

Si l'abat âge se fait avec la souche, la repousse est supprimée.

On doit employer des instruments très tranchants pour éviter de faire éclater la souche et l'écorce.

Si les brins ont moins de 10 centimètres de tour, on emploie la serpe ; pour les dimensions plus fortes, on a recours à la hache.

Jusque dans ces derniers temps on n'employait pour abattre les arbres que la hache et la scie à main, dite passe-part ou t. Aujourd'hui on réalise une grande économie de temps et de main-d'œuvre en employant la scierie à lame droite et à action directe de la vapeur (fig. 118).

Fig. 118.

Cette scierie est très légère; on peut facilement la transporter en forêt, suspendue» l'essieu d'un petit véhicule. Une forte vis d'arrêt, sur une barre à pointes enfoncées dans l'arbre, suffit amplement à la fixer pour la mise en action. La rapidité de son fonctionnement est très grande, car un chêne de 1 mètre de diamètre peut être abattu en quelques minutes. En y comprenant le temps nécessaire pour la transporter d'un arbre à l'autre, cette scierie peut facilement, dans une journée de 10 heures, abattre 40 arbres de cette dimension.

Pour bien employer cet appareil, il faut donner à la lame la vraie denture à crochet, mais très écartée, de façon que la sciure puisse facilement se loger entre les dents, et de plus il faut autant que possible ne procéder aux abatages que hors de sève, c'est-à-dire au commencement de l'hiver. Comme graissage, l'eau de savon est préférable à l'huile, qui tend à former avec la sciure un mastic qui pourrait nujre au fonctionnement.

La lame droite peut prendre toutes les positions; aussi peut-on l'employer pour couper les arbres sur les pentes les plus raides; en outre, on peut transformer la position de l'outil de façon à rendre possible la coupe en travers et à toutes longueurs des troncs d'arbres couchés à terre, soit dans la forêt, soit dans les chantiers. La scierie prend alors le nom de scie à tronçonner {fig. 119).

On voit aussi que cette scie permet de couper l'arbre au rei du sol; elle épargne donc dans un arbre de 1 mètre de diamètre au moins 800 décimètres

cubes de la meilleure partie du bois, de cette partie qui serait réduite en éclats si l'arbre était abattu à la haclie.

Cette scie consiste, comme on le voit sur la figure, en un cylindre à vapeur de petit diamètre et à longue course, attaché à uu bâti léger en fer forgé, sur lequel il est disposé de manière à pivoter sur un centre; le mouvement de pivotage est imprimé au moyen d'une roue à main faisant tourner un filet à vis qui s'engrène dans un quart de cercle fondu à l'arrière du cylindre.

La lame est fixée immédiatement au bout de la tige, que Ion fait marcher droit au moyen de guides, et les dents de cette lame sont couchées de manière qu'elles coupent seulement pendant la course de rentrée. I.a

scie travaille donc par traction. £

Cette disposition fort simple per- ^

met d'employer des scies ayant *■■

2", 50 à 3 mètres sans appareil de tension, parce que sa propre coupe est suffisante pour guider la scie eo ligne droite au travers de l'arbre, et comme les dents n'offrent aucune résistance à la course de sortie, toute possibilité de flexion de la lame est évitée.

Toute locomobilc peut élre employée à fournir la vapeur à cet outil. Mais, quand sur le terrain d'exploitation on n'a point à mettre en mouvement les scieries pour le débitage, on peut se contenter d'une petite chaudière portative qui fournil à la machine, qui est à haute pression, la vapeur nécessaire, au moyen d'un tuyau fort et flexible, et comme ce dernier peut avoir une longueur considérable, la chaudière ne change pas de place,

jusqu'à ce que la scie ait coupé tous les arbres dans le rayon déterminé par la longueur du tuyau de vapeur.

DEBIT DBS BOIS. — 8CIEKIBH

Historique.

L'arbre une fois abattu doit être débité suivant l'usage auquel on le destine. Pour cela, on emploie d'abord des appareils plus ou moins grands et très variés, auxquels on donne le nom de scies. Les premières employées et encore aujourd'hui très répandues sont mues par l'eau, et portent le nom de scies ou scieries hydrauliques.

Un manuscrit du XIII e siècle semble permettre de faire remonter l'invention des scieries hydrauliques beaucoup au delà de cette époque, et de la rendre contemporaine de l'occupation romaine dans les Gaules. D'après d'autres écrits, un moulin à scier le bois aurait été érigé dès le IV e siècle sur la rivière de Rœur, en Allemagne, et on s'était servi de semblables machines en 1420 lors de la découverte de Madère, pour scier les excellents bois de cette île ; enfin, il en aurait aussi existé vers cette époque à Breslau et à Erfurt. Mais l'usage en était peu répandu en Angleterre avant l'année (555, époque à laquelle l'évoque d'Ély, ambassadeur de la reine Marie, à Rome, en mentionne une qu'il avait vue pour la première fois dans cette ville.

Cette date de 1555 s'accorde assez avec celle où le lyonnais Jacques Besson en décrivait une d'autant plus remarquable qu'elle possédait plusieurs lames contenues dans un châssis vertical que faisait mouvoir, sous coulisses de guides, un système parallélogrammique articulé, rappelant celui des anciens ponts-levis à flèches, sauf qu'ici le prolongement de la bascule supérieure y était mis en action par une bielle verticale, à manivelle fixée au bout de l'arbre horizontal tournant, d'une roue hydraulique. Ce système rappelle à son tour le dernier dispositif des machines à vapeur de Watt, et on a tenté de le reproduire de nos jours.

Il y a lieu de croire, cependant, que la plupart des moulins à scier de cette époque, et a fortiori, ceux des époques antérieures, ressemblaient jusqu'à un certain point aux plus an ci en très et plus grossières scieries que nous connaissons, notamment à celles que l'on voyait naguère et que l'on voit aujourd'hui encore servir dans les montagnes des Vosges, de la Forêt Noire, du Mont-Dore, à débiter en madriers et en planches les gros arbres de pins ou de sapins, au moyen de châssis de scie à coulisses verticales, soulevés vers le bas, à l'instar des pilons, par un arbre à cames que fait mouvoir directement une petite roue hydraulique à augets, exécutant jusqu'à trente tours par minute.

Dans ces grossières machines, tout en charpente, et dont la scie à plomb retombe lourdement sur un monceau de sciures, la pièce est montée sur un chariot à roulettes de support, et à guides latéraux. Ce chariot est quelquefois incliné à l'horizon et remonte contre le tranchant des lames pour faciliter ensuite le retour de la pièce à vide, mais il est plus généralement établi de niveau, et muni, sous l'un des brancards au moins, de longues crémaillères en bois, poussées en avant ou vers la scie, au moyen de petites lanternes à fuseaux établies sur un

arbre inférieur horizontal et transversal, portant en outre, extérieurement, la grande roue à anneau en fer vertical, nommée à minutes, à cause de ses 360 dents.

Cette roue est un véritable rochet muni de cliquets contre le recul ; une fourche à pied-de-biche y fixée à l'extrémité d'un long manche ou hampe en bois, la fait tourner d'un, de deux, ou de trois crans. Cette fourche, inclinée à l'horizon, reçoit à l'autre bout, par une fourche à boulonnet, le mouvement alternatif d'avance et de retrait, au moyen d'un petit levier ou poussoir à trous gradués monté sur un arbre horizontalement oscillant. Ce dernier arbre, placé tantôt vers le bas, tantôt vers le haut et parallèlement au châssis de la scie, est luimême mis en action par un long bras articulé à genouillère, avec l'entretoise du haut ou du bas de ce châssis, vers lequel le chariot et la pièce à débiter sont incessamment poussés. Le retour à vide s'opère en soulevant les cliquets et en agissant du pied et de la main contre les chevilles dont se trouve armée latéralement la jante en bois de la roue à minutes.

L'ingénieux mécanisme du pied-de-biche et de sa roue à déclic, dont l'auteur est demeuré inconnu, a été religieusement conservé dans les divers systèmes de scieries et de machines plus ou moins analogues. Il a été très probablement la source commune à laquelle Lagarouste lui-même aura puisé son levier à double cliquet oscillant, et en réalité il constitue le type des plus anciennes scieries automatiques.

Ramelli, qui écrivait peu après Jacques Besson, décrit avec beaucoup de soin une scierie à bois toute différente et se rapprochant de celles universellement mises en usage au XVIII 6 siècle. Bélidor, vers 1736, en construisait une pour l'arsenal de la Fère.

On remarque dans cet outil tout d'abord le système du pied-de-biche et du chariot, ici horizontal, et porté sur une file de rouleaux cylindriques parallèles, où la contre-pente est remplacée par des poids à suspension de recul, que soulève le pied-de-biche pendant l'avance du chariot. On y voit en outre que le châssis, au lieu d'être élevé verticalement par des cames à chocs successifs, reçoit le va-et-vient continu d'une courte bielle inférieure montée sur la manivelle en fer de l'arbre coudé horizontal d'une roue hydraulique, à grande vitesse et à action directe.

Une circonstance qu'il est surtout nécessaire de faire remarquer, c'est que le système de rochet à pied-de-biche pousseur des scieries décrites dans les Diverse ed artificio8e machine del capita.no Augustino Ramelli, de tous points conforme à celui que nous avons donné, est disposé de façon à pousser en avant le chariot et la pièce de bois pendant la levée même du châssis, précisément comme l'indique Belidor, mais non pas pendant la descente, ainsi qu'on l'admet aujourd'hui.

Enfin, le châssis vertical de cette scie est muni, entre ses traverses extrêmes horizontales, d'une entretoise mobile sur coulisses et portant l'étrier supérieur de la lame de scie, bandée au moyen de deux fortes vis verticales descendant du chapeau supérieur, muni à cet effet d'écrous de serrage.

Les Raisons des forces mouvantes, de Salomon de Caus (1615-1634), vient dans l'ordre des dates après le traité de Ramelli. Dans ce livre, l'illustre inven-

leur décrit une scierie à trois lames communément employée en Suisse pour le débit en planches des billes de sapin.

Cette scierie est munie, comme la précédente, d'une roue à minutes pour faire avancer la pièce. Suivant les indications de l'auteur, le chariot devait être accompagné de contre-poids de recul à câbles et poulies de renvoi pour faciliter le retour avide de cette pièce, tandis que le châssis lui-même était mené par une longue bielle ou chasse verticale en bois et une forte manivelle en fer.

Ce système, qu'accompagne ordinairement un fort volant en bois dans les anciennes scieries allemandes, se rapproche, comme on le voit, beaucoup de celui qui a été suivi plus tard par Belidor.

Enfin, dans ce genre ancien de scierie, comme dans celui des moulins k vent hollandais, qui comprend trois châssis verticaux suspendus à des chasses ou bielles renversées, que fait mouvoir un arbre en fer à manivelles triples, le service des pièces à l'entrée ou à la sortie de l'usine, est opéré au moyen de câbles passant sur des poulies de renvoi et aboutissant d'une part au petit chariot ou traîneau qui porte ces pièces, et d'autre part à un treuil d'enroulement que fait mouvoir le rouet moteur de la machine décrit dans le système de Belidor.

En 1815, au retour de la paix générale, il s'en faut de beaucoup que nos grands arsenaux d'artillerie et de la marine fussent aussi avancés que ceux de l'Angleterre sous le rapport du travail mécanique du bois, et spécialement du sciage.

Ce n'est que vers 1821 qu'on vit s'établir à Stenay, près Verdun, des scieries à mouvement alternatif, pour débiter les grandes jantes de roues, au moyen d'une lame [unique, montée en potence sur le châssis vertical d'une scierie ordinaire.

L'arbre vertical du chariot était placé en dehors des poteaux à coulisses du grand châssis de scie, tandis que la plate-forme elle-même, munie d'un soufflet pour chasser la sciure, était liée, par une corde à enroulement extérieur, au mécanisme d'un très grossier équipage à roues, lanterne et pied-de-biche*

C'est aussi vers la même époque que l'on établit dans l'arsenal maritime de Rochefort un très grand moulin à vent, à galerie extérieure, d'après le système hollandais, destiné à faire marcher isolément ou simultanément une scierie à plusieurs lames.

Vers 1820, Hacks introduisit en France l'usage des grandes scies circulaires de Brunel, avec quelques améliorations consistant principalement dans plus de légèreté, plus de vitesse, moins d'épaisseur, et débitant, par conséquent, un plus grand nombre de feuilles de placage unies, dans une épaisseur donnée.

Le même constructeur livrait à la même époque, à l'industrie, des scieries à mouvements alternatifs, dont un certain nombre était destiné à scier horizontalement les arbres sur pied, ou à les tronçonner après leur abatage.

Enfin, c'est à dater de l'époque (1825) où M. Cochot établissait et propageait en France, son ingénieux et léger système de scieries à mouvement alternatif horizontal, que nos ébénistes parvinrent à s'affranchir complètement du tribut onéreux qu'ils avaient jusque-là payé à l'étranger, et auquel, grâce à des réductions de plus en plus fortes opérées sur le travail moteur et la perte de bois, ils

parvinrent à faire une concurrence, d'autant plus redoutable, que cette réduction était accompagnée d'une perfection remarquable dans le dressage.

C'est aussi à dater de cette époque que rébénis terie parisienne en bois précieux, indigènes ou exotiques, vint à primer celle de toutes les autres contrées de l'Europe, non seulement pour le goût, mais aussi pour le bon marché relatif.

En 1826, la Société d'Encouragement pour l'industrie nationale, ouvrit un concours pour le perfectionnement des scieries à bois; le programme de ce concours insistait particulièrement sur la nécessité d'articuler le châssis des grandes scieries à action alternative avec leur équipage moteur, de façon à imiter le travail des scieurs de long et à supprimer en quelque sorte tout frottement, en procurant ainsi à l'outil le balancement observé dans le sciage à bras, par lui-même si avantageux, pour faciliter le dégorgement de la sciure.

Ce concours ne produisit pas de résultats appréciables. Vers 1830, M. de Manneville se plaça au premier rang pour la construction des scieries verticales alternatives, des scieries à tronçonner et des scieries à lames circulaires.

Ces grandes scieries verticales alternatives, construites entièrement en charpente, offraient une combinaison intelligente de l'ancien système des scieries hollandaises à manivelles, longues bielles supérieures ou descendantes, pied-debiche et roues à rochets, avec quelques-uns des éléments empruntés à d'autres outils, tels que griffes horizontales extrêmes pour fixer et suspendre les fortes pièces en grume, boulons verticaux et œillères à coulisses légèrement en surplomb pour assurer la direction un peu oblique du châssis des scies.

De plus, ce constructeur se signala par une combinaison nouvelle alors, imitée depuis, au moyen de laquelle il parvenait à débiter dans le sens naturel des fibres, des bois courbes préalablement dressés et équarris sur leurs faces extérieures. Pour cela, il plaçait librement la pièce sur une file de rouleaux d'appui horizontaux, sans autre siège ni dossier et l'obligeait à cheminer vers l'équipage des lames de scies, convenablement réduites de largeur, au moyen de deux cylindres verticaux tournant sur eux-mêmes, disposés en avant et le plus près possible de ces lames.

L'un de ces cylindres en fonte cannelée, servait à entraîner latéralement la pièce par sa rotation, l'autre, plus gros, en bois, agissait pour presser la face verticale opposée de la pièce par un système de contrepoids, suspendu à des chaînes à poulies de renvoi. Cette ingénieuse combinaison supprimait le chariot ordinaire des scieries et laissait aux deux bouts du madrier toute liberté de glisser transversalement sur les rouleaux-supports, et permettait à l'équipage des scies de suivre la direction naturelle des fibres ou des faces latérales et verticales du bois.

Après ce premier aperçu historique, nous allons pouvoir donner une description succincte des genres de scies employées actuellement.

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